février 2016

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Agenda Mars 2016

Jacques Charlier
– Grand-Hornu (B), Jacques Charlier, Peinture pour tous !, Mac’s, Musée des Arts Contemporains, du 28 février au 22 mai 2016 (solo)
– Liège (B), What else ? galerie Nadja Vilenne, du 8 mars au 30 avril
– Charleroi (B), Uchronies, collection de la Province du Hainaut et du BPS22, BPS22, du 27 février au 29 mai 2016

Olivier Foulon
– Bruxelles (B), Mind Fabric, A.VENU.DE.JET.TE, institut de carton, du 23 janvier au 28 mai 2016
– Namur (B), Entre chambre et muse, hommage à Alain géronneZ, Abattoirs de Bomel, du 4 mars au 3 avril 2016

Honoré d’O
– Meymac (F), Tous Belges, centre d’art contemporain de l’abbaye de Saint André, du 20 mars au 19 juin

Suchan Kinoshita
– Liège (B), What else ? galerie Nadja Vilenne, du 8 mars au 30 avril

Aglaia Konrad
– Basel (CH), Sitting on a branch, Von Bartha, du 29 janvier au 26 mars 2016
– Liège (B), What else ? galerie Nadja Vilenne, du 8 mars au 30 avril

Charlotte Lagro
– Copenhagen (Dk), Dysgeusia, Gruppeudstilling af Annesofie Sandal, Format Artspace, 11 mars – 30 avril

Sophie Langohr
– Bruxelles (B), L’image qui vient, Iselp, institut supérieur pour l’étude du langage plastique, du 22 janvier au 19 mars
– Meymac (F), Tous Belges, centre d’art contemporain de l’abbaye de Saint André, du 20 mars au 19 juin
– Maastricht (PB), Traversées, selected works from the art collection of the Province of Liege, Gouvernement wan de Maas, 18 mars – 20 mai 2016

Jacques Lizène
– Paris (F), conversation avec Constance Guisset, projections vidéo, fin indéterminée
– Liège (B), What else ? galerie Nadja Vilenne, du 8 mars au 30 avril
– Maastricht (PB), Traversées, selected works from the art collection of the Province of Liege, Gouvernement wan de Maas, 18 mars – 20 mai 2016
– Liège (B), Rotation des stocks, E2N, du 4 mars au 7 mai 2016

Emilio Lopez-Menchero
– Lodz (PL), In light of the 20th Century Avant-Garde, curated by Andrzej Paruzel, Atlas Sztuki Gallery, 5 mars – 4 avril 2016
– Kortrijk (B), Forever, Espace Bubox (commissariat Jérôme Jacob), du 13 mars au 1er mai

Jacqueline Mesmaeker
– Namur (B), Entre chambre et muse, hommage à Alain géronneZ, Abattoirs de Bomel, du 4 mars au 3 avril 2016

Benjamin Monti
– Grand-Hornu (B), La nécessité de répétition, Cabinet d’amateur n°10, Mac’s, musée des arts contemporains, du 13 mars au 3 juillet 2016 (solo)
– Meymac (F), Tous Belges, centre d’art contemporain de l’abbaye de Saint André, du 20 mars au 19 juin
– Turnhout (B), Mens en machine, De Warande, du 19 mars au 22 mai 2016

John Murphy
– Maastricht (BP), Show your wound, TEFAF artfair, galerie Nadja Vilenne, du 10 au 20 mars
– Liège (B), What else ? galerie Nadja Vilenne, du 8 mars au 30 avril

Pol Pierart
– Liège (B), Pol Pierart, Musée du Grand Curtius, du 10 mars au 1er mai 2016

Walter Swennen
– Munich (D), Painting 2.0: Expression in the Information Age, Museum Brandhorst, jusqu’au 30 avril 2016
– Antwerpen (B), Angst essen Seele auf, LLS 387, 21 février – 3 avril 2016
– Namur (B), Entre chambre et muse, hommage à Alain géronneZ, Abattoirs de Bomel, du 4 mars au 3 avril 2016

Jacques Charlier

Jacques Charlier, Impressions d’Afrique IV, 1987, technique mixte, 200 x 120 cm. Collection Province du Hainaut

Jacques Charlier participe à :

UCHRONIES

Collections de la Province de Hainaut et du BPS22

27.02.2016 – 29.05.2016

Pour sa première saison, après sa réouverture en septembre 2015, le BPS22 Musée d’art de la Province de Hainaut, à Charleroi, propose un cycle de trois expositions conçues à partir de ses collections. La première, intitulée Uchronies, joue à réinventer des nouvelles filiations artistiques entre art ancien, art moderne et art contemporain, pour produire « d’autres » histoires de l’art, distinctes de l’histoire officielle.

Le terme « uchronie » est apparu pour la première fois en 1857, sous la plume du philosophe français Charles Renouvier (1815-1903). En forgeant ce néologisme sur le préfixe grec « ou » (non) et le mot grec « chronos » (temps), il plaçait d’emblée l’uchronie dans le champ de la pure spéculation intellectuelle ; traçant ainsi la voie d’un genre d’abord littéraire et ensuite cinématographique fécond. Susceptible d’être modifié par l’imagination, le passé devient alors une matière à réorganiser et à redéployer selon d’autres enchaînements de causalité. Et si l’un des éléments du passé est modifié, alors l’histoire peut/doit être réécrite.

C’est sur cette possibilité que s’est organisée la nouvelle exposition du BPS22, tirée de sa propre collection et de la collection de la Province de Hainaut dont le Musée est dépositaire. La collection de la Province de Hainaut constitue, plus particulièrement, une matière idéale car, riche de plus de six mille œuvres, elle brasse plus d’un siècle de création, locale, régionale et internationale. Commencée à la fin du 19e siècle, par des achats à des artistes comme Constantin Meunier, Antoine Bourlard ou Alfred Stevens, elle s’est particulièrement développée à partir de 1986, date à laquelle le Député provincial Pierre Dupont a initié une politique d’acquisition ambitieuse.

Aujourd’hui, cette collection rassemble tous les médiums tels la peinture, la sculpture, la gravure, mais aussi la photographie, l’installation ou la vidéo. Si l’accent est mis sur les artistes hainuyers (Marthe Wéry, Patrick Everaert, Boris Thiébaut, etc.), une attention est également portée aux artistes belges (Marcel Berlanger, Jacques Charlier, Jan Fabre, etc.) et étrangers (Allan Sekula, Maria Thereza Alves, Barthélémy Toguo, Banks Violette, etc.), de registres esthétiques parfois très différents.

L’exposition Uchronies rassemble plus d’une septantaine d’œuvres, mélangeant les écoles artistiques et les périodes historiques. Elle se structure en six chapitres, Mythologies politiques, Ailleurs, Frêles Bruits, Paysages Métalliques, Soleil Noir et Néo-gothiques, dans lesquels les œuvres se côtoient, se prolongent, se répondent ou s’opposent, indépendamment de leur classification dans l’histoire de l’art traditionnelle. De ces proximités nouvelles naissent d’autres filiations, des rapprochements inédits, des apparentements impromptus qui renversent les héritages historiques.

Des figures oubliées ou marginales réapparaissent (Ernest Gengenbach, Jean Ransy, le collectif Ruptz) aux côtés d’icônes incontestées (Andy Warhol, Cindy Sherman, Andres Serrano) ; des œuvres anciennes (Germain Joseph Hallez, Constantin Meunier, Anto Carte, René Magritte) se chargent de nouvelles significations au regard d’œuvres contemporaines (Edith Dekyndt, Felix Gmelin, Bruno Serralongue) qui les remettent en perspective. L’exposition invite alors à cette expérience originale qui consiste à découvrir l’histoire de l’art non comme un récit linéaire et arrêté, mais comme une arborescence dont les branches ne cessent de croître et de se ramifier.

Artistes : Art & Language, Maria Thereza Alves, Marcel Berlanger, Anto Carte, Jacques Charlier, Edith Dekyndt, Patrick Everaert, Jan Fabre, Ernest Gengenbach, Felix Gmelin, Germain Joseph Hallez, René Magritte, Constantin Meunier, Pierre Paulus, Jean Ransy, le collectif Ruptz, Allan Sekula, Bruno Serralongue, Andres Serrano, Cindy Sherman, Boris Thiébaut, Barthélémy Toguo, Banks Violette, Andy Warhol, Marthe Wéry, etc.

Commissariat : Pierre-Olivier Rollin

BPS22
Musée d’art de la Province de HainautBd Solvay, 22
B-6000 Charleroi

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John Murphy

Exhibition view

John Murphy

John Murphy
Words fall like stones, like corpses.
Photocopy, gouache, pen and ink on board, 2015
48 × 54 cm

John Murphy

John Murphy
Up or Down It’s All the Same.
Photocopy, gouache, pen and ink on board, 2015
48 × 54 cm

John Murphy

John Murphy
Not there.
Photocopy, gouache, pen and ink on board, 2015
48 × 54 cm

John Murphy

John Murphy
For the eyes of dogs to come.
Photocopy, gouache, pen and ink on board, 2015
48 × 54 cm

John Murphy

Exhibition view

John Murphy

John Murphy

Exhibition views

John Murphy

John Murphy
Dancing on the volcano of lost time.
Photocopy, gouache, pen and ink on board, 2015
48 x 54 cm

John Murphy

John Murphy
In their own dark.
Photocopy, gouache, pen and ink on board, 2015
48 × 54 cm

John Murphy

John Murphy
Yet Another Effort…
Photocopy, gouache, pen and ink on board, 2015
48 × 54 cm

John Murphy

John Murphy
Nothing, Wait and See.
Photocopy, gouache, pen and ink on board, 2015
48 × 54 cm

John Murphy

 

John Murphy

John Murphy

John Murphy
…do not be too prodigious…, 2016
Vitrine, publication, picture, 94 x 64 x 54 cm

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En guise d’introduction à l’exposition de Jacques Charlier au Mac’s, cet entretien entre l’artiste et Julien Foucart, directeur des publications du musée.

Jacques Charlier

Jacques charlier, Peinture sous hypnose, de la série des Fessées, acryl sur toile, 120 x 100 cm, 2015

Quel est votre premier souvenir en matière artistique ?

C’était à l’école gardienne. Je devais avoir quatre ans. On m’avait mis sur une chaise et j’ai dessiné, sur le grand tableau noir, une maison dans la neige avec un arbre, des flocons, etc. Je la vois encore. La maîtresse n’a pas effacé le tableau pendant une semaine. Ma mère était fière. Visiblement, j’étais doué pour le dessin.
En tant qu’artiste, vous revendiquez aujourd’hui votre ‘éclectisme radical’, ce qui est une formule contradictoire, non ?
Adolescent, je m’étais promis d’être un artiste qui toucherait à tout et ne renoncerait à rien. Je me voyais acteur, peintre, dessinateur de BD, musicien… Je voulais essayer tous les moyens d’expression. Mais pour mes parents, il n’était pas question que je m’inscrive à l’académie, ni même d’ailleurs que je suive les humanités. Dans ce carcan, il fallait donc que je me trouve un travail alimentaire afin de gagner ma liberté et d’être en mesure de réaliser par la suite mes rêves. Pour éviter l’usine, à dix-sept ans, je passe un examen pour devenir dessinateur en travaux publics à la province de Liège. Je le réussis et suis engagé au S.T.P. Pendant mes congés, j’en profite alors pour étudier la peinture et l’art moderne en autodidacte. Voyant que cela m’intéresse, ma tante qui était la seule personne un peu cultivée de la famille me paye des bouquins : Le Dictionnaire de la peinture abstraite, Le Dictionnaire de l’art moderne, Le Dictionnaire de l’architecture… Et moi j’avale tout cela ! Et puis je fais surtout cette grande découverte : l’exposition 50 ans d’art moderne à l’Exposition Universelle à Bruxelles en 1958. J’y vois enfin des œuvres que je vénère depuis des années : le Nu descendant un escalier de Marcel Duchamp, un immense tableau de Jackson Pollock…

Ce caractère autodidacte de votre apprentissage a-t-il été prédominant ?

L’avantage d’un autodidacte est qu’il ne va pas subir l’enseignement d’un ou de plusieurs professeurs, mais se diriger directement vers les maîtres. C’est eux que je commence à copier ; c’est les reproductions de leurs œuvres qui recouvrent les murs de ma chambre : impressionnistes, cubistes, abstraits,… Comme un cannibale, j’emmagasine rapidement les informations sur les artistes, leur vie, leur œuvre. À dix-sept ans, j’ai dans ma tête comme un juke-box de l’art moderne ! Ce qui me permettra par la suite de peindre dans des styles très différents. Lors de mon service militaire, je trouve le moyen de poursuivre cet apprentissage en travaillant le matin et en peignant l’après-midi et le soir. À mon retour, je reprendrai mon travail au S.T.P. durant vingt ans. Ensuite, j’enseignerai durant vingt-deux années la publicité, l’illustration, la BD et l’analyse des médias (un cours que j’ai créé moi- même) à l’Académie des beaux-arts de Liège. Grâce à cette activité professionnelle, je ne serai jamais sous la pression d’un quelconque marché, mais libre au contraire de réaliser mes rêves de jeunesse.

Au cours de ces années, vous avez en effet réalisé de nombreux projets à partir de différents médias : photographie, films, dessin, bande dessinée, sculpture ou encore musique. En peinture, vous abordez également tous les styles…

J’aime passer librement d’un medium à un autre. Dans les années 1970, j’avais envie de chanter et d’écrire des chansons, j’ai acheté une guitare. La musique m’a occupé pendant plusieurs années, avant de passer à autre chose. Pour chaque série de peintures, j’invente un nouveau scénario et je repense librement ma manière de peindre. Je cite volontiers cette phrase d’Andy Warhol pour illustrer ma façon d’agir : « Comment peut-on dire qu’un style est meilleur qu’un autre ? On devrait pouvoir être un expressionniste abstrait quand ça nous chante, ou pop, ou réaliste, sans avoir l’impression d’abandonner quelque chose » .(1) Je veux surfer sur tous les styles. Dans les années 1960-1970, je faisais partie des artistes conceptuels et maintenant je fais de la peinture ! C’est déstabilisant pour les personnes qui s’intéressent à mon travail. À chaque nouvelle entreprise, il y a des critiques pour me reprocher de ne plus être l’artiste que j’ai été.

Jacques charlier

Jacques Charlier, Raclée au vinyl, de la série des Fessées, acryl sur toile, 120 x 100 cm, 2015

Est-ce une façon pour vous de ne pas céder à la pression du monde de l’art, en particulier de son marché ?

Oui, car l’artiste a une responsabilité. Lorsque l’argent commence à rentrer, il est tenté de refaire les mêmes œuvres, de les décliner en variantes. Il imagine même pouvoir se distinguer de la masse par cette répétition. C’est peut-être confortable, mais en arrosant de la sorte le marché le contenu finit par en pâtir. Damien Hirst et Jeff Koons sont de magnifiques entrepreneurs, mais que restera-t-il de leurs œuvres?

Jacques Charlier

Jacques charlier, Peintures/Schilderijen, Collection Mac’s-CWB.

Votre exposition au Grand-Hornu regroupe essentiellement des peintures récentes, excepté l’installation Peintures-Schilderijen qui consiste en un ensemble d’une quinzaine de tableaux de styles différents. Ces toiles qui ont toutes été peintes par vous sont attribuées à des artistes que vous avez imaginés. Quelle est l’idée à l’origine de cette pièce ?

Cette installation, la plus ancienne pièce de l’exposition, a été réalisée en 1988 à partir d’encadrements provenant de la collection de Fernand Graindorge (2), un important collectionneur liégeois, dont les œuvres ont été dispersées. Lorsque je découvre ces cadres, je décide de créer à partir d’eux une collection fictive en imaginant une époque, un style, une manière qui correspondent à chacun d’eux. Pour chaque tableau, j’invente le nom et la biographie d’un artiste, ainsi qu’un texte critique qui le valorise et que je signe Sergio Bonati. Cet ensemble de tableaux a été exposé à la galerie de Marie-Puck Broodthaers, située alors en face du Palais des Beaux-Arts de Bruxelles. Les réactions des visiteurs furent assez comiques. Certains, de bonne foi, crurent reconnaître des œuvres d’artistes pourtant totalement inventés, d’autres demandèrent s’ils pouvaient en acheter. Mais c’est un ensemble indissociable, une installation composée d’une quizaine de tableaux originaux et non de simples copies. C’était l’ensemble qui était à vendre.

Abstraites, cubistes, futuristes, expressionnistes ou matiéristes, ces toiles révèlent aussi votre connaissance de l’histoire de l’art du 20e siècle. Peut-on y voir une forme d’hommage aux grands maîtres de l’art moderne ?

Je vénère les maîtres. En les imitant, je les reconnais. Je suis l‘antidote parfait de l’après mai 1968 ; quand on a voulu nous faire croire qu’il n’était plus nécessaire d’apprendre l’art pour être artiste, qu’il suffisait de se libérer et de s’exprimer. Depuis, l’apprentissage de l’art est devenu accessoire ; plus besoin de discipline, plus besoin de maître, c’est nous qui allons au contraire dire aux maîtres ce qu’il faut faire !

Vous regrettez qu’il n’y ait plus d’enseignement technique dans les écoles d’art ?

C’est aussi le point de vue de l’artiste italien Gilberto Zorio qui, au lieu d’encourager ses étudiants à l’imiter, les initiait aux figures classiques. Il me semble que savoir dessiner une pyramide, un nu ce n’est pas rétrograde ou ringard. L’année dernière, un réalisateur qui tournait un film sur moi m’a filmé dans l’atelier de dessin de l’académie où j’étais professeur. Extraordinaire ! Se trouvait là le modèle vivant, magnifique. Tous les étudiants peignaient des choses abstraites à grands coups de pinceaux inspirés, mais aucun ne regardait le modèle !

Dans quel sens doit-on interpréter le titre de l’exposition au Grand-Hornu, Peintures pour tous ?

J’ai d’abord songé à ce titre car il est dans l’air du temps. Qu’on se souvienne des réactions suscitées en France avec « Le mariage pour tous »…
C’est aussi une façon d’insister sur votre esthétique de l’éclectisme…
Oui, et en même temps, il y a quand même une unité au-delà des goûts de chacun, car ces peintures sont uniformément ringardes et démodées. Prenons par exemple la Peinture indéchiffrable de la série des Peintures italiennes ; le chaos apparent des figures et la facture dans le style de Prampolini (3) sont très éloignés de la jeune peinture actuelle. « Ah c’est 2016 ! C’est incroyable ! Je pensais que c’était une vieille toile !», pourront s’étonner les visiteurs en découvrant le cartel. C’est décalé dans le temps et j’adore ce déséquilibre parce qu’il interroge la manière dont on ressent la peinture et même l’art en général.

Pour chaque série présentée dans l’exposition, vous avez rédigé un texte de présentation aussi efficace que drôle. Ils sont signés par de faux critiques d’art : Stan Olmedo, Sheila Sturgess, Louis Carabini mais aussi Sergio Bona- ti, auteur du texte d’introduction à l’exposition…

Je fais cela depuis longtemps. Le leurre fonctionne, car peu de gens devinent que ce sont des noms d’emprunt. Sergio Bonati est d’ailleurs recensé dans plusieurs bibliographies comme critique !

Vous recherchez l’effet comique ?

C’est une comédie à laquelle chacun de nous participe quotidiennement, en fabriquant des signaux pour communiquer, qu’ils soient vestimentaires, gestuels ou langagiers. Et si on rit, ce n’est pas de la même façon qu’avec des œuvres cyniques comme Cloaca, la machine à caca de Wim Delvoye. « Le rire élargit la vision », disait Claes Oldenburg !
C’est vrai que lorsque vous êtes en face de quelque chose qui vous fait sourire, votre esprit s’ouvre. Rien de tel que l’approche de l’art par le rire mais à mon sens, il ne faut pas que le rire soit gras. Je veux un humour qui reste interne et désarmant. Ici, on rit, mais c’est de la peinture tout de même et bien faite ; et ça désarçonne…

L’exposition au Grand-Hornu se clôture avec l’expérience de la chambre d’Ames, du nom de l’ophtalmologiste américain Adelbert Ames(4) . Cette expérience scientifique permettant de visualiser une illusion d’optique met le visiteur face à une divergence de point de fuite, un changement de perspective…

En regardant à l’intérieur de cette chambre, on a l’impression que les personnes qui s’y trouvent grandissent ou rétrécissent en fonction de leur position dans la pièce. J’espère que tous les visiteurs, de 7 à 77 ans, comprendront que ce dispositif est une métaphore du pouvoir que l’art a de nous détourner de la réalité. En fin de compte, de l’installation Peintures-schilderijen jusqu’à la chambre d’Ames, l’exposition au Grand-Hornu rappelle que toute chose est une mise en perspective et que la politique, les modes, les médias mais aussi l’art peuvent faire dévier notre vision. Aux visiteurs des musées, on impose une bible pour leur faire croire que l’art suit une évolution constante et linéaire dans le sens du bien. Ils sont devenus les nouvelles cathédrales de notre époque ; mais des cathédrales où il n’est même plus nécessaire de prier, car on y prie pour vous !
Mais pour moi, l’art est, et doit demeurer, énigmatique. L’art nous nourrit mystérieusement, sans qu’on sache réellement pourquoi ; car il doit toujours, selon moi, apparaître au moment où l’on s’y attend le moins.

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1. 1. G.R. Swenson, « What is Pop Art ? Answers from 8 painters. Part 1 » in: Artnews, n° 62, novembre 1963. p. 26.
2. Homme d’affaires très actif sur la scène publique, mécène et grand collectionneur liégeois, Fernand Graindorge (1903- 1985) contribua dans les années 1950 à faire de Liège un pôle de l’art contemporain en Belgique. Freiné dans son souhait
de léguer sa collection d’art moderne à sa ville, il finira par vendre des toiles de Miro, Ernst, Kandinsky, Monet … à des musées étrangers. À la fin de sa vie, il fit don d’une autre partie de sa collection à la Communauté française de Belgique.
3. 3. Peintre, sculpteur et designer italien, Enrico Prampolini (1894- 1956) est un des principaux représentants du futurisme italien. Dans les années 1930 et 1940, il produit des oeuvres où des visions cosmiques et oniriques organisent l’espace de la toile.
4. 4. Scientifique américain Adelbert Ames Jr (1880-1955) fut un pionnier dans le domaine de “l’optique physiologique” étudiant les limites de la vision. Directeur de recherche au Dartmouth Eye Institute, il développa une série d’illusions optiques de laboratoire conçues pour déformer la perspective, dont “la chambre d’Ames” (1946) de Hanover aux États- Unis (New Hamphire)

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Jacques-charlier

Jacques Charlier, Road Art, 2010

À l’invitation du MAC’s de lui consacrer une importante exposition, Jacques Charlier répond ironiquement par ce slogan publicitaire : peintures pour tous ! Peintures italiennes, peintures fractales, peintures inqualifiables sont les titres phares de cette exposition en forme de juke-box.
Le but ? En faire voir de toutes les couleurs à la peinture, et échapper par cet « éclectisme radical » au marché qui réclame aux artistes toujours les mêmes « tubes ». Une méthode ? La caricature et le pastiche qu’il administre de main de maître au monde de l’art, comme une fessée.
Sa devise ? Qui aime bien châtie bien ; car la peinture passionne Charlier autant qu’elle le désenchante.
Denis Gielen

Cette exposition est donc un bel hommage monographique à un des grands artistes belges contemporains. Elle réunit une cinquantaine de peintures récentes, quelques caricatures et une vidéo des années 1970 ainsi qu’une installation inédite produite par le MAC’s à découvrir dans la salle carrée. Il s’agit d’une chambre d’illusion d’optique, inspirée de celle qu’inventa l’ophtalmologue américain Adelbert Ames en 1946, que Jacques Charlier a fait produire par le Musée pour y exposer des tableaux.
Avec cette installation qui tient de l’attraction foraine, Jacques Charlier émet l’hypothèse que l’histoire de l’art reposerait sur un système d’illusion. Pour lui, le monde de l’art nous forcerait à observer l’actualité artistique selon une perspective forcée qui déformerait la réalité et donc l’art véritable. De son point de vue critique, un artiste ne serait pas nécessairement « grand » parce que sa cote est haute sur le marché ou sa popularité élevée dans les médias. C’est ce mirage, cette manipulation, voire ce « complot » disent certains détracteurs de l’art contemporain, que le peintre-truqueur s’applique avec sa chambre d’Ames à déconstruire pour rééduquer notre regard.

Jacques Charlier

Jacques Charlier commence sa carrière à l’aube des sixties en s’inscrivant d’emblée dans les grands mouvements des années 1960, dont le Pop Art. Avec son comparse Marcel Broodthaers, héritier du surréalisme, de 15 ans son aîné, il pratique l’avant-garde américaine déferlant dans les galeries parisiennes en l’adaptant à l’identité belge. Jacques Charlier y réagit de manière conceptuelle et analytique. Avec Broodthaers, il fréquente les galeries belges les plus en vue, imprégnées d’art minimal et conceptuel. Il y croise Kosuth, Toroni et Buren, avec qui il se lie d’amitié. Dès 1975, Charlier continue sa carrière en cavalier seul. Il rencontre le jeune commissaire d’exposition Jan Hoet avec qui il collabore durant toute sa carrière. Charlier participe en 1986 à la légendaire exposition Chambre d’amis à Gant, où sa « Chambre d’ennemis » est une des installations les plus remarquées. Les œuvres de Charlier sont présentes dans les musées d’Ostende, au S.M.A.K. ou au MUHKA, ainsi qu’en France, en Allemagne, aux Pays-Bas et au Luxembourg. Il comptera également parmi les artistes belges invités à Herford dans le musée dirigé par ce célèbre curateur flamand et sera présent dans sa dernière exposition présentée à Geel peu avant sa mort.

Le parcours de Charlier revisite l’histoire de l’art en étant en permanence à la pointe de toutes formes d’émergence de la création actuelle, tous médias confondus. Rapidement, Charlier se positionne comme un artiste de la critique institutionnelle, interrogeant avec humour noir et maints détournements le système de l’art. Boulimique, il s’approprie tous les médias : la peinture, la caricature, la photographie, l’écriture, la BD, la sculpture, la chanson, la vidéo, l’installation… Il se met en scène en personnage flamboyant et joue avec les codes de la publicité et des médias. Fan de Warhol, il réalise, « à la manière de », le portrait sérigraphié de Plastic Bertrand à qui la star américaine avait promis de réaliser son portrait. Jacques Charlier est à la fois un artiste belge par excellence et un inclassable expérimentateur, toujours à l’avant-garde, sans temps ni frontières.

Jacques Charlier : Peintures pour tous
du 28.02 au 22.05.16
MAC’s
Rue Sainte-Louise, 82-7301 Hornu

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John Murphy

John Murphy
…do not be too prodigious…, 2006-2016
Vitrine, publication, picture, 94 x 64 x 54 cm

John Murphy

John Murphy

John Murphy

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John Murphy

John Murphy
Dancing on the volcano of lost time.
Photocopy, gouache, pen and ink on board, 2015
48 x 54 cm

John Murphy

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In their own dark.
Photocopy, gouache, pen and ink on board, 2015
48 × 54 cm

John Murphy

John Murphy
Yet Another Effort…
Photocopy, gouache, pen and ink on board, 2015
48 × 54 cm

John Murphy

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Nothing, Wait and See.
Photocopy, gouache, pen and ink on board, 2015
48 × 54 cm

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Words fall like stones, like corpses.
Photocopy, gouache, pen and ink on board, 2015
48 × 54 cm

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Up or Down It’s All the Same.
Photocopy, gouache, pen and ink on board, 2015
48 × 54 cm

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Not there.
Photocopy, gouache, pen and ink on board, 2015
48 × 54 cm

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For the eyes of dogs to come.
Photocopy, gouache, pen and ink on board, 2015
48 × 54 cm

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ARCO

La galerie participe à la 35e édition de la foire ARCO Madrid et présentera un solo show de :

JOHN MURPHY

24 – 28 FEBRUARY 2016

Only professionals:
Wednesday 24 and Thursday 25, from 12 to 8 p.m.

New professional opening hours:
Saturday 27, from 11am to 12pm.

Open to the public:
Friday 26, Saturday 27 and Sunday 28, from 12am to 8pm.

Where:
FERIA DE MADRID
Halls 7 and 9
www.arco.ifema.es

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Breaking Crisis
Works by: Norman Cowie, Elisabeth Marjanović Cronvall & Marta Dauliute, Beatrice Gibson, Jean Herman, Eleni Kamma
with: Eleni Kamma Elisabeth Marjanović Cronvall & Marta Dauliute
Screening
Sat, 06.02.2016
12:00 – 14:00
Theatersaal

Actua Tilt, Jean Herman, FR 1960, 12′
The Third Wave, Norman Cowie, US 1995, 3′
Crisis Document. A Survival Guide, Elisabeth Marjanovic Cronvall & Marta Dauliute, SE 2015, 15′
F for Fibonacci, Beatrice Gibson, UK 2014, 16′
Yar bana bir eğlence. Notes on Parrhesia, Eleni Kamma, BE/NL 2015, 37′

The transformation of Western industrial society into a service and information economy is coupled with the unrestricted subjugation of the environment to market imperatives. Financial transactions are executed by computer programs in milliseconds: money makes money. The unequal distribution of wealth and security, evidenced in global refugee movements, produces a sense of permanent crisis. Conversely, new forms of solidarity, resistance, and struggles for democratic rights and economic participation are emerging. Against the background of these volatile developments, this film selection presents an impressive range of artistic and critical analyses of the present.

Eleni Kamma

YAR BANA BIR EĞLENCE. NOTES ON PARRHESIA
by: Eleni Kamma
BE/NL
2015
37′
In her first cinematographic work, artist Eleni Kamma revisits the Ottoman tradition of the Karagöz theatre and its role in the creation of a political voice that defied censorship for a long time. Karagöz symbolizes the « little man » who, through the use of empty phrases, the illogical, the surrealistic, extreme obscenity and repetition, speaks of what people want to hear and need to say. Against this background, Yar bana bir eğlence. Notes on Parrhesia reflects upon the term « parrhesia », which implies not only the freedom of speech, but also the obligation to speak the truth for the sake of the common good, even at personal risk. This is where Kamma links to the Gezi Park protests in 2013, in which humour and creativity were key elements of resistence. Archival footage and staged scenes alternate with Cypriot, Greek and Turkish Karagöz masters discussing language, history and the political message of their art today.

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Jacques Charlier
– Rio de Janeiro (Brazil), The importance of being, 16 décembre – 14 février 2016
– Grand-Hornu (B), Jacques Charlier, peinture sur tous, Mac’s, du 28 février au 22 mai 2016 (solo)

Olivier Foulon
– Bruxelles (B), Mind Fabric, A.VENU.DE.JET.TE, institut de carton, du 23 janvier au 28 mai 2016

Eleni Kamma
– Berlin (D), Breaking Crisis, screening, Transmediale, Haus der Kulturen der Welt, le 6 février 2016

Aglaia Konrad
– Basel (CH), Sitting on a branch, Von Bartha, du 29 janvier au 26 mars 2016

Charlotte Lagro
– Hasselt (B), Het Kabinet, CIAP, du 5 au 28 février 2016 (solo)

Sophie Langohr
– Bruxelles (B), L’image qui vient, Iselp, institut supérieur pour l’étude du langage plastique, du 22 janvier au 19 mars

Jacques Lizène
– Paris (F), conversation avec Constance Guisset, projections vidéo, fin indéterminée

Emilio Lopez-Menchero
– Héron (B), L’Homme Bulle, Maison des Jeunes de Héron, à partir du 30 septembre

John Murphy
– Bruxelles (B), What is past is prologue, Rectangle, 26 novembre – février 2016
– Madrid (Es), Arco Madrid 2016, galerie Nadja Vilenne, du 21 au 28 février (solo)

Walter Swennen
– Düsseldorf (D), Ein perfektes Alibi, Kunstverein für die Rheinlande und Westfalen, 28 novembre – 14 février 2016
– Rio de Janeiro (Brazil), The importance of being, 16 décembre – 14 février 2016

Charlotte Lagro

Charlotte Lagro est invitée à occuper le « Kabinet » du CIAP à Hasselt durant ce mois de février.
Du 5 au 28 février 2016
Vernissage le jeudi 4 février dès 18h30

CIAP vzw, Lombaardstraat 23, B-3500 Hasselt

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