Archives mensuelles : mai 2016

Raphaël Van Lerberghe, Pied-de-poule et Formica, chez Lustre

Raphaël Van Lerberghe

Pied-de-poule et Formica
Edition/exposition

Les éditions Lustre et Raphaël Van Lerberghe vous invitent au 292, chaussée d’Alsemberg 1190 Bruxelles pour la sortie du Plié #20 et d’autres pièces.

Les pliés sont imprimés sur une feuille 50 cm x 70 cm.
Ils peuvent se lire ouverts en poster ou fermés sous forme d’un livret à découper, ou non.
Selon le nombre de plis, le format et le nombre de pages varient.

Vernissage vendredi 13 mai, 18-21h
Ouvert les samedis 14 et 21 mai, 14-18h
Finissage le vendredi 27 mai, 18-21h

Aglaia Konrad, From A to K, Museum M, Leuven (3)

Aglaia Konrad

Aglaia Konrad
China Rushes, 2009
20 moniteurs, vidéo, couleurs, son

China Rushes #01 Shenzen Tower 2006, Beijing 2000, Shanghai 2000, Chongquing 2006
China Rushes #02 Chongquing 2006
China Rushes #03 Shanghai 2000, Chongquing 2006, Shanghai 2000
China Rushes #04 Chongquing 2006, Guangzhou 2006, Beijing 2000, Shanghai 2000
China Rushes #05 Hongkong 2006, Shanghai 2000
China Rushes #06 Beijing 2000, Shanghai 2000
China Rushes #07 Guangzhou to Shanghai 2005
China Rushes #08 Shanghai 2000, Beijing 2000
China Rushes #09 Beijing 2006, Shanghai 2000
China Rushes #10 Chongquing 2006
China Rushes #11 Hongkong 2006
China Rushes #12 Lhasa 2006
China Rushes #13 Beijing 2000, 2006, Shenzen 2006, Hongkong 2006
China Rushes #14 Beijing 2000, 2006, Shanghai 2000, Chengdu 2006
China Rushes #15 Hongkong 2006, Beijing 2000, Chongquing 2006, Shanghai 2000
China Rushes #16 Guangzhou 2006
China Rushes #17 Shanghai 2000, Beijing 2000
China Rushes #18 Hongkong 2006
China Rushes #19 Beijing 2000
China Rushes #20 Chengdu 2006

Aglaia Konrad

Unedited observations: men pulling a big metal tank over the road; women sitting besides a walkway, waiting and talking; people waiting in the train station hall with voluminous, improvised packages; ships passing in a harbor (Shanghai); people on bikes and mopeds impatiently waiting for the lights to change; a loud ghetto blaster playing waltz music in the park while people dance in full concentration and seemingly without a trace of enjoyment; traffic spiraling up towards a bridge; a truck leaving a smoke-black cloud behind it as it climbs, weighed down by its heavy load; people in a misty park wandering · around withot1t direction, staring directly at the camera lens; two people waiting, sitting on loads, talking and gesticulating franticly; an unoccupied waitress rearranging empty cups and glasses to loud music at the far end of a hall; etc. etc.

Aglaia Konrad

Aglaia Konrad

Aglaia Konrad
Dakar Cuts, 2001-2016
Impression UV sur carton nid d’abeille

Aglaia Konrad

Dakar Cuts
architecture, drawing in the sand
A man decides to build a house for himself and his family. The piece of land he has purchased has already been leveled but he needs to make it look occupied. Having saved a little money, he can afford to buy some bricks and these need to be stored
safely. The need to occupy the land, and to store the bricks, can be met by fixing the bricks in a provisional floor plan consisting of two layers. This means the man can now save up more money for the subsequent layers until the walls are high enough to be covered by a concrete slab that can function as a roof, or as the second floor of the house. Building a house can be a lifetime occupation, whereas a village can resemble a museum of drawings in the sand.

Aglaia Konrad

Aglaia Konrad

Aglaia Konrad
Ruckbaukristalle, 2015
Déchets divers et modifiés

Dans les salles 24 et 25, Aglaia Konrad déploie les Rückbaukristalle. Il s’agit de débris et gravats ramenés de chantiers de démolition des villes qu’elle a visitées. Elle donne donc une seconde vie à ces déchets (comme les panneaux de verre de l’Astro Tower) – avec un côté brut et non travaillé, et l’autre côté poncé et brillant.

Aglaia Konrad

Aglaia Konrad, Carrara Cut, 2013
Pigment digital print on fibaprint mate 280 gr and aluminium
200 x 100 cm

Pour Aglaia Konrad, la photographie, le livre, la copie et le dispositif d’exposition sont toujours intrinsèquement liés. Ainsi a-t-elle marouflé à même la cimaise un ensemble de photocopies des pages de son livre «Iconocity», nommant cette nouvelle déclinaison du travail «Iconocopycity», singulière remise en page du travail à même le mur. Cette fois, Aglaia Konrad reprend les pages de son livre sur les carrières de Carrare, un livre conçu comme un séquençage d’images, cadrées au cordeau, coupées comme sont découpés les blocs de marbre. Ces nouvelles séquences d’images, marouflées sur la surface miroitante de plaques d’aluminium s’appellent tout naturellement Carrara Cut.

Sophie Langohr, Something precious, CHU Liège, une introduction

Sophie Langohr

A l’invitation de Julie Bawin, Sophie Langohr a produit le projet Something Precious dans le cadre du cycle “Artistes à l’hôpital”. Né 2012 d’une collaboration étroite entre le Musée en Plein Air du Sart- Tilman et le Centre hospitalier universitaire de Liège, ce cycle a pour objectif de proposer, par le biais d’interventions dans l’espace même de l’hôpital, une expérience nouvelle à la fois pour les patients et l’équipe médicale, mais aussi pour les nombreux visiteurs et le personnel administratif. Il s’intègre également à la philosophie de l’architecte Charles Vandenhove qui avait, dès l’origine, invité des artistes (parmi lesquels Sol LeWitt, Niele Toroni, Claude Viallat, Daniel Buren) à intervenir dans l’espace public de l’hôpital.

Lorsque Sophie Langohr confronte la représentation d’une Vierge saint- sulpicienne à un portrait retravaillé de Marion Cotillard pour une publicité Dior (New Faces), ce n’est pas seulement pour instaurer le trouble de la ressemblance. Sa démarche est plus critique qu’elle n’y paraît d’emblée ; basée tantôt sur l’appropriation de photographies existantes (New Faces, Glorious Bodies), tantôt sur la réactualisation d’une tradition picturale ou technique (Les Camées, Drapery), elle décrit la relation passionnelle que nous entretenons avec les images, surtout lorsqu’elles renvoient à une notion aussi impalpable que la beauté. En déjouant les codes publicitaires, Sophie Langohr entend bien sûr dénoncer le prosélytisme consumériste, mais là où d’autres développeraient une entreprise de désacralisation, elle se sert du potentiel esthétique et du pouvoir de séduction des images pour détourner leur portée.

Dans le fil droit de ses projets antérieurs, l’exposition Something Precious pose la question de la valeur accordée à la nature et à l’humain dans une société fascinée par le luxe et la rareté. L’artiste présente des œuvres qui, toutes, basculent d’un univers fabriqué et féérique vers une réalité plus tangible. On le voit d’abord dans une série de photographies en noir et blanc travaillées à partir de publicités pour de la haute joaillerie : seules des formes mystérieuses et irrégulières subsistent. Ordinairement, la retouche numérique vise à parfaire l’existant, à masquer ses défauts jusqu’à atteindre une beauté souvent irréelle ; elle est ici utilisée à contre-emploi pour dissoudre la composition des bijoux raffinés que ces images exhibent, pour en supprimer la brillance et la netteté. L’opération leur confère un aspect brut et organique ; elle renvoie ces objets à leur minéralité originelle tout en préservant leur charge énigmatique. En d’autres termes, si Sophie Langohr s’empare de l’univers du luxe, ce n’est pas pour y porter un regard cynique ou moralisateur, mais bien pour déplacer les valeurs qui y sont véhiculées (le mystère, l’exclusivité, la séduction) vers d’autres réalités en prise avec l’humain et avec la nature.

Ce principe de détournement se retrouve au cœur de deux autres séries. La première consiste en une installation de sculptures obtenues par moulage du creux intérieur de statues religieuses à l’effigie de la Vierge, du Christ, de saints protecteurs (Roch, Joseph, Bernadette) ou martyrs (Pierre). Les tirages reproduisent ainsi dans la même technique que leur « modèle » (bois, plâtre ou céramique) le vide que les sculpteurs ont aménagé au sein des pièces pour les alléger ou par souci d’économie. Sophie Langohr en arrive à donner de la valeur à la matière inexistante et épargnée ; elle en fait des œuvres qu’elle présente sur un socle pour renchérir sur leur caractère « précieux ». A l’instar des bijoux détournés en agrégats minéraux et organiques, ces sculptures constituent des noyaux épousant des contours indéfinissables, singuliers, à la marge de l’abstraction.

Pour l’artiste, cette intervention « consiste à faire littéralement accoucher d’anciennes statues religieuses – des figures aussi bien féminines que masculines – de nouvelles formes dé-genrées, dans un état embryonnaire ».

Les formes de ces pièces répondent par ailleurs à celles qui s’épanouissent dans des tableaux photographiques montrant, selon un point de vue frontal, la base de sculptures religieuses, qui n’est d’ordinaire jamais visible. Ce dévoilement d’une matière insoupçonnée rappelle, une fois encore, la nature dans ce qu’elle présente de plus originel, unique et inachevé. Avec ces œuvres, Sophie Langohr renverse le pouvoir de séduction de la riche et sensuelle iconographie chrétienne, puisque ces images abstraites rayonnent, non pas depuis ce qui est façonné pour nous émerveiller, mais depuis ce qui existe à l’état brut.

Something precious a été pensée et conçue dans le cadre du cycle d’expositions Artistes à l’hôpital, où l’expérience de l’art se mêle à celle des soins et de la guérison. L’éthique du Care que Sophie Langohr a appréhendée au travers de ses activités dans le domaine de la réhabilitation psychosociale constitue d’ailleurs le point de départ de sa réflexion. Apparu dans le sillage de recherches féministes anglo-saxonnes, cet ordre de pensée subversif dans la sphère des sciences humaines désigne une disposition à la sollicitude et à l’attention qu’il convient non seulement de ne plus rattacher au seul genre féminin, mais qu’il faut également revaloriser « dans le but de maintenir, de perpétuer et de réparer un monde qui comprend nos corps, nos personnes et notre environnement ». C’est donc sur la richesse d’un « monde trouvé » que se fonde ici le renouvellement des formes qu’il nous est donné de voir.

Julie Bawin, commisaire de l’exposition avec Sophie Langohr

Jacques Charlier, Peinture pour tous ! Signature au Comptoir du Livre

Jacques Charlier signera le livre paru à l’occasion de son exposition « Peinture pour tous! » actuellement au Musée des Arts Contemporains du Grand Hornu, ce samedi au Comptoir du Livre, en Neuvice, à Liège, de 16 à 19h.

Jacques Charlier

JACQUES CHARLIER, PEINTURES POUR TOUS
Catalogue de l’exposition Jacques Charlier, Peintures pour tous.
Textes de Denis Gielen, Laurent Busine et Sergio Bonati, entretien avec l’artiste.
Couverture cartonnée, format 27 x 21 cm, 96 pages, 60 illustration

Le Comptoir du Livre
En Neuvice, à Liège
ce samedi 6 mai de 16 à 19h

Aglaia Konrad, From A to K, Museum M, Leuven (2)

Aglaia Konrad

Aglaia Konrad & Willem Oorebeek
6 memo’s for the beloved.
System – Curiousity – Memory – Form – Display – Simplicity
Lithographies, 2016

Aglaia Konrad

Aglaia Konrad

Aglaia Konrad

Aglaia Konrad

Aglaia Konrad

Aglaia Konrad

Aglaia Konrad

LAPIDAIRE
Dans la première salle, Aglaia Konrad présente les objets à la manière d’un lapidaire. Cette collection hétéroclite fonctionne comme un index. Les objets sont rassemblés tels des échantillons chez un tailleur de pierres. Ce sont les éléments constitutifs de toute l’exposition.

Aglaia Konrad

Aglaia Konrad
Strong Remains (2AD), 2013-2014)
Pierre naturelle (Nero Marinace) et impression UV sur pierre (Dolomiti)

Aglaia Konrad

Aglaia Konrad

Aglaia Konrad

Aglaia Konrad
Concrete City, 2012
37 cartes postales sous verre, cubes de béton

Pour cette installation, Aglaia Konrad s’inpire de la célèbre scénographie muséale créée en 1968 par l’architecte italo-brésilienne Lina Bo Bardi pour le Musée d’Art de São Paulo. Les peintures y sont présentées sur des supports transparents en verre, dans un socle en béton. Le visiteur peut ainsi voir l’avant et l’arrière du tableau. Dans Concrete City, Aglaia Konrad a pris ce principe pour modèle.
Elle y présente des images de sa collection de cartes postales. Il s’agit de cartes postales touristiques typiques des années 1950-1990, représentant les landmarks architecturaux des villes. Depuis ses premiers voyages, l’artiste collectionne les cartes postales des différents endroits qu’elle visite. Elle présente les cartes postales sous verre, posées sur de petits blocs en béton. Concrete City devient ainsi un monument à l’architecture moderniste en béton, à cette architecture qui fut jadis moderne et pionnière, à ses idéologies sous-jacentes entre-temps (peut-être) dépassées.

Aglaia Konrad

Aglaia Konrad

Aglaia Konrad
Undecided frames (Créteil), 2012.
Photographies couleurs, 54 x 41 cm. Ed. 5/5

Lorsqu’Aglaia Konrad aborde un bâtiment, elle photographie plusieurs fois le même élément. Les négatifs se ressemblent tous, et les différences entre les photos sont infimes. Pourtant, lors du développement, l’artiste doit faire des choix. Pour la série Undecided Frames, elle a choisi de ne pas décider et de présenter deux clichés côte à côte. Le regardeur, quant à lui, est dès lors confronté à une subjectivité obligatoirement liée à une sélection et intrinsèque à la photographie. Face à deux photos quasi identiques présentées côte à côte, le spectateur est amené à redoubler d’attention. S’agit-il de deux images différentes ? Leur sujet est-il toujours le même ? Laquelle de ces images est vraie ? Undecided Frames nous confronte donc à notre manière de regarder et à la façon dont la photographie crée une réalité. Le regard ne cesse de passer d’une image à l’autre. À la recherche des différences, et des similitudes.

Benjamin Monti, La nécessité de répétition, revue de presse (4)

Lu dans l’Art Même #69

L’engouement pour la reprise

Invité par le MAC’s à investir les espaces dévolus au cycle Cabinet d’amateurs, BENJAMIN MONTI (01983, vit et travaille à Liège} offre une exposition généreuse et dense, faisant retour sur sa production des six derniè̀res années.

Hormis ses travaux récents, trois dessins liminaires accueillent le spectateur et font office d’emblème. Réalisés en 1990 lors du décès de sa grand-mère, ces portraits aux crayons mettent en scène Mémée, solidement campée devant un fond bleu colo­ rié à la hâte, fendus de V figurant une myriade d’oiseaux. Les seins sont deux cercles, comme les mains ou le houppier des arbres sucettes plantés sur un sol jaune. C’est saturé et plein, les gestes ne butant qu’aux limites des feuilles A4, pages où se reprennent, s’intensifient ou s’échevellent une série de motifs appelant, jusqu’à épuisement du trait, une image. Trois dessins donc, en forme de pénultième essai, et peut-être déjà, l’amorce d’un programme. Le titre de l’exposition de Benjamin Monti est trompeur: à La nécessité de répétition, on pourrait opposer « l’engouement pour la reprise », titre moins accrocheur il est vrai, à rebours de l’horizon deleuzien convoqué par Denis Gielen, commissaire et auteur du très beau texte ouvrant le catalogue de l’exposition.
Reprise donc, et emprunts incessants. Les illustrations prove­ nant d’almanachs et d’encyclopédies, de manuels scolaires… constituent les « curiosités surannées » dont l’artiste fait son miel. Datant de la fin du 17ième jusqu’au début du 2Qième siècle, cette documentation n’a pas pour mise la nostalgie. Elle témoigne plu· tôt d’un certain élan moderne, de son catéchisme positiviste, de sa foi en l’objectivation souveraine d’un monde en passe d’être définitivement conquis. A grand coup de noms latins et d’orga­ nigrammes, de papiers millimétrés ou de cartes perforées, s’est peu à peu construit puis sédimenté le sol sur lequel nous évoluons. Rien de plus présent que ce passé qui, quotidiennement, sans même qu’il soit explicitement convoqué, justifie l’évidence de nos conceptions politiques et guerrières, heureuses ou viles qu’importe, pourvu qu’elles soient bureaucratiquement transfi­ gurées. La rationalité en guise de Raison forme les entreprises et les nations, le catalogue des sciences et des techniques, notre sens pratique, et somme toute, la fermeture ou l’horizon des possibles, c’est selon.
Sur ce fond toujours agissant, Benjamin Monti colporte d’autres motifs. Très souvent celui du corps, agent et émissaire de l’ordre moral ou naturel qu’il exprime et incarne. Pas moins objectivés que l’Ascaris Méga/acéphale ou la Tgi e de Renoncule avec lesquels ils voisinent, les corps sont chez Monti les figures édifiantes de l’élève, du parent, du bourreau, du martyr, du soldat. Recopiés à l’encre de Chine, ces dessins ou gravures expriment d’abord l’abnégation d’illustrateurs anonymes qui, dans l’hygiénisme de leurs traits et leur suffisance académique, cachent autant qu’ils ne dévoilent la fausse humilité des Grands Educateurs, contempteurs de toutes gaucheries, failles ou dé­ sordres. Ici on dresse et on fouette, mais toujours de façon charitable. Ces choses peuvent sembler loin, mais le dégoût ou la nostalgie pour ce passé ne doit pas faire oublier que, de la gymnastique à la psychomotricité, de l’emmaillotage au « corps libéré », notre anatomie a toujours été l’enjeu de lourds prescris pédagogiques – une véritable affaire d’Etat1.
Comme pour Mémée, cette généalogie n’appelle aucune image conclusive. Il faut à l’artiste une multitude d’associations, de dessins recopiés, parfois détournés, et d’archives. Ce qui chez Monti fait image est l’infinie relance de ces motifs et objets qui, de scène en scène, constituent autant de tableaux. Pas au sens de la peinture, mais plutôt du théâtre: un enchainement de points du vue et de décors qui ne suspendrait jamais le récit et l’action. Voilà peut-être le sens d’un travail qui se déploie au travers de carnets, manuscrits, collection de supports matéria­ lisant au sens propre une histoire faisant corps avec le présent de la pratique, elle-même solidaire d’une multitude d’archétypes et pourtant irréductible à ceux-ci. Rien ne se répète non, mais tout se reprend.
Benjamin Monti aime citer ce texte de Michaux, tiré de Les com- ·
mencements (1983) :
« L’enfant à qui on fait tenir dans sa main un morceau de craie, va sur la feuille de papier tracer désordonnément des lignes encerclantes, les unes presque sur les autres. Plein d’allant, il en fait, en refait, ne s’arrête plus
En tournantes, tournantes lignes de larges cercles maladroits, Emmêlés,
Incessamment repris
Encore, encore
Comme on joue à la toupie
Cercles. Désirs de la circularité
Place au tournoiement »
L’enfant devenu artiste ne fait finalement pas autre chose, le cercle s’est juste progressivement chargé d’histoires naturelle et sociale, d’une foule de manuels scolaires et d’épreuves adminis­ tratives. Mais encore de BD et de littérature, d’une bonne dose de surréalisme aussi {la meilleure). Reste que le tournoiement est resté intact et que les images, singulières et indociles, y fourmillent intensément.

Benoît Dusart

Aglaia Konrad, From A to K, Musée M, Leuven (1)

Aglaia Konrad

Aglaia Konrad

Aglaia Konrad
Gelbes Fenster, 2005

Aglaia Konrad

Aglaia Konrad

Aglaia Konrad
Undecided frames (Paris Banlieue), 2012.
Photographies couleurs, 54 x 41 cm. Ed. 5/5

Aglaia Konrad

Aglaia Konrad

Aglaia Konrad
Katzenbaum, 2016

Aglaia Konrad

Aglaia Konrad

Aglaia Konrad

Aglaia Konrad
Atlas I & 2, 2000

Dans le cadre d’Orbis Terrarum, à Anvers, Aglaia Konrad expose six billboard mesurqnt 320 X 480 cm, des images qu’elle a prise à Chandigarh, Hong Kong, Paris, Rotterdam et Tokyo. Ensuite, elle découpera ces billboard afin de les rassembler en deux monumentaux volumes de chacun 768 pages. Ce sont les Atlas I et II.

Benjamin Monti, La nécessité de répétition, revue de presse (3)

Lu dans Flux News #printemps 2016

D014bis

Flux News

Benjamin Monti (Liège, 1983) expose actuellement dans le Cabinet D’Amateurs du Mac’s, espace dédié aux œuvres nécessitant un cadre intimiste. L’artiste y présente ses dessins à l’encre de chine, une sélection qui révèle sa maîtrise, ses obsessions et la poésie de ses collages imaginaires qui forment sa propre encyclopédie plastique.

Car on peut clairement parler d’encyclopédie à l’égard de l’œuvre de Benjamin Monti. Non seulement par la somme des dessins qu’il continue d’exécuter de façon presque compulsive
(Seule une petite centaine, datée entre 2009 et 2015, est montrée dans l’exposition) mais aussi par la déclinaison sérielle du corpus formel que l’artiste développe depuis des années.
Sous nos yeux se déclinent cahiers d’écoliers, feuilles d’encyclopédies, papiers déchirés, carnets d’étude ou encore cartes perforées trouvés ça et là. Ces supports, l’artiste se les approprie ou plutôt se les réapproprie minutieusement en les recadrant ou en y ajoutant personnages d’enfants et saynètes, issus de sa collection, pour réinventer de nouvelles images hybrides. Parfois Benjamin Monti joue avec la transparence du papier pour créer des superpositions et des jeux de rapport entre images imprimées et images mentales afin de formuler des interprétations différentes (Sans titre (cahier Memling), 2010). Dans la série des
Histoires naturelles, il exploite les blancs laissés autour des dessins appliqués de l’écolier pour métamorphoser agave ou renonculus et les transposer dans une autre dimension. Chaque intervention est l’occasion de laisser l’esprit vagabonder et de raconter de nouvelles histoires. Certaines séries ne comportent cependant aucune hybridation facétieuse. L’artiste y joue plutôt avec le support trouvé, n’investissant non plus les marges mais le centre, comme dans les cartes perforées de la Société « Courage-Organisation ». Ainsi, dans la série (D’)après la bataille (2013), il copie trait pour trait les scènes de bataille napoléonienne trouvées sur des chromolithographies déchirées et abandonnées dans l’usine Boch. L’encre de chine posée à la plume en épouse les déchirures donnant à voir des scènes incomplètes. C’est alors à nous de les compléter mentalement et d’imaginer – pourquoi pas – l’apparition d’un dragon provoquant la torpeur des soldats.

De toutes les séries proposées, trois petits dessins colorés se détachent. Trois dessins représentant un même personnage souriant, entouré d’un ciel d’un bleu éclatant. Différents, ils prennent pourtant tout leur sens dans l’exposition et relient l’ensemble des préoccupations de Benjamin Monti. Il s’agit de dessins, retrouvés par hasard, que l’artiste a réalisé le jour de la mort de sa grand-mère de manière à conserver d’elle le souvenir le plus heureux.
Et là, tout y est : l’enfance, la mort, la vie. Et cette inlassable répétition qui rythme l’exposition. Elle s’avère nécessaire – comme l’indique le titre général – à l’apprentissage du langage. Ainsi, tel un écolier, l’artiste copie, redit, répète des motifs chinés à gauche et à droite afin de se les réapproprier. Comme s’il s’agissait d’une incantation, ces répétitions, redites et copies emmènent l’image vers une autre symbolique poétique qui trouvera tout son sens dans l’encyclopédie réinventée de Benjamin Monti.

Céline Eloy

Agenda Mai 2016

Jacques Charlier
– Grand-Hornu (B), Jacques Charlier, Peinture pour tous !, Mac’s, Musée des Arts Contemporains, du 28 février au 22 mai 2016 (solo)
– Charleroi (B), Uchronies, collection de la Province du Hainaut et du BPS22, BPS22, du 27 février au 29 mai 2016

Olivier Foulon
– Bruxelles (B), Mind Fabric, A.VENU.DE.JET.TE, institut de carton, du 23 janvier au 28 mai 2016
– Bruxelles (B), De 1 à 6 joueurs, 10 ans et +, SIC, du 18 mai au 5 juin 2016
– Leuven (B), Tokonoma dans From A to K, Museum M, du 29 avril au 18 septembre 2016

Honoré d’O
– Meymac (F), Tous Belges, centre d’art contemporain de l’abbaye de Saint André, du 20 mars au 19 juin
– Ostende (B), Honoré d’O, Holy Molecule, MuZee, 16 avril – 4 septembre 2016 (solo)

Suchan Kinoshita
– Leuven (B), Tokonoma dans From A to K, Museum M, du 29 avril au 18 septembre 2016

Aglaia Konrad
– Leuven (B), From A to K, Museum M, du 29 avril au 18 septembre 2016 (solo)

Sophie Langohr
– Meymac (F), Tous Belges, centre d’art contemporain de l’abbaye de Saint André, du 20 mars au 19 juin
– Maastricht (PB), Traversées, selected works from the art collection of the Province of Liege, Gouvernement aan de Maas, 18 mars – 20 mai 2016
– Liège (B), Something Precious, CHU Liège, commissaire Julie Bawin, 29 avril – 2 juillet 2016

Jacques Lizène
– Paris (F), conversation avec Constance Guisset, projections vidéo, fin indéterminée
– Maastricht (PB), Traversées, selected works from the art collection of the Province of Liege, Gouvernement aan de Maas, 18 mars – 20 mai 2016
– Liège (B), Homomigratus, comprendre les migrations humaines, Musée de la vie wallonne, du 30 avril au 11 décembre 2016
– Liège (B), Available for reference, galerie Yoko Uhoda, du 29 avril au 29 mai 2016
– Hauterives (F), Le Palais Idéal des égos étranges, Palais Idéal du Facteur Cheval, du 29 avril au 28 août 2016

Emilio Lopez-Menchero
– Tourcoing (F), Eugène Leroy en miroir, histoire d’onde, histoires d’eau, musée des Beaux-Arts, 28 avril – 18 septembre 2016

Jacqueline Meesmaeker
– Bruxelles (B), De 1 à 6 joueurs, 10 ans et +, SIC, du 18 mai au 5 juin 2016

Benjamin Monti
– Grand-Hornu (B), La nécessité de répétition, Cabinet d’amateur n°10, Mac’s, musée des arts contemporains, du 13 mars au 3 juillet 2016 (solo)
– Meymac (F), Tous Belges, centre d’art contemporain de l’abbaye de Saint André, du 20 mars au 19 juin
– Turnhout (B), Mens en machine, De Warande, du 19 mars au 22 mai 2016

Eran Schaerf
– Leuven (B), Tokonoma dans From A to K, Museum M, du 29 avril au 18 septembre 2016

Raphaël Van Lerberghe
– Bruxelles (B), De 1 à 6 joueurs, 10 ans et +, SIC, du 18 mai au 5 juin 2016
– Bruxelles (B), Pied de poule et Formica, Lustre, du 13 au 27 mai 2016

Walter Swennen
– Bruxelles (B), un voyage en mer, Charles Riva Collection, du 20 avril au 18 juin 2016
– Leuven (B), Tokonoma dans From A to K, Museum M, du 29 avril au 18 septembre 2016