Preview Arco Madrid 2020, Jacqueline Mesmaeker, Les Portes Roses

Jacqueline Mesmaeker, Les Portes Roses, 1975, exposition Etablissement d’En Face, 2007

Jacqueline Mesmaeker,  Les portes roses, 1975

Technique mixte sur papier (aquarelle, crayon, impression), (32) x 21 x 29,7 cm Présentation sous pochettes plastifiées. Développement total de l’oeuvre : 22 x 950 cm

Expositions personnelles : Installaties De Vleeshal, Middelburg, 1982 Commissaire William Verstraeten /  Versailles après sa Destruction, et plus Villa Mariani, Solre le Château, 1998 Commissaire Jacqueline Gueux /  Until it Fitted! Établissement d’en face projects, Bruxelles, 2007 Exposition clandestine : Hôtel Van de Velde – ENSAAV, Bruxelles, 1975

Bibliographie : Jacqueline Mesmaeker, Untill it fitted, L’innocence, (SIC), Bruxelles, 2007 Jacqueline Mesmaeker, Oeuvres 1975-2011, sous la direction d’Olivier Mignon, (SIC), 2012

There were doors all round the hall, but they were all locked; and when Alice had been all the way down one side and up the other, trying every door, she walked sadly down the middle, wondering how she was ever to get out again. Suddenly she came upon a little three-legged table, all made of solid glass; there was nothing on it except a tiny golden key, and Alice’s first thought was that it might belong to one of the doors of the hall; but, alas! either the locks were too large, or the key was too small, but at any rate it would not open any of them. However, the second time round, she came upon a low curtain she had non noticed before, and behind it was a little door about fifteen inches high: she tried the little golden key in the lock, and to her great delight it fitted!

Lewis Carroll, Alice’s Adventures in Wonderland.

(…) Si la couleur est présente dans l’oeuvre de Jacqueline Mesmaeker – on peut citer les ‘Bourses de ceinture’ (2018), ‘Parking en or’ (1984) ou encore ‘Contours clandestins’ (1995) -, elle n’y occupe pas une place déterminante. Avec une exception de taille : la couleur rose. Elle emprunte son nom à celui d’une fleur, elle est souvent associée à l’enfance et à la féminité, elle est aussi celle de la peau de l’homme blanc et donc une question fondamentale de la peinture, celle de l’incarnat. Elle varie du plus criard au presque blanc, se teinte de jaune, de bleu, mais chez l’artiste, c’est toujours un rose moyen. Dès 1974, on trouve ‘Lapin’ : une silhouette de lapin formée de points roses et bleus répétée sur 17 dessins en perdant chaque fois un peu de ses points, jusqu’à disparaître. L’ensemble est précédé d’un extrait d’ ‘Alice au pays des merveilles’ de Lewis Caroll, celui de la rencontre d’Alice et du lapin (rappelez-vous : il est blanc et ses yeux sont roses). En 1975, ‘Portes roses’ comprend une suite de nonante-six dessins avec un rectangle rose dans le bas de la page, un mot dans le haut. Tous ces mots forment un paragraphe du même ‘Alice au pays des merveilles’. Au fur et à mesure que la place occupée par le rectangle s’agrandit sur la feuille, le rose pâlit jusqu’à disparaître. Tout se passe comme si le rose avait pris possession du corps du lapin, qu’il l’accompagnait dans ses déambulations dans l’espace et le contaminait ; les portes, comme le lapin, finissent par disparaitre dans le blanc de la page. On pourrait classer ces deux pièces dans une nouvelle catégorie du questionnement du regard : ‘disparitions roses’.(…)  

Colette Dubois, dans H.ART