Emilio
LOPEZ-MENCHERO
légendes :
Trying to be Rrose Selavy, photo NB marouflée sur alu, 2006
Trying to be Balzac,
photo NB marouflée sur alu, 2002
Trying to be Cindy, photo couleurs marouflée sur alu, 2010
Trying to be Arafat, photo couleurs marouflée sur alu, 2010
Trying to be Ensor, photographie couleurs marouflée sur alu, 2010 |
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TRYING TO BE EMILIO LOPEZ-MENCHERO.
Quelques notes éparses, en redites, àÝ propos des Trying to be d'Emilio Lopez Menchero (2008-2011)
1. (...)Laissons à Emilo Lopez-Menchero le soin de camper la figure de l’Amiral. Retour à Dada, il habita d’ailleurs celle de Rrose Selavy, maquillé et chapeauté tel Marcel Duchamps travesti en son altière ego, bêcheuse et désappointante. Extravagance, excentricité : l’artiste, lui-même hybride hispano-belge, tente régulièrement les réincarnations les plus diverses : essayer d’être le Balzac de Rodin, nu ou monumental, ou Picasso boxeur, ou Rrose Selavy, ou Che Guevara, ou Frida Kahlo, ou Raspoutine, ou Harald Szmemann, ou Russell Means façon Warhol, ou encore un sumo dandinant. Transformiste, déclinant toutes les flamboyances, même celles de pacotille, c’est à chaque fois l’image de l’artiste et de son double que l’artiste resculpte. Comme un voyage mimétique au travers de quelques mythes, sachant que ceux-ci révèlent à la fois le mensonge et la vérité. Voilà l’artiste, en quête d’identité, rangé au rayon des héros domestiques. Parodique ? C’est beaucoup plus subtil. La parodie sanctionne et consacre dans le même temps, sur un mode toujours paradoxal : se moquer en admirant, s’identifier en se démarquant. Elle est hommage et reconnaissance, sur le mode du travestissement burlesque. Pastiche ? Pas seulement non plus. Si Lopez-Menchero fait de temps à autre référence directe à une œuvre d’art, à un document historique, une photographie d’archive, il s’inspire aussi d’attitudes dans cette volonté « d’essayer d’être ». « Alles ist Architektur » déclarait Hans Hollein dans son célèbre Manifeste de 1968 et se plaît à rappeler Emilio Lopez-Menchero. Et cette série de « Trying to be » en témoigne : il s’agit d’une construction existentielle comportant des couches autobiographiques comme d’autres référentielles, entre exhibition, travestissement, héroïsme domestique. Le tout récent « Lundi de Pâques », making off vidéographique d’un « Trying to be John Lennon » à venir, témoigne de tout cela. Être John Lenon un moment seulement ou plutôt en incarner l’image mythique, celle d’une pochette de long playing, résulte d’une longue série de tentatives quasi pathétiques de prendre la pose et d’habiter Lennon au fil d’un huis clos familial d’un réalisme saisissant, qui se déroule un lundi de Pâques. C’est là une construction aussi mentale que physique. Il en va de l’épilation d’un poil de cil comme de l’effort à fournir lorsqu’on lui lance pour défi de grimper le col d’Aubisque sur un vélo torpédo au guidon doté de cornes acérées, revêtu de la flamboyance de son costume de toréador, rythmant ses coups de pédales d’un endiablé paso-doble. Assurément, en haut du col, l’artiste mérite de camper la figure de l’Amiral.(...)
TRYING TO BE BALZAC (2008)
2. La parodie sanctionne et consacre dans le même temps, sur un mode toujours paradoxal : se moquer en admirant, s’identifier en se démarquant. “Trying to be Balzac » ne serait-il que parodique ? L’’œuvre est avant tout hommage et (re)connaissance. Tant les performances que la vidéo ou les tirages photographiques qui en résultent procèdent d’un pastiche sans postiche. Il s’agit d’abord de camper le daguerréotype du « Balzac à la bretelle » appartenant à Nadar et que Louis Auguste Bisson réalisa en 1842. Il s’agit ensuite de tenter d’être le « Balzac de Rodin », d’être à la fois le monument final tout comme ses diverses étapes de réalisation, dans une logique de démonstration, un film à rebours, une exhibition qui dénude le génial geste sculptural de Rodin, plus que le corps de l’artiste. C’est là que réside le sens de ce striptease. Se déshabillant, exhibant nudité et virilité, Lopez-Menchero démonte le geste de synthèse de Rodin qui sculpta d’abord le corps de l’écrivain avant de le couvrir de cette robe de bure. C’est là sans doute que Lopez-Menchero est lui-même héroïque.
TRYING TO BE CINDY (2009)
3.Il était en quelque sorte attendu qu’Emilio Lopez Menchero incarne tout récemment Cindy Sherman. Depuis ses tout premiers travaux il y a plus de trente ans, l’artiste américaine se sert presque exclusivement de sa propre personne comme modèle et support de ses mises en scène. Regard sur l’identité, frénésie à reproduire son moi, son travail est ultime enjeu de déconstruction des genres entre mascarade, jeu théâtral et hybridation. Il était, de même, tout aussi attendu que Lopez Menchero incarne Jacques Lizène en « petit maître à la fontaine de cheveux », ce qu’il fit tout aussi récemment. L’hybridité encore une fois, mais aussi une attirance pour le burlesque et la parodie, tout comme une admiration partagée pour Pablo Picasso les réunissent. Lizène a dessiné de nombreux « avions métamorphiques comme Picasso n’en a jamais fait » et en a d’ailleurs rassemblé une série dans un « roman d’art plastique ». Lopez Menchero, lui, a tenté de s’approprier le regard mythique de l’Artiste. Tenter, l’enjeu est bien là. Chez Lizène, les tentatives, supposant l’incomplétude et l’inabouti, ne manquent pas. Quant à cette série de travaux d’Emilio Lopez Menchero, elle s’appelle « Trying to be ».
Lopez-Menchero est un hybride belgo-espagnol. Lorsqu’il enfourche son vélo torero torpedo, vêtu du costume de lumière du toréador, les mains bien appuyées sur les cornes acérées de sa monture, le voici hybride d’Eddy Merckx et de Manolete, rendant hommage à Picasso. La performance le mènera au sommet du col d’Aubisque, cela mérite, sur fond sonore de paso-doble, d’être salué. Architecte, il ne pratique pas, mais considère l’espace public et urbain comme un espace critique et y intervient régulièrement de façon temporaire ou pérenne. On le soupçonne de vouloir tatouer la Spanner Haus d’Adolf Loos. Très sévère par rapport à toutes les dérives que le « Crime et ornement » de l’architecte viennois a généré, il cite volontiers Hans Hollein et son Manifeste de 1968 : « Alles ist Architektur ». Tout est architecture, y compris la construction de soi. Depuis le début des années 2000, Emilio Lopez Menchero tente de régulières incarnations. Camper Picasso torse nu en culotte de boxeur, s’approprier son regard, Habiter Rrose Selavy. Se substituer à Harald Szemann. Incarner les quelques minutes de célébrité wharolienne façon Russell Means. Mettre à nu le monumental Balzac de Rodin. Changer de sexe et composer une Frida Kahlo qui, elle-même, se met en scène. Prendre la pose hiératique de Raspoutine. Conquérir la face christique du Che Gevara. Coiffer le keffieh d’Arafat. Comme dans le cas de Cindy Sherman, ces mises en scènes ne sont destinées le plus souvent qu’à la photographie, plus rarement à la vidéo. Lopez Menchero se transforme par le maquillage, le costume, les accessoires, et surtout, il prend la pause, une pause, dirions-nous, incarnée, très proche de l’icône de référence, mais dans une totale réappropriation personnelle. Est-ce là un art parodique, ce « dernier ressort de l’esprit » selon Nabokov ? La parodie sanctionne et consacre dans le même temps, sur un mode toujours paradoxal : se moquer en admirant, s’identifier en se démarquant. Elle est hommage et reconnaissance, mais sur le mode du travestissement burlesque . Lopez Menchero ni ne se moque, ni ne parasite ; il initie par ces citations une réflexivité et une recréation, mêlant le familier et l’inédit, la reconnaissance et la surprise, l’érudition et la farce. Lorsqu’il campe l’« autoportrait de Pablo Picasso torse nu en culotte de boxeur devant Homme assis au verre en cours d'exécution », une photographie prise dans l'atelier de la rue Schoelcher en 1915 ou 1916, tout l’enjeu, dit-il, est de restituer cette autocélébration photographique, tant celle du corps que du génie artistique, dont usa fréquemment le peintre espagnol. Il ne s’agit pas de pasticher le cliché photographique, de singer Picasso, mais bien d’incarner cet « être peintre » autant que les archétypes de l’Espagnol viril et macho. Alors qu’il pose la question du corps, de son propre corps dandinant, étonnante vidéo intitulée « Ego Sumo », Lopez Menchero découvre la physionomie du portrait de Balzac aux bretelles, dit de Nadar, Napoléon des lettres, mains sur le cœur, photographié par Buisson en 1842. C’est cette question de physionomie et le hasard d’une éventuelle ressemblance qui le mobilise. Ensuite, il abordera les clichés du Balzac Monumental de Rodin pris par Edward Steichen, diverses études préparatoires que réalise Rodin, ce qui le mènera à la sculpture du Balzac elle-même. En fait, ce redoublement entre la sculpture et ses avatars photographiques, entre la physionomie de Balzac et l’œuvre de Rodin condense le processus d’incarnation qu’il entreprend. Celui-ci débouchera sur cette exhibition qui dénude le génial geste sculptural de Rodin, plus que le corps de l’artiste. Exhibant nudité et virilité, Lopez-Menchero démonte le geste de synthèse de Rodin qui sculpta d’abord le corps nu de l’écrivain avant de le couvrir de cette robe de bure. Il est dès lors autant Balzac que la sculpture de Rodin. Sa démarche s’apparenterait-elle à celle du changement d'identité, inauguré par Marcel Duchamp ? Rappelons que l’origine même du geste duchampien réside d’abord sur un transformisme linguistico-religieux : passer d’une religion à une autre par un changement de patronyme. La célèbre photographie que Man Ray fait de Duchamp déguisée en femme est en fait la photo « d’identité travestie » de Rrose Selavy, la « Ready Maid » duchampienne. Lopez Menchero ne pouvait que réitérer ce geste transgenre. Habiter Rrose Selavy et par la même occasion, bien sûr, Marcel Duchamp : c’est l’archétype du genre. Cindy ou Rrose ne sont pas les seules femmes qu’Emilio Lopez Menchero a incarnées ; il y a Frida aussi. Pour personnifier l’artiste mexicaine Frida Kahlo, il ne choisit pas l’un des nombreux autoportraits de l’artiste, mais une photographie de Nickolas Muray, « Frida on Withe Bench », datée de 1938, un portrait frontal, une mise en scène. C’est ce manifeste politique et culturel qui intéresse Lopez Menchero ; l’intime, l’artistique, le politique transfigurent Frida. Frida Kahlo déclare qu’ « elle s’autoportraiture souvent parce qu’elle est la personne qu’elle connaît le mieux »
Transformiste un brin excentrique, Lopez Menchero, tout en changeant d’identité trouve la sienne. « Être artiste, dit-il, c’est une façon de parler de son identité, c’est le fait de s’inventer tout le temps ». Chaque œuvre est singulière, chaque « Trying to be » est une aventure particulière, chacun est une construction existentielle, composée d’éléments autobiographiques, d’une mise en scène de soi-même, d’une réflexion sur les signaux émis par l’icône mise en jeu. C’est, in fine, une construction de soi au travers d’une permanente réflexion sur l’identité et ses hybridités, visitant quelques mythes, leurs mensonges et vérités. Lopez Menchero déambule entre exhibition, travestissement et héroïsme domestique.
Et Cindy ? Emilio Lopez Menchero a choisi l’un des « Centerfolds » de 1981, ces images horizontales, comme celles des doubles pages des magazines de mode et de charme, commanditées par Artforum et qui ne seront jamais publiées. La rédaction de la revue d’art jugera qu’elles réaffirment trop de stéréotypes sexistes. Sherman incarne une femme vulnérable, fragile, sans échappatoire, captive du regard porté sur elle.
4. TRYING TO BE YASSER ARAFAT (2010)
Yasser Arafat. Né le 24 août 1929 dans la ville du Caire et décédé le 11 novembre 2004 à Clamart en France, de son vrai nom Mohamed Abdel Raouf Arafat al-Qudwa al-Husseini. Dirigeant du Fatah puis également de l'Organisation de libération de la Palestine, longtemps considéré comme un terroriste notamment par Israël en raison de son implication dans de nombreuses opérations qui ont coûté la vie à des civils et à des militaires israéliens, Yasser Arafat est resté pendant plusieurs décennies une figure controversée de l'expression par la violence des aspirations nationales palestiniennes avant d'apparaître pour Israël comme un partenaire de discussions dans le cadre du processus de paix israélo-palestinien dans les années 1990. Yasser Arafat représente alors les Palestiniens dans les différentes négociations de paix et signe les accords d'Oslo en 1993. Il devient le premier président de la nouvelle Autorité palestinienne et reçoit le prix Nobel de la Paix 1994 en compagnie de Shimon Peres et Yitzhak Rabin. Emilio Lopez Menchero. Né à Mol en 1969, hybride hispano-belge, artiste plasticien, performer, Emilio Lopez Menchero passe son enfance en Belgique, avant d’émigrer à Vienne avec ses parents. De retour en Belgique, il étudie l’architecture et les arts plastiques. Architecte, il ne pratique pas, mais considère l’espace public et urbain comme un espace critique et y intervient régulièrement de façon temporaire ou pérenne.
5. TRYING TO BE JAMES ENSOR (2010)
« Tout artiste vrai est un héros ingénu » Emile Verhaeren, à propos de James Ensor.
Camper Picasso torse nu en culotte de boxeur, s’approprier son regard. Habiter Rrose Selavy. Se substituer à Harald Szemann. Incarner les quelques minutes de célébrité wharolienne façon Russell Means. Mettre à nu le monumental Balzac de Rodin. Changer de sexe et composer une Frida Kahlo qui, elle-même, se met en scène. Prendre la pose hiératique de Raspoutine. Conquérir la face christique du Che Gevara. Coiffer le keffieh d’Arafat. Renouer avec la figure de Cindy Sherman… Ce « Trying to be James Ensor », si je compte bien, est le quatorzième autoportrait, la quatorzième incarnation que tente Emilio Lopez Menchero. James Ensor, lui, s’est auto-portraituré cent douze fois… « II serait surprenant qu'Ensor, aimant avant tout au monde son art et par conséquent chérissant surtout celui qui le fait, c'est à dire lui-même, n'eut multiplié à l’infini sa propre effigie », écrit le poète et critique Emile Verhaeren en 1908 dans sa monographie consacrée à l'artiste. Et de poursuivre : « Ajoutons qu'en se regardant, en un miroir, il a toujours a portée de main, de brosse et de palette, un modèle complaisant et gratuit. Des ses tout premiers débuts, aux temps lointains et maudits ou il s'égarait a l'académie, il traduit ses traits (1879) ; en 1880 il se repeint ; en 1883 encore et en 1884 il se dessine. En 1886 il fixe au crayon quatre fois son image ; en 1888 il se déguise et se reproduit au pinceau. Dans Ecce Homo, c'est lui qui apparait flanqué de ses deux bourreaux MM. Fetis & Sulzberger ; en 1891 parmi ses dessins fantasmagoriques il prend place ; en 1899 il s'entoure de masques et dans nombre de compositions son visage tantôt hilare, tantôt mélancolique, tantôt angoissé et piteux, s'impose. II est en quelque sorte la figure centrale de tous ses rêves. Et c'est logique et c'est humain qu'il en soit ainsi. On pourrait serrer de près sa psychologie, rien qu'en analysant ses portraits aux différentes saisons de son art et l'être insaisissable qu'il est se dévoilerait peut - être mieux, grâce a cette méthode, que par l'examen de ses gestes quotidiens dans la vie ». De fait, commente Laurence Madeline, jamais Ensor n'a cessé de se représenter. « Jeune, fringant, plein d'espoir et de fougue, triste mais somptueux parfois, ainsi apparaît-il dans ses premiers tableaux. Bientôt cependant il laisse exploser sa rancoeur en soumettant son image à de multiples métamorphoses. Il est un hanneton, il se déclare fou, il se "squelettise"... Il s'identifie au Christ puis à un pauvre hareng saur. Il se caricature, se ridiculise... Il est l'auteur et la marionnette de comédies ou de tragédies dans lesquelles il invite de temps en temps ses détracteurs pour de cruels règlements de compte. (…)Par leurs styles – réaliste, onirique, sardonique, caricatural, macabre –, ils traduisent les mouvements de son humeur changeante. Pourtant, c'est bien par l'autoportrait qu'Ensor s'applique à démontrer "l'unité" de son œuvre. Se représentant chez lui, au milieu de ses masques, de ses fantômes et de ses tableaux, il classe, organise, hiérarchise sa production, aussi foisonnante, brillante qu'hétéroclite. Il peint, longuement, sa mythologie, prépare sa place dans l'histoire de la peinture ». De toutes ces autoreprésentations, Emile Verhaeren préfère la première. « En veston havane, sa palette a la main, a l'atelier, il se campe devant son chevalet. II est jeune, l’œil clair, fêlure attentive et naïve. La vie hostile ne l'a point encore touché. L'oeuvre est comme joyeuse ; de belles taches claires s'y rencontrent. On y devine le coloriste qu'il est ». Emilio Lopez Menchero a préféré l’autoportrait au chapeau fleuri de 1883-1888 et à même obtenu de Xavier Tricot, spécialiste de l’œuvre ensorienne, de pouvoir se coiffer du chapeau d’origine afin d’incarner le baron ostendais. Et le choix est, on ne peut plus logique. James Ensor n’est-il pas lui-même « déguisé » ? Ne se mesure-t-il pas à Pierre-Paul Rubens, s'inspirant de l'un de ses autoportraits pour réaliser le sien. Mais il a ironiquement troqué le chapeau –avec panache- du maître, contre un bibi à fleurs et à plumes. Une sorte de « Trying to be » avant la lettre… Nous l’avons déjà écrit : Emilio Lopez Menchero initie par ces citations une réflexivité et une recréation, mêlant le familier et l’inédit, la reconnaissance et la surprise, l’érudition et la farce. Chacun de ses « Trying to be » est une aventure particulière, une construction existentielle, composée d’éléments autobiographiques, d’une mise en scène de soi-même, d’une réflexion sur les signaux émis par l’icône mise en jeu. C’est une permanente réflexion sur l’identité et ses hybridités. Visitant quelques mythes, leurs mensonges et vérités, l’artiste déambule entre exhibition, travestissement et héroïsme domestique. Un héroïsme ingénu, pour reprendre Les mots d’Emile Verhaeren. Et celui ci précise : « En ce temps-ci ou chacun est tout le monde, le poète, le peintre, le sculpteur, le musicien ne vaut que s'il est authentiquement lui-même. C'est le plus réel des privilèges que la nature, sans aucune intervention autre que celle de sa puissance, confère et maintient a travers les siècles et seul le poète, le peintre, le sculpteur, le musicien en peut jouir pleinement ». Notons au passage que si Ensor a incarné la figure christique, Emilio Lopez Menchero a, déjà dirais-je, incarné les figures du bon et du mauvais larron. Pour l’étape suivante, il suffira d’envoyer Emilio Lopez Menchero s’inspirer chez Jacques Lennep. Dans le « Musée de l’homme » de celui-ci figure Yves Somville, celui-là même qui incarna le Christ dans le Jeu de la Passion de Ligny. Ecce homo. |