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Expositions. Sylvie Macias Diaz. Femmes d'intérieur


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 Saison 2004-2003Sylvie Macias Diaz | Femmes d'intérieur


Sylvie Macias Diaz
Femmes d'intérieur

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Cette exposition est en fait le complément à celle organisée par le Muhka à Anvers sous le titre de "Sans issue", l'artiste invitée par le musée à installer ses productions récentes en dialogue avec des oeuvres de la collection.

"Tout d'abord, entre Pistoletto, Filiou, Candy Nolan et Guy Mees, elle tient sa place, se positionnant d'emblée en bonne compagnie. Ensuite elle est inévitable car l'une de ses réalisations bloque pratiquement le passage de la salle : une construction géométrique simple en cageots à fruits. Une architecture fragile mais présente comme une tour inaccessible. Celui qui se trouverait à l'intérieur serait cloîtré. Au mur, une série de panneaux publicitaires des années 50 opposent des intérieurs modèles. Le bonheur de la maison à portée de main ! Et l'artiste d'y ajouter des femmes transparentes qui se confondent donc avec leur intérieur, avec les tâches qui les y attendent. N'y seraient-elles pas cloîtrées ? Un jeu de miroir et l'arte povera, comme chez Pistoletto, auquel on ajoute le recyclage d'actualité. Un regard perçant et critique." (Claude Lorent, La Libre Belgique, 15 octobre 2003)

 

(...)Très récemment, dans un exercice similaire de mise en perspective de son propre travail au sein d'une collection muséale , Sylvie Macias Diaz, face à l'une de ses architectures de cageots, cube monumental de bois déroulé, avait souhaité la présence d'un "Verloren Ruimte", un "espace perdu" de Guy Mees, ces volumes de dentelles industrielles, habité des vibrations lumineuses d'un néon fluorescent, œuvres des années 60. L'espace perdu, pour Guy Mees, est un espace tangent, aux lisières de l'espace perceptible, complémentaire dans l'espace quotidien, sans fonctions définies, rendant plus aisé la tactilité, expérience sensorielle directe et non pas quête d'un espace perceptif immatériel. Mees effectivement a toujours considéré l'espace comme un lieu étranger, un ailleurs mais en termes familiers, l'espace architectonique comme non utopique, une structure non rhétorique mais quotidienne et privée. C'est là dans ses architectures de cageots des préoccupations que partage Sylvie Macias Diaz, ne fût-ce que dans l'utilisation de matériaux précaires, la grande économie de moyens mis en œuvre. Ces architectures de cageots, ludiques au départ, habitats privés, espaces quotidiens recyclés d'un matériau industriel, sériel lui aussi comme les dentelles de Mees, ont plus récemment gagné en abstraction, mais suivant un espace visuel et fini, sensible dans la sérialité de ses rythmes, une manière pragmatique de résoudre les questions d'espace et de matière. "Sans issue", dernière architecture du genre, espace et volume clos sur lui-même en témoigne . Guy Mees fait lui aussi explicitement référence à un espace d'habitat, à des aspects utilitaires et domestiques qui sont au cœur des préoccupations de Sylvie Macias Diaz, tandis qu'ils partagent tous deux le choix délibéré pour des matériaux simples, économes, quotidiens, papiers colorés, dentelles industrielles dans le cas de Mees, recyclage de matériaux communs dans le cas de Sylvie Macias Diaz. Tout, chez l'un comme chez l'autre, reste réversible et provisoire.
Guy Mees n'a pas choisi la dentelle industrielle pour sa seule structure cinétique, plutôt pour sa texture caressante, pour ses ressources explicitement sensuelles, riches en associations intimes. Certaines de ses installations de plinthes qu'il réalisa durant les années 80 dans sa propre maison ou des lieux d'expositions, interventions minimales et peintures des plinthes dans une couleur uniforme, le mur pour socle, la plinthe pour construction spatiale très concrète, ont également généré des œuvres photographiques de plinthes dessinées au rouge à lèvres. Durant les années 90, Mees réalisa des "ballets imaginaires" de jupettes et petites culottes de papiers colorés, de papier cristal, légèreté presque frivole, allusions au monde féminin confortant la définition que Mees donne de l'expérience esthétique comme pure sensualité, pure jouissance même. Ceci ne peut laisser Sylvie Macias Diaz indifférente, alors que depuis un an, toute sa réflexion critique tourne autour de la beauté féminine comme canon iconique, autour de règles et modèles convenus de la vie moderne et de la condition de la femme à la maison, domesticité étudiée du quotidien d'une femme d'intérieur. Sylvie Macias Diaz plonge en sa pratique dans un monde ludique et enfantin ; Mees, aussi, découpant ses papiers colorés en ballets aériens.