Archives mensuelles : mai 2020

Jacqueline Mesmaeker, Ah Quelle Aventure à BOZAR, une introduction, par Michel Baudson (2)

Après une première carrière consacrée au stylisme et à la mode, Jacqueline Mesmaeker décida en 1974 de poursuivre ses études supérieures à l’école de la Cambre dans les ateliers de Peinture et Espace tridimensionnel puis d’Espace Urbain. Depuis lors, elle n’a cessé d’affirmer l’évidente originalité de sa personnalité artistique et d’amplifier la diversité de propos et la justesse de tonalité poursuivies pendant ces cinq décennies.
La disposition des œuvres exposées dans la dizaine de salles qui lui sont consacrées à BOZAR, contrairement à la plupart de ses expositions précédentes, ne se focalise pas sur l’un ou l’autre moment de l’évolution de son travail mais propose de rendre compte de l’abondance de ses inspirations visuelles ou notes de lecture, développées ou insérées dans ses peintures et dessins, films et vidéos, photographies ou environnements, livres d’artistes ou multiples. Des
objets divers de valeur historique ou sentimentale, des interventions dessinées dans ses livres préférés, ou des souvenirs familiaux et documents d’archives personnelles exposés en vitrine complètent sa quête.
Afin de mettre en évidence le foisonnement de ses intérêts et de leur acuité culturelle, cette exposition n’a pas été pensée comme une rétrospective chronologique, mais comme un parcours dans la multiplicité de sa production, une promenade autant sentimentale que prospective dans ses mises en perspective inspirées par l’esprit des Lumières, disposées telle une bibliothèque large- ment ouverte à la diversité de nos curiosités. Sa visite in- cite à feuilleter les pages visuelles qu’elle nous propose. Elle y évoque ses lectures, de Lewis Carroll à Melville, de Montesquieu à Chateaubriand ou Valéry Larbaud, de Thomas Hardy à Edith Wharton et aux romans noirs, parmi bien d’autres. Mais l’artiste nous permet aussi de partager l’acuité de son regard et de son attention à rendre compte de l’inaperçu ou du recélé, à interroger notre présence sensible au monde d’aujourd’hui, d’hier ou à venir, par- delà l’obsession de sa seule contemporanéité. À l’instar des mots qui les accompagnent parfois, ses œuvres n’y font pas seulement sens ; elles éveillent l’attention visuelle et ravivent les impressions ou les perceptions enfouies dans nos mémoires personnelles. Ses images fixes ou mouvantes nous confrontent à des perceptions indicibles, nous détournant de l’immédiateté de leur représentation. Où l’adage de Jacqueline Mesmaeker J’ai vu que tu n’as pas vu devient un clin d’œil de sympathie artistique. Puisse la liste de quelques-uns des titres des œuvres réalisées de 1975 à aujourd’hui, qui suit ici le cheminement de leur apparition au long des salles, inspirer au visiteur le désir de prendre le temps nécessaire à leur imprégnation : Cascades de Mots, Les Portes Roses, Stèle, Il pleut, La Mer, Les Antipodes, L’Androgyne, Les Péripéties, Le Salon des Placards, Introduction Roses, Les Charlottes, La Serre de Charlotte et Maximilien, Les Lucioles, Surface de Réparation, La Pêche à la lumière.

Michel Baudson

Jacqueline Mesmaeker
J’ai vu que tu n’as pas vu, 2006-2011
Réalisation: Jacqueline Mesmaeker
Prise de vue: Reggy Timmermans
Montage: Jacqueline Mesmaeker
Assistance au montage: Gérard Fenerberg, Philippe Van Cutsem, Reggy Timmermans
Photos: Luc Noël
9’25’’, mini DV numérisé, couleur, son
Collection MuZee, Ostende et courtesy galerie Nadja Vilenne.

Jacqueline Mesmaeker werkte aanvankelijk als stiliste en modeontwerpster. In 1974 ging ze verder studeren in Ter Kameren, eerst in de ateliers voor schilderkunst en driedimensionale ruimte, daarna in het atelier voor stedelijke ruimte. Ze toonde zich als kunstenares onmiddellijk bijzonder origineel en is dat nog steeds. Kenmerkend voor haar oeuvre zijn de toenemende verscheidenheid aan artistieke expressie en de niet aflatende zoektocht naar de juiste nuance.
In tegenstelling tot wat het geval was bij eerdere ten- toonstellingen, wordt in de elf zalen van BOZAR waarin haar werken te zien zijn, niet gefocust op bepaalde mo- menten uit haar evolutie: uitgangspunt is de grote ver- scheidenheid aan visuele inspiratiebronnen en leesaanteke- ningen die ze verwerkte in haar schilderijen, tekeningen, films, video’s, foto’s, environments, kunstenaarsboeken en edities. Haar zoektocht wordt in vitrines geïllustreerd met objecten van historische of sentimentele aard, tekeningen in haar lievelingsboeken, familiesouvenirs en documenten uit haar eigen archief.
Bij een chronologisch overzicht zouden haar vele belangstellingssferen en hun culturele pertinentie onvoldoende uit de verf komen. Daarom is hier gekozen voor een weg door haar veelzijdige oeuvre, een wandeling waarin niet alleen het gevoel een rol speelt, maar ook het uitzicht op Verlichtingsperspectieven die als evenzovele boeken in een bibliotheek uiteenlopende vormen van nieuwsgierigheid kunnen aanspreken. De tentoonstelling is een opeenvolging van visuele pagina’s, geïnspireerd door werk van onder anderen Lewis Carroll, Herman Melville, Montesquieu, Chateaubriand, Valéry Larbaud, Thomas Hardy, Edith Warthon en de roman noir. Ze nodigt uit om te kijken met de scherpe blik van Mesmaeker, om samen met haar aandacht te hebben voor wat meestal onopgemerkt of verborgen blijft, om vragen te stellen bij onze zintuiglijke omgang met de huidige, vroegere en toekomstige wereld en daarbij de obsessie met het hedendaagse los te laten. Net zoals de woorden die haar werken soms begeleiden, zijn deze laatste niet alleen zinvol, maar doen ze ons ook aandachtig kijken en raken ze aan indrukken en waarnemingen die diep in ons geheugen zijn opgeslagen. Zowel haar vaste als haar bewegende beelden overstijgen hun eigen onmiddellijkheid en confronteren ons zo met wat in de waarneming onzegbaar blijft. Haar adagio Ik heb gezien dat jij niet hebt gezien is dan ook een knipoog van artistieke sympathie.Ik eindig met een opsomming van enkele van haar werken van na 1975 zoals ze elkaar in de zalen opvolgen, in de hoop dat ze bij u het verlangen wekken om ze rustig bij u te laten binnenkomen: Cascades de Mots, Les Portes Roses, Stèle, Il pleut, L’Androgyne, La Mer, Les Antipodes, Les Péripéties, Le Salon des Placards, Introductions Roses, Les Charlottes, La Serre de Charlotte et Maximilien, Les Lucioles, La Pêche à la lumière, Surface de Réparation.

Michel Baudson

Agenda Juin 2020

Brecht Koelman

– Liège, Circuit Court galerie Nadja vilenne, du 10 juin au 12 juillet 2020

Jacqueline Mesmaeker

– Bruxelles (B), Jacqueline Mesmaeker, Ah, quelle aventure ! BOZAR, du 19 mai au 21juillet 2020

Benjamin Monti

– Morlanwelz, Bye Bye Future! L’art de voyager dans le temps, Musée royal de Mariemont, prolongée jusqu’au 25 octobre 2020

Loic Moons

– Liège, Circuit Court galerie Nadja vilenne, du 10 juin au 12 juillet 2020

Gaëtane Verbruggen

– Liège, Circuit Court, galerie Nadja vilenne, du 10 juin au 12 juillet 2020

Jacqueline Mesmaeker, Ah Quelle Aventure à BOZAR, revue de presse (3)

Michel Verlinden dans Bruzz :

Colette Dubois dans Flux

Ines Minten dans De Standaard

Circuit Court, Brecht Koelman, Loic Moons, Gaëtane Verbruggen, à la galerie du 1er juin au 12 juillet

La galerie Nadja Vilenne a le plaisir de vous annoncer sa réouverture après ces quelques semaines de confinement et invite trois jeunes artistes, trois jeunes peintres à investir le lieu. Ces trois monographies seront accessibles dès ce lundi 1er juin, jusqu’au dimanche 12 juillet. Dans le respect des règles sanitaires, afin de vous assurer une visite sûre et agréable, la galerie sera  accessible du mardi au dimanche de 14 à 18h, uniquement sur rendez-vous en téléphonant au 0475.90.52.26. 

Loic Moons
Gaetane Verbruggen
Brecht Koelman

Jacqueline Mesmaeker, Ah Quelle Aventure à BOZAR, revue de presse (2)

Dans le quotidien L’Echo, cet article de Xavier Flament

Sur le site Enola, cet article de Gino Vandenborne

Dans le Standaard, qui avait déjà publié le portrait de l’artiste dressé par Saskia Decoster, juste avant le confinement (lire ici), ce rappel :

Jacqueline Mesmaeker, Ah Quelle Aventure à BOZAR, revue de presse (1)

Dans le quotidien Le Soir :

Dans le quotidien De Tijd, ce texte de Thomas Peeters :

Marcel Broodthaers n’est jamais loin dans cette première grande exposition de la Belge Jacqueline Mesmaeker (91) à Bozar. Elle utilise de nombreux objets du quotidien, mais son art ne peut être saisi d’un seul coup d’œil. Vidéos, photographies, installations et aquarelles font toutes partie de l’univers poétique de Jacqueline Mesmaeker.

Le musée Reina Sofia de Madrid possède des œuvres de cette femme de 91 ans, que les amateurs d’art appellent parfois « la Louise Bourgeois belge ». Pourtant, elle n’est guère connue dans notre pays. Sans doute parce qu’elle a toujours refusé de participer au circuit commercial de l’art. Et aussi parce que son art ne peut être appréhendé d’un seul regard. « ll est possible que le spectateur s’en aperçoive à peine », écrit Saskia De Coster à ce sujet dans le guide du visiteur de « Ah, quelle aventure ! Ce sentiment d’insaisissabilité s’applique à l’ensemble de l’œuvre de Mesmaeker. L’écrivaine parle certainement de « Melville 1891 », l’oeuvre située dans la dernière salle de l’exposition à Bozar. Dans une pièce sombre, nous contemplons une image en noir et blanc de fleurs foisonnantes et la maquette flottante d’un bateau. Que signifie exactement ce naufrage dans les nuages ? Je ne sais pas. Mais quel sensationnel mystère.

La mer

Les bateaux et la mer sont des thèmes récurrents. L’installation vidéo « Antipodes » représente l’océan Pacifique par une projection renversée de la mer du Nord. L’image est basée sur l’idée que l’on se retrouve dans l’océan Pacifique si l’on perce une épingle au travers du globe terrestre depuis la Belgique.

L’énigmatique série d’aquarelles « Mer » de 1978 a également traversé sans effort l’épreuve du temps. Autre oeuvre très forte de témoignant de son interêt pour la mer, cette lithographie en couleur d’une peinture marine. Mesmaeker l’a simplement posée à Bozar sur une table blanche et sous six blocs de marbre. Elle a fixé au mur un dessin dont la lithographie semble avoir été inspirée.

Elle a réalisé cette dernière elle-même suivant l’inspiration du moment, explique le commissaire Luk Lambrecht. La même chose s’est produite lorsque l’artiste a examiné l’installation « La Serre de Charlotte et Maximilien », une œuvre qu’elle avait réalisée en 1977 et qui a été reconstituée. L’œuvre d’art représente un serre en verre et bambou récupéré. Dans un coin inférieur, une projection de Mickey Mouse se reflète sur la vitre. Pourquoi cette intervention impulsive ? Parce que dans son esprit, cela correspondait à l’architecture Horta de Bozar. Son travail est insaisissable, « comme le sable qui glisse entre les doigts », affirme Lambrecht. Avec sa collègue Lieze Eneman du cc Strombeek, il a conçu la présentation des trente-six œuvres en trois parties. La première partie se concentre sur la relation entre sa pratique artistique et le langage et la littérature. Ici et là, vous découvrez des colonnes de mots parallèles. Il s’agit principalement de mots  » courants « , quotidiens, et parfois de jeux de mots tels que l’allitération.

Dans la deuxième partie, l’accent est mis sur des objets de son univers familier et de ses nombreuses collections : cartes postales d’amis, des invitations pour des vernissages, et même un reproduction d’un des murs de son appartement à Ixelles. La confrontation de ses absurdes exercices linguistiques et de l’utilisation mystérieuse d’objets quotidiens vous fait inévitablement penser à Marcel Broodthaers, son contemporain.

Pourtant, ce sont ses insondables aquarelles et vidéos qui persistent le plus longtemps.  Tout ce que elle fait ou entre dans son univers artistique se pose dans en son théâtre vivant : Mesmaeker va à la recherche de la poésie dans le quotidien. Ou comme elle le dit elle-même :  » Je veux lever le voile du monde familier qui nous entoure. Il a tant de tonalités invisibles à partager avec le spectateur ».

Jan Hoet

Jacqueline Mesmaeker s’est épanouie tardivement dans le monde de l’art. Elle a commencé dans les années 60 comme styliste et décorateur d’intérieur et a même travaillé comme designer dans un grand magasin. L’innovation.

Elle étudie l’art durant les années 70 et produit ses premiers oeuvres alors qu’elle a 45 ans Jan Hoet l’invite en 1980, dans son exposition « L’art en Europe après 68 ». Elle y est une des rares artistes femmes  Mais cela ne provoque pas de percée majeure.  Peut-être que le fait d’être une femme a à voir avec cela, glisse la commissaire Lieze Eneman  Dans une récente interview, Jacqueline Mesmaeker affirme elle-même : « Je soutiens certainement la lutte pour l’égalité entre les hommes et les femmes, mais ce n’est pas mon combat. Les hommes n’ont pas pris ma place ni ne m’ont effacée. J’étais très seule, cela a peut-être aidé ».

Son travail exige également une grande attention de la part du spectateur. Serait ce également à cause de cela ? »était très seul.

Son travail exige également une grande attention le spectateur. C’est peut-être aussi à cause de cela ? Eneman fait un clin d’œil : « Peu d’artistes engagent leur vie personnelle d’une manière aussi intense avec leur travail. Son travail n’est jamais terminé non plus, même pas maintenant qu’elle a 91 ans.

Pascal Goffaux sur le site de la RTBF

 

L’entretien de Pascal Goffaux

C’est ici

Jacqueline Mesmaeker, Ah Quelle Aventure à BOZAR, une introduction

Lu cette très belle lettre de Saskia De Coster adressée à Jacqueline Mesmaeker, en guise d’introduction à l’exposition « Ah Quelle Aventure »

SASKIA DE COSTER

NAUFRAGE DANS LES NUAGES

Chère Jacqueline Mesmaeker, 

Je vous écris cette lettre tard ce soir, mais je ne l’affranchirai pas. Les lettres qui n’arrivent pas sont les plus belles. La mienne n’atteindra jamais sa destination, mais peut-être sera-t-elle interceptée, ici, dans la zone d’ombre, dans ces mots qui se succèdent avec désinvolture. Cela fait à présent plusieurs jours que je me suis plongée dans votre oeuvre. Je n’ai pas l’impression d’en être revenue. C’est pourquoi je voulais tout d’abord solliciter la faveur d’une rencontre. 

Vous considérez comme une oeuvre clé la photo de l’endroit où le pompeux château de Versailles ne se trouve pas encore. Un cliché du moment qui a précédé sa construction. C’est une impossibilité de fait, mais une histoire vraie. J’ai vu dans vos travaux les rêves avant qu’ils ne soient rêvés. J’ai vu un monde qui disperse ses traces et se contredit dans mille et un détails. Votre oeuvre évoque, avec une extrême subtilité. Alice tombe encore et encore dans le puits de son pays des merveilles, jusqu’à ce qu’elle arrive de l’autre côté de la terre, dans un autre pays des merveilles. 

Connaissez-vous l’histoire de Kaspar Hauser ? Il est apparu un beau jour sur une place de Nuremberg. Personne ne le connaissait. Il marchait à peine, ne pouvait dire que quelques mots et savait juste écrire son nom. Selon certains, c’était un enfant sauvage, selon d’autres, il était d’origine aristocratique. Il reste un mystère, même si son ADN a été analysé et que son histoire a été consignée cent fois. Il a disparu depuis longtemps dans les brumes du temps, mais il reste présent. 

Je devais bien vous explorer, tôt ou tard. Ou du moins votre oeuvre, qui se laisse tout autant lire que regarder. Chez vous, je vois les grands écrivains, les grands monuments et symboles apparaître comme des êtres vivants qui évolueraient alentour. Et inversement, vous accrochez une cascade de mots au mur, tandis qu’une poire pétrifiée attend que quelqu’un la croque.

Votre oeuvre est pour moi une découverte et un soulagement. Ce n’est pas l’oeuvre passéiste d’une grande dame âgée que j’ai découverte. Dieu merci, je n’y ai pas trouvé de retour nostalgique vers une époque inexistante, où tout était encore noir et blanc. Ce n’est pas une tentative de poser des revendications ou de faire de grands gestes, ni un élan phallique vers le plus haut et le plus grand. Votre oeuvre se niche dans les failles et les interstices, repérable aux billets roses qui dépassent ou à une lumière qui clignote juste un peu trop fort pour être naturelle. 

Au début, je voulais solliciter une rencontre, mais je pense que j’ai déjà rencontré votre esprit. Dans le jeu de chaises musicales du presque invisible que vous dirigez. Dans un naufrage au milieu des nuages. Il est possible que le spectateur s’en aperçoive à peine. L’histoire qui ne sait pas résister parce que le temps et l’espace changent, ainsi que l’angle de vue. C’est à la liberté que je goûte à travers votre oeuvre. 

Entre-temps, il fait nuit et je vois votre travail avec les yeux fermés. La façon dont les oiseaux convergent en plongeant de tous les coins de la pièce, se mêlent et picorent les restes de pain hors champs. Je m’imagine entrer dans un magasin, regarder à la ronde, tout prendre et sortir. Je me retourne et réalise alors que j’étais là, que j’ai tout touché et que cela a suffi. Je vois ce que vous ne voyez pas. Cela apparaît avant de disparaître à nouveau. 

C’est ainsi que je regarde votre travail. Les yeux désormais fermés. Bonne nuit, à la prochaine lettre.

SASKIA DE COSTER

SCHIPBREUK IN DE WOLKEN

Dag mevrouw Jacqueline Mesmaeker,
Ik schrijf u vanavond laat een brief maar ik zal geen postzegels kopen. Onbezorgde brieven zijn de mooiste. Dit is een brief die zijn bestemming nooit bereikt maar onderweg misschien door iemand anders onderschept wordt, hier, in de schemerzone, in woorden die elkaar onbezorgd opvolgen. Ik heb nu dagen in uw werk verbleven. Ik heb niet het gevoel dat ik eruit ben. Daarom wilde ik u eerst vragen om een ontmoeting. Een sleutelwerk is voor uzelf de foto van de plek waar het bombastische paleis Versailles nog niet staat. Een opname van het moment voor het uit de klei opgetrokken werd. Het is een feitelijke onmogelijkheid, het is een waar verhaal. Ik zag in uw werk de dromen voor ze gedroomd zijn. Ik zag een wereld die zijn sporen verstrooit en zichzelf tegenspreekt in zoveel details. Uw werk stipt aan, uiterst subtiel. Alice blijft maar vallen in de tunnel van haar Wonderland, tot ze aan de andere kant van de aarde uitkomt in een ander Wonderland.

Kent u het verhaal van Kaspar Hauser? Op een dag stond hij op een plein in Neurenberg. Niemand wist wie hij was. Hij kon nauwelijks stappen, amper een paar zinnen spreken en enkel zijn naam schrijven. Er ontstonden honderden verhalen over hem die elkaar tegenspraken. Hij was volgens sommigen een wolfskind, hij was volgens anderen van adellijke afkomst. Hij blijft een mysterie, ook al is zijn DNA doorgelicht en zijn verhaal honderdmaal opgetekend. Hij is allang in de nevelen van de tijd verdwenen maar toch is hij nog aanwezig.

Ik moest u wel op het spoor komen, vroeg of laat. Of tenminste uw werk dat zich net zo goed laat lezen als bekijken. Ik zie de grote schrijvers, de grote monumenten en iconen opduiken bij u alsof het levende wezens zijn die hier nog rondlopen. En omgekeerd hangt u een waterval van woorden aan de muur, en wacht een versteende peer tot iemand zijn tanden erin zet.

Uw werk is voor mij een ontdekking en een opluchting. Ik ontdekte geen werk uit het verleden van een grande dame op hoge leeftijd. Godzijdank vond ik geen nostalgische terugkeer naar de onbestaande tijd dat alles nog zwart

wit was. Het is geen poging om claims te leggen en grote gebaren te maken, geen fallische gooi naar het hoogste en grootste. Uw werk nestelt zich in kieren en spleten, met roze spiekbriefjes die eruit piepen of een licht dat net iets te fel opflakkert om natuurlijk te zijn.

Aanvankelijk wilde ik u vragen om een ontmoeting
maar ik denk dat ik uw geest al ontmoet heb. In de stoelendans van het bijna ongeziene die u aanstuurt. In een schipbreuk in de wolken. Het is mogelijk dat een toeschouwer het nauwelijks ziet. Het verhaal dat geen stand kan houden omdat de tijd en ruimte veranderen en de invalshoek ook. Dat is de vrijheid die ik proef doorheen uw oeuvre.

Ondertussen is het nacht geworden en zie ik uw werk met mijn ogen dicht. Hoe de vogels in duikvlucht uit alle hoeken van de kamer naar elkaar toevliegen, elkaar overlappen en hoe de vogels buiten beeld de kruimels opeten. Ik zie mezelf een winkel binnenwandelen, rondkijken, alles vastpakken en buitengaan. Ik draai me om en besef dan: ik was daar, ik heb alles aangeraakt en

dat volstond. Ik zie ik zie wat jij niet ziet. Het verschijnt en het verdwijnt weer om het hoekje.
Zo kijk ik naar uw werk. Met mijn ogen gesloten nu. Slaapwel en tot in een volgende brief.

Jacqueline Mesmaeker, Ah quelle aventure ! BOZAR, Bruxelles, 19 mai – 21 juillet.

Nous sommes très heureux de pouvoir enfin vous l’annoncer : reportée en raison de l’actuelle crise sanitaire, l’exposition monographique de Jacqueline Mesmaeker organisée par Bozar en collaboration avec Museumcultur Strombeek/Gent (un commissariat confié à Luk Lambrecht et Lieze Eneman en collaboration avec Marie Sardin) ouvre enfin ses portes ce mardi 19 mai dès 12h30. Ha, quelle aventure ! c’est vraiment le cas de le dire. 

JACQUELINE MESMAEKER – AH, QUELLE AVENTURE !

19 MAI – 21 JUILLET 2020 – BOZAR, BRUXELLES

​​​​​​​​Avec Ah, quelle aventure ! BOZAR, en collaboration avec Museumcultuur Strombeek/Gent, présente un large éventail d’œuvres de l’artiste belge Jacqueline Mesmaeker. Elle est née en 1929 à Bruxelles, ville où elle est toujours active. Sa carrière d’artiste visuelle n’a commencé qu’au milieu des années 1970. Plusieurs leitmotivs thématiques et sensibilités littéraires rejoignent ses expériences pionnières en matière de cinéma dans cette exposition conçue comme une promenade dans son œuvre.

​​​​​​​Met Ah, quelle aventure ! presenteert BOZAR, in samenwerking met Museumcultuur Strombeek/Gent, een breed ensemble aan werken van de Belgische kunstenaar Jacqueline Mesmaeker. Ze is geboren in 1929 in Brussel, de stad waar ze nog altijd actief is. Haar carrière als beeldend kunstenaar start pas halverwege de jaren ’70. Enkele thematische leidmotieven, literaire gevoeligheden en haar pionierende experimenten met film komen samen in deze tentoonstelling, die is opgevat als een wandeling door haar oeuvre.

BOZAR, in collaboration with Museumcultuur Strombeek/Gent, presents Ah, quelle aventure !, an extensive body of work by the Belgian artist Jacqueline Mesmaeker. She was born in 1929 in Brussels, where she is still active. Her career as a visual artist started only in the mid-70s. The exhibition is conceived as a walk through her work, and brings together several thematic threads, literary sensibilities and her pioneering cinematic experiments.

HEURES D’OUVERTURE
Le mardi 19.05, cette exposition sera exceptionnellement ouverte à partir de 12h30.
Mar – Dim, 10:00 – 18:00
Fermé le lundi​​​​​​​

Réservations obligatoires en raison de la crise sanitaire. Les  conseils et  consignes pour planifier votre visite, c’est ici

Les  réservations en ligne, c’est ici

Jacqueline Mesmaeker, revue de presse

Dans la dernière livraison de l’Art Même, un texte éclairant d’Olivier Mignon sur les prémices de la carrière artistique de Jacqueline Mesmaeker