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The Bastardstown Blogger
2007, 17’, video, colour, English spoken The first thing I did when I woke up every morning in the city was to brush my teeth. The moment I switched on my electric toothbrush, all the fumbling began. That is not to say that all was clear and calm during my city slumber. My bed, and hence my head, was not facing east west, but I won’t go into that. I had neighbours above below, and either side of me. Their voices, music and sexual pursuits became the characters and storylines of my dreams. Then there were the trains, speeding through my brain from five am, and the constant grumble of the motorway in the distance all night long. But the moment I switched on my electric toothbrush, it all started for real. Electric toothbrushes are the lazy mans toothbrush. Its analogue counterparts need swift hand movements to get them going. I am only telling you this to prove I am no luddite. Anyway that brrrsh every morning was the beginning of my battle for existence, in the networked nirvana that we like to call city! Up on the city walls, there was a noise like the sea. It was the noise of everyone jammed up against each other in an effort to get to work. My computer was charging, my phone was ringing, it was not yet 8.00 am. Which ‘out of control human’ wanted to give me their voice at this hour in the morning? My daily city routine continued as follows: I poured a cup of green tea, yes china is here! Can I isolate the sound of the tea entering the cup? No, the porridge is bubbling in the background, the kettle is boiling and my voicemail is ringing, punishing me for not picking up the phone a few minutes ago. I go out onto my balcony and howl at my neighbours, someone answer my goddamn phone, I roar. They are killing a lamb in the garden below me. They look up, mutter something in a language I can’t understand, and go back to killing their lamb. The lamb pleads. Its’ poor bleats kill the noise of the phone. At least they know what they will eat today. Freshly butchered lamb in place of our jumbled urban fare; hot dogs, fried chicken, french fries, fried shrimp, frankfurters, hamburgers, tofu, hot corn, Italian sausage, seafood, shish kebab, cold beer, warm beer, soft drinks, hard alcohol, soya milk, pop corn, cotton candy, ice-cream, hot pizza, extra strong coffee, latte, iced tea, additive free carrot cake, cold clams, cold beer, flavoued spring water, wine gums, crisps, Italian ices, seafood, frankfurters, all beef hamburgers, french fries, fish fingers, ketchup, sushi, coleslaw, pot noodles, smoked chicken, smoked mackerel, smoked duck, charcoal broiled shish kebab... I have seen and eaten too much to digest! I look back down in to the garden. The blood pours. The bleating stops. The phone stops. The cat jumps up on the table and rubs against my hand, oblivious, as only cats can be. The radio spills out the news onto my breakfast table. Global warming, war with X. Population growing, 9 billion, 3 billion people consuming very little, for now. Vertical rising computer intelligence feeds off itself, nano bots inside the brain. We are getting the brain on line; you can download your personality onto a computer. We are downloading humans into machines. We are producing a world full of game shows, reality TV, crime watch, lowlife millionaire celebrities, silver four wheel drives, and blog hogs! City style super nonsense. Fads changing day to day. The discomfort of something not being in focus. Too much information. I don’t need the book of predictions, everybody is predicting what’s going to happen. More concrete. More pedestrian shopping streets. More CCT TV. More green areas. More car parks. More blacked out 4 wheel drives. More digital TV. More broadband, more communication Via Voice over Internet Protocol. Jaw bone mobiles, insurance for everything, mixed models, embedded systems, outsourcing, insourcing, trend scouting, new family types. My liberal guilt hits me. My brain is a bullet train heading in every direction at once. My computer is charged, my mobile phone is ringing, the taxi is here, the fixed line rings too. I push everything into a bag. My cat meows “you’re not leaving me again are you?”. My neighbour from across the landing enters the living room suddenly unannounced. She has forgotten which day she has to feed the cat. Her dressing gown hangs half open, her eyes still half closed. I see a piece of silk white breast. I reach out wishing to touch the skin but feel the brass door handle in my hand. “Sorry for barging in”, she says, “I wasn’t sure when you were leaving”. “No problem” I reply, “I have to go I’ll miss my plane…” and I close the door leaving her to explain to the cat. (...) La première chose que je faisais en me levant en ville chaque matin était de me brosser les dents. Dès que j’enclenchais ma brosse à dents électrique, c’est tout un tâtonnement maladroit qui se mettait en branle. Ce qui ne veut pas dire que tout était clair et calme durant mon sommeil citadin. Mon lit, et donc ma tête, n’était pas orienté est-ouest mais je n’entrerai pas ici dans ce genre de détails. J’avais des voisins au-dessus, en dessous et de chaque côté. Leurs voix, leurs musiques et leurs quêtes de plaisirs sexuels inspiraient les personnages et le scénario de mes rêves. Ensuite, il y avait les trains qui filaient à travers mon cerveau dès cinq heures du matin et, toute la nuit, le grondement incessant de l’autoroute dans le lointain. Mais dès que j’actionnais ma brosse à dents électrique, tout commençait pour de bon. La brosse à dents électrique est la brosse à dents du paresseux. L’utilisation de sa réplique non mécanique nécessite de rapides mouvements de la main. Je vous dis ceci uniquement pour vous prouver que je ne suis pas un luddite anti-technologie. Quoi qu’il en soit, ce « brrrrrsh » du matin marquait le commencement de ma lutte pour exister dans ce nirvana on-line qu’on aime appeler ville. Dominant les murs de la ville, il y avait comme un bruit de mer. C’était le bruit des habitants entassés les uns contre les autres dans leur tentative de se rendre au travail. Mon ordinateur était en charge, mon téléphone sonnait, il n’était pas encore huit heures. Quel être humain déchaîné voulait me faire entendre le son de sa voix à cette heure matinale ? Ma routine citadine quotidienne se poursuivait ainsi : je me versais une tasse de thé vert – eh oui, maintenant la Chine est là… Puis-je isoler le son du thé s’écoulant dans la tasse ? Non. En bruit de fond, le porridge bouillonne, l’eau bout dans la bouilloire et ma messagerie sonne, me punissant de ne pas avoir répondu quelques minutes plus tôt. Je sors sur mon balcon, me tourne vers mes voisins et hurle : « Que quelqu’un décroche mon foutu téléphone ! » Dans le jardin en bas de chez moi, ils sont en train de tuer un agneau. Ils lèvent les yeux, marmonnent quelque chose dans une langue que je ne comprends pas et reprennent leur tâche. La bête implore. Ses pauvres bêlements étouffent la sonnerie du téléphone. Au moins, ils savent ce qu’ils vont manger aujourd’hui. De l’agneau fraîchement égorgé au lieu de notre melting-pot de nourritures citadines : hot-dogs, poulet frit, frites, crevettes grillées, saucisses de francfort, hamburgers, tofu, maïs épicé, saucisson italien, crustacés, chiche-kebab, bière froide, bière tiède, sodas, alcool fort, lait de soja, pop-corn, barbes à papa, glace, pizzas chaudes, café très fort, café au lait, thé glacé, gâteau à la carotte sans additifs, clams froids, bière froide, eau de source aromatisée, gommes, chips, glaces italiennes, crustacés, saucisses de francfort, hamburgers pur bœuf, frites, bâtonnets de poisson, ketchup, sushi, coleslaw, poulet fumé, maquereau fumé, canard fumé, chich-kebab grillé au feu de bois… J’ai trop vu et trop mangé pour pouvoir digérer ! Je me penche à nouveau au-dessus du jardin. Le sang coule à flots. Les bêlements cessent. Le téléphone ne sonne plus. Le chat saute sur la table et se frotte contre ma main, insouciant, comme seuls les chats peuvent l’être. La radio déverse les infos sur ma table du déjeuner. Réchauffement climatique, guerre avec X. Accroissement de la population, 9 milliards, 3 milliards de personnes qui consomment fort peu, pour le moment. L’intelligence informatique monte en flèche et s’auto-alimente, nanorobots dans le cerveau. Nous allons mettre le cerveau en ligne ; vous pouvez télécharger votre personnalité sur ordinateur. Nous téléchargeons des êtres humains dans des machines. Nous produisons un monde rempli de jeux, de télé réalité, de prévention criminelle, de millionnaires vulgaires, de 4x4 argentées, de mordus de blogs… Totale absurdité citadine. Les lubies changent au jour le jour. Malaise du flou. Trop d’infos. Je n’ai pas besoin du grand livre des prédictions : tout le monde prédit ce qui va arriver. Encore plus de béton. Plus de rues commerçantes piétonnes. Plus de caméras de surveillance. Plus d’espaces verts. Plus de parkings. Plus de 4x4. Et de télés numériques. Plus d’asymetric digital subscriber line, plus de communication via voix sur IP. Des oreillettes de téléphones portables, des assurances pour tout, des modèles mixtes, des ordinateurs intégrés, sous-traitance et délocalisation, internalisation, recherche de tendances, nouveaux modèles familiaux. Ma culpabilité libérale me heurte. Mon cerveau est un train à grande vitesse qui file dans toutes les directions à la fois. Mon ordinateur est chargé, mon portable sonne, le taxi est là, la ligne fixe sonne aussi. Je mets tout dans un sac. Mon chat miaule, « Tu ne vas pas encore me quitter, n’est-ce pas ? » Ma voisine de palier entre dans le salon, subitement, sans prévenir. Elle a oublié quel jour elle doit nourrir le chat. Son peignoir est entrouvert, elle a les yeux mi-clos. J’aperçois une partie de sa poitrine blanche, telle de la soie. J’étends le bras pour toucher la peau mais ma main rencontre la poignée en métal de la porte. « Désolée de faire irruption chez vous comme ça, dit-elle. Je n’étais pas sûre du jour de votre départ. » « Pas de problème. Je dois y aller, je vais rater mon avion … » Et je ferme la porte, lui laissant le soin d’expliquer mon départ au chat.
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