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Le festival est donc pluridisciplinaire. Une exposition produite par Ar-Tur portera un regard sur l’architecture contemporaine en Wallonie. Au festival de Dour a été confiée une carte blanche de musique alternative. La programmation cinéma fera la part belle au court-métrage. C’est Nicole Gillet et le Festival du Film de Namur qui ont assuré la sélection. « Les Barons », le tout récent film de Nabil Ben Yadir a, pour sa part été sélectionné par « Open Doek ». On verra, côté danse, la Cie Mossoux-Bonté et l’Ensemble Musique Nouvelle, et côté scène la Cie Félicette Chazerand. Une exposition, enfin, rassemble quelques figures de l’Art contemporain en Belgique francophone. « Département des Coqs » est une coproduction du Centre culturel De Warande et de la galerie Nadja Vilenne. Cette exposition n’entend pas faire un tour a à multiples facettes de la Belgique francophone artistique ; elle ne prétend pas plus en être un baromètre de la création ou constituer une ambassade. Fruits de conversations menées avec Annelies Nagels, ce « Département des Coqs » est plutôt le résultat d’un choix subjectif, de préoccupations qui nous sont proches, d’un environnement qui nous est familier. L’exposition rassemble les œuvres de onze artistes, de diverses générations, des figures toutes singulières, aux imaginaires bien trempés, aux poétiques particulières. Son titre, entre Département broodtharcien et coq hardi aquarellé en 1913 par Pierre Paulus, n’est peut-être qu’un jeu de mot plastique, géographique… Et volatile. Comme il peut être bien d’autres choses, en fonction du regardeur qui l’approchera. En évoquant les œuvres, et les artistes, nous avons pensé à cette « peinture impossible » de Jacques Charlier, tant inscrite dans l’histoire, mais aussi à tous les discours théoriques dont Charlier se distancie avec un humour piquant et une étonnante lucidité. Nous avons pensé à l’avertissement « Ne neige pas qui veut » du Capitaine Lonchamps, aux « Trying to be » d’Emilio Lopez Menchero, ces tentatives d’être qui se transforment en « Let me be » lorsqu’il s’évertue un lundi de Pâques, à incarner l’un des quatre garçons de Liverpool, format LP. Mais aussi à « La main à deux pouces » d’Eric Duyckaerts, cette hypothèse qui tend à prouver que l’évolution va conduire l’humanité à la main à six doigts et deux pouces, plus commode pour la pratique de la peinture. Nous nous sommes dit qu’il y avait toutes les sculptures génétiques de Jacques Lizène, cet art de la médiocrité, ce talent du sans talent, talon d’Achille de tous les Académismes. Nous avons relu les oeuvres de Raphaël Van Lerberghe qui, toujours, ouvrent l’imaginaire à bien des conjectures. Nous avons pensé au « Vide » de Benjamin Monti, inspiré par Maurice Blanchot, à Sylvie Macias Diaz qui sonde les vertiges de la modernité. De ses exils choisis, Marie Zolamian conserve des traces de ce qu’elle a perçu qui lui était inconnu. Puis, il y avait aussi M. Bonvoisin, sculpteur de marrons, à Tania modèle pour photos de charme, En fait Jacques Lennep en grand costume de soudeur, ses devoirs quotidiens, son musée de l’Homme. Nous nous sommes souvenu de cette exposition d’El Pintor Angel Vergara, de cette longue salle de musée transformée en pinacothèque princière, ces portaits vidéographiques en plan fixe et la chorégraphie précise de la main du peintre qui, à l’avant-plan, semble repeindre virtuellement les portraits projetés. Autant d’itinéraires singuliers, d’interrogations sur l’être, sur le monde, sur l’être au monde, sur le doute existentiel. Des artistes qui voyagent, dans l’art, son histoire, et de par le monde. Autant de regards croisés. Cette exposition devait-elle être autre chose ? Une série de relations s’en dégage sans doute, de préoccupations communes ; des liens se tissent, multiples, entre les uns et les autres. Un refus des conventions certainement, une approche critique aigüe, une pratique de la fiction ou du récit, de la mise en scène de soi, parfois jusqu’au burlesque ou la chute. Certains partagent un intérêt pour le recyclage, des objets, du discours, de l’image, de l’histoire de l’art. L’exposition rassemble des œuvres existantes et de nouvelles productions, elle comprend également un programme de films et vidéos et s’accompagne d’un livre catalogue, également titré « Département des Coqs ». Son ambition est d’évoquer les œuvres montrées au plus près, comme un fil conducteur offert au visiteur. Du 30 janvier au 23 mars. |