Marie Zolamian, biennale de Dakar, revue de presse

Marie Zolamian

Sur le site de l’agence DEKARTCOM, agence de communication sénégalaise :

Art Vert au Campus de l’UCAD à Dakar

Soulignons une innovation éminemment actuelle pour l’édition 2014 de la Biennale Dak’Art : au sein du Jardin Botanique des Plantes Expérimentales Utiles du Pavillon Pharmacie qui fut autrefois un lieu d’expérimentation et de préservation des espèces végétales est né un projet impliquant sept artistes d’envergure internationale sur des problématiques liées à l’environnement en Afrique. Abandonné et délabré depuis longtemps, le projet a eu le bonheur d’apporter une touche de rénovation complète : en effet, le jardin a été entièrement débroussaillé et réaménagé afin d’accueillir les oeuvres de Serigne Mbaye Camara, Cheikh Diouf, François Méchain, Barthélémy Toguo, Nils-Udo, Bob Verschueren et Marie Zolamian.
Ainsi, Bob Verschueren a investi une ancienne rotonde qui servait à isoler des espèces végétales avec des branches mortes de bambou trouvées au sein du jardin, les branches posées du sol aux fenêtres lui donnent une dynamique, un tournoiement assez inattendu. Nils-Udo s’est approprié un fromager dont une espèce parasite envahit une partie du tronc et en a fait un véritable nid en dégageant une partie des racines. Barthélémy Toguo, quant à lui, a planté des haricots rouge du Cameroun qui forment la carte du continent africain et invite le public à s’asseoir sur des bancs en bois autour de cette forme pour la contempler mais aussi nous pousser à une certaine réflexion et à une interaction avec les autres visiteurs. Cheik Diouf a symbolisé par des statues en bois « La Marche des Réfugiés » partant d’une termitière géante et marchant avec leurs bagages jusqu’à se retrouver dénudés et délestés de tout. François Méchain a installé un cimetière des plantes médicinales menacées d’extinction en Afrique : les noms de chacune sont indiquées sur des pancartes, une feuille de palmier en berne flotte au vent, il y règne une atmosphère de mort imminente. Enfin, Marie Zolamian (l’unique femme du projet!) propose une oeuvre sonore : une visite guidée du jardin médicinal en compagnie de guérisseurs et de tradipatriciens. Equipé d’un lecteur MP3 et d’une carte, le visiteur part ainsi à la découverte des espèces qui servent à soulager les maux.
Le lieu entièrement investi et habité par les œuvres des artistes reprend alors son véritable sens premier en lien avec l’origine du Jardin Botanique: un des rares sites de verdure naturelle à Dakar dédié essentiellement à l’expérimentation de la conservation des plantes médicinales dont certaines sont menacées….Le visiteur en ressort étonnamment touché et bouleversé par la magie de l’endroit : cela en fait un des plus beaux projets de la Biennale.