Jacques Charlier. Belgique Eternelle

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Autour d’une Gueuze Lambic

Pour bon nombre d’artistes, la Belgique est un terrain de prédilection à leur imaginaire. Charlier est un de ceux pour qui l’héritage sulfureux d’Ensor, de Rops et de Magritte ne compte pas pour du beurre. Un de ceux pour qui des rapports fréquents et étroits avec Bruxelles et la Flandre sont sources continues d’inspiration. Le résultat de ses cogitations, ponté sur l’art international avec ses tics et ses réflexes est, depuis toujours, considéré comme résolument décalé et atypique.
Dans le présent recueil, il ne ménage pas la Belgique et les clichés du cru, tout en évitant le style à facilité humoristique. Pour peu, au vu de l’expression graphique, on se croirait dans les années cinquante. Mais prenons-y garde, ce goût léché du rétro n’estqu’une perversion de plus, pour mieux faire passer le texte qui le sous-tend : en filigrane, une satire féroce de la nullité culturelle ambiante qu’il dénonce depuis toujours.

Le front de libération des chiens et des trottoirs, Le centre de la lèche et de la brosse à reluire, Le comité de la tarte au riz et des marchés de Noël ont donc encore de beaux jours devant eux. Peut-être même une nouvelle forme d’éternité. (Ingrid Blumenfeld)

Jacques Charlier
Belgique Eternelle

Préface de Ingrid Blumenfeld

Ouvrage de 32 pages composé de dix lithographies
Wallagonie, Sainte Rita priez pour l'art, Miss Mousel, Spécialités indigènes, Electeur facile-Gemakkelijke kiezer, Double face, Dubbelzijdij, La Belle Gantoise, Miss Navette, Belgique Joyeuse et La Solution.

 


"Thank you for coming"

Enfin une véritable télévision de proximité, extrême, optimiste, investigatrice, participative, culturelle, attentive aux grandes préoccupations du temps ! Belle preuve de reconversion, l'équipe post-sabenienne de "Pourvu que ça dure" a réussi le pari d'une nouvelle émission digne du service public, efficace, pertinente et divertissante.
Courageusement produite par la jeune Proxima Universal, judicieusement conseillée par le grand voyant du paf et de l'audimat, "Pourvu que ça dure" préfigure tous les horizons planifiés 2015 et 2035 de l'audio visuel belge qui, tout comme l'art, change le monde à chaque seconde.
On saluera tout d'abord la ligne rédactionnelle du magazine alignée sur tous les fronts, citoyenne lorsqu'il s'agit d'évoquerlemouvement de libération médicamenteux, investigatrice et perspicace dès qu'elle se met en chasse du poulain d'Amélie Destin, soucieuse d'avenir entre ancienne prosperité et paysage post-gothic industriel, engagée lorsqu'elle prend position pour quelques remords socialistes empoussiérés , didactique aussi et qui n'hésite pas à appeler un gloup un gloup. Le fait est notoire en ces temps moroses : "Pourvu que ça dure" privilégie une actualité réellement optimiste, qu'il s'agisse de l'avenir de l'Europe des trottoirs ou de la reconversion attendue de la tour Piedboeuf à Jupille en Laboratoire de Création Contemporaine. Extrême, elle grimpe aux côtés des sportifs, actuelle elle sonde le paranormal à la petite cuillère, exotique elle piste les filles de l'Est à la télé, captivante elle suit de jeunes collectionneurs de peinture dans les expositions, le tout dans un salutaire et perpétuel souci d'extrême proximité.
Profondément novateur, le rythme soutenu des sujets dissuadera les accros de la zapette : même la pub est informative et scotchera le téléspectateur à son écran par la qualité de ses tests comparatifs, tandis que divertissements et curiosités locales soutiennent le tempo de façon harmonieuse, aussi bien dosés qu'un blanc coca à l'eau de Wilrijk. On soulignera justement la haute qualité du divertissement, préoccupé de talentueuses découvertes et qui a le bon goût de revisiter sans nostalgie aucune, quelques tendances très trends. Si la "real dance" programmée dans la première livraison de l'émission appartient effectivement à cette dernière catégorie, le karaoké quatuor à cordes "on the road" tient la corde dans la première, digne des meilleurs "crochets" radiophoniques ou autres académies du moment.
Pourvu que ça dure, on en redemande, ceci transforme le paf ; assurément.
Et comme demain, sous nos nuages dépressifs comme aux confins de l'empire de toutes les Russies, c'est la sainte Véronique, n'hésitez pas à photocopier cet article et à le faire circuler. C'est, pour de vrai, vu à la télé.

…Et Belgique Eternelle

La première liégeoise de cette vidéo faite à Liège et pour le plaisir, vidéo de Jacques Charlier et Daniel Remi fut également l'occasion de découvrir le dernier ouvrage de Charlier, "Belgique Eternelle", suite lithographique qu'Ingrid Blumenfeld a bien voulu préfacer, soulignant qu'en ce présent recueil, l'artiste ne ménage pas la Belgique et les clichés du cru, tout en évitant le style à facilité humoristique. Pour peu, au vu de l’expression graphique, on se croirait dans les années cinquante. Mais prenons-y garde, ce goût léché du rétro n’est qu’une perversion de plus, pour mieux faire passer le texte qui le sous-tend : en filigrane, une satire féroce de la nullité culturelle ambiante qu’il dénonce depuis toujours. Et de conclure, en bonne observatrice, que "le front de libération des chiens et des trottoirs, Le centre de la lèche et de la brosse à reluire, Le comité de la tarte au riz et des marchés de Noël ont donc encore de beaux jours devant eux. Peut-être même une nouvelle forme d’éternité". Dont acte. (Jean-Michel Botquin)