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Expositions. Jacques Lizène. 39 ans d'art médiocre


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 Saison 2004-2003 |Lizène | 39 ans d'art médiocre, remake de remakes


Jacques Lizène

Remakes de Remakes et tentative d’art syncrétique (1964) autour de «Lizène 39 ans d’art médiocre (1971-97), de la cacaphonie à la cacophonie», projection vidéo penchée avec jet d’eau d’un documentaire (1969), 2002-2003, produit par Avcan production -coproduction. RTC Télé Liège.
            

 



 

 

 

 

 

La seule vidéo dont on peut dire :
«C’est de la merde. Vraiment!»

documentaire sur Jacques Lizène
59’59'' stéréo français 2001-2003
produit par AVCAN
coproduit par RTC Télé Liège

- projection penchée avec jet d’eau
- projection avec public debout
- performance pendant la projection
- vernissage le 23 octobre 2003, projection à 19 h et 20 h 30
- en dehors du vernissage, projection en boucle ou à la demande
- exposition «Autour de la projection penchée avec jet d’eau du vidéo » : installations, performances,
peintures, dessins, mini-projections vidéo

Le visionnement de cette vidéo est fortement déconseillé aux jeunes artistes car il risque de les encourager à la paresse, à la laideur et à la médiocrité. Avertissement de la production

Dans cette vidéo
39 ans d’art médiocre : Chansons en dessous de tout (1970-1982), performances nulles (1970-2003), peintures médiocres (1966-2003), dessins minables (1964-2003), vidéo totalement insipides (1971-1973-2001), commentaires plus que stupides (1969. Création de l’Institut de l’Art stupide 1971), par Jacques Lizène, qui se proclame lui-même Petit Maître liégeois artiste de la médiocrité, du quasi-nul, de la sans-importance, et prenant position dès 1966 pour «l’art sans talent».
Dans cette vidéo, Jacques Lizène vous apprendra à faire de la peinture à la matière fécale, à faire des sculptures génétiques culturelles, à écrire de la musique doublement à l’envers, à réaliser une œuvre d’art sans talent et rapidement, etc.Dans cette vidéo, vous verrez des critiques et journalistes parisiens réagir à la vue de ses peintures à la matière fécale et lui donner des conseils pour faire de l’art.
Dans cette vidéo, Cécilia Bezzan, Sylvana Lorenz, Pierre-Jean Foulon, Jean-Yves Jouannais et Arnaud Labelle-Rojoux analyseront le passé, le présent et l’avenir de Jacques Lizène, dans un climat de doute. D’autres critiques interviendront, mais ont souhaité rester anonymes.

«Avec Lizène, la technologie avance, la médiocrité reste.»

Emmanuel d’Autreppe (Université de Liège) (extrait de Dic Doc Dictionnaire des Documentaristes Belges
Edition Communauté française de Belgique)

Dans cette vidéo, sur un mode rapide et rigolo, vous verrez des extraits de multiples reportages télévisuels sur Jacques Lizène, accumulés depuis une trentaine d’années, et quelques nouveaux remakes. La majorité des extraits vidéo, des bandes-son de reportage, des musiques et des chansons a fait l’objet d’un nouveau montage, traitement et mixage, pour coller au goût du jour.

«Chaque jour, je fais pire, comme le disait Picasso.» (Jacques Lizène)

Après une 1re diffusion, ce qu’ils en disent :
- «Si j’avais su que ce vidéo était si bête, j’aurais amené mes enfants !» (Johnny Lechapeau, d’Overijse)
- «C’est insoutenable !» (anonyme)
- «Cela révèle de la psychanalyse.» (Josette Vanden Relde, de Gosselie)
- «J’étais en train de manger. Et je trouve qu’on ne diffuse pas cela quand on est en train de manger !» (Francis Dony, de Bruxelles)
- «C’est du maniérisme répétitif !» (Anne Hislaire, de Bruxelles)
- «C’est nul, complètement nul.» (Jacques Lizène, de Liège)
- «Mon fils en fait autant.» (Yan Vander Meulemans, d’Etterbeek)
- «Débile !» (Eglantine Duveau, d’Hégezée)
- «C’est tout sauf un documentaire» (anonyme)
- «C’est une institution.» (Kevin Cattarossi, de Seraing bas)
- «Je trouve cela honteux. J’ai d’ailleurs honte de moi-même.» (anonyme)
- «Euh…» (anonyme)

«Quelle fée impertinente a bien pu se pencher sur le berceau du petit Jacques Lizène pour que celui-ci, entreprenant de rendre justice à cette «part maudite» de l’art que représente la médiocrité, renverse d’un coup (comme on retourne un sablier) le
système de valeurs attachées à l’art, mettant par là même dans l’embarras tout discours critique fondé sur le jugement ?

Pour Lizène, son entreprise s’apparente en fait à une «immense générosité» : s’il y a beaucoup d’appelés et peu d’élus en matière d’art, la médiocrité revendiquée «permet à tous d’exister».» Arnaud Labelle-Rojoux (préface de «Le 25ème bouddha, Conversation avec J. Lizène», Denis Gielen, 2003, Edition Facteur Humain).

A écouter très fort !


.. Gravitant sans complexe au sein de cette galaxie de l'idiotie, la médiocrité feinte s'impose dorénavant pour certains artistes non plus comme une technique ou une stratégie, mais comme un univers à part entière. Se présentant comme Petit Maître liégeois de la seconde moitié du XXe siècle, artiste de la médiocrité, de la sans-importance et prenant position dès 1966 pour l'art sans talent, Jacques Lizène s'impose une ambition qui fait de lui le dernier rejeton d'une généalogie ubuesque, laquelle compta parmi ses ancêtres quelques excentriques anglais, une poignée d'artistes incohérents -dont Raoul Colonna de Césari ou Fabre des Essarts - ainsi que les représentants prédadaïstes de l'art zwanze bruxellois. Jacques Lizène bricole des riens, trafique du presque et, campé sur cet équateur du médiocre, passe sa vie à rire très fort. Ainsi sa " vasectomisation " volontaire (1970) ne peut-elle être vue comme un acte d'héroïsme anarchiste (il se déclare lui-même anarchiste tempéré), mais comme l'annonce de la création, dès l'année suivante, de l'institut de l'Art Stupide. Dans le cadre de cet institut, dont il est le seul membre volontaire et déclaré, seront composées des Chansons séductives et répétitives, réalisé un film raté et barré à la main image par image (1972), enregistré sur disque souple l'imitation approximative d'un bruit de mobylette (1974). Jacques Lizène se revendique banlieusard de l'art. Il hante cette périphérie du goût. Lizène est de la lisière. Ce qui n'implique aucunement qu'il se contente de désigner de manière simpliste et critique les frontières du champ artistique. ll feint, tout au contraire, d'imposer à sa démarche le cadre d'une définition convenue de l'art. C'est ce qu'évoque métaphoriquement une pièce burlesque de 1971, " Contraindre le corps à s'inscrire dans le cadre de la photo ". Une série de clichés montre l'artiste, tandis que l'appareil se rapproche progressivement, s'efforçant de maintenir sa silhouette dans le cadre en se courbant peu à peu jusqu'à se retrouver "nez à nez" avec l'objectif, vautré au sol. Participent de cette même expérience les photographies systématiques et morcelées du contour des choses et des personnes (" bord de corps ", 1973). Ainsi Jacques Lizène s'applique-t-il a ne pas dépasser les limites, il les parasite. Son œuvre se caractérise par une violence endogène, une pratique autonome jusqu'à l'autarcie qui l'amène en 1977, et nous en reparlerons, à devenir son "propre tube de couleur" et à peindre avec sa matière fécale. On saisit là combien cette fréquentation de la médiocrité, poursuivie depuis trente ans, s'apparente peu à un dandysme. "Je crois, affirmait l'artiste, que cette idée de médiocrité est d'une immense générosité : cela permet à tout d'exister"

Jean-Yves Jouannais, Histoire de l’infamie et autres victoires, Hazan éd, 1995, pp.14-15