galerie Nadja Vilenne
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SUCHAN KINOSHITA, DEPOT DE MOTS, TABLE DE SYNCHRONISATION

Suchan Kinoshita a grandi au Japon avant d'émigrer ˆÝ Cologne àÝ l'âge de vingt ans, afin de poursuivre une formation musicale dans l'institution où enseignait Maurizio Kagel. Plus tard, elle rejoignit une compagnie théâtrale dont la spécificité résidait dans une sorte d'équivalence des rôles et fonctions, chacun pouvant y assumer tour à tour le rôle d'acteur ou de metteur en scène, ou de décorateur. Ce n'est donc pas tout ˆÝ fait une coïncidence si l'on peut situer son oeuvre plastique aux confins et àÝ la rencontre de différentes domaines, de situations singulières : ˆÝ l'intérieur ou ˆÝ l'extérieur de l'exposition, avec ou sans un apport direct du spectateur, reconnaissable comme oeuvre d'art ou cammouflée comme telle. Pour ce projet des galeries Ravenstein, Suchan Kinoshita prend le propos ˆÝ contrepied, investissant un espace arrière et secondaire, y établissant une sorte de réserve, ce qu'elle nomme en français un "dépôt de mots", métaphore accoustique, visuelle et scripturale d'un "storage", vivier de son propre travail, comme une partition; en contrepoint, l'artiste propose également une "table de synchronisation", une cuisine sonore, invitant le spectateur àÝ l'éprouver dans le geste et la création sonore.

Suchan Kinoshita who grew up in Japan emigrated to Cologne at the age of twenty in order to pursue a musical education at the institute where the contemporary composer Maurizio Kagel was teaching. Later, she worked for a theatre company in which members alternately assumed the role of actor, stage designer and director. Therefore, it is no coincidence that her work can be situated in many fringe areas: inside or outside the walls of the exhibition, with or without an active input by the public, recognisable as a work of art or camouflaged as such. For Ravenstein Galleries she create a specific environment, a "dˆ©pot de mots" like a storage and a table of sounds like a sound kitchen.

Alors que pour ce projet d’exposition, c’est l’espace principal d’exposition qui est proposé à Suchan Kinoshita, celle-ci observant les possibilités de déambulation qu’offrent trois portes percées dans la même cloison, installe son « dépôt de mots » dans une pièce annexe, hors de l’exposition donc, comme dans une réserve. Elle n’y donne accès que par un regard oblique que portera le spectateur au travers d’un rideau, d’une écriture, d’une partition musicale suspendue dans l’espace, à la limite de l’installation.
Kinoshita a travaillé à maintes reprises déjà le principe de la réserve, du rangement, des étagères, ce qu’elle nomme "straubstelle". Cette fois, elle choisit des plaques de matériau acoustique afin de dresser de précaires étagères sur lesquelles l’artiste dépose des mots, tracés à la craie ou gravés dans le matériau, mots, phrases et listes références à son propre travail, à d’autres œuvres, comme une partition d’une pratique artistique, un vocabulaire, comme des fragments d’un monde, une suite de problèmes à résoudre au tableau noir. L'espace en devient autant champ d’activité que dépôt. C’est une sorte de recyclage, un observatoire dont elle use et qu’elle propose au spectateur, invité à mentalement pénétrer cet espace fictif où s’accumule les données, vaste métaphore scripturale, tactile, visuelle et sonore.
Suchan Kinoshita a grandi au Japon avant d'émigrer à Cologne à l'âge de vingt ans, afin de poursuivre une formation musicale dans l'institution où enseignait Maurizio Kagel. Plus tard, elle rejoignit une compagnie théâtrale dont la spécificité résidait dans une sorte d'équivalence des rôles et fonctions, chacun pouvant y assumer tour à tour le rôle d'acteur, de metteur en scène ou de décorateur. Ce n'est donc pas tout à fait une coïncidence si l'on peut situer son oeuvre plastique aux confins et à la rencontre de différentes domaines, de situations singulières : à l'intérieur ou à l'extérieur de l'exposition, avec ou sans un apport direct du spectateur, reconnaissable comme oeuvre d'art ou camouflée comme telle.