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Artistes. Olivier Foulon |
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Tanz auf des Rändem, 2005, palais des Beaux-Art Bruxelles, prix de la Jene Peinture |
lire également : l'entretien d'Olivier Foulon Olivier Foulon le montreur d'images L'artiste Belge Olivier Foulon est un passionné d'histoire de l'art et des images qu'elle véhicule. Il retravaille ces divers matériaux pour composer d'autres associations mentales et visuelles, au cours d'un processus en constant développement. Travaillant sur des éléments bien précis de l'histoire de l'art, qu'elle soit ancienne ou contemporaine, et plus particulièrement sur la reproduction de certaines oeuvres et les inévitables avatars qui en résultent, Olivier Foulon a élaboré une approche décalée de cette histoire. Sous d'authentiques couverts d'authenticité - de nombreuses anecdotes en font foi - il la transforme petit à petit en une aventure personnelle dont les étapes majeures nous sont accessibles sous la forme de publications (brochures, livres, catalogues d'exposition), de projections ou d'expositions. Lectures, rencontres, recherches, enquètes même, lui permettent de découvrir d'autres matériaux iconographiques ou référentiels dont il nourrit son corpus de travail. Il l'exploite alors ou amplifie selon les opportunités d'édition ou les possibilités d'expositions qui lui sont offertes. Dans le même ordre d'idées, celui d'une approche de l'histoire de l'art à travers sa bibliographie, ses marges, ses notes en bas de pages, ses errata, Olivier Foulon fait aussi appel à d'autres types iconographiques moins usités, telles les caricatures (Daumier, Yves Klein, Reinhardt, Newman, les Pieds Nickelés) ou les errata, ceux de Marcel Broodthaers en particulier. Ce dernier fait d'ailleurs 'figure' de référence récurrente par rapport à son travail, notamment dans une certaine parenté de juxtapositions d'images, de croisements de pensées, de jeux littéraires ou de scénarios visuels elliptiques. LE LIEU CHANGE LE REGARD Parfois, et de façon plus spécifique, la réflexion d'Olivier Foulon porte sur ce qui différencie la représentation d'une oeuvre d'art dans l'atelier d'un artiste de celle que l'on peut trouver dans un environnement plus officiel comme une galerie ou un musée. On passe de la sphère privée à contexte public, d'une certaine intimité de l'atelier à la juxtaposition d'reuvres du sol au plafond, comme le documentent certaines images de ces galeries de peinture aux siècles précédents. La fonction du lieu change le regard que l'on porte sur ces oeuvres, même s'il convient de ne pas mêler les genres, ce point de vue s'estompant de plus en plus avec l'art du XXème siècle. Ce qui intéresse par contre Foulon, c'est ce principe de transfert des images, de leur changement d'échelle depuis leur reproduction éditoriale à leur agrandissement à la dimension d'un mur où bien sûr elles acquièrent un tout autre statut, celui plus ambigu d'une oeuvre d'art. La notion de ready-made n'est jamais très éloignée dans ce contexte, même si Foulon préfère parler d' 'images trouvées', avec lesquelles il ' établit des ensembles et réalise des constellations'. S'élabore ainsi peu à peu une iconothèque dans laquelle l'artiste puise pour réaliser ses éditions et concevoir ses expositions. Celles-ci prennent souvent la forme de rébus autre référence à Marcel Broodthaers - qui ne peuvent manquer de déconcerter le spectateur inattentif ou pressé. Pénétrer dans l'univers d'Olivier Foulon requiert une certaine attention, celle indispensable à décrypter toutes les clés d'interprétation qu'il distille à travers la disposition de ses travaux et documents. Lorsqu'elle trouve sa disposition définitive, l'exposition se transforme ipso facto en une reuvre autonome qui génère ses propres codes de fonctionnement et établit sa propre identité. Montrées sous forme d'installations, ou plutôt de mises en oeuvre spatiales ou murales, les oeuvres d'Olivier Foulon investissent le lieu d'exposition selon un processus qui confère à celui-ci un statut d'atelier, le temps des mises en forme et en place définitives. On ne s'étonnera donc guère que ses diverses installations se nourrissent également des précédentes et en particulier des images et des matériaux utilisés et agencés à cette occasion. Ceux-ci amènent à découvrir d'autres rapports, de façon à amplifier le propos, l'actualiser, le modifier parfois imperceptiblement. Des pistes s'approfondissent, des interprétations se modifient, de nouvelles relations s'établissent entre les reuvres, avec un même souci de dispositif qui ne laisse aucune place au hasard et qui s'assume avec la même détermination que s'il s'agissait de peaufiner la maquette d'un livre. Autrement dit, la reproduction a de plus en plus tendance à devenir l'essence même du travail. Celui-ci glisse dès lors vers un nouveau mode, celui de la citation, phénomène récurrent d'une certaine frange de l'art contemporain, lorsque toutes les avant-gardes ont été épuisées ou que leur connaissance fait désormais partie de l'histoire de l'art. Bernard Marcelis, dans H.ART, avril 2006 |