Jacques Lizène, Le Jardin du Paradoxe (2)

Jacques Lizène

Jacques Lizène

Jacques Lizène
Sculpture nulle, bétonnière rythmique avec billes et micro sur pied, 1979. En remake
Courtesy galerie Nadja Vilenne, Liège.

Jacques Lizène
Shit painting, peinture à la matière fécale, 1977, en remake 1994
Collection privée, Liège.

Jacques Lizène
Sculpture bétonnière et guitare pioche (Ne pas jouer avec les choses mortes), performance.
2008, DV transféré sur DVD, couleurs, son, 2’01. Production Villa Arson (Nice).
Courte performance de musique non séductive, sculpture nulle bétonnière et guitare pioche, en 2008 à l’occasion de l’exposition « Ne pas jouer avec les choses mortes ». Courtesy galerie Nadja Vilenne

Jacques Lizène

Jacques Lizène

Jacques Lizène
Cadre de cadres, placard à tableau néo dico floral, 1993
Collection privée, Liège. Courtesy galerie Nadja Vilenne

Jacques Lizène

Jacques Lizène
Dessin médiocre façon 1967, où l’on voit l’atelier de l’artiste de la médiocrité qui n’est vraiment pas Picasso. Merde au talent. 1988
Collection Province de Liège, fonds Cirque Divers.

Jacques Lizène

Jacques Lizène

Jacques Lizène

Jacques Lizène
Sculpture génétique (1971), Manzoni croisé Lizène, en remake 2015. Manzoni, merda d’artista (1961) – Lizène, peindre avec sa matière fécale (1977). Être son propre tube de couleur.
Courtesy galerie Nadja Vilenne, Liège.

Jacques Lizène

Jacques Lizène
Peinture maigre (1982), être son propre tube de couleur (1977), peinture à la matière fécale et petit dessin médiocre sur toile libre, 1982.
Collection privée, Liège. Courtesy galerie Nadja Vilenne

Jacques Lizène

Jacques Lizène
Perçu non perçu 1973, Art de Banlieue, banlieue de l’art 1973, Petit maître regardant le bord de la photo, remake 1979.
Courtesy galerie Nadja Vilenne, Liège.

Dans la vitrine :
Collectif Cirque Divers et collectif Art sociologique
Hervé Fischer, Fred Forest, Jean-Pol Thenot.
Sociox, bouillon de culture, 1978.
Hervé Fischer. Pills for every occasion, Les pillules c’est la vie.
Mail art adressé au Cirque Divers
Collection Province de Liège, fonds Cirque Divers.

A propos de la peinture à la matière fécale :

(…) Du papier Q. Voilà! Ma transition est toute trouvée. Jacques Lizène expose au Cirque Divers, en 1978, son premier grand mur à la matière fécale. Oui, le Petit Maître peint avec sa matière fécale. Il est devenu son propre tube de couleur, agissant en parfaite autarcie: manger, digérer, déféquer, peindre avec sa matière fécale, vendre sa peinture pour pouvoir manger, ainsi le cycle est-il perpétuel. Cela le réjouit, assurément, de produire une œuvre emmerdante. On sait que ce n’est pas sa première peinture à la matière fécale. Lors de l’exposition Le Jardin, lectures et relations, au Jardin Botanique de Bruxelles, il a exposé, rappelle Antony Collot24, « une toile monochrome marron. Il s’agit d’une peinture réalisée selon la technique de l’aplat – que Lizène a apprise aux Beaux-Arts de Liège – réalisée avec une seule déjection afin de préserver une cohérence chromatique. Cette première peinture fécale était accompagnée de quelques photographies d’aliments ingérés pour en fabriquer la couleur. Lizène est ainsi fidèle au précepte qu’il définit dans
la nuit du 7 au 8mars de la même année: « Devenir son propre tube de couleur », et, pour ce faire, contrôler son alimentation afin d’obtenir, je cite, des « coloris variés et délicats ». Ce monochrome a été jeté par le concierge qui faisait of ce de gardien d’exposition. On peut considérer cet acte comme les représailles de ce gardien, qui a dû endurer l’effluve de l’œuvre durant toute l’exposition. Mais il est dificile de délier cet acte de toute implication morale, de litige esthétique. C’est suite à la perte de ce monochrome que le Petit Maître liégeois entreprend la réalisation d’une toile de six mètres de long sur laquelle il trace avec sa merde la représentation d’un mur de briques. Cette œuvre, titrée Peinture analitique (analytique), sans y, sera exposée au Cirque Divers l’année suivante, puis en 1979 au Palais des Beaux-Arts de Bruxelles et à la galerie ADDA de Marseille. Elle perd alors son premier titre pour prendre celui de Mur des défécations. Pourquoi un mur de briques? Parce que le mur qui fait face à la clinique d’Ougrée, là où Jacques Lizène a vu le jour, est en briques rouges ! Sa première vision du monde, après le visage de madame Lizène et ceux du personnel médical, fut donc un mur de briques à l’infini de sa mesure de nouveau-né. Il aime aussi à répéter : « Si j’étais un petit maître hollandais, je peindrais des marines. Je suis un petit maître liégeois, né dans une banlieue industrielle: je peins des murs de merde.» (…)

Extrait de : Le Jardin du Paradoxe, Regards sur le Cirque Divers, 2018, Editions Yellow Now.