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Expositions. Sylvie Macias Diaz. The Grocery |
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Saison 2005-2006 | Sylvie Macias Diaz | "One day, it was Christmas Day, here in the grocery" |
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Qu'il s'agisse de ses grandes et précaires architectures de cageots, de ses dessins économes, de ces décors préimprimés sur lesquels elle intervient subtilement, de tous ces objets récupérés qu'elle recycle sur un mode ludique comme si cagettes, boîtes à chaussures ou boules de frigolite pouvait devenir appartement témoin, scène pour star de papier ou atome éthéré, Sylvie Macias Diaz (1968) plonge dans un univers enfantin, magique, où les objets se transforment par la force de l’imaginaire poétique. Mais l’artiste reste sur le fil sur du rasoir, loin de toute innocence, tant le langage est incisif, basculant dans les réalités du monde, évoquant l’attente, l’enfermement, l’artifice, les codes sociétaux, la consommation, le quant à soi, usant de l’ambiguïté et du paradoxe du jeu qui, on le sait, toujours soulève de nombreuses interrogations sur le sens du monde, sur notre rapport au réel. Sylvie Macias Diaz prend une position existentielle qui engage toute la société, rejoignant par là ceux qui considèrent que l’art d’aujourd’hui est avant tout un lieu d’engagement d’où l’on peut considérer tous les aspects qui constituent le monde et la vie. Invitée l'automne dernier à participer à l'annuelle exposition "Kunst & Zwalm" à Zwalm, Sylvie Macias Diaz déambule entre l'ancienne épicerie et le café de ce village de Flandre occidentale. Une série de photographies témoigne de l'épicerie désaffectée, comme une suspension dans le temps. Ces photographies sont rehaussées de décalcomanies, ravivant la mémoire, évoquant la félicité familliale au temps de Noël, comme pour redonner vie à ce lieu d'échanges quotidiens qui fut longtemps un point de rencontre privilégié pour les habitants du village. Pour l'exposition, les photographies furent dispersées aux murs du café de Zwalm, autre lieu de rencontres, où Sylvie Macias Diaz, leur adressant pour carte postale la photographie "one day it was Christmas Day, here in the grocery", invita les aînés du village à venir échanger leurs souvenirs.
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(...) Car l'utilisation du cageot n'est en soi pas plus innocente. Assigné à une mission transhumance, contenant signifié par son contenu de consommation hypertrophiée, il est surtout résidus et rebus, fort peu recyclé. L'artiste transforme la pauvreté du matériau, produit sériel et manufacturé, légèreté touchant au dénuement dans sa masse en territoire existentiel, en terrain habité, intercède à sa reconversion, opérant une métaphore qui n'est pas que symbolique. En fait, analyste du réel dans ses composantes sociétales, dans une critique de la modernité qu'elle rédime d'ailleurs conférant à ses architectures un caractère très organique, Sylvie Macias-Diaz, replante de la subjectivité. Les Trois Ecologies de Félix Guattari, reliant dans un même processus d'expérimentation, l'environnement, le social et la créativité, production d'une auto-subjectivité enrichissant de façon continue tout rapport au monde, ne sont vraiment pas loin. atomic boat est comme une synthèse des villas, des tours, des appartements, des cubes sans issues, que sylvie Macias Diaz a bâti dans des espaces réels et imaginaires à la fois. L’oeuvre est accompagnée ici d’une suite de dessins, comme une poétique fiction scientifique. Entre espace moderne et corps organique, entre vie et espace déshumanisant, Sylvie Macias Diaz nous laisse, tout en jouant en toute innocence, sur le fil du rasoir.
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