Marie Zolamian, revue de presse

Lu dans HART ce texte de Colette Dubois

Marie Zolamian à la galerie Nadja Vilenne

Les peintures de Marie Zolamian à la galerie Nadja Vilenne de Liège nous transportent dans un univers imaginaire et onirique faits de créatures hybrides, de visages et de masques ou encore de paysages chimériques. Ces deux dernières années, l’artiste s’est tout particulièrement intéressée aux miniatures du Moyen-Age et les tableaux qu’elle nous propose dans cette exposition sont empreints de ces références. Mais s’il fallait les situer dans une temporalité, ce serait celle de ce moment particulier et quotidien entre veille et sommeil, aux confins du rêve. Alors, un corps peut devenir un arbre, le paysage se transformer en papier peint et le mur carrelé se peupler de visages.

L’artiste me confiait que la plupart de ces tableaux trouvent leur origine dans la résonance entre la peinture médiévale et le monde dans lequel nous vivons et, surtout, dans le plaisir d’approfondir la peinture : un nouveau tube de couleur que l’artiste veut expérimenter peut être le début d’un tableau. Si chaque peinture porte en elle une dimension à la fois inquiétante et familière, elle témoigne aussi d’une grande jubilation. Les créatures étranges qui peuplent ces tableaux ou les espaces singuliers qu’ils décrivent sont avant tout des agencements de couleurs et de formes, de la peinture. Les fonds sont toujours travaillés, souvent ils deviennent le support de motifs répétés. Certains d’entre eux sont constitués de points agencés avec une certaine régularité ou dispersés de manière aléatoire, ils peuvent aussi se transformer en visages ou en fleurs, rejoignant alors le vocabulaire des grotesques de la Renaissance. Et tout cela produit une réelle jouissance de la couleur : des dominantes de verts et de bleus sont ponctuées de formes jaunes et orangées, ou bien une figure ocre se détache sur un fond noir presque transparent. Ici, le fond du tableau fait de jaunes et de verts lumineux est encadré de motifs végétaux tandis qu’au centre des formes mi-humaines, mi-animales se livrent à une étrange bacchanale. Là, le fond fait de verts et de bleus profonds est constellé de petits traits lumineux et acides, une silhouette rose s’étale en travers du tableau et des lignes claires, rosées et bleutées recouvrent l’ensemble. Là encore le tableau apparait presque abstrait : une masse gris-bleu jouxte une forme découpée d’un marron chaud, et au milieu du bord inférieur on découvre deux bouts de pieds nus.

Marie Zolamian est une artiste aux multiples facettes, pratiquant aussi bien l’installation, la vidéo que la peinture. Elle démontre avec cette exposition qu’elle est aussi une véritable peintre.