Archives de catégorie : Des expositions d’ailleurs / exhibitions artists

Maen Florin, Playing at being human, De Garage, The Performer, Mechelen (5)

Maen Florin, Performer I / Zip, 2020, 122 x 44 x 30 cm, céramique et technique mixte
Performer V / Faun, 2020, 120 x 70 x 70 cm, céramique et technique mixte
Maen Florin, Performer III / Yellow, 2020, 123 x 40 x 40 cm, céramique
Performer VI / Kara, 2020, 113 x 40 x 60 cm, céramique et technique mixte

Lu dans H.ART ce texte de Marc Ruyters : 

De Belgische beeldhouwer Maen Florin (1954) stelt op drie plaatsen tentoon in Mechelen. Florin werkt op de ‘klassieke’ manier: boetseren, mouleren en afgieten in rubber, epoxy, polyurethaan… Daarna gaat ze verder, door elk beeld afzonderlijk te bewerken, via het gebruik van kleur, door toevoegingen en weglatingen, door découpage en assemblage… Daarbij zoekt ze de figuratie niet op, integendeel: ze gebruikt de beelden om gevoelens en emoties in te verwerken. Het gaat dus eigenlijk om de-figuratie.
In de Garage in Mechelen toont ze nieuw werk, vooral gemaakt tijdens de lock down in de voorbije lente: Playing at being human heet die presentatie, en het gaat voor haar daarbij vooral over ‘het spel van het menselijke leven’. De mensenbeelden die Florin toont in de Garage zijn fantomen van pijn, verdriet, onmacht en handicap, maar ook van een vraag naar liefde en begrip. De meeste beelden hebben gesloten of geloken ogen, lijken heel introvert, hebben vaak een bizarre haartooi en rare kleren aan; het zijn figuren die om mededogen smeken.
In de kerk Sint-Jan, enkele honderden meters verwijderd van de Garage, plaatste Maen Florin vijf mannenhoofden achteraan in de kerk. Sint-Jan de Doper werd volgens de kerkelijke geschiedenis onthoofd, en de vijf hoofden lijken daarnaar te verwijzen, maar dat werkt niet echt in deze overweldigende kerk, met gotische en barokke roots: het lijkt eerder alsof de hoofden slachtoffer zijn geweest van de Beeldenstorm.
In Museum Hof van Busleyden, dat een structurele samenwerking aanging met De Garage, integreerde Florin haar werken in de bestaande collectie. Dat deed onder meer Berlinde De Bruyckere haar eerder al voor, en binnenkort Cindy Wright. Het is een interessante piste: de combinatie van nieuwe en oudere, Bourgondische kunst opent nieuwe perspectieven. De expo van Maem Florin in Hof van Busleyden zag ik alleen op video, waarin ik hetzelfde vaststelde als in Sint-Jan: je kan als hedendaags kunstenaar, met uitgepuurd werk, moeilijk op tegen de Bourgondische pletwals.
In De Garage is Maen Florin op haar sterkst. Artistiek directeur Koen Leemans omschreef het in een begeleidende tekst redelijk raak: ‘Maen Florin verleidt de toeschouwer en houdt hem tegelijk een spiegel voor. Op zoek naar een vertaling van krachtige emoties, verenigt de kunstenaar tegenpolen als macht en machteloosheid, liefde en lijden, kracht en breekbaarheid binnen één beeld. Haar figuren proberen contact te maken met de wereld, maar blijven tegelijk vastzitten in hun eigen bubbel, afgesloten voor de ander. De (on)mogelijkheid tot communicatie loopt als een rode draad door haar oeuvre.’

Suchan Kinoshita, Inspire, Iselp, Bruxelles, les images

Suchan Kinoshita, Haïku for Liège, 2009, technique mixte (photos Jules Toulet

Inspire, Iselp, jusqu’au 28 novembre 2020

Suchan Kinoshita, Risquons-tout, Wiels, Bruxelles

Risquons-Tout fait allusion au potentiel du risque en lien avec l’innovation. Comment quelque chose de nouveau ou d’inconnu peut-il émerger à une époque de plus en plus marquée par les processus numériques, notamment par des algorithmes de prédiction censés nous protéger contre l’incertitude et l’imprévisibilité ? Ces algorithmes façonnent les opinions et nous canalisent vers des bulles numériques où nous ne rencontrons que ce que nous connaissons et « aimons » déjà. L’influence croissante de l’intelligence artificielle s’accompagne d’une conformité grandissante de la pensée. Les artistes et les penseurs invités pour Risquons-Tout remettent ce phénomène en question en s’aventurant sur des territoires inconnus et inexplorés. L’exposition observe la manière dont l’innovation et la créativité peuvent émerger d’attitudes qui défient la norme. Le risque consiste alors à dépasser les frontières qui limitent la mobilité de la pensée, des idées ou des êtres humains à une époque où l’Internet offre potentiellement un accès illimité à toutes les connaissances humaines et non humaines.

Le titre de l’exposition est emprunté au nom d’un hameau sur la frontière franco- belge. Comme la plupart des régions frontalières, Risquons-Tout se caractérise par une histoire de franchissement de limites, de rapprochement, de passage et de contrebande. La contrebande est une forme s’infiltration transculturelle qui échappe à la loi, un passage ou un déplacement non autorisé, une façon de rencontrer de nouveaux canons, des règles alternatives et des codes hybrides. L’exposition se lance dans la recherche d’un espace sans borne et de nouveaux modèles d’ouverture qui mènent à l’éclatement de nos bulles sécurisantes, et explore les dynamiques de transition, de mixité, de métissage et de créolisation qui se produisent dans des lieux intermédiaires tels que les zones frontalières. Elle présente les œuvres de 38 artistes d’origines diverses, tous liés à la région Eurocore qui englobe la Belgique et ses voisins immédiats. L’objectif est de briser les frontières qui limitent la pensée et l’action contemporaines, d’aller vers l’imprévisible et le non normatif comme catalyseurs d’imagination et d’idées.

photo Phlippe de Gobert

S’appuyant sur sa formation musicale et théâtrale, Suchan Kinoshita s’est inspirée de la scénographie pour réaliser une structure ressemblant à un podium de défilé et composée de revêtements de sol de gymnases recyclés. Sur le modèle du théâtre japonais traditionnel Nô et de sa passerelle menant à la scène, Kinoshita crée un espace intermédiaire, un peu comme un pont ou un passage à niveau. En l’absence de tout public, elle a invité des artistes à explorer la passerelle et à interagir avec les objets tandis que différents types de caméras captaient leurs mouvements. Ce qui subsiste n’est autre qu’une image fantôme rémanente dans un espace liminal. (dans le guide du visiteur)

Au Stedelijk museum Amsterdam – Exposition Beyond Imagination, 2012.

(…) L’Engawa, dans l’architecture traditionnelle japonaise, est une passerelle de bois, extérieure, un plancher surélevé, courant le long de la maison. C’est un lieu de passage, coiffé d’un toit pentu ; l’engawa module la relation entre l’intérieur et l’extérieur. On s’y arrête, on s’y assoit afin de contempler le jardin ou le paysage, on y médite.  Je me rappelle l’Engawa que Suchan Kinoshita érigea pour l’exposition  In ten minutes  au Ludwig museum à Köln. Simple plancher légèrement surélevé, rythmé par ses pilotis, extrait du même parquet de gymnase, il divisait l’espace vibratoire de l’exposition, invitant le spectateur à s’y asseoir afin de contempler un champs d’aérolithes, les Isofollies  de l’artiste, jardin ponctué des scories d’un temps pétrifié.

Ce concept de passerelle, de lieu de passage existe également dans l’organisation de la scène de Nô. L’accès à la scène se fait pour les acteurs par le hashigakari, passerelle étroite à gauche de la scène, dispositif adapté ensuite au kabuki en chemin des fleurs (hanamichi). Considéré comme partie intégrante de la scène, ce chemin est fermé côté coulisses par un rideau à cinq couleurs. Le rythme et la vitesse d’ouverture de ce rideau donnent au public des indications sur l’ambiance de la scène. À ce moment l’acteur encore invisible, effectue un hiraki vers le public, puis se remet face à la passerelle et commence son entrée. Ainsi, il est déjà en scène avant même d’apparaitre au public tandis que le personnage qu’il incarne se lance sur la longue passerelle. Assurément, le ponton de Suchan Kinoshita tient autant du Engawa que du Hashigakari.

A dessein, Suchan Kinoshita brouille régulièrement les frontières qui peuvent exister entre sphère privée, celle du temps de la méditation, de la concentration, et espace public ; elle est tant attentive à la contemplation qu’à l’action, à l’énoncé qu’à la traduction, à l’interprétation de celui-ci. Ainsi confond-elle également régulièrement les rôles qui animent le processus créatif, la diversité des espaces mis en jeu, les disciplines artistiques même, choisissant la position qui consiste à ne jamais dissimuler le processus mis en œuvre, mais plutôt à en affirmer le potentiel performatif, afin de créer de la pensée, et par ricochet de la pensée en d’autres lieux, là même où celle-ci échappera à son contrôle. Ce ponton est une œuvre en soi ; il a une indéniable puissance plastique. Il opère également comme dispositif, ce que Suchan Kinoshita appelle un « set », soit un lieu et un moment d’interaction, un protocole associant des instructions ou des exercices participatifs ou des invitations à l’improvisation. Cette fois, elle précise même qu’elle a agencé ce dispositif pour « une performance non annoncée ». Tout en haut des gradins, une série d’objets est disposée sur des étagères. Ils sont en attente d’une performance, d’un performer. Suchan Kinoshita a décidé du protocole : il s’agira de déambuler sur cette scène – passage avec l’un de ces objets.  L’œuvre s’appelle « Suchkino », une appellation qui touche à l’imaginaire, comme une contraction de son prénom et de son patronyme, comme un set linguistique également, entre la racine grecque « kiné » qui évoque le mouvement, le déterminant anglais « such », un tel mouvement ou le verbe allemand « suchen », chercher le mouvement.

Suchan Kinoshita s’adresse tant au performer attendu qu’au regardeur potentiel. Je repense à Jacques Rancière qui, dans l’Emancipation du Spectateur, écrit : « Il y a partout des points de départ, des croisements et des nœuds qui nous permettent d’apprendre quelque chose de neuf si nous récusons premièrement la distance radicale, deuxièmement la distribution des rôles, troisièmement les frontières entre les territoires ». C’est bien là que réside la position de Suchan Kinoshita. « Ce que nos performances vérifient, écrit également Rancière, – qu’il s’agisse d’enseigner ou de jouer, de parler, d’écrire, de faire de l’art ou de le regarder,  n’est pas notre participation à un pouvoir incarné dans la communauté. C’est la capacité des anonymes, la capacité qui fait chacun(e) égal(e) à tout(e) autre. ». Au-delà même de l’imagination que chacun développera en toute autonomie.

J’ai vu, lors du vernissage de l’exposition un jeune performer, Simon Brus, s’emparer d’un objet cruciforme d’abord, d’une chaise ensuite. La chorégraphie qu’il improvisa sur l’étroite scène du « Suchkino » fut longue et singulière, intérieure, comme une conscience du corps, tantôt arrêté, tantôt en mouvement. Sortant de l’auditorium, j’ai découvert deux écrans. De petites caméras de surveillance sont fixées sur certains pilotis. Elles enregistrent et diffusent dans les sas de l’auditorium des fragments de temps et d’espace du « Suchkino ». Sur les écrans, apparaissent des images saccadées qui sont déjà une autre réalité. (JMB, 2012)

 

Aglaia Konrad, Fotohof, Salzburg, les images

Aglaia Konrad participe à l’exposition Während alle fotografieren können sich manche mit der Fotografie beschäftigen (alors que tout le monde prends des photos, certains s’engagent dans la photographie) à Fotohof, Salzburg.

The exhibition curated by Ruth Horak marking the 30th anniversary of the Friedl Kubelka School of Artistic Photography in Vienna illustrates in an exemplary way how artists from within the ambit of this private school think of photography both as an image and a medium, and what their personal tribute to the medium looks like.

In 1990, when Friedl Kubelka founded the School of Artistic Photography, photography was in the process of consolidating its status as an artistic discipline. Since then, some 170 teachers have been contracted to pass on their personal working methods, motifs and materials to around 580 students.Each year brings with it the many diverse facets of photography: those of 1990 different to those of 2010, with Anja Manfredi took over as the school’s new director.

What remains the same is the fascination for a medium whose applications are more diverse today than ever before, a medium that is both sophisticated and banal, elaborately produced or incidental; a medium that belongs to everyday life, but also to science and art, and therefore always needs to be re-evaluated, sounding out where photography begins, how far it extends, and what influence its omnipresence has on artistic photography.

If one wanted to tag Aglaia Konrad’s interest in architecture, the following terms would appear: demolition, gentrification, urbanisation, brutalisme, economies, material transformation, fassadisme, lifespan reduction, glassarchitecture, failed architecture, contemporary ruins. Specifically, in the photomontage MakeUp II are photographs of the current unemployment office in Brussels (built in 1870 as the first large department shop in Belgium), and of the demolition of a Flemish ministry (Boudewijngebouw). The latter was built in 1990 by the successful team of architects Jaspers-Eyers. Their office buildings are known for their short lifespan. After 20-25 years they will be demolished and new ones built in their place by the same architects.

In her Undecided Frames she expresses a profoundly photographic theme: which of the two photographs is the better one? Which section, which distance from the motif, etc. are decisions that every photographer has to make. Aglaia Konrad: « It deals with the problematic, which is inherent to the photographic practice, the choice of the absolute best picture. To me that choice is quite often difficult to make because one step to the right or to the left or at least 5 sec. later the situation becomes different enough to justify the photographic standpoint, by offering the dilemma of choice to the onlooker, the demand for reflection is inherent in the perception process.

Aglaia Konrad
Undecided frames, 2016 (Porto 2011) colors photography, 41 x 54 cm
Aglaia Konrad
Undecided frames, 2016 (Hérémence 2012)
colors photography, 41 x 54 cm

(…) In refusing to choose, Konrad also reclaims her position as an intermediary between image and viewer. Bringing the differences between the two images (however small they might be) to the notice of the viewer, she makes clear that every photographic image is the result of her subjective choices. Moreover, by naming these double takes « undecided » she manoeuvres the viewer into a situation he normally never has to deal with, the moment of choosing being a solitary moment, safely hidden from the prying eyes of the public. Now the question of choosing becomes our problem: are we supposed to make the choice Konrad didn’t want to make? Maybe, but for us, this idea of choosing is even more senseless than it was for her, because we have no stake in this choice. The only option we are left with is to nod our head from left to right (and back again), searching in vain for a way out of this either/both/neither dilemma. We find ourselves forever stuck in the impossible logic of the photographic system. (…)

Jacques Lizène, Un point complet sur la situation, hommage à Eric Duyckaerts, Espace à Vendre, Nice

Esther Ferrer, Jean-Yves Jouannais, Jacques Lizene, Gauthier Tassart, Arnaud Labelle Rojoux, Qing Mei Yao
16 octobre – 05 décembre 2020

En parallèle de l’exposition Eric Duyckaerts, Funambule élémentaire, Espace A VENDRE présentera dans la Galerie et le Showroom des œuvres de six artistes liés à l’artiste liégeois pour Un point complet sur la situation

L’absurde sera convoqué par Esther Ferrer et sa performance Questions avec réponses dans laquelle l’artiste espagnole tente de répondre spontanément à des questions qu’elle se pose à elle-même mais pour lesquelles elle n’a pas préparé de réponses.

Jean-Yves Jouannais et Qingmei Yao exploreront comme à leur habitude le lien entre conférences et performance, savoir scientifique et renversement artistique – exercice cher à Eric Duyckaerts. L’autoproclamé « petit maitre liégeois de la seconde moitié du XXè siècle » Jacques Lizène se mettra en scène pour réaffirmer le lien inextricable entre sa « danse nulle » et les chorégraphies fantaisistes de RDFD. Enfin, l’incontournable artiste Arnaud Labelle Rojoux s’attaquera aux idées reçues et retrouvera Gauthier Tassart – qui a lui-même créé un Sudoku sur mesure pour Eric Duyckaerts – pour une performance. 

Aglaia Konrad, The Unruly Apparatus, Koninklijke Academie voor Schone Kunsten Antwerpen

Aglaia Konrad participe à l’exposition The Unruly Apparatus à l’Académie des Beaux-Arts d’Anvers. Exposition du 16 au 31 octobre.

Aglaia Konrad Projekt: Skulptur, 2017
BW prints on ecoboard, stones, 178 x 120 cm

The exhibition The Unruly Apparatus presents the outcome of a six months long research project organized at the Royal Academy of Arts Antwerp. The aim of the research project is to bring a group of sculptors and photographers together to explore the possible meeting points between the two art practices. Starting from a survey of historical and contemporary artistic practices where sculpture and photography meet, the researchers were asked to respond in kind to these collected examples. After a careful study of the key concepts at work in the artistic practices of renowned artists like Walead Beshty, Noémie Goudal, Liz Deschenes, Bernard Voïta, Thomas Ruff, Asta Gröting and several others, the group of 11 researchers jointly developed a conceptual framework for their own exhibition. The works of the participating researchers will be shown next to some reference works of artists that inspired the project.

The exhibition will feature work by Thomas Ruff, Sine Van Menxel, Ine Kools, Filip Vervaet, Bram Rinkel, Spiros Hadjadjanos, Anton Cotteleer, Elias Asselbergh, Walead Beshty, Fabien Silvestre Suzor, Athar Jaber, Liesbet Grupping, Bernard Voïta, Aglaia Konrad, Kaat Somers, Azuli Peeters, Geert Goiris, Alix Manon, Seth Price, Bernadette Zdrazil, Miguel Cipriano and Wade Guyton, e.

 

Messieurs Delmotte, The Spirit of The Clown, De Rossaert, Antwerpen

Messieurs Delmotte participe à l’exposition The Spirit of The Clown à De Rossaert (galerie Ronny Van de Velde). Commissaires : Joanna De Vos.  Du 16 octobre au 20 décembre 

Messieurs Delmotte,
Ugly Sesame Street Man, 2017,
photo on pearl paper, dibond, ed. 1/5, 42 x 29,7 cm
Messieurs Delmotte,
I Represent My Own Ego, Nobody Is Perfect (In Reverse), 2011.
photo on pearl paper, dibond, ed. 1/5. 42 x 29,7 cm

From a playful imagination, a family history related to the circus, and close connections with contemporary artists, the desire erupted to bring the clown and the artist together in ‘The Clown Spirit’.

Many artists have at least some affinity with the existence of the clown. The melancholic artist, the serious clown, the comical artist, the tragic clown, the idiotic artist, the subversive clown, the comforting artist, … They all have the gift to transcend life. To make their fellow humans see, feel, or think differently. The clown/artist gives tragic life a comical face, and vice versa.

The artist/clown is a clone and a canvas of various symbols. In their own extremes, the artist/clown is both modest and elated. That contradiction forms the energy flowing through ‘The Clown Spirit’.

‘The Clown Spirit’ shows contemporary artworks at De Rossaert in Antwerp, a space owned by Ronny Van de Velde Gallery, between 16 October and 27 December 2020. The heartbeat of the exhibition is due to the especially created self-portraits of many artists: Marina Abramović, Hugo Alonso, Homa Arkani, Uldus Bakhtiozina, Fred Bervoets, Guillaume Bijl, Christian Boltanski, Elke Andreas Boon, Muhiba Botan, Oona Bovri, Carlos Caballero, Paolo Canevari, Jacques Charlier, Samuel De Maré, Wim Delvoye, Peter Depelchin, Robert Devriendt, Jorik Dzobava, Sidi El Karchi, Manfred Erjautz, Dodi Espinosa, Che Go Eun, Jan Fabre, Mike Figgis, Flexboj & L.A., Michael Fliri, Sasha Frolova, Kendell Geers, Oda Jaune, Pieter Jennes, Fermín Jiménez Landa, Marie-Jo Lafontaine, Mous Lamrabat, Sigalit Landau, William Ludwig Lutgens, Fernando Marques Penteado, Kris Martin, Enrique Marty, Fabien Mérelle, Messieurs Delmotte, Elena Minyeyevtseva, Pieter Laurens Mol, Jorge Molder, Mothmeister, Sofie Muller, Johan Muyle, Maryam Najd, Nadia Naveau, Katie O’Hagan, Hans Op de Beeck, ORLAN, Ria Pacquée, Javier Pérez, Petrovksy & Ramone, Antonis Pittas, Viktor Popov, Daniele Puppi, Antoine Roegiers, Julião Sarmento, Rob Scholte, Raoul Servais, Nedko Solakov, Berend Strik, Elly Strik, Koen Theys, Rosemarie Trockel, Jan Van Imschoot, Yves Velter, Nils Verkaeren, Fabien Verschaere, Henk Visch, Vadim Vosters, Andy Wauman, Santiago Ydañez.

A classical and modern take on the theme will be on view simultaneously at Ronny Van de Velde Gallery in Knokke. The two parts of the exhibition can be experienced separate from one another, but are also a perfect addition and contextualization of each other.

‘The Clown Spirit’ is a prelude to a large-scale exhibition for the city of Namur where the theme of the circus will be celebrated on several locations (such as Musée Félicien Rops, The Delta, and others – opening May 2021). This exhibition will be an instantaneous, spontaneous activation of the acrobatics of the spirit and the body. The concept will be created by Ronny and Jessy Van de Velde, and myself. (Joanna De Vos, spring 2020).

 

Sophie Langohr, Inside – Out, art cares covid, musées royaux des beaux-arts de Belgique, Bruxelles

Sophie Langohr, Sans titre ( d’après Marie-­Madeleine, Anonyme, 17ème, Collection de l’Hôpital Notre-­Dame à Lessines), 2019, photographie couleur marrouflée sur MDF, 79 x 95 cm

Le secteur des arts plastiques a été durement touché par la crise générée par la COVID-19. Fermeture des galeries, absence d’expositions : un groupe d’artistes de différentes générations, toutes et tous basé.es en Belgique, s’est constitué à travers une plateforme virtuelle, à l’initiative d’une artiste et d’une commissaire indépendante.

Art Cares Covid permet de présenter leurs travaux, de les mettre en vente, mais également de collecter des dons pour l’ a.s.b.l. À Travers les Arts! soutenant des projets culturels pour les personnes âgées. Les Musées royaux des Beaux-Arts ont décidé d’offrir une vitrine à cette initiative qui crée un pont entre la création contemporaine et les aînés, en invitant via une carte blanche la commissaire d’exposition à réaliser une exposition avec ces différent.es artistes.

Artistes participant à l’exposition :

Younes Baba-Ali, Léa Belooussovitch, Nicolas Bourthoumieux, Antoine Carbonne, Caspar, Nelleke Cloosterman, Samuel Coisne, Hannah De Corte, Laure Cottin Stefanelli, Céline Cuvelier, Julien Daffe, Delphine Deguislage, Sébastien Delvaux, Julia Eva Perez, Laure Forêt, João Freitas, Olivia Hernaïz, Hervé Ic, Antone Israël, Céleste Joly, Florian Kiniques, Diego Lama, Sophie Langohr, Julie Larrouy , Gaëlle Leenhardt, William Ludwig Lutgens, Maëlle Maisonneuve, Léa Mayer, Michel Mazzoni, Sabrina Montiel-Soto, Sandrine Morgante, Selçuk Mutlu, Elisa Pinto, Arnaud Rochard, Stéphanie Roland,  Lucien Roux, Pedro Ruxa, Elina Salminen, Amélie Scotta, Cléo Totti, Catherine Warmoes.

Exposition Focus –  >

Maen Florin, Playing at being human, Sint-Janskerk, Malines – Mechelen (5)

Maen Florin, Black Beard 2018, h.108 cm, céramique. Photo : Steven Decroos

Maen Florin expose trois de ses Big Heads, en l’église Saint – Jean, Sint Janskerk, à la fois dédicacée au Baptiste et à l’Evangéliste, ces deux figures qui entoure l’avant – j’allais écrire l’Avent – et l’après christique. On se souviendra bien sûr du martyre de Jean le Baptiste, de sa tête réclamée par Hériodade et de la danse lascive de sa fille Salomé devant le roi Hérode. «Demande moi ce que tu veux, je te le donnerai » déclara Hérode, subjugué, à Salomé. Celle-ci demanda la tête du Baptiste afin de l’offrir, sur un plateau, à sa mère. Sur un plateau, Maen Florin, nous offrit également ses Big Heads, durant l’été 2018, dans l’écrin du parc Ter Beuken à Lokeren, de grands disques de béton qui ne pouvaient qu’évoquer cette thématique récurrente dans l’histoire de l’art, celle de la décollation. Décollées, les sculptures de Maen Florin le sont pour la plupart. A Malines, aux trois grandes têtes posées à même le sol de l’église, elle en ajoute une autre plus petite, couchée, et qui semble profiter d’un sommeil, peut-être éternel, délicatement déposée sur les bancs des marguilliers en bois sculpté, où prenaient place les riches bienfaiteurs de la paroisse. Je repense à cette autre tête couchée, déposée au musée. Pas de sang, pas de violence, son cou est orné d’une couronne de fleurs.

« La mort de Jean-Baptiste, écrit Julia Kristeva, est le thème par excellence sur lequel devait se bâtir cette figurabilité qui spécifie le destin de l’Occident, parce qu’elle concilie l’incision et la perspective, le sacrifice et la résurrection : sa figure nous apparaît désormais comme la figure de la Figure ». Dans « Visions Capitales » Kristeva évoque un splendide dessin d’Andrea Solario, « amoureux d’un saint plus endormi que torturé, savourant déjà le paradis, à moins que ce ne soit la danse que lui prépare Salomé ». L’autrice voit en cette œuvre du maître italien comme le nœud inaugural de la figuration moderne : « Il condense la logique de la Figure en tant que manière de voir, attitude de représentation. (…) A partir de là, nous devons nous préparer à vivre la figure dans sa coupe et dans son volume, dans son tranchant et dans sa danse ». Les termes utilisés sont là sans ambiguïté.

Figure. A propos de Maen Florin, le terme me semble capital. Le sens courant de figura, « forme plastique », provient de la racine fingere (modeler), fingulus (le potier), fictor (modeleur), effigies (portrait). La littérature latine amplifiera le terme : figura pour apparence extérieure, contour, plus abstraitement, forme grammaticale, forme plastique, forme géométrique, figure rhétorique. Les Pères de l’Eglise, Saint Augustin en tête, donneront à la figure le sens de « prophétie en acte », en fait ce qui pré – figure…, accentuant l’importance de l’action corporelle de l’être réel, abordant non seulement la forme mais aussi et surtout la substance. « Nous sommes loin de l’icône et de son économie d’incision, d’inscription du vide dans une image à ressemblance relative. La Figure, écrit encore Kristeva, cherche des ressemblances dans la durée de l’histoire humaine, elle les force même, pour en laisser ouverte la promesse, la prophétie, l’action toujours à venir ».

Assurément, Maen Florin sculpte des Têtes, celles que l’on peut perdre, elle les modèle, au plein sens du terme. Mais surtout elle sculpte des figures, pas uniquement des caractères, mais ce qui fondamentalement, substantiellement, incarne l’humanité, capable – même – de toute inhumanité.

Maen Florin, Whitewashed 2018, h.85 cm, céramique. Photo : Steven Decroos
Maen Florin, Lying head I 2020, h.35 cm x l.45 cm, céramique. Photo : Steven Decroos
Main Florin, Soutine 2018, h.104 cm, céramique. Photo : Steven Decroos
Maen Florin, Red Hair, 2018, h.109 cm, céramique. Photo : Steven Decroos

Benjamin Monti invité au Paradis perdu, musée des Beaux-Arts de Tournai

« PARADI PERDU »
Autour de l’œuvre « Arbres à Montmajour » de Vincent Van Gogh
Artiste invité : Benjamin Monti

« Van Gogh n’embellit pas la vie, il en fait une autre, purement et simplement une autre. »
(Antonin Artaud)

« (…) je rentre d’une journée à Montmajour (…) Si c’eût été plus grand cela eut fait penser au Paradou de Zola, de grands roseaux, de la vigne, du lierre, des figuiers, des oliviers, des grenadiers aux fleurs grasses du plus vif orangé, des cyprès centenaires, des frênes et des saules, des chênes de roche (…) j’en ai encore rapporté un grand dessin. » (Vincent Van Gogh, lettre à son frère Théo, juillet 1888)

Cette exposition est conçue autour de l’œuvre « Arbres à Montmajour  » de Vincent Van Gogh. L’une des œuvres phares de la riche collection du musée des beaux-Arts de Tournai et l’un des rares dessins grand format de Vincent Van Gogh conservés en Belgique. Du Paradou d’Emile Zola à l’atmosphère exotique et joyeuse des estampes japonaises, elle développe les influences par lesquelles le grand artiste hollandais parvient, dans une continuité entre l’homme et son environnement, à donner une « idée vraie de la simplicité de la nature ».

Juillet 1888, il faut imaginer Van Gogh, homme du Nord, découvrant dans le Midi ce paradis de lumière qu’il a tant fantasmé. C’est dans la campagne de la ville provençale d’Arles, parmi les arbres eux-mêmes, que l’artiste, alors en pleine maîtrise de son art, déploie sur la surface du papier un réseau infini de petites hachures rythmant la composition et restituant sa vision personnelle d’une nature sauvage et inviolée. Saisi par les effluves des éléments naturels qui l’entourent, Van Gogh figure le déchaînement du mistral qui fait trembler les pins, les terrains qui ondulent comme des vagues, les perspectives qui s’enfuient vers l’horizon. Cette nature emportée dans un tourbillonnement général, sorte de préfiguration aux vastes spirales de ses célèbres Nuit étoilée, est aussi l’expression des tourments et du drame intérieur du peintre qui ne cessera à travers son art de rechercher un équilibre fondamental et originel : ce paradis perdu.

A partir de cette œuvre d’une exceptionnelle spontanéité, considérée par les spécialistes comme l’un des sommets de l’œuvre dessinée de Van Gogh, l’exposition aborde l’expérience sensitive et sensuelle du monde que les artistes, à travers leurs œuvres, partagent avec le regarder. Paradis, cabinet des merveilles, jardin d’Eden ou des délices, … Des paysages furtifs ou impressionnistes à la vision sociale du monde agricole en passant par la botanique, l’exposition propose un aperçu original de la nature comme espace vital de l’être humain. Mêlant les genres et les époques, elle est une occasion nouvelle de redécouvrir des aspects méconnus de la collection du musée de Tournai.

  • Exposition du 03/10/2020 au 17/01/2021. Réservation obligatoire.
  • Musée des Beaux-Arts (rue de l’Enclos Saint-Martin 3 – 7500 Tournai)
  • Entrée gratuite au musée à l’occasion de l’Art dans la Ville (du 03/10 au 25/10/2020)