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Jacques Lizène, Souvenirs de Voyage, collection Antoine de Galbert, musée de Grenoble

Jacques Lizène participe à l’exposition « Souvenirs de Voyage, collection Antoine de Galbert », au musée de Grenoble.

Jacques Lizène
Art syncrétique 1964, sculpture génétique culturelle 1984, en remake 2011,
fétiche africain croisé danseuse asiatique, technique mixte.

Alors que la Maison rouge a fermé ses portes à la fin de l’année 2018, le musée de Grenoble propose une exposition de la collection personnelle de son fondateur Antoine de Galbert. C’est à Grenoble dont il est originaire que naît sa passion pour l’art alors qu’il devient galeriste, activité qu’il abandonne rapidement pour se consacrer à la constitution de sa collection. Réunie au cours de ses 30 dernières années, cette dernière apparaît aujourd’hui comme l’une des plus singulières collections privées françaises. Elle est un autoportrait en creux de son auteur, pour qui le domaine de l’art est avant toute chose celui de la liberté.

De l’activité du collectionneur à l’imaginaire des villes, des scènes artistiques anglo-saxonne ou belge à l’Afrique du sud, de la folie au « corps en morceaux », du zen à l’écologie, en passant par une rêverie sur le cosmos et le « dernier voyage »,lacollectiond’AntoinedeGalbert,« douceetluxueusethérapie », comme il le dit lui-même, met en lumière son goût du décloisonnement tout en reflétant ses obsessions les plus profondes. À rebours d’une vision parfois austère et aseptisée de l’art contemporain, cette collection n’hésite pas à faire dialoguer l’art conceptuel et les cultures populaires, les tenants de l’art brut et les artistes émergents. Cherchant à dépasser les théories qui enferment et une histoire de l’art toute tracée, abolissant les frontières et privilégiant le mélange des genres, Antoine de Galbert aime à se frayer un chemin hors des sentiers balisés considérant, que l’époque dans laquelle nous vivons a plus que jamais besoin de magie, de mystère, de simplicité et d’universalité.
L’exposition Souvenirs de voyage se déploie en 17 salles abordant chacune un sujet particulier, de la notion de « Collection » à l’obsession de la mort ou « Dernier voyage » comme l’a ironiquement qualifié Antoine de Galbert. Elles constituent autant de thèmes sous-jacents de la collection et sont les illustrations des différentes facettes de la sensibilité de son propriétaire.

Antoine de Galbert collectionne des artistes dont il se sent proche, dont il partage les obsessions. Les « artistes -collectionneurs », les accumulateurs en tous genres, soit la grande famille des « chiffonniers » ou « recycleurs » qui hantent les écrits de Walter Benjamin sont légions dans sa collection. L’indécence, la trivialité comme la subversion sont également des constantes de la création d’Edward Lipski, de Ben, de Hans-Peter Feldmann, de Jacques Lizène ou de Thibaut de Gialluly, qui ouvrent le parcours de l’exposition. La place de ces turbulents de l’art ici répond à une conviction intime, à l’idée que l’art contemporain n’existe, pour reprendre les termes de Jean de Loisy, qu’en vue de « mettre en turbulence les convictions […] de faire exploser les règles convenues. »

Musée de Grenoble
5, place Lavalette
38000 Grenoble
Du 27 avril au 28 juillet.