avril 2012

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Orla Barry
– Hornu (B), Le Grand Atelier, musée des Arts contemporains de la Communauté française, MAC’s, jusqu’au 3 juin 2012

Audrey Frugier
– Liège (B), Open Airs, place Saint Barthelemy, 12 mai – 30 septembre

Honoré d’O
– Antwerpen (B), Cinq siècles d’images à Anvers, exposition inaugurale du Museum aan Stroom, 12 mai – 31 déc. 2012
– Wetteren (B), Aangeraakt/ Touché, Old factory Les Coordonniers, du 20 avril au 20 mai.

Jacques Lizène
– Paris (F), Les Maîtres du désordre, Musée du Quai Branly,  11 avril – 29 juillet
– Antwerpen (B), Cinq siècles d’images à Anvers, exposition inaugurale du Museum aan Stroom, 12 mai – 31 décembre 2012.
– La Louvière (B), Escargots à gogo, Daily-Bul & Co, jusqu’au15 mai 2012

Capitaine Lonchamps
– La Louvière (B), Escargots à gogo, Daily-Bul & Co, jusqu’au 15 mai 2012
– Liège (B), BIP 2010, Biennale de la photographie de Liège, Only You, du 10 mars au 06 mai 2012.
– Bruges (B), Hallen, Kamarama, du 1er mai au 1er août.

Emilio Lopez Menchero
– Marchin (B), L’Homme Bulle, Bibliothèque communale de Marchin, jusque septembre 2012
– Gent (B), Track, SMAK, 12 mai – 16 septembre
– Liège (B), Gare au Gorille, galerie Nadja Vilenne, du 15 mars au 29 avril (solo). Prolongation jusqu’au 6 mai.

Jeroen Van Bergen
– Delft (Nl), Kim Habers / Jeroen Van Bergen, 38 CC, 22 avril – 3 juin 2012
– Liège (B), Log Cabins, galerie Nadja Vilenne, du 15 mars au 29 avril 2012 (solo). Prolongation jusqu’au 6 mai.

Walter Swennen
– Antwerpen, Cinq siècles d’images à Anvers, expo sition inaugurale du Museum aan Stroom, 12 mai – 31 dec 2012
– Hornu (B), Le Grand Atelier, musée des Arts contemporains de la Communauté française, MAC’s, jusqu’au 3 juin 2012

Marie Zolamian
– Liège (B), Les désorientés, galerie Nadja Vilenne, du 15 mars au 29 avril 2012 (solo). Prolongation jusqu’au 6 mai.

Dans Connaissance des Arts, numéo spécial Les Maîtres du désordre :

Dans La Libre, sous la plume de Guy Duplat :

Que le grand chaman vous croque !

Au musée du Quai Branly, “les maîtres du désordre” nous initient aux arts magiques. Chamans, vaudou, devins, exorcistes, transes : un art millénaire, repris aussi par les artistes actuels.

Depuis que l’homme existe, il a peur. La mort et la maladie rodent. Les phénomènes naturels les pires sont imprévisibles : l’éclair, le tremblement de terre, l’ouragan. Et l’homme découvrit vite qu’il avait autant à craindre de ses congénères que de la nature. L’homme peut être un loup pour l’homme.

Depuis peu de temps (deux ou trois siècles), il a tenté de rationaliser cette peur et d’observer que des phénomènes apparemment magiques obéissent souvent à des lois physiques ou sociologiques; l’éclair est un phénomène électrique sans qu’il soit nécessaire d’invoquer les dieux. Mais malgré cela, les rites chamaniques et sorciers les plus divers continuent pour tenter de conjurer ce monde du désordre et parfois même, reprennent vigueur. Incapable de maîtriser son environnement, l’homme cherche toujours son salut dans la pensée magique et les rites ésotériques pour apaiser les forces surnaturelles qui agiraient sur lui.

Ce sujet vaste et passionnant est celui de la nouvelle et forte exposition au musée du Quai Branly à Paris, joliment intitulée « Les maîtres du désordre » et menée par Jean de Loisy, le nouveau directeur du Palais de Tokyo.

Le parcours proposé a quelque chose de chamanique : une sorte de labyrinthe mis au point par les architectes Jakob + MacFarlane, fait de structures d’acier et de plaques de plâtre brut. Une scénographie un peu lourde, mais l’essentiel n’est pas là mais dans les 450 objets, costumes, sculptures, films, vidéos, rassemblés et qui font un tour du tour du monde de la question, accompagné d’un volumineux catalogue.

Ce sont 3 000 ans d’histoire de l’art qui se déroulent : depuis les statuettes égyptiennes destinées à conjurer le sort, les statues grecques des dieux « dangereux », jusqu’aux « poupées vaudoues », les fétiches congolais plein de clous et les masques de carnaval de nos campagnes européennes. L’expo a pu choisir les meilleures pièces dans d’innombrables musées dont celui de Tervuren et celui du carnaval à Binche.

Un important volet concerne l’art contemporain qui a parfois repris le rituel chamanique. Joseph Beuys fut en l’occurrence le grand initiateur, qui s’enferma pour une performance dans une pièce avec un coyote. Dans le film montré à Paris, il avait la tête couverte de miel et de feuilles d’or et parlait à un lièvre mort en lui montrant les tableaux d’une galerie tandis que le public pouvait seulement l’observer à travers une vitre. Le lièvre est l’animal qui préside aux rituels de transformations chamaniques auxquels Beuys prétendait avoir été initié par la communauté des Tatars de Sibérie qui l’avait soigné. L’artiste est celui qui communique avec des mondes spirituels perdus. L’art peut être le truchement entre les forces invisibles et notre vie.

La chorégraphe Anna Halprin malade d’un cancer, fut filmée dans une danse de cris hystériques et chamaniques destinés à chasser le mauvais démon en elle. L’artiste est celui qui a accès aux forces obscures. Il peut aussi les exorciser par le grotesque et la transgression. Il devient alors le nouveau maître du désordre, celui qui défie l’ordre social bien pensant, comme le montrent à l’expo, les vidéos des performances de Paul McCarthy peignant avec un gros nez rouge dans un désordre indescriptible ou celle de Tracey Rose montant un âne à cru, avec un maillot grotesque, ou notre compatriote Jacques Lizène « petit maître du XXe siècle » qui pourrait s’approprier la phrase de Dali : « L’unique différence entre un fou et moi, c’est que je ne suis pas fou. »

L’artiste, explique Jean de Loisy, est « dérisoire et parfois grotesque, redouté car porteur de vérité, libre de sa parole, incarnation de la nécessité du politiquement incorrect. Certains comme McCarthy ou Lizène, grotesques et triviaux, tendent au regardeur le miroir dans lequel se reflètent les travers de la société. L’indécence ne les gène pas puisque c’est la nôtre, ils sont les personnages libres qui dénouent les tentatives coercitives du consensus. Ils permettent à l’art contemporain de remplir l’une de ses fonctions majeures dans notre société moderne : mettre en turbulence les convictions, rejouer ce qui paraît acquis, élargir notre champ de conscience, faire exploser les règles convenues ».

Un des moments forts de l’expo est l’espace consacré aux « paroles d’initiés » où on peut suivre quatorze témoignages sur vidéos de chamans actuels. Nous avions souvent rencontré ces dernières années des chamans encore très populaires : au Bénin où les gens vont chez le prêtre vaudou qui se tient à côté d’un autel dégoulinant des restes des sacrifices de poulets; au Ladakh, où nous avions rencontré une guérisseuse chamane qui faisait salle comble, posant des questions, implorant, entrant en transe pour terminer par un crachat sur l’organe malade afin de chasser le diable. En Russie, en Mongolie, même dans la Corée hypercapitaliste, les chamans sont légion. Dans le pays dogon, au Mali, on voit encore le soir, d’étranges fils tendus sur le sable. Les devins les étudient à l’aube quand le renard a perturbé l’ordre des fils, et par cela même, laissé parler les esprits.

On ne détaillera pas les innombrables pièces marquantes dans l’exposition. En art contemporain, il y a le monde selon Thomas Hirschhorn : une suite de mappemondes sur lesquelles ont été scotchées, comme des poussées cancéreuses, des images de guerres et de manifestations. Basquiat est là qui fait référence à Exu, un des grands dieux du vaudou. Picasso ne pouvait pas manquer, comme grand prêtre de la subversion artistique. Annette Messager présente une toile d’araignée de gris-gris personnels qu’elle appelle sa « petite pratique magique quotidienne ».

Si la science a atténué le besoin de chamanisme, la « mort de Dieu » a réveillé par contre le besoin d’intercesseurs et d’un autre sacré. Les grands prêtres devenant parfois les artistes.

On découvre quantité de magnifiques objets anciens d’Afrique, des statuettes rituelles couvertes de boue ou de clous, d’os, d’animaux morts ou de plumes. Les costumes en cuir avec leurs breloques, portés par les grands chamans sibériens ou les sorciers indiens, sont impressionnants.

L’exposition aborde aussi l’importance de la transe et des drogues dans les rituels chamaniques.

Etudier ces « Maîtres du désordre » s’avère non seulement passionnant mais aussi d’une beauté troublante. Le désordre et le mal ont toujours été plus spectaculaires que l’ordre et la sainteté. Ben l’a dit de manière lapidaire :« Pas d’art sans désordre. »

Sur Artinfo, par Juliette Soulez

Plus poétique que scientifique, les Maîtres du désordre nous invitent à un voyage cosmique

Avec une sélection d’œuvres extraordinaires venues de tous les continents, l’exposition « Les Maîtres du désordre » propose une scénographie comme un chantier précaire, signée Jakob + MacFarlane. Du costume chamanique à la statue de Seth égyptienne, au bouffon zen, les chamanes sont ici des intercesseurs entre un monde de divinités ambivalentes et imprévisibles, ayant accompli les pires crimes interdits aux humains, et un monde humain atteint de trouble, soit collectif, soit individuel.

Désenvoutée par la présence du chamane et comédien togolais Azé Kokovivina grâce à un rituel qui a débuté dès le 9 avril avec la création d’un autel vodun, chaque salle s’ouvre avec des installations d’artistes modernes contemporains. On retrouve ici une métamorphose duMinotaure par Picasso et un de ses Arlequins, l’Exu de Basquiat ou encore, introduisant l’exposition, l’Outgrowth de Thomas Hirschhorn, par où l’anthropologie se fait sensible. « Le Quai Branly a fait bouger les lignes », confie Bertrand Hell, ethnologue et conseiller scientifique de cette exposition qui repose entièrement sur son ouvrage éponyme paru en 1999. En acceptant des œuvres contemporaines dans un musée d’ethnologie, le musée s’approcherait ainsi davantage d’une vision à l’américaine de l’anthropologie

« L’anthropologie est trop sérieuse pour la laisser aux seuls ethnologues », a dit Jean de Loisy, commissaire de l’exposition et président du Palais de Tokyo. Et Bertrand Hell a trouvé avec Jean de Loisy une approche qui lui a, dès leur première rencontre, tout de suite parlé. Si Bertrand Hell n’aime pas tellement les musées d’ethnologie – « ça me fait peur », dit-il – c’est parce qu’on y enferme dans des boites des œuvres sacrées qui servent à voyager dans des mondes parallèles. Et alors qu’ils se sont rencontrés, Bertrand Hell a été séduit par l’idée d’une exposition d’art sacré et d’art contemporain. « J’ai réalisé  que l’exposition pouvait donner un accès à tout ce que je n’avais pas pu faire avec le livre, prisonnier d’une écriture ou de concepts froids ou secs », dit-il. « J’ai accepté le projet car il s’agissait alors d’éveiller une empathie, une émotion chez le spectateur lors même que l’ethnologie en France trop cartésienne passe peut-être parfois à côté de l’essentiel ».

Citant volontiers Roger Bastide à propos de ce qui touche au religieux, à l’invisible et au sacré, Bertrand Hell défend en effet l’éloge de la pensée obscure contre une ethnologie méfiante du commerce des sens. « Et je pense que la subjectivité peut être une arme de la science pour approcher certain phénomène. Les émotions, l’imagination active… » Il est même d’accord avec Jean de Loisy, qui considère certains artistes contemporains comme des anthropologues créant à partir de leur vécu.

L’artiste, dans cette exposition, prend alors suivant les thématiques le rôle du chamane, comme Joseph Beuys qui voulait guérir la société allemande de ses maux ou Anna Halprin exorcisant son cancer ou le rôle du clown ou du bouffon, celui qui transgresse les codes de la société, et à qui l’on s’adresse pour ses propres maux comme à un intercesseur, ici Jacques Lizène ou encore Jean Luc Verna.

Au centre du parcours, on accède à la métamorphose du chamane et à son voyage, son envol, vers des cieux divins. Une partie est consacrée aux psychotropes avec des coupes ou bols servant à ingérer la drogue, une autre à la transformation du chamane en animal divin. Capable de voir devant et derrière, notamment grâce à des masques Janus, dans la vie et dans la mort, les chamanes, véritables « homme-limite » comme le dit Bertrand Hell, font ressurgir le jaguar ou vont voyager pendant dix jours dans un univers cosmique hors de leur corps.

Pourtant l’hypothèse est aussi faite que pendant leur voyage, les chamanes visitent leur propre corps et y voient comme un long serpent. Berdaguer et Péjus ont ici traduit de manière contemporaine cette idée par un Jardin d’addiction, un enchevêtrement de canaux en verre terminés par des bols contenants différentes sortes de psychotropes. Et la dimension de l’exorcisme est aussi bien mise en avant par les œuvres exposées. Le travail photographique contemporain de Myriam Mihindou en Haiti, réalisé après la chute d’Aristide comme un rituel d’exorcisme trouve ici un écho puissant avec cette exposition.

Mêlés à de magnifiques sculptures, costumes, masques et peintures venant de Sibérie, de Corée, du Congo ou encore de Madagascar, les œuvres contemporaines concluent ce parcours, après la salle des carnavals et fêtes profanes. « La fin est dominée par les artistes contemporains à dessein puisque dans les rituels chamaniques, la fin du rituel se termine toujours par la participation de l’assemblée au petit jour, comme chez les Gnawa, et lentement il se transmute en fête profane », explique Bertrand Hell. « Et nous souhaitions également amener le visiteur à réfléchir à un désordre non-anarchique qui joue un rôle de catharsis. Si une société n’a pas ces instances de liberté, elle explose. Il y a une nécessité de maintenir la vie des sociétés qui préservent le désordre sans les institutionnaliser ou les réguler. Et avec jean de Loisy, notre recherche interrogeait au fond l’ordre social en général et elle montrait aussi que les œuvres présentées ne sont pas du registre de la croyance ».

A Bruges, Capitaine Lonchamps participe au Kamarama du dessinateur Kamagurka.
Humoriste et dessinateur de presse (Humo, Charlie Hebdo, Hara-kiri, Titanik, etc), peintre, sculpteur, chanteur, cinéaste, Kamagurka a rassemblé pour ce festival d’été des artistes qui l’inspirent ou le fascinent, parmi lesquels Captain Beefheart, Emile Salkin, Francis Picabia, Fred Bervoets, George Condo, George Grosz, Georges Ribemont-Dessaignes, J.J. Grandville, James Ensor, Jan Fabre, Jeff Olsson, Jeroen Henneman, Kati Heck, Lucebert, Luc Tuymans, Marcel Duchamp, Markus Lüpertz, Max Ernst, Otto Dix, Pablo Picasso, Paul Joostens, René Daniëls, René Magritte, Rinus Van de Velde, Roland Topor ou Wim Delvoye. Du 1 mai au 1 août, divers lieux à Bruges.

Capitaine Lonchamps, Neige (Le Sanguinaire, tigre mangeur de Snowman),  2009, Technique mixte sur toile trouvée, 145 x 120 cm

Capitaine Lonchamps, Neige 2012, Technique mixte sur imprimé, 29 x 26 cm

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Emilio Lopez Menchero participe à « Belgie, Who’s afraid of black, yellow and red » Curated by Philippe Braem

26.04 – 30.04.2012, 11 am – 7pm
Galerie Torstrasse 161, 10115 Berlin

– Gauthier Hubert (BE) – Emilio Lopez Menchero (ES-BE) – Vadim Vosters (BE) – Lukas Vandenabeele (BE) – Willy De Sauter (BE) – Steve Schepens (BE – DE) – Philip Grözinger (DE) – Adrian Lohmüller (DE) – Andrei Loginov (BLR-DE)

« Trying to be Carlos » réalisé à partir de la page de la revue allemande STERN NR.33 du 12.8.2010 page 108 rubrique Kultur, illustrant l’article « Verätter töten wir » interview de Illich Ramirez Sanchez alias « Carlos » réalisée par Stephan Maus

concept & performance : Emilio López-Menchero, photo : Emilio López-Menchero, Jonathan Rosic, Annabelle Guetatra, costumes, accessoires, décor : Emilio López-Menchero, Jonathan Rosic, Annabelle Guetatra. coiffure, maquillage : Urteza da Fonseca, Annabelle Guetatra. technique lumière : Philippe Leclercq (Limelight)

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Suchan Kinoshita
Haiku for Liège, 2010

Aglaia Konrad
Undecided frames, photographies couleurs, impression numérique,, 54 x 41 cm, 2012.  Ed 5/5

Jeroen Van Bergen
Boot 003, technique mixte,2012

Emilio Lopez Menchero
Kuifje, Huile sur toile, 2011, 45 x 61 cm

Gare au gorille !, Huile sur toile, 2012, 170 x 150 cm

Honoré d’O

Sans titre, Ex Voto, technique mixte, 2012

Olivier Foulon
Ohne Titel [Deux têtes de profil (Mondrian)], 2012, 65 x 50 cm. Photo: 18 x 27 cm.

 

 

 

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Jacques Lizène

– Sculpture nulle, guitare pioche 1979, en remake 2005.

– Sculpture nulle 1980, instruments de musique modifiés en guise d’interrogation génétique, art syncrétique, croisement cor – clarinette, en remake 2011. Technique mixte, cor, clarinette, 120 x 50 x 22 cm.

– Sculpture nulle 1980, instruments de musique modifiés en guise d’interrogation génétique, art syncrétique, croiser un violon et une raquette de tennis, en remake 2011. Technique mixte, violon, raquette, 100  20 x 10 cm

– Art syncrétique 1964, instrument de musique modifié, remake 2011, didgeridoo croisé tuba. Didgeridoo, tuba, 161 x 43 x 30 cm

– Art syncrétique 1964, instrument de musique modifié, remake 2011, trompette de cavalerie croisée clarinette croisée saxophone, mettre n’importe quel objet sur roulette. Trompette, clarinette, saxophone, planche, roulettes, 154 x 30 x 34 cm.

– Art syncrétique 1964, instrument de musique modifié, art syncrétique 1964, trombone croisé flute à bec, en remake 2011. Technique mixte, trombone, flute à bec, 112 x 25 x 25 cm.

– La danse de derrière le décor, 1974, art syncrétique 1964, balai modifié, mettre n’importe quoi sur un balai, un reliquaire africain, remake 2011. Technique mixte, 185 x 35 x 13 cm.

– Position pour une exposition virtuelle 193-1993, en remake 2012, Jacques Lizène expose dans le chantier du palais de Tokyo, avant sa réouverture. Vidéo. Son. Couleurs, 9 min. 2012 (production AVCAN).

Walter Swennen

Une très riche heure avec Jan Vercruysse, 2003, Huile sur toiles (quatre parties), 120 x 140 cm

 

Walter Swennen
Spook, 2003, Huile sur toile, 140 x 120 cm.

Emilio Lopez Menchero
Le grand capital, Huile sur toile, 2012, 68 x 53 cm

Jacqueline Mesmaeker
Les péripéties, 2010, 2 cartes postales, (J. A. Ingres, La Baigneuse., Kalabaka, Météores, le couvent Roussano), 60 x 43 cm.

Capitaine Lonchamps

Neige, 2012, acrylique sur photographies trouvées, 90 x 60 cm
Neige 2011, acrylique sur objet trouvé, 210 x 50 x 35 cm

Jacqueline Mesmaeker

Les Charlottes, 1977, Photocopies de superpositions d’images et de morceaux de verre,, (17) x 42 x 29,4 cm, édition 2/2.

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Cordonnier, Old factory building (Schoolstraat, 9230 Wetteren, Belgium)
Group Exhibition
From April 21st ‘till May 20th 2012
Opening on April 21st at 16h00

In the empty textile factory Cordonier in Wetteren, Belgium, the exhibition ‘Aangeraakt / Touché’ opens on Saturday April 21st. Curator Eric Bracke invited fifteen artists and artist duo’s to show their work in dialogue with the former knitwear factory.

Among them are internationally renowned artists such as Johan Tahon, Honoré d’O and Leo Copers. Together with Wouter Cox, Peter De Bruyne, Bert Drieghe, French Gentils, Tom Jooris, Peter Puype, Lore Rabaut & Frank Depoorter, Ilse Roman, Bruno Vandenberghe, Caroline Van Der Straeten and Nicholas Eeckhoudt, they pull a surprisingly artistic trail through the old factory building with sculptures, paintings, photographs, projections, performances and spatial interventions. The British duo The Caravan Gallery crosses the canal. For two weekends, they will settle their caravan at the entrance of the factory building and make a work of art in interaction with the visitors and local people.

The Dutch word ‘Aangeraakt’ (Touched) refers primarily to a verse line from a social anthem De Internationale. In 1900, the Belgian poet Henriette Roland Holst wrote: Begeerte heeft ons aangeraakt! (Desire touched us!). From this point of view, the exhibition is directly related to the past, the history of the factory which was established in 1908 and to the former proletarian city of Wetteren.

At that time, the residents of Wetteren were still reeling from the Great Strike of 1907 in the textile factory of Felix Beernaerts. It was the first showdown between the factory leaders and socialist trade unions outside the major cities.

Also, the word ‘Aangeraakt’ has a central role in Catholic tradition. It appears regularly in literature from cardinals like Augustine to poets like Hadewych and afterwards in the texts of mystics. In their effort to describe the encounter with the ‘Supreme’, they resort to earthly, sensual experiences. They describe the divine love as a stunning sensual and physical touch.

These two associations of ‘Aangeraakt’, the striving to elevate and sublimate life’s ordinarity on the one hand, and the earthly and sensual translation of the divine on the other hand, are the poles in which this exhibition is located.

Opening on April 21st 2012 at 16h00, with an introduction of Roland Jooris and initiated by Eric Bracke.
Exhibition hours: Friday from 18h00 to 21h00, Saturday and Sunday from 14h00 to 18h00

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Barrio de Chabolas, composition de tours, remake snackfrituurkapel, Monumenteel 001, Schetsen en teksten : Jeroen Van Bergen rassemble un bel ensemble d’œuvres récentes pour son exposition au 38CC à Delft.
Exposition en compagnie de Kim Habers, du 21 avril au 3 juin.

Creatief Laboratorium 38CC
Hooikade 13 – 2627 AB  – Delft

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Lu dans H.ART sous la plume de Christine Vuegen

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– Dans le Journal des Arts, « Une « chaotique fécondité » préside à la réouverture du Palais de Tokyo ». Thomas Bizien arpente le Palais  et écrit :

22h30 Un groupe d’une dizaine de jeunes artistes dénudés s’enduisent mutuellement d’un liquide de couleur bleu opale. Meute transgenre, le groupe traverse les espaces, grinçant, ou étalant leurs corps aux pieds des visiteurs en guise de soumission. Daria de Beauvais, curatrice du palais depuis la première époque, regarde le spectacle avec émotion. Elle salue la présence des anciens directeurs, et affirme la continuité d’une programmation exigeante, tournée vers le dialogue avec les artistes.

23h00 Sous l’œil bienveillant de Michel François, Jacques Lizène, perruque en forme de crête dressée sur la tête, se promène tout sourire dans les méandres des sous-sols. Certaines œuvres du « petit maître liégeois de la médiocrité », mi guitare mi pioche, sont accrochées aux murs. A sa demande un trio joue Beethoven à l’envers. Pour l’art d’attitude, créer une forme c’est avant tout l’habiter.

23h30 L’ancienne salle principale de la cinémathèque française s’est transformée en salle de concert. Au dernier sous-sol, La Chatte inaugure le lieu avec la présentation de son second album. Boucles New Wave, guitare en cadence, le public semble apprécier. Des Djs viendront la nuit durant renouveler la set list.

– Joséphine Fournier en fait de même pour  L’Officiel. Elle note  à 18h04 :

18h04 : le sésame dévoilé, nous voilà à l’intérieur déjà bondé, 4 minutes après l’ouverture des portes. Toute la troupe d’habitués (galeristes, collectionneurs, couturiers…) joue de la coupette, pendant que les artistes déambulent, le regard aiguisé ! Ah les artistes, l’élément phare de cette soirée ! Nous croisons le premier, une perruque à longue mèche de gel relevé sur la tête. Il s’agit de Jacques Lizene, artiste Liégeois et inventeur de l’ « art nul » ! Je sens qu’il va nous intéresser, mais on en reparlera plus tard.

A 19h 32, elle découvre l’installation du Petit Maître :

19h32 : ah, c’est ici qu’on retrouve notre Jacques Lizene, toujours avec sa perruque mais surtout à côté de son œuvre. L’œuvre en question ? Un tas de pierres et de débris dans un gros sac en plastique épais avec un mot écrit à la va-vite au marqueur fluo: « Œuvre d’art, ne pas jeter ». Heureusement qu’il nous prévient !

– Sur le Site de Artnet, on découvrira, le film de Sven Kuffer et Alexandre Delvaux. Et bien évidemment l’installation du Petit Maître liégeois. Voir le film.

– Jacques Lizène était l’invité de Laurent Goumarre, en compagnie de Jean de Loisy, le président des lieux, Jean-Philippe Vassal, architecte, Vincent Ganivet, plasticien, l’écrivain Christine Angot, Gwénaël Morin et son théâtre permanent. Sur le site de France Culture, Jacques Lizène est présenté comme génie de « la médiocrité » et « petit maître de Bruges ». Magnifique, encore raté ! Réécouter l’émission

– Rue 89, titre « Le Palais de Tokyo abat ses murs pour l’art contemporain » et profite bien sûr des gravats de l’installation lizénienne pour illustrer son propos

– Arte a confié la couverture filmique de l’événement à Lech Kowalki
ARTE Creative se propose d’en faire partager l’expérience à travers le regard du grand cinéaste documentaire Lech Kowalski. Filmeur né, doté d’une grande expérience dans le filmage sur le vif de concerts et en milieu « difficile » il suivra le marathon de 30h pour proposer une vision singulière de cet évènement hors-normes. Celui-ci filmera bien sûr l’intervention de Jacques Lizène

– Guy Duplat, dans La Libre, pointe également la participation du Petit Maître liégeois et écrit :

Le nouveau Palais a été inauguré jeudi par Nicolas Sarkozy, lors de 24 h de performances et fêtes qui ont attiré le tout Paris « branché » (avec entre autres les hilarants concerts de musiques à l’envers du Liégeois Jacques Lizène, le génial « petit maître médiocre » comme il le dit !

Bref, comme dirait Jacques Lizène lui-même : « On ne s’est pas ennuyé un seul instant »

 

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La galerie participe à la trentième édition de Art Brussels

Booth 3 A02 – 18 – 22 april 2012

Clémentine Beaugrand & Antoni Collot – Olivier Foulon- Honoré d’O – Suchan Kinoshita – Aglaia Konrad – Jacques Lizène – Emilio Lopez Menchero –  Capitaine Lonchamps – Jacqueline Mesmaeker – Benjamin Monti – Walter Swennen – Jeroen Van Bergen -Raphaël Van Lerberghe – Marie Zolamian

Preview & Vernissage Wed 18 April (by invitation only)
From Thu 19 till Sun 22 April 2012.

Wed 18 April: Preview 12pm-4pm/ Vernissage 4pm-10pm
Nocturne: Thu 19 April 7pm till 10pm
Thu 19 – Sunday 22 April: 12pm till 7p

Les péripéties, 2010, 2 cartes postales (J. A. Ingres, La Baigneuse. Kalabaka, Météores, le couvent Roussano), 60 x 43 cm.

Raphaël Van Lerberghe, Ou bien… ou bien, technique mixte, 29,7  x 21 cm, 2012

Aglaia Konrad, Undecided frames (01), photographies couleurs, impression numérique, 54 x 41 cm, 2012.

A propos des Undecided frmes d’Aglaia Konrad, lire le billet précédent sur ce blog

Capitaine Lonchamps, Neige 2012, technique mixte sur imprimé, 19 x 30 cm

A propos d’autres Neiges sur menhirs et serpent, également montrées à Art Brussels, lire le billet précédent

Clémentine Beaugrand et Antoni Collot, Art paranoïde 2009, boite de jeu, édition 10/10, 2012

« Dimanche 25 octobre nous nous rendons à la FIAC. Aux Tuileries, entre les deux lieux d’exposition, nous arpentons les haies du jardin. Notre attention est captée par un certain nombre de traces, que nous envisageons être de possibles résidus des acteurs de la FIAC. Nous nous mettons alors en quête de ces différentes reliques de σπέρμα (semence, grain, graine) disséminées. Nous nous interrogeons sur la relation qui existe entre rétention, éjaculation et pouvoir créateur. Nous pensons aux draps bordés d’Emmanuel Kant, aux croquis d’anatomie de Léonard de Vinci, à la vasectomie de Jacques Lizène. Nous en récoltons plusieurs centaines »

Sculpture nulle 1980, instruments de musique modifiés en guise d’interrogation génétique, art syncrétique, croisement cor – clarinette, en remake 2011. Technique mixte, cor, clarinette, 120 x 50 x 22 cm
Sculpture nulle 1980, instruments de musique modifiés en guise d’interrogation génétique, art syncrétique, croiser un violon et une raquette de tennis, en remake 2011.Technique mixte, violon, raquette, 100  20 x 10 cm
Art syncrétique 1964, instrument de musique modifié, remake 2011, didgeridoo croisé tuba. Didgeridoo, tuba, 161 x 43 x 30 cm.

A propos de l’ensemble de l’installation de Jacques Lizène, lire le billet précédent. En voir d’autres images.

Jeroen Van Bergen, Boot 003. Echelle ¼.  Technique mixte, 40 x 117 x 111 cm.

Emilio Lopez Menchero, Gare au gorille ! Huile sur toile, 2012 170 x 150 cm

A propos de l’ensemble des peintures d’Emilio Lopez Menchero, lire ici, voir les images là 

Capitaine Lonchamps, Neiges des origines

Capitaine Lonchamps ne s’est jamais départi de  son intérêt pour les menhirs et autres mégalithes. On se souvient des trois grandes pierres dressées dans l’exposition « Je ne suis pas, je me précède », toutes noires et enneigées, derrières lesquels se cachaient deux marins sous leur costume de snowman, l’un à la barre dans la tempête, l’autre fumant la pipe. J’aime à imaginer que ces deux là sont des marins bretons, de Quiberon ou de la Trinité sur Mer, bref du golfe du Morbihan. Les menhirs, les dolmens, les allées couvertes, les cromlechs y sont nombreux, et Carnac est à un jet de pierre. Capitaine Lonchamps vient d’ailleurs tout juste d’en enneiger les alignements. Tout Carnac ou presque, menhir par menhir.

Lonchamps partage cet intérêt avec un amateur anonyme qui, visitant les sites néolithiques de Carnac et alentours, a choisi de photographier les menhirs un par un. Pas d’alignement, pas de vue d’ensemble, pas de paysages, mais une vraie typologie, pierre par pierre, rigoureuse dans les cadrages, juste accompagnée de l’un ou l’autre cliché familial qui donnent l’échelle de ces mégalithes. En noir et blanc, ce sont de petits clichés de treize sur neuf centimètres que Capitaine Lonchamps a découvert dans un album photo, rassemblés et collés quatre par quatre, comme dans un atlas ou dans la publication d’une société savante. Il en a conservé une sélection et les a enneigé avec précaution. Non pas toute la surface de chaque cliché, ni même les ciels; seuls les menhirs eux-mêmes sont tatoués par ces flocons de neige.

Capitaine Lonchamps s’est engagé dans l’aventure neigiste alors qu’il voulait, et je le cite,  détruire la peinture, repartir de rien, peindre en noir et blanc, qui, rappelle-t-il, ne sont pas des couleurs. Son geste de peindre des touches, des ponctuations blanches, de la peinture « toronienne hystérique et désordonnée » diront certains, est un retour aux origines. Il est à l’origine de ses « Neiges » et à l’origine de la peinture : souvenons-nous des ponctuations de la peinture pariétale préhistorique, ces points et bâtonnets, isolés, par paires, trios, alignés ou groupés et qui parfois couvrent des figures animalières, associés à des empreintes de mains. Magie, rituel, représentations symboliques, abstraction ou même signalétique, bien des choses ont été écrites à propos de ces ponctuations qui participent des premières manifestations de l’art. Capitaine Lonchamps, lui, a décidé de couvrir de ponctuations, de flocons de neige, les menhirs du Morbihan, ces pierres longues qui participent elles aussi des manifestations les plus anciennes de la pensée. Ainsi, il se les approprie, ainsi il les révèle. Il me revient qu’à Wéris, une tradition veut que la Pierre Haina, que l’on appelle aussi la Pierre des Ancêtre, soit blanchie à l’équinoxe d’automne par les habitants du village. En la couvrant de couleur blanche, ils la protège du diable, qui paraît-il, est susceptible de sortir de terre en la soulevant afin de se livrer à quelques œuvres maléfiques. C’est là un rituel saisonnier, comme les Neiges du Capitaines sont également rituelles.

Capitaine Lonchamps enneige aussi les serpents. Celui-ci, dernier enneigé, a singulièrement été mis en scène par le taxidermiste qui l’éviscéra, nous renvoyant, avec naturalisme, à l’image biblique, tant de fois reproduite, du serpent s’enroulant en hélice autour du tronc d’un arbre ou d’un bâton dressé.  Nous restons dans le domaine des origines : le serpent y occupe une place majeure et y revêt une dimension spirituelle forte. La neige qui, désormais, le couvre conforte son rôle de lien entre le ciel et la terre, alors qu’il s’enroule spire après spire sur l’axe du monde. Certes, ce serpent enneigé est parent de Nahash, le serpent de l’Eden, doué de parole, qui incita Eve à manger le fruit défendu de l’arbre de la connaissance du Bien et du Mal. Je repense à la façon dont Raymond Roussel s’empare du « Roméo et Juliette » de Shakespeare dans ses « Impressions d’Afrique », un livre culte pour le Capitaine Lonchamps, sans doute l’un des vingt-sept qui figurerait dans sa bibliothèque. On y découvre comment par l’entremise de la tragédienne Adinolfa, Roussel réinvente les amants de Vérone, dans un étrange mouvement de la trace et de l’appropriation, tout comme Capitaine Lonchamps réinvente le Serpent par ses traces de pinceau sous forme de flocons neigeux.  Le Roméo pseudo shakespearien du Raymond Roussel des Impressions d’Afrique a des visions, une cohorte de scènes hallucinantes. Parmi celle-ci, justement, celle de la tentation d’Eve apparaissant dans un nuage, une vapeur intense.

« La première apparition, écrit Roussel, surgit soudain hors des flammes, sous l’aspect d’une vapeur intense qui, moulée avec précision, représentait la Tentation d’Ève. Au milieu, le serpent, enlacé à un tronc d’arbre, tendait sa tête plate vers Ève gracieuse et nonchalante, dont la main, dressée ostensiblement, semblait repousser le mauvais esprit. Les contours, d’abord très nets, s’épaississaient à mesure que le nuage montait dans les airs ; bientôt tous les détails se confondirent en un bloc mouvant et chaotique, promptement disparu dans les combles. Une seconde émanation de fumée reproduisit le même tableau ; mais cette fois Ève, sans lutter davantage, allongeait les doigts vers la pomme qu’elle s’apprêtait à cueillir.

Roméo tournait ses yeux hagards vers le foyer, dont les flammes vertes éclairaient les tréteaux de lueurs tragiques. Une épaisse fumée minutieusement sculptée, s’échappant à nouveau du brasier, créa devant l’agonisant un joyeux bacchanal ; des femmes exécutaient une danse fiévreuse pour un groupe de débauchés aux sourires blasés ; dans le rond traînaient les restes d’un festin, tandis qu’au premier plan celui qui semblait jouer le rôle d’amphitryon désignait à l’admiration de ses hôtes les danseuses souples et lascives. Roméo, comme s’il reconnaissait la vision, murmura ces quelques mots :

— Thisias… l’orgie à Sion!…

Déjà la scène vaporeuse s’élevait en s’effiloquant par endroits. Après son envolée, une fumée neuve, issue de la source habituelle, réédita les mêmes personnages dans une posture différente ; la joie ayant fait place à la terreur, ballerines et libertins, pêle-mêle et à genoux, courbaient le front devant l’apparition de Dieu le Père, dont la face courroucée, immobile et menaçante au milieu des airs, dominait tous les groupes ».

 

– Neige, 2012, acrylique sur photographies trouvées, 90 x 60 cm
– Neige, 2012, acrylique sur photographies trouvées, 90 x 60 cm
– Neige 2011, acrylique sur objet trouvé, 210 x 50 x 35 cm

 

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Aglaia Konrad inaugurait, il y a quelques années, une  série de travaux consacrés à des architectures sculpturales. En filmant ou en photographiant la Maison Gilet à Angleur,  la puissance brutaliste de l’église bâtie par Fritz Wotruba à Vienne ou celle de Nevers, dessinée par Claude Parent et Paul Virilio, Aglaia Konrad met l’accent sur la plastique du béton, sa tectonique, cette force intemporelle et spirituelle d’un chaos fusionné, maîtrisé. Cela l’a tout naturellement mené à Carrare, ce lieu qui condense par excellence cette relation même entre paysage, sculpture et architecture, chaos et ordonnancement.

Tous ces travaux récents s’inscrivent dans une perspective plus large. Depuis vingt ans, inlassablement, Aglaia Konrad observe, investit, traduit la ville et son urbanité, cette métropole globale, qu’il s’agisse de Pékin ou de Sao Paulo, du Caire, de Dakar ou de Chicago. Elle en analyse le champ sociologique, les paramètres sociopolitiques, focalise son attention sur l’architecture, sa modernité générique et sa généalogie. Son travail s’inscrit au cœur même de la métropole, dont elle perçoit les pulsions, s’en échappant parfois afin d’en mieux comprendre les nœuds de circulation, l’expansion, les accès, la relation au paysage.  Cette image urbaine, dans l’œuvre d’Aglaia Konrad, est délibérément pauvre. Elle n’a pas de support précis, pas de surface fixe, ne se revendique d’aucun des canons de l’acte photographique tel qu’habituellement codifié. Son œuvre est un vaste corpus interrogeant la ville, ses signes, sa modernité. L’image peut être argentique ou simple scan à jet d’encre, photocopie numérique, projection de diapositive, épreuve négative, impressions marouflées à échelle de l’espace mis en œuvre. La valorisation critique de l’image intervient en son utilisation ponctuelle et contextuelle. Et l’image peut être exposée ou publiée car l’édition prend ici un sens tout à fait singulier, là où la mise en page de l’image est aussi et surtout une mise en perspective.

C’est justement au moment de décider d’une utilisation ponctuelle qu’est, paradoxalement, née la série des « undecided frames ». Immergée dans son sujet, Aglaia Konrad multiplie les prises de vue d’un même sujet. Certains clichés sont parfois fort proches, tellement proches et chacun si singulier, que l’artiste reste dans l’indécision quant à celui qu’il faut prélever dans l’archive. D’où l’idée d’assumer le fait de ne pas choisir, ce qui entrainera un décision : celle, dès lors, de confronter les deux clichés, juxtaposés et de les nommer « Undecided frames ».

D’Osaka à Créteil, de New York à Madrid, on se prend bien naturellement à jouer au jeu de la différence, constatant un mouvement latéral de l’objectif, une profondeur de champ distincte entre les clichés, placés côte à côte. Le regard passe, en effet, sans cesse d’une image à l’autre. Je repense bien sûr à ces quelques mots écrits par Marcel Duchamp en 1937, consignés dans ses Notes : « il existe une conception grossière du déjà vu qui mène du groupement générique, deux arbres, deux bateaux, aux plus identiques « emboutis ». Il vaudrait mieux chercher à passer dans l’intervalle infra mince qui sépare deux identiques qu’accepter commodément la généralisation verbale qui fait ressembler deux jumelles à deux gouttes d’eau ». Duchamp parlera de « semblablité » à propos de la similarité : le même, cette « approximation pratique de la similarité ». « Dans le temps, précise-t-il, un même objet n’est pas le même à une seconde d’intervalle ». Oui, avec les « undecided frames » d’Aglaia Konrad, nous nous situons dans le domaine de l’infra mince. « J’ai choisi exprès le mot mince, explique Marcel Duchamp, qui est un mot humain et affectif et non une mesure de laboratoire. Le bruit ou la musique faits par un pantalon de velours côtelé comme celui-ci quand on le fait bouger est lié au concept d’infra mince. Le creux dans le papier entre le recto et le verso d’une fine feuille… A étudier !… C’est une catégorie dont je me suis beaucoup occupé pendant ces dix dernières années. Je pense qu’au travers de l’infra mince, il est possible d’aller de la seconde à la troisième dimension ». De fait d’un cliché à l’autre, dans le cas des photographies d’Aglaia Konrad, nous sommes face au même objet ou sujet, nous en avons une perception différente, et nous sommes aussi face à des objets ou sujets différents, ne fut-ce qu’en raison de l’intervalle de temps qui existe entre deux prises de vue. Cette dimension temporelle est particulièrement perceptible dans les vues aériennes, New York, Paris, où les images, différentes en raison en raison de la perception que nous avons du vol de l’avion, pourraient partiellement se superposer. « A chaque fraction de la durée, note Thierry Davila, à propos de l’infra mince duchampien, se reproduisent toutes les fractions futures et antérieures. Toutes ces fractions passées et futures coexistent dans un présent qui n’est déjà plus ce que l’on appelle ordinairement l’instant présent, mais une sorte de présent à étendue multiple. C’est dans ces multiples étendues du temps que le sujet ici abordé circule, c’est dans leur incessante activation qu’il trouve les moyens d’une plasticité renouvelée ».  Par rapport aux clichés isolés d’Aglaia Konrad, cette plasticité renouvelée, augmentée même, réside dans l’infra mince qui sépare deux prises de vue mise côte à côte. Nous ne sommes même plus devant deux photographies juxtaposées mais bien devant une image composée de deux clichés. Dans les choix qu’elle a opéré, Aglaia Konrad décline ces points de vue de toutes les façons, jusqu’à nous proposer des objets effectivement différents mais similaires. Ainsi ces deux « épis de Créteil », qui semblent à première vue être la même tour, bien que photographiées sous des angles distincts, mais qui sont deux tours rondes différentes, même pas jumelles, puisqu’elles appartiennent toutes deux à un ensemble de dix tours bâties par Gérard Grandval. Troublantes sont ces deux prises de vue dans la banlieue parisienne, devant des bâches de chantier représentant elles-mêmes la ville à venir, clichés si graphiques que la présence et le passage d’une passante sur le seconde semble presque virtuelle.  D’autres nous rendent le mouvement particulièrement perceptible. Qu’il s’agisse de celui de l’objectif, – cette voiture dans un garage à Tokyo et sur le second cliché, la statue du bouddha qui disparaît à gauche, l’arbre qui apparaît à droite -, ou qu’il s’agisse du mouvement conjugué de l’objectif et de la circulation urbaine, comme dans cette double vue d’un coin de rue à Osaka où tout s’anime. Assurément, le choix de ne pas décider entre deux clichés nous donne à voir une réalité augmentée, une dimension supplémentaire dans la fusion des images ; cette dialectique du semblable et de la différence aiguise notre perception du réel.

 

 

 

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Entrouverture au Palais de Tokyo. 30 heures non stop de performances. 12/13 avril 2012

Cadre d’instruments de musique modifiés, en remake 2012
Position pour une exposition virtuelle 193-1993, en remake 2012, Jacques Lizène expose dans le chantier du palais de Tokyo, avant sa réouverture. Vidéo. Son. Couleurs, 9 min. 2012 (production AVCAN). Vidéo projetée derrière un ts de gravats provenant du chantier du palais de Tokyo.
Pièce pour musique à l’envers, 1979 en remake 2012, Edaneres de Giwdul Navnevohteeb. Vidéo, son, couleurs, rushes 1 et 2, 36 min, 2012. (production AVCAN)

Avec la complicité de trois instruments à cordes, Alexandre Castro Balbi (violoncelle), Maxence Grimbert Barré (alto), Héloïse Schmitt (violon). et de l’ineffable Xavier Boussiron à la pédale wawa, Jacques Lizène interpréte une œuvre de musique à l’envers, nouvelle création intitulée « Edaneres » du compositeur Giwdul Navnevohteeb.

Réécouter Jacques Lizène sur France Culture :

Le RDV au Palais de Tokyo Jean de Loisy, Jean-Philippe Vassal, Christine Angot, Jacques Lizène, Vincent Ganivet, Gwénaël Morin.
Dans la présentation de l’émission, Jacques Lizène devient : « génie de « la médiocrité » et « petit maître de Bruges ». Magnifique ! Encore raté !

 

 

 

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Lu dans le supplément ART de ce vendredi 13 avril, sous la plume de Claude Lorent

 

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