Archives de catégorie : Non classé

Art Antwerp 2021, preview, John Murphy

John Murphy
Yet Another Effort,… 2015
Photocopy, gouache, pen and ink on board, 46 x 54 cm

 

Que Domenico ait commencé le Divertissement au lendemain de l’effondrement de la République ne doit pas surprendre. Il ne s’agissait pas pour lui, comme on a pu le suggérer, de fuir la réalité mais, tout au contraire, d’une proximité avec le réel et l’histoire qui appartient depuis le début à l’histoire du comique. C’est un fait sur lequel il ne faudrait jamais cesser de réfléchir : les comédies d’Aristophane ont été écrites lors d’un moment décisif, ou plutôt catastrophique de l’histoire d’Athènes. En s’enfermant à Zianigo en compagnie de Polichinelle, Giandomenico ne choisit ni la farce, ni la tragédie. Il ne s’agit pas davantage, comme les interprètes le répètent à l’envi, de désenchantement ou de désillusion, mais bien plutôt d’une sobre méditation sur la fin. Ces phrases sont du philosophe Giorgio Agamben qui a récemment consacré un fort dense petit opus au personnage de Polichinelle : Polichinelle ou Divertissement pour les jeunes gens en quatre scènes  s’inspire d’une œuvre tardive de Domenico Tiepolo, ce Divertimento per li Regazzi, un album regroupant un ensemble de 104 dessins réalisés entre 1795 et 1804, une vie sans queue ni tête de Pulchinello, ce personnage central de la Commedia dell Arte.

John Murphy s’est également intéressé aux dessins des Tiepolo et à la figure même de Pulcinello, cette collection de personnages, car Pulcinello est multiple et même nombreux, tout en étant, en quelque sorte, qu’une seule existence qui mange des gnocchis et fait des lazzis, toutes ces sortes de plaisanteries burlesques, grimaces et gestes grotesques. Déjà en 2006, alors qu’il fait sienne cette image extraite de La Grande Bouffe, la grande abbuflata, de Marco Ferreri (1973), séminaire gastronomique et suicide collectif de quatre hommes fatigués de leurs vies ennuyeuses et de leurs désirs inassouvis et qui bouffent dès lors jusqu’à ce que mort s’ensuive, John Murphy rapproche ce plan où l’on voit Ugo Tognazi s’apprêtant à donner la pâtée à Michel Piccoli de quelques dessins des Tiepolo, père et fils, Giambattista et Giandomenico : des Pulchinello masqués, ventrus, pansus, bossus, constamment occupés à cuisiner des gnocchis, à les manger, à les digérer, à les déféquer.

John Murphy a sélectionné une série des dessins de la vie de Pulcinello, ce divertissement pour les jeunes gens. Tout l’art de Murphy consiste à rassembler une constellation de signes révélateurs d’une expérience poétique. Il dialogue sans cesse avec des œuvres existantes provenant pour la plupart d’un corpus littéraire, pictural, cinématographique. En ce cas, il a fait des copies de certains de ces dessins de Giandomenico Tiepolo et les a masqué, les recouvrant du sfumato d’une couche de gouache blanche. Ensuite, à la plume, il a retracé les motifs sous-jacents qui l’intéressent, comme s’il désirait nous révéler le secret de Polichinelle, sans aucun doute Pulchinello lui-même, affublé de son masque, doté de son gros nez crochu, portant sur la tête un étrange chapeau, sommet de sa difformité, revêtu de son costume blanc et spectral, confondu à la gouache, personnage grotesque, touchant et effrayant à la fois, sans cesse au bord de la chute entre une invivable tragédie de la destinée et le comique des situations, la comédie comme inéluctable répétition du caractère. A la fois, Murphy ravive le souvenir des dessins de Domenico Tiepolo, les révèle et s’en écarte, les efface, ne conservant que ce qu’il estime nécessaire à son propos. La compagnie des polichinelles s’affaire et s’agite, se montre du doigt. Rien pourtant n’empêchera la perte, la chute, la fin en soi. Le sublime et le grotesque se côtoient, l’un et l’autre évoquent la finitude de la condition humaine, ce dévalement de la vie qui se dissout dans la multiplicité et l’affairement. John Murphy a conservé quelques petits chiens qui hantent les dessins de Tiepolo. Me reviennent ces quelques phrases écrites par Nietzsche dans Le  Gai Savoir : J’ai donné un nom à ma souffrance et je l’appelle « chien », — elle est tout aussi fidèle, tout aussi importune et impudente, tout aussi divertissante, tout aussi avisée qu’une autre chienne — et je puis l’apostropher et passer sur elle mes mauvaises humeurs : comme font d’autres gens avec leurs chiens, leurs valets et leurs femmes. (JMB)

John Murphy
Not there, 2015
Photocopy, gouache, pen and ink on board, 46 x 54 cm
John Murphy
Cadere. Waste and Cadavers All, 2015
photocopy, gouache, pen and ink on board, 46 x 54 cm
John Murphy
In their own dark, 2015
Photocopy, gouache, pen and ink on board, 46 x 54 cm
John Murphy
Words fall like stones, like corpses, 2015
Photocopy, gouache, pen and ink on board, 46 x 54 cm

Agenda Mars 2020

Werner Cuvelier

– Den Haag (Nl), Werner Cuvelier – 1970 and beyond, Parts Project, Den Haag, du 16 février au 12 avril 2020

Charlotte Lagro

– Maastricht (Nl), De Geschiedenis voorbij, Roger Cremers, Charlotte Lagro,  Marta/Slava, Gouvernement aan het Maas, 7 février – 2 juin 2020

Sophie Langohr

– Lessines (B), Infiniment, Musée de l’Hôpital Notre-Dame à la Rose, jusqu’au 29 mars 2020

Jacqueline Mesmaeker

– Bruxelles (B), Jacqueline Mesmaeker, Ah, quelle aventure ! BOZAR, du 26 mars au 24 mai 2020

Benjamin Monti

– Morlanwelz (B), Bye Bye Future! L’art de voyager dans le temps, Musée royal de Mariemont, du 25 janvier au 24 mai 2020

Valérie Sonnier

– Rentilly (F), Le cabaret du Néant, château de Rentilly, du 8 mars au 5  juillet 2020

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Arco Madrid 2020, Aglaia Konrad, Marie Zolamian, les images (1)


Aglaia Konrad Projekt: Skulptur, 2017 BW prints on ecoboard, stones, 178 x 120 cm

Marie Zolamian
Sans titre, 2019
Huile sur toile sur panneau, 37 x 28,5 cm

Marie Zolamian
Aporie, 2019
Huile sur toile sur panneau, 38,5 x 28 cm

Marie Zolamian
Sophisme, 2018
Huile sur papier,maroufl sur toile et panneau, 18 x 24,5 cm

Marie Zolamian
Courir le guilledou, 2019 
Huile sur toile sur panneau, 29 x 39 cm

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Arco Madrid 2020, Marie Zolamian, preview


Marie Zolamian
Syndérèse, 2019
Huile sur toile sur panneau, 39 x 19 cm

Marie Zolamian’s paintings at the gallery Nadja Vilenne in Liège transport us into an imaginary and oneiric universe made of hybrid creatures, faces and masks or chimerical landscapes. Over the last two years, the artist has been particularly interested in medieval miniatures and the paintings she offers us in this exhibition are imbued with these references. But if we had to situate them in a temporality, it would be that of that particular and daily moment between waking and sleeping, on the borders of dreams. Then, a body can become a tree, the landscape can turn into wallpaper and the tiled wall can be inhabited with faces.


The artist confided to me that most of these paintings have their origin in the resonance between medieval painting and the world in which we live and, above all, in the pleasure of deepening the painting: a new tube of colour that the artist wants to experience can be the beginning of a painting. If each painting carries within it a dimension that is both disturbing and familiar, it also bears witness to great jubilation. The strange creatures that populate these paintings or the singular spaces they describe are above all arrangements of colour and form, painting. The backgrounds are always deployed, often becoming the support for repeated motifs. Some of them are made up of dots arranged with a certain regularity or scattered randomly, they can also be transformed into faces or flowers, thus joining the vocabulary of the grotesques of the Renaissance. And all of this produces a real enjoyment of colour: dominant greens and blues are punctuated by yellow and orange shapes, or an ochre figure stands out against an almost transparent black background. Here, the background of the painting made of luminous yellows and greens is framed by vegetal motifs, while in the centre half-human, half-animal forms engage in a strange bacchanal. Here, the background of deep greens and blues is dotted with small, luminous and acidic lines, a pink silhouette spreads out across the painting and clear, pinkish and bluish lines cover the whole. 

Here again the painting appears almost abstract: a grey-blue mass adjoins a cut-out shape of a warm brown, and in the middle of the lower edge there are two tips of bare feet. 


Marie Zolamian is a multifaceted artist, practicing installation, video and painting. With this exhibition she demonstrates that she is also a true painter. (Colette Dubois)


Marie Zolamian
Sans titre, 2019
Huile sur toile sur panneau, 31 x 41 cm

Faithful to Nadja Vilenne, Marie Zolamian (Beirut, 1975 – lives and works in Liège) presents some forty recent works in which we find all the components of her inimitable style. Paintings as so many imaginary peregrinations through her identity territories.
With a soft fragility, her works feature prominently small formats. Small canvases that the artist sees herself as so many fragments that could be assembled. Very instinctive, the painter shares her artistic will to get out of the border, getting rid of the frame or forcing it to unusual shapes. On the canvas, a slow and patient work rooted in the history of art: Marie Zolamian draws her inspiration from Persian and Oriental miniatures, from the Flemish Primitives, but also from emblematic personalities such as Puvis de Chavannes, Matisse, Balthus, Le Douanier Rousseau, Cézanne… Her pieces multiply the references. Sometimes we find the symbolist delicacy of the Pre-Raphaelites, sometimes the power of contrasts, vivacious and sharp, dear to the Fauves. A very open approach which borrows as much from Eastern as from Western history, in which the artist collects and recomposes according to the sense of the moment.

Unsubmissive painting

Her works are crossed by fractures, between more worked fragments and sketched elements, between motifs of different scales, between the construction of the abstract in the background mixed with more figurative pieces. It is all about contrasts and balance, subtle, which offers a real depth to its subjects in which something is definitely happening. These fractures also contribute to the strange character of the dialogue that takes place at the heart of the canvas. An exchange that echoes the intimate conversation that the artist maintains with her painting. And for good reason: the latter guides the painter towards her inspiration. Marie Zolamian works slowly and in successive layers, waiting to see what will emerge. The painting dictates the sequel, reserves its own surprises, calling the brushes to complete a form, a shadow, a colour gets outlined. A long process of maturation in which intuition is omnipresent. From then on, the difficulty is to determine when the work is finished. Usually, when the dialogue is finished between the painting and the artist… hence the need to be patient. Here again, the painting defines its time, the time it needs to be born. Sometimes, it is by decontextualizing the work (a process that renews the gaze) that she nourishes – or not – the certainty of having reached the final point.
Also, Marie Zolamian favours a great freedom of reading, skillfully blurring the paths by carefully avoiding any exact representations. A motif can be read and interpreted as liquid or solid, as a mountain or water… Confusion invites itself to detach itself from the unique interpretation. It is the juxtaposition with the surrounding elements that makes sense for one, meaning for the other. In this way, everyone stays free to compose their own story, to see plants or just nervous features in the background.
The show ends with the presentation of a few loose pages of sketchbooks. Fragments of ideas. Papers of an extreme intimacy… for if the artist readily admits that parting with her paintings is part of a certain logic, there is here something of dispossession, almost visceral, to come apart of one’s scribbles, which convey a pure thought, a spontaneous emotion, a very instinctive idea whose sincere brilliance will never be seen again. (Gwenaëlle Gribaumont)


Marie Zolamian
«There is an infinite amount of hope in the universe… but not for us» Kafka, 2019
Huile sur toile marouflée sur panneau, 32,5 x 24,5 cm

Marie Zolamian
Courir le guilledou, 2019 
Huile sur toile sur panneau, 29 x 39 cm

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Nadja Vilenne @ Arco Madrid 2020

La galerie Nadja Vilenne a le plaisir de vous annoncer sa participation à Arco Madrid 2020,  Booth 7B11 et 7B11A
 
Nadja Vilenne is pleased to announce its participation to Arco Madrid 2020 . Booth 7B11 and 7B11A
 
Duo
AGLAIA KONRAD – MARIE ZOLAMIAN
 
Special Project

JACQUELINE MESMAEKER

Jacqueline Mesmaeker, Les Portes Roses, 1975

Start 26 feb 2020 – End 01 mar 2020

Professional

Start 26/02/2020 – 12:00  – End 27/02/2020 – 20:00

Professional and Public

Start 28/02/2020 – 12:00 – End 01/03/2020 – 20:00

IFEMA – Feria de Madrid

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Jacqueline Mesmaeker, Enkel Zicht Naar Zee, Naar West, Museumcultuur Strombeek/Gent (5)

Photo Dirk Pauwels
Photo Dirk Pauwels
Jacqueline Mesmaeker
Mer, 1978
Technique mixte sur papier, 48,5 x 63 cm
Jacqueline Mesmaeker
Mer, 1978
Technique mixte sur papier, 48,5 x 63 cm
Photo Dirk Pauwels
Jacqueline Mesmaeker
Mer, 1978
Technique mixte sur papier, 48,5 x 63 cm
Jacqueline Mesmaeker
Mer, 1978
Technique mixte sur papier, 48,5 x 63 cm
Collection privée 
Jacqueline Mesmaeker
Mer, 1978
Technique mixte sur papier, 48,5 x 63 cm
Collection Vlaamse Overheid

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Jacqueline Mesmaeker, Enkel Zicht Naar Zee, Naar West, Museumcultuur Strombeek/Gent (3)

Jacqueline Mesmaeker

Enkel Zicht naar Zee, naar West, 1978.

Films 8 mm et 16 mm numérisés, couleurs, son.

Historique des installations  : 

1978

«Oiseaux I», Hôtel Van de Velde, E.N.S.A.A.V. Bruxelles,

«Oiseaux II», dans une péniche sur la Meuse à Liège,

«Oiseaux III» ISELP, 14.11-10.12.1978, Jardins d’Egmont, Bruxelles,

1979

«Oiseaux IV + Les Poissons I», « Enkel zicht naar zee naar west»

dans l’exposition« Aktuele Kunst in Belgïe, Inzicht/overzicht – overzicht/inzicht », curator Jan Hoet,

Museum van Hedendaagse Kunst, Gent, 24.3-29.4.1979,

1982

« Installaties», De Vleeshal, Middelburg,

2020 

Jacqueline Mesmaeker, Enkel Zicht Naar Zee, Naar West, Museumcultuur Strombeek/Gent

 

Documents

Aktuele Kunst in Belgïe, Inzicht/overzicht – overzicht/inzicht », curator Jan Hoet,
Museum van Hedendaagse Kunst, Gent, 24.3-29.4.1979, archives SMAK
 
Aktuele Kunst in Belgïe, Inzicht/overzicht – overzicht/inzicht », curator Jan Hoet,
Museum van Hedendaagse Kunst, Gent, 24.3-29.4.1979, archives SMAK

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Werner Cuvelier, conversation avec Léon Wuidar, documents

Quelques  éléments choisis dans « Werner Cuvelier, conversation avec Léon Wuidar, publié par les Editions Tandem en 2012.  Une mise en relation avec l’exposition.

A propos de Georges Perec et des projets statistiques : 

Concept :

Systèmes, contrainte,  hasard, organisation :

A propos des carnets : 

Supports et couleurs : 

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