juin 2014

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Marie Zolamian

« Pour revenir à notre bel et délicieux château, nous devons voir comment nous pourrons y pénétrer. J’ai l’air de dire une sottise : puisque ce château est l’âme, il est clair qu’elle n’a pas à y pénétrer, puisqu’il est elle-même ; tout comme il semblerait insensé de dire à quelqu’un d’entrer dans une pièce où il serait déjà. »
Le château intérieur, Thérèse d’Avila, 1577.

Marie Zolamian

photos : Jacky Lecouturier

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La contribution du Capitaine Lonchamps à l’exposition « Roulez des mécaniques » au musée de Chinon, exposition conçue par Cindy Daguenet, dans le cadre de la Biennale Patrimoine et Art Contemporain « Songe d’une nuit d’été », quelques images vintage d’outillages provenant de la Société Métallurgique Hainaut Sambre à Couillet et de la Siderurgica José Maria Aristrain à Beasain dans le nord de l’Espagne. Pousseuses, transporteurs à rouleaux et scies à chaud enneigés.

Capitaine Lonchamps

Capitaine Lonchamps
Neige, 2011
Technique mixte sur photographie vintage (Société Métallurgique Hainaut Sambre à Couillet), 16 x 22,5 cm

Capitaine Lonchamps

Capitaine Lonchamps
Neige, 2011
Technique mixte sur photographie vintage (Siderurgica José Maria Aristrain, Beasain, Espagne), 16 x 22,5 cm

Capitaine Lonchamps

Capitaine Lonchamps
Neige, 2011
Technique mixte sur photographie vintage (Scie à chaud à attaque directe du moteur, diam de la lame : 1350. Train de 500 à 3 cages trio et une cage duo, Siderurgica José Maria Aristrain, Beasain, Espagne), 16 x 22,5 cm

Capitaine Lonchamps

Capitaine Lonchamps
Neige, 2011
Technique mixte sur photographie vintage (Transporteur à rouleaux, Société Métallurgique Hainaut Sambre à Couillet), 22,5 x 16 cm.

Capitaine Lonchamps

Capitaine Lonchamps
Neige, 2011
Technique mixte sur photographie vintage (Société Métallurgique Hainaut Sambre à Couillet), 16 x 22,5 cm

Capitaine Lonchamps

Capitaine Lonchamps
Neige, 2011
Technique mixte sur photographie vintage (Pousseuse d’une force de 15 T pour lingots, train de 500 à 3 cages trio et une cage duo, Siderurgica José Maria Aristrain, Beasain, Espagne), 16 x 22,5 cm

Capitaine Lonchamps

Capitaine Lonchamps
Neige, 2011
Technique mixte sur photographie vintage (Train de 500 à 3 cages trio et une cage duo, Siderurgica José Maria Aristrain, Beasain, Espagne), 16 x 22,5 cm

Capitaine Lonchamps

Capitaine Lonchamps
Neige, 2011
Technique mixte sur photographie vintage (Siderurgica José Maria Aristrain, Beasain, Espagne), 16 x 22,5 cm

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John Murphy

John Murphy

John Murphy
…(Vela), 2002-2003
oil on canvas, dyptique (2) x 230 x 169 x 3 cm

John Murphy
The sens of ressemblance

John Murphy

John Murphy

John Murphy
On the Way… Are you dressed in the map of your travels ? 2003
Stuffed parrot, post card and stand
Parrot: 24 x 32 x 23 cm Stand: 83 x 73x 3,5 cm Framed postcard: 86,5 x 74,5 x 3,5 cm

John Murphy

collection Trondhhein Kunstmuseum

John Murphy

Trondheim exhibition views

(…) As such Murphy ‘s practice operates on two temporal orders. On the one hand, the works indeed exist as formal products, emerging from and repossessed by the history of art – the history, that is, of a succession of art forms. On the other, as fleeting collisions with past works of art, they resist such art historical integration, articulating instead an alternative construction of time, a time of coexistence that forcibly disrupts chronological sense and placement whilst disturbing the continuity of the former temporal register in which the works are inscribed (and in turn obscuring a sense of chronology or totality to his  » body » of work). As an impermanent staging for the exhibition’s duration, this construction resists objectification as a « work », leaving no formal trace for future repetition of the encounter. Its « work » is in stead processual – a staging rather than a staged product – and in this processuality initiates a new order of experience, of a shock of time with no index.

As a relational practice, Murphy’s collisions operate as a perpetual ungrounding of the transitory  » identities » hi s works assume. And it must be emphasised that Murphy never makes work  » in response » to past works of art – which would uphold the structure of referentiality – but stages new relations between past and pre sent without premeditation, on the basis of intuitions that bear no name.

We will say that in place of any tracery of the extant form s of the past, Murphy puts to work a « diagramming » of relations, a construction as a mapping of relations rather than forms, relations of forces that were never till now actualised, of spatio-temporal dynamisms that slice across the structured plane of historical time. Through these diagrams, it is not what we already know of the past that is brought back to us. It is not a return of the same past, but the return of the past in a form in which it never was, a « before » that is not what actually was, but returns as the unintelligible excess to past actuality. It is as diagrammatic method with its challenge to historical referentiality, it is as a relational practice with its challenge to the historical identity of the artwork, it is as transhistorical encounter that renders unrecognisable both elements of the collision whilst giving birth to something new, in which the provocation of Murphy’s work consists – a provocation that resists identification with the « contemporary » to produce new conduits of time.

Kamini Vellodi in “Of Voyages, of other places”, 2013

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Jacques Charlier
– Eupen (B), Glorious bodies, Jacques Charlier & Sophie Langhor, du 20 avril au 13 juillet.
– Gent (B), Genuine Conceptualism, Herbert Foundation, 4 juillet- 08 novembre 2014 (curator : Lynda Morris)

Suchan Kinoshita
– Heerlen (Nl), Tussenbeelden, Schunk*, du 6 juin au 7 septembre.

Aglaia Konrad
– New York (USA), Modernity 3.0, 80 WSE Gallery, New York University, 5 juin au 12 juillet.
– Hasselt (B), DiverCITY, CIAP, du 21 juin au 5 octobre.
– Wien (At), Hollein, MAK, du 25 juin au 5 octobre.

Sophie Langohr
– Eupen (B), Glorious bodies, Jacques Charlier & Sophie Langhor, du 20 avril au 13 juillet.

Jacques Lizène
– Bruxelles (B), Entre deux chaises, un livre (collection Galila Hollander- Barzilai), Villa Empain, fondation Boghossian, au 1 mars au 7 sept 2014.
– Blois (F), La comédie de l’art, une invitation d’Arnaud Labelle-Rojoux, Fondation du Doute, du 14 juin au 31 août.
– Paris (F), Le mur, collection Antoine de Galbert, La Maison rouge, du 14 juin au 21 septembre.
– Marche en Famenne (B), Cherchez l’intrus, musée de Marche, du 17 juin au 20 décembre.
– Périgueux (F), L’empreinte des sensibles, collection FRAC Aquitaine, jusqu’au 2 novembre.

Capitaine Lonchamps
– Paris (F), Le mur, collection Antoine de Galbert, La Maison rouge, du 14 juin au 21 septembre.
– Chinon (F), Roulez des mécaniques, musée d’art et d’histoire de Chinon, du 28 juin au 19 octobre.

John Murphy
– Liège (B), galerie Nadja Vilenne, Such are the vanished coconuts of hidden Africa, du 18 avril au 30 août, sur RV.

Valérie Sonnier
– Paris (F), Dessiner Eros, galerie Odile Ouizeman, commissaire Dominique Païni, du 11 juin au 22 juillet.

Marie Zolamian
– Jehay (B), art et métaux, biennale d’art contemporain, du 29 juin au 19 octobre.
– Lessines (B), Addenda, musée de l’Hôpital Notre Dame de la Rose, du 14 juin au 30 novembre.

Capitaine Lonchamps

Capitaine Lonchamps
Neige, 2011
Technique mixte sur photographie vintage (Société Métallurgique Hainaut Sambre à Couillet), 16 x 22,5 cm

Quinze lieux en Val de Loire accueillent les collections du Frac Centre, du Frac Pays de la Loire et du Frac Poitou-Charentes, ainsi que de nouvelles productions, proposant ainsi un ambitieux parcours mêlant art contemporain et patrimoine.

Songe d’une nuit d’été – parcours initié en 2012 – déploie, lors d’une seconde édition au travers d’approches thématiques multiples, un ensemble d’expositions sur le territoire. Elles rassemblent un corpus d’œuvres qui propose un regard sur des pans du réel, faisant naître des face-à-face, des conversations et des dialogues riches de sens. La force des œuvres réside dans des alliances sensibles : le paysage lié à l’industrie, le progrès à l’histoire, l’architecture à l’expérimentation, le langage à la représentation, la fragilité au pouvoir, le réel à l’imaginaire, la mémoire à la narration, la poésie à l’humour. La diffusion des œuvres participe à un rayonnement et une valorisation de lieux patrimoniaux exceptionnels, marqués par une histoire et une architecture singulières.

L’exposition  » Roulez les mécaniques  » , organisée en quatre lieux dans la ville de Chinon, convoque le pouvoir de la machine et la mesure du temps sous un angle à la fois imagé et imaginaire. Elle revient sur un siècle de recherches et de propositions artistiques. La thématique de l’art et de la machine traversera des oeuvres issues de cette fascination ou de ce trouble sur les progrès techniques et la mécanisation de notre société. Des œuvres majeures y sont présentées telles La boîte en valise de Marcel Duchamp, La Méta-chaos de Jean Tinguely, ou Le cours des choses de Fischli & Weiss. En 1922, en Italie, paraît « Le manifeste l’art et la mécanique futuriste » de Vinicio Paladini et Ivo Pannaggi. Ce mouvement célèbre la machine, nouvelle idole des artistes. Deux ans plus tard, Fernand Léger et Dudley Murphy emboitent le pas en réalisant le « ballet mécanique » avec la participation de Man Ray à la caméra. « Aucun scénario. Des successions d’images rythmées, c’est tout » F.L. Et cette fascination pour les objets manufacturés, la mécanique en tant qu’outil de production, et les progrès techniques. Quant à Marcel Duchamp, il réalise « Anémic Cinéma » en 1925, court-métrage où des expérimentations cinétiques sont réalisées avec des disques (des plaques en rotoreliefs) qui tournent et dévoilent des effets optiques.Le ballet mécanique de Léger ainsi qu’Anémic Cinéma de Duchamps figurent également dans les oeuvres exposées.

Artistes : Bernd et Hilla Becher, César, Marcel Duchamp, Jean Dupuy, Fischli & Weiss, Jacques Halbert, Nils Guadagnin, Diango Hernandez, Paul Kos, Florent Lamouroux, Capitaine Lonchamps, Antti Lovag, Pol Bury, Minimaforms, Nam June Paik, Mimmo Rotella, Gabriel Orozco, Jean Tinguely, Fernand Léger & Dudley Murphy, David Michael Clarke,…

Le Carroi-Musée
Galerie contemporaine de l’Hôtel de Ville
du 29 juin au 19 octobre 2014

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Quelques murs, des colonnes, des restes de fresques,des sols, des canalisations. Le site de Vesunna présente les vestiges d’une vaste villa gallo-romaine. Un musée y rassemble des objets découverts lors des fouilles : fragments du quotidien, sculptures incomplètes, éléments d’architecture. Le parcours à l’intérieur du bâtiment de Jean Nouvel invite le visiteur à surplomber tout d’abord l’ensemble du site puis, par un système de passerelles, il s’insinue au plus près des vestiges, s’enfonce dans le sol, entre progressivement en contact avec le passé. Grâce à des outils didactiques, la compréhension s’affine. Ces quelques traces anciennes suggèrent clairement l’image de la villa et évoquent des modes de vie disparus. L’archéologie permet ainsi d’appréhender les signes préservés par le temps, témoins de l’Antiquité en Aquitaine.

Jacques Lizène

Jacques Lizène, Filmer le bas des murs au cours d’une longue promenade urbaine, 1971, N.B, sans son, 8 mm, transféré sur DVD, 4’53 ». Ed. Yellow. Collection FRAC Aquitaine.

Dans le cadre d’un programme d’expositions réunies sous l’intitulé « Art & Archéologie » organisé en partenariat avec le Frac Aquitaine, le Pôle International de la Préhistoire et le Musée d’Aquitaine, L’Empreinte des sensibles aborde cette relation aux traces. À la différence des pièces archéologiques ou des ruines existantes, les oeuvres contemporaines présentées ne sont pas des fragments de réalité. Issues d’une subtile observation du monde, elles alimentent plutôt une réflexion sur les modes d’apparition et d’interprétation des formes. Tout d’abord, les traces sollicitent une attention particulière en étant parfois à la limite du visible. Il convient de s’approcher, d’affiner le regard et de devenir hyper réceptif. Ainsi, Jacques Lizène, dans sa vidéo, nous invite à observer, à nous pencher, à guetter des indices sur le sol d’un banal trottoir. Qu’y-a-t-il donc à voir ? L’absence ou une quelconque présence ? À l’évidence, les traces évoquent la disparition. Elles sont les témoins intermédiaires d’une existence révolue, d’une action à imaginer, d’un vide à combler. L’empreinte de flaque de Serge Provost, les circonvolutions d’une toupie par Rainier Lericolais, les photogrammes de Pierre Savatier, la sculpture de Sébastien Vonier révèlent autant de présences éphémères et évanescentes. Par ailleurs, le temps joue sur l’effacement des traces du passé. Elles s’évanouissent, ton sur ton, stimulant toujours davantage nos facultés de discernement dans une attention bienvenue. Ainsi les motifs populaires gravés sur les plaques de zinc de Antoine Dorotte évolueront dans des contrastes changeants. Pour la délicate peinture de Jane Harris, c’est une forme étrange qui se laisse deviner par certains jeux de reflets. Étrange aussi le double polyèdre de Raphaël Zarka. Il se pose sur le site même de la villa, comme une présence incongrue qui se développe, comme une géométrie résurgente qui déploie de multiples connexions. C’est une forme artificielle que l’on retrouve à différentes époques, dans différentes cultures, comme le signe d’une appartenance commune à une même humanité. L’attention portée aux traces nous convie ainsi à un rapport sensible au monde. Objets archéologiques ou artefacts contemporains sont des éléments de relation entre nous et une altérité qui nous touche.

Oeuvres du FRAC Aquitaine ( Fonds régional d’art contemporain) avec les artistes : Antoine Dorotte, Jane Harris, Reinier Lericolais, Jacques Lizène, Serge Provost, Pierre Savatier, Sébastien Vonier, Raphaël Zarka.
Commissariat : François Loustau et Frac Aquitaine
Vesunna, site gallo-romain, Périgueux. Du 21 juin au 2 novembre 2014.

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Marie Zolamian participe à la biennale d’art contemporain du château de Jehay. L’histoire de la sidérurgie dans la région liégeoise et les tensions économiques et sociales engendrées par sa progressive disparition sont à l’origine du concept de cette exposition d’art contemporain consacrée au métal à la fois comme matériau et thématique. Situé à Amay, entre Liège et Huy, le domaine du château de Jehay constitue un ensemble patrimonial original composé de différents bâtiments datant du XVIe au XIXe siècle entourés d’un parc à l’italienne. Appartenant à la famille van den Steen depuis le milieu du XVIIe siècle, il est devenu, à la mort du comte Guy van den Steen, fin 1999, la propriété de la Province de Liège. Le comte a laissé également en héritage une vingtaine de statues de bronze des plus singulières, exposées dans le château, le parc et les jardins.

Marie Zolamian

« Arts & Métaux » est une exposition d’art contemporain mais aussi un événement pluridisciplinaire. Inscrite dans le contexte culturel liégeois et prenant en considération la place centrale que la sidérurgie y occupe, cette manifestation met en lumière le métal en tant que matériau et thématique. Elle favorise la recherche d’expérimentations artistiques tant dans le champ des arts plastiques que des arts de la scène. Elle se déroule dans les parc et jardins du château de Jehay du 29 juin au 19 octobre 2014. Cet événement se déploie sous la forme d’une trilogie qui se poursuivra en 2016 et 2018.

Pour cette édition 2014, le secteur des Arts plastiques de la Province de Liège a voulu favoriser la jeune création : un appel à projets a donc été lancé et a permis de sélectionner dix artistes Olivier BOVY, Isabelle COPET, Sandro DELLA NOCE, Ludovic LEDENT, Charles MYNCKE, Frédéric PLATEUS, Aurélie SQUEVIN, Jonathan SULLAM, Laurent TREZEGNIES et Marie ZOLAMIAN. Ceux-ci ont eu l’opportunité d’expérimenter différentes techniques qui ont mené à des propositions sculpturales très diversifiées au niveau de la forme et des matériaux.
Si ce premier volet est consacré à des artistes de moins de quarante ans issus de Wallonie et de Bruxelles, les deux suivants présenteront aussi des artistes provenant de pays européens marqués par un passé sidérurgique similaire au nôtre. En effet, se tourner vers d’autres réalités culturelles nous permettra d’échanger nos expériences et offrira sans doute de nouvelles perspectives.
En parallèle, une installation de photographies de l’artiste Jacky Lecouturier offrira un prologue à l’exposition de sculptures avec une reportage ducumentaire et poétique sur les sites industriels de notre bassin.
Deux concerts sur la thématique du métal sont proposés en septembre ainsi qu’un spectacle produit par la Compagnie Arsenic2, en collaboration avec la Maison de la poésie d’Amay et le Collectif du Lion.

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Colette Dubois le faisait remarquer dans son article relatif à l’actuelle exposition de John Murphy : L’intervalle, comme l’ont remarqué les cinéastes Dziga Vertov et Jean-Luc Godard ou encore le philosophe Gilles Deleuze, est une affirmation du présent, celui du regardeur tout autant que celui du créateur. C’est donc d’un présent variable qu’il s’agit et qui est toujours à rejouer dans le moment du regard ; le temps – un temps anachronique et toujours renouvelé – devient un matériau formel au même titre que l’image, le papier ou la toile. Chez Murphy, ces intervalles entre mots et image sont présents dans chaque pièce et ils se multiplient dans le rapport entre les différents travaux de l’exposition. En effet, l’artiste envisage chaque présentation comme une nouvelle configuration des œuvres qui deviennent alors chacune le fragment d’une nouvelle constellation : tout se passe entre l’image et son titre, la relation aux autres images/titres dans un espace qui devient œuvre à son tour ».
Le mouvement, celui qui inaugure le voyage, ou la constellation, deux éléments bien présents dans l’exposition sont pour John Murphy ce qui active l’œuvre et son exposition. Ainsi, d’exposition en exposition, reconfigure-t-il souvent de mêmes œuvres en de nouvelles constellations. Ce n’est pas seulement une question de dispositif : la constellation est reliance, une volonté de comprendre le monde au-delà de lui-même, un jeu de lignes imaginaires traçant des figures qui nous permettent de les nommer.
Ainsi cet intervalle entre « Such are the coconuts of hidden Africa » et « Of voyage, of other place », cette exposition que John Murphy concevait, il y a un an, au Kunstmuseum de Trondheim en Norvège, ce dialogue, ce voyage dans les collections permanentes du musée. De même œuvres se retrouvent dans des configurations similaires et différentes, des « espaces autres ». On pensera bien sûr à l’hétérotopie chère à Foucault, cette localisation physique de l’utopie. L’hétérotopie peut juxtaposer en un seul lieu, même et surtout mental, plusieurs espaces eux-mêmes incompatibles dans l’espace réel, elle peut s’ouvrir et se fermer, ce qui à la fois l’isole, la rend accessible et pénétrable, elle porte en soi une rupture avec le temps réel. L’imaginaire s’installe ainsi tant entre les œuvres, en mouvement, qu’entre les expositions.

John Murphy

Christian Krohg

Christian Krohg (1852-1925), « Tre Rev » (photo : Anders Solberg/Trondheim kunstmuseum)

John Murphy

John Murphy
E la nave va, 2013
Photo work, 239 x 179,5 cm.

John Murphy
The Deceptive Caress of a Giraffe, 1993
Oil on canvas, 264 x 168 cm.

John Murphy’s exhibition in Trondheim kunstmuseum is the third in a line where contemporary artists are invited to exhibit side by side with works from the museum’s collection. In this way the collection will fold out in a new way each time, and different aspects will be emphasized depending on the selected works and thinking of the invited artist. Murphy’s part in the series is in its ways more profound than both the prior, as it is based on a thorough examination of the collection by the artist, and a larger space is used. OF VOYAGES, OF OTHER PLACES is staged in the whole first floor in TKM Bispegata.

The exhibition focuses on the ideas of notions of movement, changing of space(s) and travel. A basic idea about the voyage is the one where the traveller is setting out into unknown waters, the brave conquering of horizons, and the following gaze into something vast, overwhelming and unknown. To reach out and find places where ideas are challenged and leap ahead are made. But like all grand ideas the glory of travel also has a backside. Every traveller’s exotic destination is after all someone else’s backyard. There is also a touch of melancholia in the concept of traveling. As American novelist Ellen Glasgow put it: “All change is not growth, as all movement is not forward.” Arriving is so closely related to leaving, and memory will always walk alongside forgetting.

Foucault discusses the heterotopias, spaces of otherness, which are neither here nor there. These spaces can be both physical and mental at the same time, like the space for a phone call, or the room in a mirror, or take the doctor’s waiting room or the space behind the bordello’s curtains. These spaces do not only resist simple definitions, they are also what Foucault calls our «greatest reserve of imagination». Imagine the ship, the foremost heterotopia, moving across the water but at the same time a space without a space, a space of it’s own, exiting the imagination. Maybe we also should regard the exhibition space as heterotopia.

John Murphy

Peder Balke

Peder Balke, Nordkapp, 1870

John Murphy

John Murphy
Sunk into solitude, 2013
Photo work, 239 x 179,5 cm

John Murphy

John Murphy

John Murphy
Sunk into Solitude, 2003
Envelop addressed to the artist, postmark and stamp, 86,5 x 74,5 x 3,5 cm.

John Murphy

John Murphy

John Murphy

John Murphy

This book was published on the occasion of John Murphy’s exhibition « Of Voyages, Of Other Places at Trondheim Kunstmuseum (Norway), 28 september 2013 – 5 January 2014.

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Aglaia Konrad participe à « DiverCITY », une exposition conçue par Ann Vanderheyden, au CIAP à Hasselt. Elle y montre une sélection de planches de ses « Desert Cities », un travail mené en Egypte autour du Caire et d’Alexandrie. Là, entre le désert omniprésent et le ciel absent, se dressent des cubes de béton dont les noms voudraient faire rêver : Dreamland, Utopia, Palm Hills, Beverly Hills, New Cairo. Une terminologie dont l’ironie, in fine, trahit le cynisme des sociétés immobilières ayant acheté des morceaux de désert à l’Etat égyptien dans les années quatre-vingt dix. Le concept de l’exposition explore la ville tant comme objet que comme sujet.
Au CIAP, du 21 juin au 5 octobre.

Aglaia Konrad

Aglaia Konrad
Desert Cities, 2007-2009
impression digitale sur carton sans acide, 160 x 110 cm.

De aanleiding voor het opzetten van dit tentoonstellingsproject is het project ‘De Unie’ dat in de zomer van 2014 van start gaat in de steden Hasselt en Genk. ‘De Unie Hasselt-Genk’ is een initiatief van Z33. CIAP is inhoudelijke partner in dit project met enkele artistieke ingrepen binnen de stedelijke context van beide steden. Maar CIAP is ook een tentoonstellingslocatie, gesitueerd op een voormalige industriële site in de periferie van de stad Hasselt en gelegen op de voornoemde route van het project De Unie.

Concept: de stad als subject en object

De aankondiging van de installatie van de kunstroute in de open ruimte van Hasselt en Genk was voor CIAP aanleiding om een project te realiseren met werk van kunstenaars voor wie de stad een bepalende rol speelt in hun oeuvre.

Hedendaagse kunstenaars behandelen de stedelijke context of het stedelijk vraagstuk op zeer uiteenlopende manieren. Gaande van de creatie van autonome, artistieke beelden van de stad tot het gebruik van de stedelijke context als drager van een artistiek, participatief proces.

De polarisatie tussen stad als ‘subject’ (passief) en de stad als ‘object’ (actief) vormde de basis voor de keuze van kunstwerken en kunstenaars die deelnemen aan het project in CIAP.
Enerzijds presenteren we nl. in een tentoonstelling beelden van steden via schetsen, tekeningen en fotografisch werk.
Anderzijds ontwikkelen we samen met kunstenaars – en in interactie met het publiek – artistieke processen in en met de stedelijke context.

De deelnemende kunstenaars zijn:
– Georg Bohle
– Christophe Fink
– Kim Habers
– Aglaia Konrad
– Thomas Laureyssens
– Giacomo Piovan – In-Situ
– Els Vanden Meersch

Het project wordt verder versterkt met een publieksgericht programma, als volgt: De installatie van een co-creatie plek in CIAP: Plekken als de Gelatinesite, in de periferie van de stedelijke omgeving, zijn vaak de broedplaats voor artistieke ideeën. CIAP wil hierin een actieve rol spelen door een deel van de tentoonstellingslocatie in te richten als tijdelijk ‘lab’ waarin kunstenaars, ontwerpers en publiek in dialoog gaan met elkaar. Deze plek is een ingerichte ruimte (voorzien van wifi en koffie) door iedereen vrij te gebruiken. Deze ruimte zal ook het verzamelpunt zijn van informatie en debat in het kader van de site-specifieke of samenwerkingsprojecten.

Een samenwerkingsverband met Architectuurwijzer: In het kader van het project heeft CIAP een samenwerking aangegaan met Architectuurwijzer vzw. Architectuurwijzer zal proposities formuleren betreffende enkele ruimtelijk interessante locaties, gelegen binnen het grondgebied van Hasselt-Genk. Architectuurwijzer en CIAP plaatsen samen een open call naar architecten én kunstenaars om op de geformuleerde proposities te reageren. Een selectie uit de reacties zal verder uitgewerkt en gepresenteerd worden in de ‘kabinetruimte’ in CIAP.

Lezingen, debatten kunstenaarsgesprekken: Waar en wanneer mogelijk tracht CIAP zijn publiek te informeren en actief te betrekken bij de ontwikkelingen in de hedendaagse kunstwereld door de organisatie van rondleidingen, lezingen, debatten, kunstenaarsgesprekken, … die nauw in verband staan met de thematiek van het project. Deze activiteiten zullen voor dit project voornamelijk doorgaan in het voornoemde ‘lab’.

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Jacques Lizène

Jacques Lizène
Sculpture nulle et danse nulle 1980, art syncrétique 1964, sculpture génétique culturelle et cultuelle, en remake 2011. Plâtre, 63 x 20 x 18 cm

Jacques Lizène
Sculpture nulle et danse nulle 1980, art syncrétique 1964, sculpture génétique culturelle et cultuelle, en remake 2011. Plâtre, 56 x 12 x 14 cm

Jacques Lizène participe à une exposition au musée de Marche en Famenne sur les terres du Maître du Waha, sculpteur actif durant la première moitié du 16e siècle, artiste exceptionnel, une des figures les plus remarquables du style gothique tardif, au style spontané, savoureux, pouvant tirer vers la caricature, caractérisé par une réelle volonté d’empathie avec le quotidien des gens. Le musée de la Famenne possède quelques unes des œuvres du Maître de Waha auxquelles se confrontera le petit maître liégeois à l’occasion de cette exposition fort justement titrée « Cherchez l’intrus », des intrus glissés subrepticement au cœur des collections permanentes du musée.
Parmi ses multiples activités, Jacques Lizène, petit maître liégeois de la seconde moitié du XXe siècle, artiste de la médiocrité et de l’art sans talent pour art d’attitude, dessine depuis 1964 de petites choses en les croisant : « Croiser toutes sortes de choses comme des animaux, des visages, des architectures, des arbres, des voitures, des chaises, des sculptures. » Ou encore : « Découper et mélanger deux styles ». Ainsi pratique-t-il un syncrétisme par collage, croisant le haut d’une sculpture hindoue adoptant la triple flexion végétale et les jambes d’une statue africaine, un sapin et un palmier, un chameau et un bovidé, des avions ou des autos qui s’hybrident, des visages qui se transforment en masques. Lizène hybride le réel en des créations indisciplinées, fusionne des éléments de cultures différentes ; la pratique trouvera son naturel prolongement dans l’Interrogation génétique, la Sculpture génétique, la Sculpture génétique culturelle, les Funs fichiers ou la Sculpture génétique culturelle et cultuelle lorsqu’il croise des éléments de statuaire religieuse. Jacques Lizène pratique ainsi sans cesse l’accouplement, mais il féconde des bâtards, altère, outrage, transgresse, se réjouit de la disharmonie et s’enthousiasme même de rendre celle-ci non perçue ; il renoue avec le grotesque, l’anormalité, ce que l’histoire de l’art positiviste a d’ailleurs longtemps refoulé. Dans un chaos délibéré, un charivari de brocante, le dérèglement est ainsi systématique. En croisant des plâtres trouvés d’une statue mariale et d’un Sacré Cœur, les découpant volontairement en oblique, Jacques Lizène leur donne une attitude dansante, réjouissante et quelque peu burlesque.

Cette exposition sera accessible du 17 juin au 20 décembre 2014.
Heures d’ouverture : du mardi au vendredi de 10h à 12h et de 13h à17h, samedi de 10h à 12h et de 14h à 18h, dimanche de 14h à 17h (gratuit les premiers dimanches du mois)
Rue du Commerce 17
6900 Marche-en-Famenne

Jacques Lizène

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Lu dans La Libre du 4 juin dernier l’article de Claude Lorent :

La Libre

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La Comédie de l'Art

Jacques Lizène participe à « La Comédie de l’Art ». Sur une proposition d’Arnaud Labelle-Rojoux, à la Fondation du Doute à Blois.
Vernissage le samedi 14 juin à 18h. Exposition du 14 juin au 31 août.

Le pavillon d’exposition se transforme en théâtre d’attractions, mélange d’œuvres spectaculaires, théâtrales, attractives ou carnavalesques. Invitation faite par Arnaud Labelle-Rojoux à de nombreux artistes. « Chacun peut, naturellement, à partir de ce titre La comédie de l’art, écrit Arnaud Labelle-Rojoux, imaginer ce qu’il veut, et sans doute, en ces temps où l’art apparaît à certains comme coupé du plus grand nombre, une critique de la scène artistique contemporaine, de ses acteurs et de leurs ridicules. Il n’en est rien : La comédie de l’art n’illustre aucun propos réactif de cette nature. Il s’agit plus simplement de présenter des œuvres relevant du spectacle, non pas au sens situationniste du terme, mais empruntant à son sens commun – au music hall en particulier – l’idée de numéros singuliers.
L’exposition s’inscrit certes dans la continuité d’autres qu’il m’a été donné de réaliser revendiquant cette dimension scénique (…) mais évoque aussi, dans le pavillon de la Fondation du doute à Blois, la première pièce qui y fut présentée : Piano Family de John Cage, une installation muette constituée de pianos comme autant de personnages de théâtre de boulevard figurant une famille (papa, maman et les enfants).
Car il va de soi que, s’il s’agit d’œuvres en quelque sorte divertissantes, voire pour certaines franchement burlesques, c’est surtout leur présence, ainsi qu’on le dit d’un acteur, face au public spectateur, qui justifie d’être l’objet d’une attention particulière dans une scénographie faisant clairement référence à l’univers du spectacle.

Avec des oeuvres de :
Stéphane BERARD, Olivier BLANCKART, Véronique BOUDIER, Sophie PEREZ & Xavier BOUSSIRON, Anna BYSKOV, Joël HUBAUT, HIPPOLYTE HENTGEN, Jacques LIZENE, Saverio LUCARIELLO, Jeanne MOYNOT, Laurent PREXL, Jérôme ROBBE, Qingmei YAO et Arnaud LABELLE-ROJOUX.

Artiste, essayiste et historien de la performance, Arnaud Labelle-Rojoux est une personnalité atypique formée à l’École des beaux-arts de Paris. Non sans humour, son œuvre explore l’art et ses limites dans un registre absurde et poétique, d’une liberté enfantine. Influencé par Marcel Duchamp, Robert Rauschenberg, Allan Kaprow ou le mouvement Fluxus, l’artiste réalise d’abord des performances, avant de pratiquer l’écriture et d’organiser des événements.
Sa première exposition personnelle, L’amour toujours, a lieu à Calais en 1978. Il publie en 1989 la première édition de l’Acte pour l’art, une histoire de la performance. En 1996, L’art Parodic’ est publié aux éditions Java. En 2002, il conçoit et présente au Palais de Tokyo Le Nonose Club dans un décor de plateau de télévision improbable. En 2008, son exposition On va encore manger froid ce soir se tient au Musée d’Art Moderne et Contemporain de Nice. Il participe également à de nombreuses expositions collectives, comme récement La Force de l’Art 02 dans la nef du Grand Palais (2009) ou Les Maîtres du désordre au Musée du quai Branly (2012), à Paris. Des corps compétents (la Modification) a été présentée au Centre National d’Art Contemporain de la Villa Arson à Nice en 2013. Arnaud Labelle-Rojoux vit et travaille à Paris. Il enseigne actuellement à l’Ecole Nationale Supérieure d’Art de la Villa Arson à Nice. « J’ai beau essayer de me définir, écrit-il, je n’y arrive pas ou alors que très banalement au travers d’éléments biographiques comme on en trouve sur les jaquettes glacées des romans : une date de naissance, deux ou trois ou dix expositions, quelques livres et autres babioles plus ou moins flatteuses. Lisant de telles notules, j’ai l’impression de contempler un autre moi-même à qui je ne ressemble finalement pas. Qu’écrire alors ? Que ma véritable formation artistique, plus que l’École des Beaux Arts de Paris, les musées ou les lectures théoriques, ce fut la découverte au milieu des années 60 de la Pop anglaise, des Beach Boys, des girls groups, de Jacques Dutronc et de Nino Ferrer ? Je l’ai déjà dit cent fois dans des commentaires trop attendus justifiant la « sous-culture » comme source de mon art (ce à quoi je ne crois qu’à moitié !).»

Jacques Lizène contribuera au dispositif mis en place par Arnaud Labelle-Rojoux, en envoyant deux sculptures génétiques en remake, Art syncrétique, 1964, sculpture génétique culturelle, 1984, en remake 2011.

Jacques Lizène

Jacques Lizène

Jacques Lizène

Jacques Lizène
Art syncrétique, 1964, sculpture génétique culturelle, 1984, en remake 2011.

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Capitaine Lonchamps et Jacques Lizène participent à l’exposition « Le Mur, collection Antoine de Galbert » à la Maison Rouge à Paris. Vernissage ce vendredi 13 juin. Exposition du 14 juin au 21 septembre.

Capitaine Lonchamps

Capitaine Lonchamps, Neige, acrylique sur toile trouvée, 63 x 52 cm, 2010

Le communiqué de presse :

À l’occasion de son 10e anniversaire, la maison rouge présente du 14 juin au 21 septembre 2014, Le mur – collection Antoine de Galbert, onzième volet de la série d’expositions consacrées aux collections privées.

Après dix expositions proposant des univers de collectionneurs variés, cette date anniversaire est l’occasion de montrer enfin largement la collection du fondateur et président de la maison rouge, Antoine de Galbert, une part d’intimité qui lui est chère et qu’il n’a jusqu’à présent que peu dévoilée. Mais à l’inverse des précédents projets autour de collections particulières, réalisés avec des commissaires qui ont fait des choix représentatifs dans de larges corpus d’œuvres, l’accrochage imaginé par Antoine de Galbert comporte cette fois-ci une spécificité remarquable : « L’idée de cette exposition est née de l’observation quotidienne de ma bibliothèque, où le classement alphabétique des monographies crée d’invraisemblables voisinages. Jean Dubuffet cohabite avec Marcel Duchamp sur le même rayonnage. Cette arche de Noé me donne la sensation que tous les artistes naviguent sur le même fleuve pour les mêmes raisons, comme le remarque Christian Boltanski : « Que ce soit Aloïse, moi ou un artiste du 16e siècle, ce sont les mêmes questions qui sont posées : la mort, la recherche de la beauté, la nature, le sexe… Les sujets en art sont très limités. Seuls les mots et les vocabulaires diffèrent (…) ». La bibliothèque est tout à la fois archive de la collection, souvenirs visuels d’un long voyage et musée imaginaire du collectionneur. […] Délaissant l’idée déjà explorée par certains commissaires d’expositions, d’un accrochage par ordre alphabétique, j’ai choisi de présenter l’essentiel des œuvres de ma collection, s’accrochant au mur, à l’aide d’un logiciel renseigné seulement par leurs formats (encadrées) et leurs numéros d’inventaires. Ce travail a été confié à un informaticien qui a utilisé la méthode dite de Monte Carlo, bien connue des mathématiciens, qui vise à calculer une valeur numérique en utilisant des procédés aléatoires, c’est-à-dire des techniques probabilistes. L’appellation de cette formule fait allusion aux jeux de hasard pratiqués dans les casinos. Les œuvres sont accrochées sans distinctions de forme, de taille, de médium, d’histoire, de valeur commerciale ou de notoriété des artistes. Pour garder un minimum de cohérence, seules les œuvres d’art moderne et contemporain de la collection y figurent. Toutes ont été créées par des artistes d’âge, de sexe ou de nationalité divers. Sans doute auraient-ils souhaité voir leurs œuvres installées dans des conditions parfaites, sur un mur blanc, à une hauteur idéale, relativement éloignées de celles de leurs confrères. Que tous me pardonnent cet accrochage qui peut sembler irrespectueux. Je souhaite aussi que les commissaires d’expositions, que je respecte et avec qui la maison rouge travaille très souvent, ne voient pas dans ce mur une remise en cause de leur légitimité, ou encore moins une quelconque critique de ma part. Il reste à savoir, car j’écris ces lignes avant de voir le résultat, si notre public pourra vraiment regarder et appréhender ces œuvres. Comme dans la vie quotidienne, « l’irregardable » attise de toute façon le désir de regarder. » (Antoine de Galbert in Le Mur, éd. Fage, catalogue de l’exposition)

Cette exposition ne présente pas la totalité de la collection d’Antoine de Galbert dans la mesure où en sont exclues les installations, les sculptures, les vidéos, l’art primitif ou l’art plus ancien. Elle ne donnera donc au visiteur qu’une image partielle de la collection. Le Mur sera plutôt l’occasion de soulever un certain nombre de questions liées à l’acte-même de collectionner, d’accrocher, de stocker, de montrer les œuvres… C’est aussi un portrait diachronique d’un collectionneur, qui dévoile ses choix et ses goûts, sans rien renier de ce qu’il aime ou a aimé. La sélection est finalement déléguée au visiteur, qui devra inventer son propre parcours, en s’appuyant à son tour sur son regard, sa curiosité, ses goûts… Ce dévoilement atypique prolonge à sa manière la présentation des œuvres d’Antoine de Galbert dans l’exposition inaugurale de la fondation, L’intime, le collectionneur derrière la porte, où des œuvres de son vestibule, accrochées à touche-touche, accueillaient les premiers visiteurs de la maison rouge.

Pour apporter une dimension supplémentaire de jeu au projet, Antoine de Galbert a invité Claude Rutault à réagir à cet accrochage aléatoire. L’artiste, dont la peinture est toujours en relation étroite avec les murs sur lesquels elle s’expose, a proposé d’actualiser pour la première fois la dé-finition/ méthode collection 23, apparitions, 2012, qui consiste à disséminer dans le parcours de l’exposition d’une collection des toiles de formes et de dimensions variées peintes de la même couleur que le mur sur lequel elles sont accrochées. Sera également présentée la dé-finition/méthode diptyque/rutault 2011, entrée dans la collection Antoine de Galbert il y a quelques mois, sous forme d’échange. La toile d’Eugène Leroy qu’il possède est associée à une toile de Rutault de mêmes dimensions, peinte de la même couleur que le mur.

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Marie Zolamian

Le journal intime de Soeur Marie-Rose, chanoinesse hospitalière de Saint Augustin au Prieuré de l’hôpital de Notre Dame à la Rose de Lessines, 1851 – 1923, fonde l’oeuvre créée par Marie Zolamian pour cet « Addenda ».
« Le 11 juillet 1880. Enfin, me voici. Seigneur, Merci Oh’ merci mille fois de m’avoir assistée dans tous ces combats que j’ai eus à soutenir, maintenant je ne serai plus qu’à vous. Oh quel bonheur je ressens ! Quelle consolation j’éprouve au milieu de tant de sacrifices que je vous ai offert. Vous seul O Mon Jésus en connaissez toute la grandeur !
Mes chers Parents ! Mon frère et mes sœurs, ces chers petits enfants, et aussi ces amis O Jésus O Jésus ! Je vous en fais le sacrifice vous savez que je veux être toute à Vous, donc JE ne dois rien réserver pour moi ».

Le troisième et dernier volet du triptyque d’expositions organisées par le B.P.S.22 à Lessines présente une sélection d’artistes dont les oeuvres entrent en dialogue avec les différentes salles de ce musée consacré à la médecine et à la vie conventuelle féminine. Intitulée « Addenda », pluriel d’addendum, l’exposition se définit comme autant de notes additionnelles aux solos d’Alain Bornain (2012) et d’ORLAN (2013) afin d’explorer, par la confrontation entre les pièces historiques et les interventions contemporaines, les multiples questionnements soulevés par ce lieu patrimonial unique. Dans la logique du parcours classique de la visite du musée, les salles sont investies d’une proposition plastique spécifique choisie et/ou conçue pour un espace déterminé, révélant la diversité des approches et des sensibilités contemporaines tout en mettant en lumière les multiples sujets qu’aborde le Musée.

Les oeuvres

La question du genre dans ses résonances scientifiques et ses questions éthiques actuelles est évoquée, face au Christ androgyne, par l’interaction de Fabrice Samyn et Yvonne Trapp. Les pièces historiques de Marina Abramović et Gina Pane font écho au dolorisme chrétien dans sa réalité physique tandis que la création in-situ de Marie Zolamian l’évoque dans son aspect spirituel.
La sculpture de Thomas Lerooy illustre tant le lien que l’opposition entre le corps et l’esprit, la chair et l’intellect dont sont imprégnés les rapports aux soins des malades. Toujours dans la relation à la maladie, Laurence Dervaux propose un triptyque de vidéos dont l’ambiguïté du geste évoque le rapport à la réparation du corps et au culte des reliques. Le geste vain du soin trouve son prolongement dans l’urne qu’elle présente dans la pharmacie ; et se transforme poétiquement dans l’approche de David Brognon et Stéphanie Rollin. La performance de Regina José Galindo met en lumière la notion de charité, attachée dans sa vertu chrétienne,
à l’origine des hospices. Alain Bornain, familier du lieu, réalise trois nouvelles créations immiscées dans divers espaces du site, par lesquelles il apostrophe le visiteur de manière directe sur le sens de la vie. Autre interpellation, la pièce de Rémy Zaugg qui bénéficie dans ce lieu de toute sa dimension spirituelle. Le jardin du cloître est, quant à lui, investi par les sculptures recomposées d’Iván Argote. Le rite du baptême habituellement célébré dans l’autel, trouve dans la chapelle de l’Hôpital un écho politique avec la vidéo de Teresa Margolles. Enfin, le passage d’un corps spirituel à un corps social et économique est
évoqué, à la fin du parcours, par le travail de Frédéric Fourdinier à partir de la notion d’hygiène et celui d’Hans Op de Beeck sur un futur médical imagé et déshumanisé.
Ces oeuvres ainsi conceptualisées sont autant de notes réflexives à méditer et explorer. Elles permettent par ailleurs d’élargir l’accès à l’art contemporain vis-à-vis du public habituel de ce type de site.

Artistes :

Marina Abramović, Belgrade (RS), 1946 – Iván Argote, Bogota (CO), 1983 – Alain Bornain, Genappe (BE), 1965 – David Brognon et Stéphanie Rollin, Messancy (BE), 1978 – Luxembourg (LU), 1980 – Laurence Dervaux, Tournai (BE), 1962 – Frédéric Fourdinier, Boulogne-sur-mer (FR), 1976 – Regina José Galindo, Guatemala (GT), 1974 – Thomas Lerooy, Roeselare (BE), 1981 – Teresa Margolles, Culiacan (MX), 1963 – Hans Op de Beeck, Turnhout (BE), 1969 – Gina Pane, Biarritz (FR), 1939 – Paris (FR), 1990 – Fabrice Samyn,
Bruxelles (BE), 1981 – Yvonne Trapp, Hockenheim (DE), 1964 – Rémy Zaugg, Courgenay (FR), 1943 – Bâle (CH), 2005 – Marie Zolamian, Beirut (LB), 1975.

Curatrice de l’exposition : Nancy Casielles
Conservateur du Musée de l’Hôpital Notre-Dame à la Rose : Raphaël Debruyn

Exposition : du 14 juin au 30 novembre 2014
Du mardi au dimanche, de 14h à 18h. Ouvert les lundis fériés
Vernissage : 13 juin 2014 à 19h

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