Expositions 2002-2003


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Jacques Lizène , installation

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Tamara Laï, Solénoïdes, projection

 

 

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Jacques Charlier, "Pourvu que ça dure" , videostils

 

 

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Sacha Kremer, "Rien ni personne" , un spectacle mis en scène par Sybille Cornet

 

 

 

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Benoît Roussel, horses cinema, photographies couleurs

 

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Guy Mees, imaginaire ballet, Ann-Véronica Janssens, Flash film, Suchan Kinsohita, sans titre, Honoré d'O, sans titre.

07-09.2003
Jacques Lizène, "Conversation avec le 25e Bouddha"
Tamara Laï, « Solénoïdes», cyber poésie

Jacques Lizène, "remake de remakes" à l'occasion de la sortie de presse de "Jacques Lizène, conversation avec le 25e Bouddha", entretien de Denis Gielen, préfacé par Arnaud Labelle-Rojoux, aux Editions "Le facteur Humain"

Tamara Laî, "Solénoïdes" cyber poésie, CDRom .
" (...) Regards fixes, cadres qui s'ouvrent et s'évanouissent, corps accroupis, visages, bribes de texte composent cette oeuvre qui symbolise la logorrhée de notre société d'information et la désolation qu'elle provoque chez l'être humain qui essaie de communiquer via le verre, le métal et les électrons - pour se retrouver face à un reflet flou et des données sans queue ni tête.
Bien que cette oeuvre fascine par la manière dont elle accapare sans répit l'écran, il en émane une impression de profonde tristesse et l'on se prend à réfléchir à la défaite de la communication dûe à la surcharge sensorielle ou aux 'cris et théories' dont il est question dans le texte énigmatique (..) "(Max Bruinsma in "Deep Sites - Intelligent Innovation in Contemporary Webdesign", publié chez Thames and Hudson (UK)


04-06.2003
Jacques Charlier, "Belgique Eternelle "(exposition) - "Thank you for coming" (projection)

Enfin une véritable télévision de proximité, extrême, optimiste, investigatrice, participative, culturelle, attentive aux grandes préoccupations du temps ! Belle preuve de reconversion, l'équipe post-sabenienne de "Pourvu que ça dure" a réussi le pari d'une nouvelle émission digne du service public, efficace, pertinente et divertissante.
Courageusement produite par la jeune Proxima Universal, judicieusement conseillée par le grand voyant du paf et de l'audimat, "Pourvu que ça dure" préfigure tous les horizons planifiés 2015 et 2035 de l'audio visuel belge qui, tout comme l'art, change le monde à chaque seconde.
On saluera tout d'abord la ligne rédactionnelle du magazine alignée sur tous les fronts, citoyenne lorsqu'il s'agit d'évoquer le mouvement de libération médicamenteux, investigatrice et perspicace dès qu'elle se met en chasse du poulain d'Amélie Destin, soucieuse d'avenir entre ancienne prosperité et paysage post-gothic industriel, engagée lorsqu'elle prend position pour quelques remords socialistes empoussiérés , didactique aussi et qui n'hésite pas à appeler un gloup un gloup. Le fait est notoire en ces temps moroses : "Pourvu que ça dure" privilégie une actualité réellement optimiste, qu'il s'agisse de l'avenir de l'Europe des trottoirs ou de la reconversion attendue de la tour Piedboeuf à Jupille en Laboratoire de Création Contemporaine. Extrême, elle grimpe aux côtés des sportifs, actuelle elle sonde le paranormal à la petite cuillère, exotique elle piste les filles de l'Est à la télé, captivante elle suit de jeunes collectionneurs de peinture dans les expositions, le tout dans un salutaire et perpétuel souci d'extrême proximité.
Profondément novateur, le rythme soutenu des sujets dissuadera les accros de la zapette : même la pub est informative et scotchera le téléspectateur à son écran par la qualité de ses tests comparatifs, tandis que divertissements et curiosités locales soutiennent le tempo de façon harmonieuse, aussi bien dosés qu'un blanc coca à l'eau de Wilrijk. On soulignera justement la haute qualité du divertissement, préoccupé de talentueuses découvertes et qui a le bon goût de revisiter sans nostalgie aucune, quelques tendances très trends. Si la "real dance" programmée dans la première livraison de l'émission appartient effectivement à cette dernière catégorie, le karaoké quatuor à cordes "on the road" tient la corde dans la première, digne des meilleurs "crochets" radiophoniques ou autres académies du moment.
Pourvu que ça dure, on en redemande, ceci transforme le paf ; assurément.
Et comme demain, sous nos nuages dépressifs comme aux confins de l'empire de toutes les Russies, c'est la sainte Véronique, n'hésitez pas à photocopier cet article et à le faire circuler. C'est, pour de vrai, vu à la télé.

…Et Belgique Eternelle

La première liégeoise de cette vidéo faite à Liège et pour le plaisir, vidéo de Jacques Charlier et Daniel Remi fut également l'occasion de découvrir le dernier ouvrage de Charlier, "Belgique Eternelle", suite lithographique qu'Ingrid Blumenfeld a bien voulu préfacer, soulignant qu'en ce présent recueil, l'artiste ne ménage pas la Belgique et les clichés du cru, tout en évitant le style à facilité humoristique. Pour peu, au vu de l’expression graphique, on se croirait dans les années cinquante. Mais prenons-y garde, ce goût léché du rétro n’est qu’une perversion de plus, pour mieux faire passer le texte qui le sous-tend : en filigrane, une satire féroce de la nullité culturelle ambiante qu’il dénonce depuis toujours. Et de conclure, en bonne observatrice, que "le front de libération des chiens et des trottoirs, Le centre de la lèche et de la brosse à reluire, Le comité de la tarte au riz et des marchés de Noël ont donc encore de beaux jours devant eux. Peut-être même une nouvelle forme d’éternité". Dont acte. (Jean-Michel Botquin)


 

11.02-02.2003
"Corps"
Marianne Berenhaut, Vanessa Beecroft, Leo Copers, Pierre Gérard, Jacques Lizène, Sylvie Ronflette, Benoît Roussel, Merlin Spie, Lukas Vandenabeele, Erwin Wurm


corps

Erwin Wurm, Marianne Berenhaut, Merlin Spie, Jacques Lizène, Benoît Roussel et Leo Copers

En octobre, la galerie nadja Vilenne accueillait tout à fait exceptionnellement un spectacle de la compagnie Welcome to Earth, mise en scène de Sybille Cornet, propositions et jeux de Sacha Kremer. " Rien ni personne ", investigation très proche de la performance, fut comme un partage d’espace vital entre un comédien et des spectateurs, un cheminement afin de retrouver pleinement la faculté d’être par la sensation, une réincarnation, un intense ressenti du corps au travers d’un récit fragmentaire, initié tant par l’univers autarcique d’un Franz Kafka que par les performances schizophréniques du plasticien et performeur viennois Arnulf Rainer. Recherche scénique évolutive, atomisation et constitution d’une identité, elle fut chaque soir semblable et différente, comme autant de tentatives d’aller voir au-delà du monde physique mais au creux même du corps.
Évolutive fut également l’exposition qui accompagne ce spectacle. Elle a pris son essor autour du plateau afin d’intensifier le dialogue transdisciplinaire à la base de la création scénique. Elle trouva un naturel prolongement dès l’expérience théâtrale clôturée. La galerie a réuni une série de plasticiens préoccupés, de fort près ou de plus loin, par les mêmes pratiques et questionnements. Ils étaient cinq à occuper les divers espaces de la galerie durant le spectacle ; ils sont onze in fine pour cette exposition qui sans être illustration de la proposition faite par Sybille Cornet et Sacha Kremer, qui sans plus prétendre à l’expertise d’une thématique, amplifie ce propos sur le corps, le décline, jette d’autres passerelles dans un dialogue entre des univers très singuliers. " Corps ", titre générique, confronte des démarches et des œuvres dont parfois le corps est même absent, mais qui toutes procèdent de l’expérience physique en quête de cette universalité d’une humanité investissant son propre mystère.
L’exposition regroupe des œuvres de Vanessa Beecroft, Marianne Berenhaut, Leo Copers, Pierre Gérard, Gudny-Rosa Ingimarsdottir, Jacques Lizène, Benoît Roussel, Sylvie Ronflette, Merlin Spie, Lukas Vandenabeele et Erwin Wurm.
Contribution en guise de nouvel échange, Merlin Spie proposa le soir du vernissage une autre expérience corporelle sous forme de performance, mise en espace de son propre corps aspirant, respirant, couverte de sirop de Liège, en quête de pureté sensorielle, épreuve lugubre, sombre, décadente, érotique, mortelle, étouffante où pourtant point l’incontestable beauté du corps, primaire, rétablissant ainsi l’équilibre de l’ensemble. Elle peut, au défaut de cette cuirasse de sirop ruisselant être interprétée à de multiples niveaux tant philosophique, que scientifique, culturel, politique ou économique.


10.2002
Gauthier Hubert, Jan Kempenaers, Benoît Roussel


05-09.2002
"Spring"
Orla Barry, Anne Daems, Honoré d'O, Gauthier Hubert , Ann-Veronica Janssens, Suchan Kinoshita, Sylvie Macias Diaz, Guy Mees


(...) "La galerie nadja Vilenne à Liège propose une exposition de groupe vraiment exceptionnelle pour une galerie marchande. Huit artistes y sont rassemblés : Ann Veronica Janssens, Sylvie Macias-Diaz, Orla Barry, Honoré d’O, Gauthier Hubert, Guy Mees, Anne Daems et Suchan Kinoshita. Les huit artistes qui tous manient un langage plastique d’avant-garde prononcé, entretiennent ensemble un très beau dialogue dans une exposition de groupe à vrai caractère muséal. Il n’y a pourtant aucun thème qui leur ait été imposé et les objets qu’ils manipulent tout comme leurs styles sont très différents. Orla Barry et Anne Daems montrent toutes deux une série photographique, Guy Mees, Gauthier Hubert, Ann Veronica Janssens et Suchan Kinsoshita ont créé de nouvelles installations in situ, Sylvie Macias-Diaz y apporte quelques objets tandis qu’Honoré d’O ramène à Liège une partie d’une installation qu’il a créée durant cette dernière année dans une école de Rouen. Ce qui relie ces artistes, c’est une singulière sensibilité à manipuler divers objets et les marier dans une manière de s’exprimer totalement libre. D’ailleurs, à part Anne Daems, chacun de ces artistes s’exprime dans des médias des plus divers. Ici, une fois encore, ils utilisent des matériaux trouvés (Kinoshita, Honoré d’O), à nouveau ils pratiquent la peinture en fonction de nécessités particulières (Gauthier Hubert) où ils s’emparent d’une caméra (Orla Barry). Quelques-uns des travaux ici montrés l’ont déjà été ailleurs de par le passé : ainsi la série « Foundlings » d’Orla Barry, montrée une première fois dans le cadre de la biennale de Louvain. « Foundling » est une série de onze photographies couleurs de cailloux géants qui reposent dans l’eau le long des brisants. Ces pierres sont abordées de façon tellement sensible qu’on dirait presque que Barry en fait des portraits. Anne Daems montre une série de photographies dont Micheline Szwajcer a eu la primeur. Il s’agit d’une série de portraits d’hommes qui boivent des pintes sur le pouce juste avant de rentrer à la maison. Très subtile est l’installation de Guy Mees : à côté d’une œuvre au néon, « Verloren ruimte » (espace perdu) de 1964, exceptionnelle et d’un âpre désir, Mees habille l’espace de la galerie et l’accentue de deux travaux plus récents ( » ballet imaginé » 1998 et « Sans titre » 1996). De la jeune artiste wallonne Sylvie Macias-Diaz, à qui la galerie nadja Vilenne a consacré toute une exposition dans le courant de l’année, on verra deux nouveaux petits travaux : « L’igloo » et « La Particule ». L’œuvre de Macias-Diaz est ludique et en même temps subtile ; de façon indicible et sans rhétorique, elle renvoie dans ses objets, qui s’apparentent souvent à des maquettes, aux propriétés essentielles des choses. D’Ann Véronica Janssens, on verra une nouvelle création qui joue le jeu des capacités optiques des spectateurs. Sur les murs de la galerie, Janssens a placé une série de papiers circulaires colorés. Lorsqu’on regarde longuement ces cercles très colorés nettement dessinés sur les murs blancs de la galerie, ils restent danser devant les yeux comme des taches aveugles. Honoré d’O et Suchan Kinoshita apportent les travaux les plus complexes. Comme toujours leurs installations se composent de petits objets trouvés, des matériaux divers et rejetés. Kinoshita raconte en ce cas un petit récit très spécifique tandis qu’Honoré d’O, à nouveau, se laisse inspirer à grande échelle, par les conditions spatiales qu’offre la galerie. Gauthier Hubert, enfin, propose avec son innocence toute diabolique, une installation nommée « Repugnantia » dans le bureau de la galerie, qui est avant tout un statement politique composé de photos, peintures, dessins, objets qui se répondent comme dans un puzzle et en appellent à des connotations sociales très aiguës". (Els Roelandt, Tijd Cultuur, 22 mai 2002, De Financiële Economische Tijd - traduit du NL.)