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| Benoît ROUSSEL
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(...) Cette notion d’architecture mentale préoccupe en effet Benoît Roussel, dans la pratique et à l’usage, de façon nettement perceptible en ses maquettes d’architecture, plus indicible dans d’autres projets, son travail agissant en effet dans un mode opératoire démultiplié, «échappant de ce fait là à toute tentative de réification, se donnant à lire comme un journal, un mélange d’expériences», une déambulation tout aussi mentale quand elle ne trouve pas ses prolongements physiques, un mode de travail basé pour bonne part sur le souvenir, ou plutôt la souvenance, en ce que celle-ci est moins précise, plus… floue, ce qui correspond à la définition même de ses arrière-plans photographiques. Ses photographies également qu’il nomme arrière plans puisqu’il manque l’avant plan, cela tombe sous le sens, sont également l’occasion de particulièrement bien soigner la contre-performance du médium, puisque celui-ci ne génère plus qu’une image floue, riche dès lors d’autres potentialités que celle d’une objectivation du paysage parcouru, la première potentialité résidant dans le caractère autobiographique, le paysage en question choisi pour souvenir (à venir) ou souvenance (du passé). En fait, perturbant ainsi les codes de représentation, Benoît Roussel sollicite le regardeur dans un désir d’altérité. Il lui offre une situation à composer, à négocier. Comme il lui propose de partager son panthéon filmique organisant des ciné-clubs qui sont autant d’occasions de dresser des «playlists», l’intérêt étant de provoquer d’une certaine manière cette forme éphémère qui joint d’égale manière le collectif et le quant-à-soi. Lorsqu’il a proposé, par l’organisation d’un «cinéma de campagne», soit le fait de déplacer tous les soirs écran et projecteur dans un espace urbain, Turin en l’occurrence, de partager les résultats de sa propre déambulation dans le même espace urbain pris en images, film du jour, c’était là, par la création d’une œuvre d’art mobile, un élargissement du champ artistique au plein sens du terme. Comme il a proposé à des chevaux, par une nuit de pleine lune, de partager sa propre déambulation en pédalo sur les lacs de Genève et de Géronde, installant son matériel de projection en rase campagne. Film hollywoodien, édénique, paradisiaque, montage de deux sorties en pédalo sur deux lacs différents, à Lausanne et Sierre, la vidéo est également bâtie comme une construction mentale et cinématographique C’était là enfin, les chevaux au ciné club, un élargissement du champ potentiel de spectateurs, le désir participatif n’ayant vraiment aucune limite, acte aventureux qui rejoint la signification de l’art, aventureux lui aussi, territoire privilégié de subjectivation ((Jean-Michel Botquin, extrait du catalogue "chaque jou l'art à liège change le monde, 2003) LA COMMUNICATION COMME ETHIQUE Benoît Roussel revient de la fondation Pistoletto (Biella) où il fut en résidence durant 3 mois… Expérience et théorie sont aujourd’hui à l’honneur à la Galerie Nadja Vilenne, jusqu’à la fin mai. On le sait, Ian Wilson est l'un des pionniers de l’ « oral communication », acte artistique à part entière, qui entend libérer l'art de sa sphère spécifique et opter pour la parole comme médium et objet. Reportons-nous à l'avis de Jean-Christophe Royoux (1), dont plusieurs arguments plaident en faveur d'un art de type communicationnel, donc post-conceptuel, et qui surtout éclairent en nombreux points l'optique de la démarche de Benoît Roussel (°1967, Liège). En ce sens, il est notamment question de la relation interactive basée sur la conversation. Changes (Biella, 27 octobre 2000), consistait en un échange de points de vue entre résidents, portant sur les changements et nouvelles expériences éprouvées dans le contexte de la Fondation Pistoletto ; ou encore Ciné-Club (Biella, septembre - octobre 2000) où Roussel invitait les résidents à regarder ses choix filmiques. Il était loisible de (re) voir Step Across The Border (Humbert & Penzel, 1990) ou Inauguration Of The Pleasure Dome (Kenneth Anger, 1954), The Last Movie (Dennis Hopper, 1971), sans oublier une flopée de Buster Keaton. Dans le même ordre d'idée, I'exposition à la Galerie Vilenne s'entendra comme invitation à l'échange, au dialogue : Roussel proposera à plusieurs artistes d'exposer à ses côtés - Mark Bain (USA), Cees Krijnen (NL), Germaine Kruip (NL) et Reinaart Vanhoe (B). L'éthique est un mot qu'aujourd'hui on évite, surtout en art. Parce que connoté, démocratisé, galvaudé et largement interprété... Créer un espace de rencontres, ouvert vers les potentialités d'échanges et d'apprentissages, amène à la dimension éthique de l'œuvre d'art, au sens où l'entend Levinas. Dans l'ouvrage Ethique et infini, un chapitre dédié au Visage nous informe que... « la signification du visage le fait sortir de l'être en tant que corrélatif d'un savoir. Au contraire, la vision (...) est ce qui par excellence absorbe l'être ». Résumons le propos : d'emblée éthique, et au-delà du savoir, la relation au visage ne comprend pas l'ontologie. La relation authentique avec autrui c'est le discours, et plus exactement la réponse, synonyme de responsabilité. La communication, et le discours qui l'englobe, introduit la notion d'authenticité avec autrui. Je suis à l'autre quand je lui parle, même dans le mensonge, la fiction. (Texte de Cécilia Bezzan, paru dans l'Art même )
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Love hotel, technique mixte (carton plume, loupes), 2000
sans titre, dim.variables, media sur miroir, 2002
Torino film office, a city remix, big Torino 2000 |
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