Jacqueline Mesmaeker, Around Video Art Fair, Lille, Matthis et Naoïse

La galerie Nadja Vilenne participe à la première édition de Around Video Art Fair à Lille ce week-end des 1-2-3 octobre et projette l’oeuvre en diptyque de Jacqueline Mesmaeker, deux portraits muets en référence à Hans Holbein le jeune. 

MATTHIS , 2002

Réalisation: Jacqueline Mesmaeker. Prise de vue: Jacqueline Mesmaeker. Montage: Jacqueline Mesmaeker, Philippe Van Cutsem. Collaboration: Reggy Timmermans. Remerciements à Matthis. 1’06’’, mini DV numérisé, couleur, sans son

NAOÏSE , 2002

Réalisation: Jacqueline Mesmaeker. Prise de vue: Jacqueline Mesmaeker. Montage: Jacqueline Mesmaeker,  Philippe Van Cutsem. Collaboration: Reggy Timmermans. Remerciements à Naoïse. 7’30’’, mini DV numérisé, couleur, sans son

C’est entre les images que s’effectuent, de plus en plus, des passages, des contaminations, d’êtres et de régimes : ils sont parfois très nets, parfois difficiles à circonscrire et surtout à nommer. Mais il se passe aussi entre les images tant de choses nouvelles et indécises parce que nous passons aussi, toujours plus, devant des images, et qu’elles passent toutes d’autant plus en nous, selon une circulation dont on peut essayer de cerner les effets. Si cet entre-deux des images, décrit par Raymond Bellour, s’ancre parfaitement dans la production d’œuvres contemporaines en général, il semble littéralement s’incarner dans les œuvres en mouvement de Jacqueline Mesmaeker. (…)

L’idée d’entre-images prend également tout son sens dans deux de ses œuvres Matthis et Naoïse (2002). Ces deux œuvres, courtes et muettes, qui filment respectivement en plan frontal et fixe deux jeunes garçons roux, assis derrière une table devant un fond uni, l’un en débardeur se lavant les mains au savon dans une bassine blanche, l’autre coupant maladroitement une pomme, après avoir enfilé des gants verts. Rien n’est imposé, mais la filiation aux toiles d’Holbein le jeune s’infiltre dans les couleurs qui se répondent (les cheveux roux, le fond et les gants vert), la simplicité des gestes et la frontalité du cadrage. Bien loin de toute nostalgie dans leur rapport au passé, ces œuvres fascinantes dans leur simplicité tiennent bien de l’entre-images, appartenant à plusieurs strates temporelles, entre cinéma et peinture, parfois mémoire, parfois souvenir, ou trace, dédale, écran, fantasme. (Muriel Andrin, 2011)