Olivier
FOULON
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PRISMA PAVILLON
Olivier Foulon’s practice consists of installations in which art history is employed and put into play. To do this, he appropriates artworks, documents, and theoretical and literary references. The techniques he uses include slide projection, photography, collage, drawing, painting and publishing. His exhibitions joyfully promote, question and displace issues concerning the ambiguity of relationships between the original, the copy and the reproduction, the spatial positioning of art and the function of the artist today.
For his exhibition at Mudam, Olivier Foulon presents a new series of artworks – paintings. These touch on obvious notions of figure and field, form and format, object and wall, light and location, material and reference. By introducing one or more elements which are external to painting, Olivier Foulon interrupts the production of the artwork and renders the issue more complex, as if he needed to exhibit an action as well as an object. The object is, he says, not only on the wall but has a certain relationship to it.
Des cinq artistes actuellement invités par le Mudam à Luxembourg, Didier Marcel, Claire Barclay, Tomas Saraceno, Wolfgang Träger et Olivier Foulon, ce dernier n’est de loin par le moins audacieux. On l’attendait au détour de quelques carrousels de diapositives choisies, répétées et listées ou rassemblant une série de documents disposés en ellipse et en vitrine, voire même proposant au regardeur l’un ou l’autre dispositif plus complexe. Sa pratique, on le sait, consiste à mettre l’histoire de l’art à contribution, à se réapproprier œuvres, documents, reproductions, références théoriques et littéraires, à se glisser avec un sourire entendu dans le trou du souffleur nous distillant parcimonieusement de déroutantes informations sur ce que nous regardons, ce qu’il nous donne à voir. « Ses expositions, lit-on dans le communiqué de presse du musée, valorisent, interrogent, déplacent, entre autres, les questions de l’ambiguïté des relations entre l’original, la copie et la reproduction, de la mise en espace de l’art et de la fonction de l’artiste aujourd’hui ». Olivier Foulon a délibérément brouillé les pistes. De carrousel de diapositives, il n’est question que sur le carton d’invitation à l’exposition. Et celui-là annonce le titre de celle-ci : « Prisma Pavillion », en fait le nom d’un fast food, un imbiss berlinois. Foulon rebondit évoquant « le goût et la vitesse d’exécution » et, in fine, à Luxembourg, nous donne à voir de la peinture. Au sens le plus strict du terme, de la peinture plutôt que des peintures. Jubilatoire de surcroît. Sur toiles, et surtout sur pages quadrillées de carnets de notes, ce sont des moments, des fragments, des condensés, une interrogation constante quant aux notions «évidentes » de figure, de fond, de format, d’objet, de mur, de lumière, de lieu, de transparence, d’opacité. Actuellement résident à la Villa Romana de Florence, c’est comme une période florentine de l’artiste, comme si les œuvres des maîtres l’avaient inciter à y chercher les questionnements les plus essentiels. L’épure abstraite et la concentration sensible, émotionnelle des oeuvres, la tension spatiale de l’accrochage, prise en compte de l’espace réel, renouant d’ailleurs avec l’architecture d’origine, tout cela évoque le questionnement radical de la peinture en tant qu’expérience existentielle que mena Blinky Palermo. « En introduisant un ou plusieurs éléments extérieurs à la peinture, Olivier Foulon interrompt la réalisation de l’œuvre et en complexifie l’enjeu, comme s’il lui fallait exposer une action en même temps qu’un objet. L’objet est, dit-il, non pas sur le mur mais dans un certain rapport avec celui-ci ». En exergue, de cette série, une seule autre œuvre : les photographies des pages mallarméennes du « Ten o’clock » de M. Whistler, cette conférence faite, à dix heures du soir à Londres (le 20 février), Cambridge (le 24 mars) et Oxford (le 30 avril, 1885). Une profession de foi en l’art peu commune. « Ainsi l’art se limite à l’infini, et y commençant ne peut progresser. Une tacite indication de son indépendance chagrine rejetant toute avance étrangère, est dans sa condition d’absolue immutabilité et son mode d’accomplissement depuis le commencement du monde. Le peintre n’a que le même crayon, le sculpteur le ciseau des siècles… » Dans un cabinet voisin de la grande salle d’exposition, on ne manquera pas le phrasé développé sur le mur, introduit par deux perroquets, ceux-là même dont nous avons déjà souvent parlé à propos de l'artiste. Et qu’importe la vitesse d’exécution. Il reste tout le goût. (JMB)


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