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Benjamin Monti, Méçant garçon, les images (1)

Benjamin Monti

Benjamin Monti

Benjamin Monti
Sans titre, 2015
Encre de chine sur papier, 21 x 42 cm

Benjamin Monti

Benjamin Monti

Benjamin Monti
Sans titre (Diatomacées Diatomées)
Encre de chine sur dessin trouvé (de la série des histoires naturelles)
22,7 x 14,5 cm
2010-2015

Benjamin Monti

Benjamin Monti
Sans titre (Tradescantia Virginica)
Encre de chine sur dessin trouvé (de la série des histoires naturelles)
22,7 x 14,5 cm
2010-2015

Benjamin Monti

Benjamin Monti
Sans titre (Protococcées : Chlorella Viridis)
Encre de chine sur dessin trouvé (de la série des histoires naturelles)
22,7 x 14,5 cm
2010-2015

Benjamin Monti

Benjamin Monti
Sans titre (Coloration par l’iode)
Encre de chine sur dessin trouvé (de la série des histoires naturelles)
22,7 x 14,5 cm
2010-2015

Benjamin Monti

Benjamin Monti
Sans titre (Renonculacée : Renonculus)
Encre de chine sur dessin trouvé (de la série des histoires naturelles)
22,7 x 14,5 cm
2010-2015

Benjamin Monti

Benjamin Monti

Benjamin Monti
Sans titre (Taxacée : Taxus)
Encre de chine sur dessin trouvé (de la série des histoires naturelles)
22,7 x 14,5 cm
2010-2015

Benjamin Monti

Benjamin Monti
Sans titre (Ascomycètes : Péziza)
Encre de chine sur dessin trouvé (de la série des histoires naturelles)
22,7 x 14,5 cm
2010-2015

Benjamin Monti

Benjamin Monti
Sans titre (Infusoires parasites de la grenouille)
Encre de chine sur dessin trouvé (de la série des histoires naturelles)
22,7 x 14,5 cm
2010-2015

Benjamin Monti

Benjamin Monti
Sans titre (Chlorophytum monodylée)
Encre de chine sur dessin trouvé (de la série des histoires naturelles)
22,7 x 14,5 cm
2010-2015

Benjamin Monti

Benjamin Monti
Sans titre (microspores du pin)
Encre de chine sur dessin trouvé (de la série des histoires naturelles)
22,7 x 14,5 cm
2010-2015

(…)

Cette fois, il investit les fiches finement dessinées au crayon noir (et parfois rehaussées d’une couleur) d’un cours de biologie, des histoires naturelles et des dessins sans date tracés par une main studieuse, précise, appliquée et relativement douée, ainsi qu’un ensemble d’anciennes cartes perforées produites par la Société Anonyme « Courage – Organisation », active à Liège dès 1948. Premières « mémoires de masse » dès les origines de l’informatique, ces cartes satinées sur leurs deux faces ne pouvaient qu’intéresser Benjamin Monti. Il est féru d’illustrations en tous genres – on l’aura compris – et son travail consiste à continuellement réorganiser un corpus encyclopédique de dessins et motifs qu’il s’approprie, recopie, interprète et subvertit, en un singulier système de pensée. Dès lors, avec courage, Benjamin Monti y réorganise son monde en un système qui n’a rien de binaire. On pourrait ici dresser une liste savante des perles bibliophiliques, des encyclopédies, des Curiosa ou des ouvrages anciens illustrés que chine et collecte Monti, ce qu’il copie avec l’agilité d’un gymnaste qui aurait délaissé la magnésie au profit de l’encre de chine, corpus dont, en un même temps, il s’affranchit au plus vite. Citer les sources serait toutefois déflorer la virginité même de chaque opus. On y reconnaîtra surtout un fonds d’images inscrit dans notre conscience collective, appartenant tant au patrimoine populaire que savant. Benjamin Monti isole ces dessins, leur assigne espace et composition, les hybride et les associent parfois comme le ferait un collagiste. Surgissent ainsi, en ce continuel recyclage, les visions et l’expression d’un monde particulier où se côtoient le réel et le merveilleux, l’onirique, l’ésotérique, l’enfantin, le populaire, le savant, l’obscur, l’absurde, l’indécent, l’insolent. Chaque dessin devient ainsi un commentaire de l’image par l’image, chacun lorsqu’on les associe, participe à de nouvelles logiques sémantiques.

Les dessins de la série « Courage – Organisation » investissent la surface lisse et claire du carton : les perforations ainsi que la numérotation en abscisse et ordonnée deviennent ainsi marges, bordures et prédelles qui rappellent la destination première, mécanographique, de ces cartes perforées. Dans le cas des feuillets de ces leçons de biologie, le jeu est évidemment autrement subtil. Monti réinterprète en ce cas le principe même du cadavre exquis, en trichant bien sûr, puisqu’il interagit avec les dessins et notes déjà tracés. A la reproduction sexuée des diatomacées, du chlorella viridis, à la croissance du Renonculus ou de l’ascaris megalocéphale, il répond par ses propres reproductions tout aussi prolifiques. Monti intègre les crayonnés, les ingère, leur réplique et tiendrait même compte, ça et là, des notices, produisant dès lors une nouvelle et surprenante encyclopédie d’histoires aussi naturelles que surnaturelles. C’est là bien plus qu’espièglerie d’un « méçant garçon ».