janvier 2016

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L’exposition L’image qui vient explore le silence des images, leur pensée muette, leur secret. Les œuvres rassemblées ici ne prétendent pas clore une idée, une sensation, une investigation. Qu’elles poursuivent pourtant, ébauchent, tendent à formuler. Elles sont au bord d’atteindre quelque chose,mais ce «quelque chose» échappe au regard. Il est hors-champ, allusif, enlisé, au-delà de ce qui peut être représenté ou formulé. Il est pourtant là, actif, au cœur de cette image qui pense, médite, doute, débat avec elle-même. Il est ce que l’image pressent et fait pressentir. Par la voie de l’observation, de la réplique, de l’ellipse, de l’effacement, de la manipulation ou de la recherche méthodique, l’invisible est ce que l’image donne à ressentir sans pouvoir le circonscrire.
Laurent Courtens et Catherine Henkinet, commissaires de l’exposition

Dans le cadre de la thématique déployée cette année à L’iselp, autour de la question du regard, L’image qui vient rassemble des œuvres d’artistes contemporains qui questionnent le silence des images, leur pensée muette, leur secret.
Photographies, dessins, installations, sculptures, vidéos, les œuvres présentées ici revêtent différentes formes. Par fragmentations, indices, évocations, elles rendent compte d’une réalité invisible, d’une idée, d’une sensation.
L’image qui vient s’interroge sur le secret fondamental des images. Le hors-champ qu’elles suggèrent, qu’elles ébauchent. L’exposition consiste à rassembler des œuvres qui émettent cette vibration intérieure, témoin d’un conflit perceptible mais non explicitement visible, qui se situe au-delà de ce qui peut être représenté ou formulé. L’exposition s’articule autour de Bateau-Tableau de Marcel Broodthaers.

Bateau Tableau (1973) est une projection en boucle de quatre-vingt diapositives disséquant visuellement une marine anonyme chinée par l’artiste chez un antiquaire parisien. Datant sans doute des alentours de 1900, le tableau présente un voilier de commerce, une chaloupe et une balise sur les flots.
Une première photographie présente le tableau dans son cadre doré, puis sans. Suivent de multiples détails focalisant le regard sur une voilure, un fanion, un nuage, des effets de pâte, la texture de la toile… L’analyse photographique révèle la substance matérielle de la peinture, mobilisée pour la construction d’une image donnant à voir l’illusion d’une réalité. Emporté par l’enchaînement séquentiel, le tableau perd son unité pour se disloquer dans une temporalité narrative. Celle-ci transporte l’œuvre initiale dans une histoire de la peinture, depuis ses prescriptions réalistes jusqu’à ses diverses interprétations abstraites. Un voyage dans une peinture qui devient un voyage dans la peinture. À travers la photographie et l’ébauche cinématographique.
Le tableau a également fait l’objet d’un film 16 mm intitulé Un voyage en mer du Nord (1973), de même que d’un livre portant le même nom. Associés pour une partie des tirages, ces deux supports confrontent le tableau à une photographie d’un voilier de plaisance sur fond d’une métropole moderne. Nouveaux transports : entre le mercantilisme et la société des loisirs, entre la marine et la plaisance, entre la peinture d’histoire et la carte postale.

Sophie Langohr

Sophie Langohr
Image Valentin Yudashkin / Série Drapery, 2013-2014
Photographie couleur marouflée sur aluminium, 44 x 66 cm

Sophie Langohr

Comme d’autres séries photographiques recourant aux retouches, manipulations et recadrages d’images publicitaires (New Faces, Glorious Bodies, Touching Up…) l’ensemble Drapery (2013-2014) procède d’un protocole strict : découper dans des magazines de mode des pages reprenant des images de mains soigneusement sélectionnées, chiffonner le papier, photographier l’image froissée.
Il en résulte des compositions élégantes et mystérieuses où la main s’offre comme un épicentre animant l’action des matières et des étoffes, des ombres et des lumières. Dégagée de sa lisseur et de sa superficialité, l’image de mode est engagée dans une exploration de la matérialité picturale, des évocations symboliques, des éclats du sacré et des ellipses érotiques. C’est comme si l’histoire de l’art se réanimait dans les plis de l’image.
Cette série, indique Yves Randaxhe, confirme les préoccupations de Sophie Langohr : la représentation du corps et son usage, entre autres dans la publicité ; les manipulations de l’image; la dialectique de la surface et de la profondeur, illustrée puissamment par les drapés et les jeux d’apparition – disparition du support original de l’image, mais aussi par la présence récurrente de la peau (…).

Sophie Langohr (1974, BE) vit et travaille à Liège. Elle est diplômée en philologie romane de l’Université de Liège, puis en peinture à l’Académie Royale des Beaux-Arts de Liège. Lauréate du premier prix Lambert Lecrenier 2002 et du prix national de portrait photographique Fernand Dumeunier 2007. Ses recherches esthétiques et sociologiques s’appuient sur le pouvoir séducteur de l’image. Elle détourne des représentations humaines codifiées issues de la mode ou de la publicité afin de questionner leur propos au regard des rapports qu’elles entretiennent avec l’histoire de l’art.

L’exposition rassemble des oeuvres de :  Marcel Broodthaers (BE), Marco De Sanctis (IT), Sophie Langohr (BE), Yves Lecomte (BE), Chantal Maes (BE), Léa Mayer (FR) , Pauline M’barek (DE), Cédric Noël (FR), Oriol Vilanova (ES)

(source : dossier de presse de l’exposition)

Sophie Langohr

Sophie Langohr
Image Hugo Boss / Série Drapery, 2013-2014
Photographie couleur marouflée sur aluminium, 62 x 45,5 cm

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Le duo Olivier Foulon / Ella Klaschka ainsi que Eran Schaerf participent à l’exposition « Mind Fabric », produite par A.VENU.DE.JET.TE, Institut de Carton avec Ester Goris.
Vernissage le samedi 23 janvier de 16 à 20h
Exposition accessible tous les dimanche de 14 à 18h jusqu’au 28 mai 2016

Avenue de Jette, 41, 1080 Bruxelles.

Mind Fabric

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Sophie Langohr participe à l’exposition « L’image qui vient », produite par L »Iselp, Insitut supérieur pour l’étude du langage plastique, à Bruxelles. Vernissage ce 21 janvier.

Marcel Broodthaers

Marcel Broodthaers, Bateau Tableau, 1973 / Projection de 80 diapositives / © Estate Marcel Broodthaers

L’image qui vient s’interroge sur le silence central des images, sur leur pensée muette, leur secret fondamental. Ce silence, ce secret, constitue les indices d’une action de l’image tendant à formuler une idée ou une sensation, mais la cherchant, l’affleurant, l’atteignant presque…
L’image pense, médite, débat avec elle-même, pressent (et fait pressentir) « ce qui monte et va surgir » (Pascal Quignard).
L’image qui vient consiste à rassembler des œuvres d’artistes d’aujourd’hui qui émettent cette vibration intérieure, témoin d’un conflit perceptible mais non explicitement visible.
L’exposition entend articuler ces travaux autour d’une œuvre de Marcel Broodthaers intitulée Bateau Tableau (1973) : une projection de diapositives décomposant, image par image, une marine anonyme du XIXe siècle. C’est l’image à l’acte, la pensée par l’image, pensée qui nous approche de son terme, mais ne trouve aucune conclusion, renoue sans cesse avec le cycle hypnotique de ses méditations.

Marcel Broodthaers (BE), Marco de Sanctis (IT), Sophie Langohr (BE), Yves Lecomte (BE), Chantal Maes (BE), Pauline M’Barek (DE), Léa Mayer (FR), Cédric Noël (FR), Oriol Vilanova (ES)

Commissariat : Laurent Courtens et Catherine Henkinet

Du 22 janvier au 19 mars 2016
Vernissage le 21 janvier / 18h30 – 21h

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Constance Guisset. Trois conversations

Constance Guisset. Trois conversations

Constance Guisset. Trois conversations

Constance Guisset. Trois conversations

Dans la forêt de colonnes du Palais de Tokyo se dessine un passage haut, long et étroit, tel un cours d’eau qui sépare deux falaises. L’espace des « Trois Conversations » de Constance Guisset. Discuter, regarder ensemble, s’embrasser : trois escales dans le flux du public. Trois embarcations légères aux toits colorés et festifs. Amarrées ici ou là, elles proposent des voyages avec l’autre et des espaces de rêverie. Au dessus des surfaces confortables sont érigés des mâts retenant un tressage de lignes et de cercles. Des formes coniques qui se lèvent comme des voiles de bateaux et se métamorphosent dans une semi transparence graphique.

Pensée comme un lieu de convivialité, l’une des Trois Conversations est une assise équipée d’un écran de projection. Le Palais de Tokyo a invité Jacques Lizène (né en 1946, vit et travaille à Liège) à y diffuser certaines de ses œuvres vidéos :

1.

Puisque les visiteurs sont invités à se coucher sur les coussins de l’œuvre de Constance Guisset (et peut-être s’embrasser s’ils se couchent en couple), il est bon de leur déconseiller de procréer. (D’une manière générale, les choses étant ce qu’elles sont, Jacques Lizène ne procréera pas…Hopla ! Il subira volontairement la vasectomie, stérilisation par coupure des canaux déférents. Dès ce moment, il portera en lui une sculpture interne. 1970). Et parce qu’il est absurde de montrer un travelling sur un mur au plafond, Jacques Lizène propose :

Jacques Lizène

Travelling sur un mur (je ne procréerai pas), 1971

Titre initial : Jacques Lizène 1971, « Mur ». Film 8 mm transféré. 00 :02 : 56. Ed. Yellow.

La caméra balaie un mur de brique de gauche à droite, de droite à gauche, de gauche à droite. Le travelling est monotone, indigent et même un peu agaçant. On découvre en fin de séquence, tracé à la craie sur le mur, la phrase : « Je ne procréerai pas ». Un film manifeste, faisant référence au mythique mur de la clinique d’Ougrée, lieu de naissance du petit maître.

Jacques Lizène

2.

Puisque le visiteur est couché sur les coussins de l’œuvre de Constance Guisset, éteignons la lumière ! Si les visiteurs sont en couple (et que peut-être il s’embrasseront), le principe d’interruption leur rappellera le conseil lizénien de ne pas procréer. Jacques Lizène propose dès lors :

Jacques Lizène

Interruption de lumière, 1971

1971, NB, sans son, 8 mm, film transféré. 00 :03/39. Ed Yellow.

La caméra filme en plan fixe la prise électrique du projecteur qui éclaire le lieu de tournage. Après un très long moment, une main se glisse dans le champ et retire la prise de courant. Noir. Le générique sur panneau, tapé sur une Remington portative précise : « L’auteur n’apprécie pas vraiment son film. S’il l’a réalisé c’est parce qu’il se méprise un peu de temps en temps… (peut-être) ». Lizène ajoute aujourd’hui que les points de suspension sont céliniens et le (peut-être) référence à Beckett.

Jacques Lizène

3.

Afin de répondre aux « transitions colorimétriques douces et explosives qui éclatent dans le bâtiment », Jacques Lizène propose une suite de visages en quatre quarts, comme des sculptures génétiques, sur fond de paysages en quatre quart, une projection sur un rythme soutenu et un fond musical de musique génétique en sampling.

Jacques Lizène

AGCT (Acides de bases), Sculptures génétique, 1971, musique génétique 1987, en remake 2001

2001, vidéo couleurs, son, 00 :01 :16. Infographie et montage numérique : Dominique Castronovo. Mixage et son numérique : Bernard Secondini. Pré-mixage : Jean Marc Sulon. Réalisation AVCAN.

Jacques Lizène

4.

Afin de contempler dans le ciel des AhahahArchitectures gonflables avec ascenseur à vide d ‘air, exposition virtuelle de Jacques Lizène en son musée virtuel, Jacques Lizène propose cette œuvre auto-publicitaire :

Jacques Lizène

Ahahaharchitectures gonflables, musée virtuel, en remake 2012

Vidéo, couleurs, son, 00 :11 :48, 2012. Infographie et montage numérique : Dominique Castronovo. Bande son sur une musique de Jacques Lizène. Réalisation AVCAN.

Proposition pour une exposition virtuelle, 1983-1984 partout dans le monde, y compris au Palais de Tokyo, dans un musée gonflable avec ascenseur à vide d’air, gonflable qui n’a rien à voir avec le zeppelin de Panamarenko.

Jacques Lizène

5.

Parce que la position couchée est particulièrement indiquée pour assister à un concert et singulièrement à un concert de musique à l’envers, Jacques Lizène propose :

Jacques Lizène

Pièce pour musique à l’envers, 1979 en remake 2012, performance. Edaneres de Navnevohteeb Giwdul, pour violons et contrebasse.

Vidéo HD, couleurs, son, rushes 1 prise de la performance, 00 :17 :32. Réalisation AVCAN, 2012. Production galerie Nadja Vilenne.

Jacques Lizène

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Lu dans H.ART #150 cet article de Colette Dubois

HART

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Jacques Charlier
– Flémalle (B), CAP à Liège, Centre d’art La Chataigneraie, du 31 octobre au 17 janvier 2016
– Rio de Janeiro (Brazil), The importance of being, 16 décembre – 14 février 2016

Olivier Foulon
– Aachen (D), Le souffleur, Schürmann meets Ludwig, Ludwigforum, du 22 mars au 31 janvier 2016
– Bruxelles (B), Mind Fabric, A.VENU.DE.JET.TE, institut de carton, du 23 janvier au 28 mai 2016

Sophie Langohr
– Bruxelles (B), L’image qui vient, Iselp, institut supérieur pour l’étude du langage plastique, du 22 janvier au 19 mars

Jacques Lizène
– Flémalle (B), CAP à Liège, Centre d’art La Chataigneraie, du 31 octobre au 17 janvier 2016
– Namur (B), Especes d’Espaces, centre culturel de Namur, Abattoirs de Bomel, du 12 décembre au 16 janvier 2015
– Rio de Janeiro (Brazil), The importance of being, 16 décembre – 14 février 2016
– Paris (F), conversation avec Constance Guisset, projections vidéo, fin indéterminée

Emilio Lopez-Menchero
– Charleroi (B), Les mondes inversés, BPS22, du 26 septembre 2015 au 31 janvier 2016
– Héron (B), L’Homme Bulle, Maison des Jeunes de Héron, à partir du 30 septembre
– Bruxelles (B), Dark Ages, Aeroplastics, du 20 novembre au 9 janvier 2016
– Namur (B), Especes d’Espaces, centre culturel de Namur, Abattoirs de Bomel, du 12 décembre au 16 janvier 2015

John Murphy
– Liège (B), Fall upward, to a height, galerie Nadja Vilenne, du 12 novembre au 16 janvier
– Antwerpen (B), Fall upward, to a height, Objectif Exhibition, du 13 novembre au 16 janvier
– Bruxelles (B), What is past is prologue, Rectangle, 26 novembre – février 2016

Valérie Sonnier
– Nogent (F), Soudain la neige, Maison d’art Bernard Anthonioz, du 5 novembre au 31 janvier

Walter Swennen
– Aachen (D), Le souffleur, Schürmann meets Ludwig, Ludwigforum, du 22 mars au 31 janvier 2016
– Charleroi (B), Les mondes inversés, BPS22, du 26 septembre 2015 au 31 janvier 2016
– Düsseldorf (D), Ein perfektes Alibi, Kunstverein für die Rheinlande und Westfalen, 28 novembre – 14 février 2016
– Rio de Janeiro (Brazil), The importance of being, 16 décembre – 14 février 2016

Raphaël Van Lerberghe
– Charleroi (B), Les mondes inversés, BPS22, du 26 septembre 2015 au 31 janvier 2016

Marie Zolamian
– Liège (B), Prix de la Jeune Création de la Ville de Liège, musée d’Ansembourg, du 4 décembre au 24 janvier 2016