Archives de l’auteur : Admin

Agenda Janvier 2022

Jacques Charlier 

– Bruxelles (B), Hahaha. L’humour de l’art, ING Art Center, du 15 septembre 2021 au 16 janvier 2022.

Werner Cuvelier

– Veurne (B), Abstrakte Kunst bestaat niet, Emergent, 31 octobre – 9 janvier 2022

Aglaia Konrad

– Düren (D), Vom Leben in Industrielandschaften – Den Strukturwandel im Blick, Leopold-Hoesch-Museum, 12 décembre – 3 mars 2022

Brecht Koelman 

– Liège (B), Paintings ! galerie Nadja Vilenne,  prolongation sur RV

Sophie Langohr

– Genève (CH), Art au Centre, du 25 novembre au 29 février 2022

Jacques Lizène

– Bruxelles (B), Hahaha. L’humour de l’art, ING Art Center, du 15 septembre 2021 au 16 janvier 2022.

– Marseille (F), Des choses vraies qui font semblant d’être des faux-semblants,  la Friche La Belle de Mai, du 12 novembre au 13 février 2022

Loïc Moons

– Liège (B), Paintings ! galerie Nadja Vilenne, prolongation sur RV

– Seraing (B), Colors, sur une proposition de Julien Janvier, du 14 au 23 janvier 2022

Pol Pierart 

Verviers (B), Espace 157, du 14 janvier au 12 février 2022

Gaetane Verbruggen

– Liège (B), Paintings ! galerie Nadja Vilenne, prolongation sur RV

Marie Zolamian

– Liège (B), Paintings ! galerie Nadja Vilenne, prolongation sur RV

 

 

Jacques Lizène, [səminal] de Frédéric Acquaviva, création ce jeudi 13 janvier

Création mondiale ce jeudi 13 janvier 2022 de [səminal] de Frédéric Acquaviva, opus auquel a participé Jacques Lizène, sa toute dernière performance, rushs sonores enregistrés à la galerie dans le courant du mois de septembre 2021, quelques jours avant son décès. Et ce jour-là, on ne s’est pas ennuyé un seul instant.

Frédéric Acquaviva, [səminal] (CD)

Une composition en deux parties qui associe deux dimensions antagonistes et complémentaires : un texte de données lu par l’artiste ORLAN et un orchestre virtuel composé de quatre chanteurs (Loré Lixenberg, Joan La Barbara, Wills Morgan et Jacques Lizène) et de 124 instruments différents.

ORLAN intervient ici en tant que locutrice avec sa voix grave reconnaissable entre toutes (le texte est une liste cosmologique d’événements censés se produire dans le futur, lue dans un ordre chronologique comme un compte à rebours inexorable, jusqu’à la disparition totale de tout). La voix d’ORLAN sera audible (de 10.000 à 20 milliards d’années) ou submergée par l’orchestre dans la seconde partie (de 50 milliards d’années à la destruction totale).

Le PolyTransMetaOrchestra (P.T.M.O) est un orchestre virtuel, composé de quatre chanteurs (Loré Lixenberg, Joan La Barbara, Wills Morgan et l’artiste Jacques Lizène décédé le 30 septembre 2021) et de 124 instruments différents issus de la civilisation occidentale autant que de tous les autres endroits de la terre.

Frédéric Acquaviva a demandé à chaque chanteur ou instrumentiste (certains parmi les meilleurs), poète ou compositeur choisi, âgé de 1 à 94 ans, d’enregistrer une seule note, à partir de laquelle il a composé la première partie micropolyphonique de [səminal]. Dans la seconde partie, progressivement, tous les instrumentistes jouent ensemble, des multiplications électroniques se développant ensuite à partir de ce même matériau minuscule mais séminal.

Alors que la voix raconte la disparition de toute forme de vie, petit à petit, une harmonie microtonale plus dense et plus évoluée se fait entendre, prenant naissance à partir de l’ADN de chaque instrument (violon, accordéon, voix féminine, voix masculine, piano, saxophone, viole de gambe, synthétiseur, cors, batterie, etc.), exactement comme dans une période de décadence culturelle, lorsque certaines voix créatives continuent à se battre pour exister et proliférer.

Précommander le CD aux Presses du Réel

Frédéric Acquaviva, né en 1967, est depuis 1990 artiste sonore et compositeur de musique expérimentale, d’installations chronopolyphoniques, diffusées sur CD, en galeries, dans des musées et lieux institutionels ou lieux alternatifs, dans le monde entier. Hors des circuits traditionnels des musiciens et compositeurs, il rencontre puis travaille de manière continue avec quelques figures historiques de l’art, de la poésie ou de la vidéo bien avant leur reconnaissance médiatique (Isidore Isou, Maurice Lemaître, Marcel Hanoun, Pierre Guyotat, Jean-Luc Parant…), ainsi qu’avec la chorégraphe Maria Faustino, le cinéaste FJ Ossang ou la mezzo-soprano Loré Lixenberg.

 

Art Antwerp 2021, les images (1)

John Murphy,
India Song:  . . . /Anne-Marie Stretter  1991-92 / 2021.
Huile sur lin, 228 x 128 cm
John Murphy
Between Anguish and Desire – Between Vomit and Thirst. 2004
Photographic print, pen and ink on board, 85.5 x 71.5 cm
John Murphy
Between Anguish and Desire – Between Vomit and Thirst. 2004
Photographic print, pen and ink on board, 85.5 x 71.5 cm
Olivier Foulon 
Sans titre (Alexander Lieck), 2015
Copie Xerox et colle sur toile, (3x) 50 x 60 cm
Olivier Foulon 
Sans titre (Alexander Lieck), 2015
Copie Xerox et colle sur toile, (3x) 50 x 60 cm
Exhibition view
Exhibition view
Marie Zolamian
Rubis sur ongle, 2022
Huile sur toile sur panneau, 61,5x 41,5 cm

Art Antwerp 2021, preview, Jacqueline Mesmaeker, Olivier Foulon

Jacqueline Mesmaeker, Contour clandestin, technique mixte sur papier, 29,7 x 21 cm, 2021
Jacqueline Mesmaeker, Contour clandestin, technique mixte sur papier, 29,7 x 21 cm, 2021
Jacqueline Mesmaeker, Contour clandestin, technique mixte sur papier, 29,7 x 21 cm, 2021
Jacqueline Mesmaeker, Contour clandestin, technique mixte sur papier, 29,7 x 21 cm, 2021
Jacqueline Mesmaeker, Contour clandestin, technique mixte sur papier, 29,7 x 21 cm, 2021
Jacqueline Mesmaeker, Contour clandestin, technique mixte sur papier, 29,7 x 21 cm, 2021
Jacqueline Mesmaeker, Contour clandestin, technique mixte sur papier, 29,7 x 21 cm, 2021
Jacqueline Mesmaeker, Contour clandestin, technique mixte sur papier, 29,7 x 21 cm, 2021
Jacqueline Mesmaeker, Contour clandestin, technique mixte sur papier, 29,7 x 21 cm, 2021
Jacqueline Mesmaeker, Contour clandestin, technique mixte sur papier, 29,7 x 21 cm, 2021
Jacqueline Mesmaeker, Contour clandestin, technique mixte sur papier, 29,7 x 21 cm, 2021
Jacqueline Mesmaeker, Contour clandestin, technique mixte sur papier, 29,7 x 21 cm, 2021
Jacqueline Mesmaeker, Contour clandestin, technique mixte sur papier, 29,7 x 21 cm, 2021
Jacqueline Mesmaeker, Contour clandestin, technique mixte sur papier, 29,7 x 21 cm, 2021
Jacqueline Mesmaeker, Contour clandestin, technique mixte sur papier, 29,7 x 21 cm, 2021
Jacqueline Mesmaeker, Contour clandestin, technique mixte sur papier, 29,7 x 21 cm, 2021
Jacqueline Mesmaeker, Contour clandestin, technique mixte sur papier, 29,7 x 21 cm, 2021
Jacqueline Mesmaeker, Contour clandestin, technique mixte sur papier, 29,7 x 21 cm, 2021
Jacqueline Mesmaeker, Contour clandestin, technique mixte sur papier, 29,7 x 21 cm, 2021
Jacqueline Mesmaeker, Contour clandestin, technique mixte sur papier, 29,7 x 21 cm, 2021
Jacqueline Mesmaeker, Contour clandestin, technique mixte sur papier, 29,7 x 21 cm, 2021
Olivier Foulon, Sans titre (Alexander Lieck), Copies Xerox et colle sur toile, (3) x 50 x 60 cm

Art Antwerp 2021, preview, John Murphy

John Murphy
Yet Another Effort,… 2015
Photocopy, gouache, pen and ink on board, 46 x 54 cm

 

Que Domenico ait commencé le Divertissement au lendemain de l’effondrement de la République ne doit pas surprendre. Il ne s’agissait pas pour lui, comme on a pu le suggérer, de fuir la réalité mais, tout au contraire, d’une proximité avec le réel et l’histoire qui appartient depuis le début à l’histoire du comique. C’est un fait sur lequel il ne faudrait jamais cesser de réfléchir : les comédies d’Aristophane ont été écrites lors d’un moment décisif, ou plutôt catastrophique de l’histoire d’Athènes. En s’enfermant à Zianigo en compagnie de Polichinelle, Giandomenico ne choisit ni la farce, ni la tragédie. Il ne s’agit pas davantage, comme les interprètes le répètent à l’envi, de désenchantement ou de désillusion, mais bien plutôt d’une sobre méditation sur la fin. Ces phrases sont du philosophe Giorgio Agamben qui a récemment consacré un fort dense petit opus au personnage de Polichinelle : Polichinelle ou Divertissement pour les jeunes gens en quatre scènes  s’inspire d’une œuvre tardive de Domenico Tiepolo, ce Divertimento per li Regazzi, un album regroupant un ensemble de 104 dessins réalisés entre 1795 et 1804, une vie sans queue ni tête de Pulchinello, ce personnage central de la Commedia dell Arte.

John Murphy s’est également intéressé aux dessins des Tiepolo et à la figure même de Pulcinello, cette collection de personnages, car Pulcinello est multiple et même nombreux, tout en étant, en quelque sorte, qu’une seule existence qui mange des gnocchis et fait des lazzis, toutes ces sortes de plaisanteries burlesques, grimaces et gestes grotesques. Déjà en 2006, alors qu’il fait sienne cette image extraite de La Grande Bouffe, la grande abbuflata, de Marco Ferreri (1973), séminaire gastronomique et suicide collectif de quatre hommes fatigués de leurs vies ennuyeuses et de leurs désirs inassouvis et qui bouffent dès lors jusqu’à ce que mort s’ensuive, John Murphy rapproche ce plan où l’on voit Ugo Tognazi s’apprêtant à donner la pâtée à Michel Piccoli de quelques dessins des Tiepolo, père et fils, Giambattista et Giandomenico : des Pulchinello masqués, ventrus, pansus, bossus, constamment occupés à cuisiner des gnocchis, à les manger, à les digérer, à les déféquer.

John Murphy a sélectionné une série des dessins de la vie de Pulcinello, ce divertissement pour les jeunes gens. Tout l’art de Murphy consiste à rassembler une constellation de signes révélateurs d’une expérience poétique. Il dialogue sans cesse avec des œuvres existantes provenant pour la plupart d’un corpus littéraire, pictural, cinématographique. En ce cas, il a fait des copies de certains de ces dessins de Giandomenico Tiepolo et les a masqué, les recouvrant du sfumato d’une couche de gouache blanche. Ensuite, à la plume, il a retracé les motifs sous-jacents qui l’intéressent, comme s’il désirait nous révéler le secret de Polichinelle, sans aucun doute Pulchinello lui-même, affublé de son masque, doté de son gros nez crochu, portant sur la tête un étrange chapeau, sommet de sa difformité, revêtu de son costume blanc et spectral, confondu à la gouache, personnage grotesque, touchant et effrayant à la fois, sans cesse au bord de la chute entre une invivable tragédie de la destinée et le comique des situations, la comédie comme inéluctable répétition du caractère. A la fois, Murphy ravive le souvenir des dessins de Domenico Tiepolo, les révèle et s’en écarte, les efface, ne conservant que ce qu’il estime nécessaire à son propos. La compagnie des polichinelles s’affaire et s’agite, se montre du doigt. Rien pourtant n’empêchera la perte, la chute, la fin en soi. Le sublime et le grotesque se côtoient, l’un et l’autre évoquent la finitude de la condition humaine, ce dévalement de la vie qui se dissout dans la multiplicité et l’affairement. John Murphy a conservé quelques petits chiens qui hantent les dessins de Tiepolo. Me reviennent ces quelques phrases écrites par Nietzsche dans Le  Gai Savoir : J’ai donné un nom à ma souffrance et je l’appelle « chien », — elle est tout aussi fidèle, tout aussi importune et impudente, tout aussi divertissante, tout aussi avisée qu’une autre chienne — et je puis l’apostropher et passer sur elle mes mauvaises humeurs : comme font d’autres gens avec leurs chiens, leurs valets et leurs femmes. (JMB)

John Murphy
Not there, 2015
Photocopy, gouache, pen and ink on board, 46 x 54 cm
John Murphy
Cadere. Waste and Cadavers All, 2015
photocopy, gouache, pen and ink on board, 46 x 54 cm
John Murphy
In their own dark, 2015
Photocopy, gouache, pen and ink on board, 46 x 54 cm
John Murphy
Words fall like stones, like corpses, 2015
Photocopy, gouache, pen and ink on board, 46 x 54 cm