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Jacques Lizène - Arnaud Labelle-Rojoux, frontière cordiale |
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Saison 2006-2007 | Jacques Lizène – Arnaud Labelle Rojoux : « frontière cordiale » (exposition) |
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Jacques Lizène – Arnaud Labelle Rojoux : « frontière cordiale » (exposition)
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Aux dernières nouvelles, Jacques Lizène n’est pas dans un trou (houhou), il est même comme un train qui sort d’un tunne
l andalou (houhou). Il le chante dans son dernier clip médiocre présenté en avant-première parisienne, aujourd'hui intégré à une installation qui pourrait être le remake d’un tas de dessins réalisé pour le récent Tas d’esprit de Ben Vautier, combiné avec une autre oeuvre, une « sculpture nulle en référence aux sculptures génétiques, et à l’art syncrétique et involontairement à Duchamp, Magritte, Dali, Franquin, Picasso, Les Egyptiens, et la mythologie grecque, et les hindous aussi ». Et hop, encore une oeuvre de faite, dirait Jacques Lizène, aussitôt installée en cette exposition “frontière cordiale” qu’il partage avec Arnaud Labelle-Rojoux, exposition dont le point de départ est assurément cette frontière, toute cordiale, tracée dans l’espace. Amateur d’art, collectionneur virtuel, Jacques Lizène a en effet voulu, divisant la galerie en deux, rendre hommage à Jacques Charlier et son œuvre « zone absolue » réalisée à l’Apiaw en 1970. Cette frontière d’un usage rigoureusement sinueux entre les œuvres des deux artistes, démarcation matérialisée au sol et sur les murs, s’inscrirait donc dans le droit chemin d’un art de la citation que Lizène, grand pratiquant de l'auto-historicité, n’appliquerait, en ce cas précis, pas à lui-même. Quelques rétroactes s’imposent donc ici. |
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1968. Alors qu’il poursuit sa collecte de photographies professionnelles, légitimant les conditions dans lesquelles elles ont été faites et l’environnement non artistique dans lequel elles fonctionnent avant qu’il ne les déplace dans un contexte artistique, Jacques Charlier réfléchit le tout béton et l’établissement de « zones absolues ». Aujourd’hui il qualifie ce travail de satire totale ou de délire mystique collectif. Charlier envisagea en effet une urbanisation béton, se proposant « de résoudre de manière sauvage et radicale le problème de l’habitat et de la circulation dans les cités », reflet certes d’une « imagination contrainte, fumeuse et irréaliste », mais radicale à tout le moins : remplir systématiquement les égouts et raccordements à l’aide de béton à prise rapide, bétonner les monuments classés, établir des murs de béton sur les axes routiers desservant les villes afin de les isoler, recouvrir les cours d’eau, bref couler une chape de béton sur la ville et sur le paysage, pour ne pas dire une chape de plomb. Remblayons la ville, établissons ces « zones absolues » que Charlier annonce d’ailleurs à l’aide d’une signalétique conventionnelle : « ici bientôt, zone absolue ». Des saignées autoroutières percées jusqu’au cœur de la cité au tout béton envisagé place Saint Lambert, la politique Lejeune à Liège, inspire visiblement Charlier, tout comme la plage sous les pavés, dans un singulier retournement de situation, lorsqu’il envisage le recouvrement de ses chapes bétonnées de « bonne terre » et la plantation par-dessus d’une « zone verte, fleurie et giboyeuse, non edificandi ». |
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D’un côté Lizène Arnaud Labelle-Rojoux et Jacques Lizène ont donc absolument tout divisé en deux, y compris le carton d’invitation de l’exposition. Le premier a décidé de rééditer la photographie du tatouage –sa signature – qu’il s’est apposé sur la plante du pied lors d’une performance réalisée… à Liège au Cirque Divers en 1994. Le second y vit comme une sculpture externe et y répondit dès lors par une photographie de ses propres pieds, chaussés, « socle de la sculpture interne, la Vasectomie, 1970 », ce qui les mit donc pied à pied. De l’autre Labelle Rojoux Empêcheur de penser en rond, hybride duchampien mâtiné d'esprit Fluxus et "d'ésotérisme troupier", selon Jouannais, comique, complexe, trivial, Arnaud Labelle-Rojoux fait feu quant à lui de tout médium, peinture, performance, vidéo, sculpture, écriture. Adepte du burlesque, du grotesque, L.R déclare en 1993 que l’acte poétique par excellence réside selon lui au cœur du gag burlesque ou de toute chose qui plastiquement ou dans le langage s'en rapproche. Agissant comme un performer qui refuserait l’enfermement dans la discipline performance, il dit aussi que quant à faire sens et générer de la pensée, c’est le processus créateur tout d’abord qui l’intéresse « fait de jeux de sens, de glissements, d’une ribambelle d’associations d’idées, de non maîtrise" C'est ce qu’aujourd’hui il tisse et recompose, comme il l’a fait au Palais de Tokyo pour « Notre histoire », puisant dans ses cartons, slogans, dessins, collages, toiles et autres détournements dont il déconstruit patiemment la sérialité au fil des installations afin d’élaborer une fresque aux média divers, décapante, intempestive, drôle, actuelle, impertinente, tendre, vulgaire, cultivée, effrontée, impudente, intelligente, cruelle et drôlement juste. « Foutu, pour foutu, lisez Schopenhauer », « tirez sur lepeniste », « pâleur de la mine, malheur de la pine », « L’hypothèse selon laquelle la tête de veau aurait des effets sur l’art français est complètement absurde ». Vraiment, Hyde Et Jekill ne sont pas loin de Mr Broccoli et mister Hulk. En présence du Sultan de Bouillon Labelle Rojoux et Lizène en étaient, Antaki aussi. Il y a quelques semaines, pour le Tas d'Esprit cité plus haut, Antaki installait sur le trottoir de la rue de Seine à Paris, son trône de Sultan de Bouillon, proposant au quidam et passant de s'y installer pour un moment photographique, roi ou reine d'un cliché, d'un royaume singulier le sien, celui qu'on se chosisit. Lizène s'y fit, par exemple, photographier en roi des médiocres. Antaki s'est effectivement auto-proclamé Sultan de Bouillon, comme il est également Grand Jardinier du Paradoxe et du Mensonge Universel, limonadier, directeur du mensuel C4, explorateur syrien, poète de l'opportunité, chevalier de de la Taste Fesse (démissionnaire), inventeur du Canon à beurre et du métaphone. Il installe donc son trône de sultant à la galerie, durant la soirée de venissage.
Capitaine Lonchamps en courant d'air
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