Aglaia Konrad, Monolith/Life, Villa Romana, Firenze

“Monolith/ life” is a joint exhibition by Aglaia Konrad (born in Austria, in 1960) and Willem Oorebeek (born in the Netherlands, in 1953). Both live in Brussels but have never exhibited together before. While Aglaia Konrad explores the structure of spaces and perspectives, the appropriation of space and the composition of social forms through the medium of photography and film, Willem Oorebeek works with levels of perception in the printed and pictorial media.The starting point for their joint exhibition in Florence was a 16mm film Aglaia Konrad shot in the marble quarries of Carrara in 2010 while resident as an international visiting artist at the Villa Roma. It is part of her cycle of 16mm films, “Concrete & Samples”, dedicated to sculptural architects, which is now being shown in full.Also premiered is the video “Angertal”, which records the architecture of ants in a small biotope in an Austrian valley and intercuts the diligent work of the insects with fundamental questions about senses of belief, perspective and orientation. “Angertal” is being shown in the new garden pavilion of the Villa Romana.The “Monolith/ life” exhibition thematizes the presentation of films in a space installation developed specially for the rooms of the Villa Romana in collaboration with the Belgian architect Kris Kimpe. It is accompanied by a printed edition, which bears a motif based on Bruegel’s “Tower of Babel”.

Aglaia Konrad has taken part in numerous international exhibitions, including among others “documentaX”, 1997 in Kassel, “Cities on the Move” 1998 and 1999 (Bordeaux, New York, London, Helsinki, Vienna), the Shanghai Biennale 2000, “Gazes of Architecture on the Body”, Tokyo Wonder Site and Museum of Contemporary Art, Kumamoto (2010), as well as “In the First Circle” and the Barcelona Tapies Foundation (2011). In 2009, the Museum of Contemporary Art in Siegen granted Aglaia Konrad and Armin Linke a joint exhibition.

Willem Oorebeek has simultaneous exhibitions in the autumn of 2011 in both the Robert Miller Gallery in New York and at Modern Art in London. In 1994, he had a solo exhibition in the Witte de With in Rotterdam, and in 1997 his art was on display in the Netherlands Pavilion at the Venice Biennale. His works were exhibited at the Generali Foundation in Vienna (2011), at the Culturgest in Lisbon (2008), at the SMAK in Ghent (2006), at the Badischer Kunstverein in Karlsruhe (2004) and in the Boymans-van Beuningen Museum, Rotterdam (1988; 2001), among others.

Aglaia Konrad and Willem Oorebeek
Monolith/ life
30.09. – 04.11.2011
Opening of the exhibition: Friday 30th September 2011 at 7.30 pm
Opening times: Tuesday – Friday from 2 pm to 6 pm and by appointment

Jacques Lizène, quelques remakes de sculptures génétiques, encore

 

Si l’exposition polonaise de Jacques Lizène agit comme une Rapid’ Rétrospective sous forme d’un vaste placard à tableaux, un storage de caisses, de sculptures, de toiles, de toiles dans la toiles, de moniteurs vidéos, elle fait la part belle à une série de nouvelles productions, essentiellement dans le domaine de la sculpture génétique et de l’art syncrétique, ce fil conducteur de l’oeuvre lizénienne. Exemples choisis.

The category of ‘genetic sculptures” uses the double principle of collage and montage – like in numerous canonical works of modern artists (most of all in Max Ernst, but also Eisenstein, Heartfield, Erró, Rauschenberg, Godard, Jorn, etc…). Like for all of them, the point for Lizène is in a clash between two heterogeneous elements (belonging to quite different categories), sufficiently distant to create an effect of contrast or impropriety (by joining what, according to logics, would never join), nevertheless justified and harmonious (because the clash is to make an impression of obviousness). What differs Lizène from them, however, is the fact that the effect of surprise or enchantment is never deprived of a dose of burlesque (only a few collages by Erró are like that) resulting from exceeding accepted hierarchies and classifications. Such is the case of a “montage” of a primitive sculpture with a classical one; hybrids of two or more faces (Freud-Hitler, Proust-Kafka, Lizène-Picasso); attaching a feminine look to the bust of marquise de Sade by Man Ray; adding farce elements (fake nose) to portraits; creating paradoxical objects (guitar-pickaxe, guitar with two fingerboards); joining halves of chairs or sofas made in contrasting styles; inventing “dualist” plants contradicting natural laws (spruce turning into a palm tree or a right angle tree trunk): we feel that such variations can be innumerable. What makes Lizène someone unique in this repertoire, however, is the fact that he realizes all this in all techniques and languages he uses: collages, ready-mades, drawings, objects (appearing in parallel with these drawings), video (techniques of incrustation bring miracles here), turning sculptures over, street actions (comical performance consisting in stopping the passers-by and comparing their face with the fragments of other face, what transforms them , in fact, in living “genetic sculptures”), and even inventions of symbols (his famous Belgian flag, maybe not fully ironic, made by joining a half of the Flemish lion with a half of the Walloon rooster …). (Guy Scarpetta, A full,)

Art syncrétique 1964, sculpture génétique culturelle 1984, en remake 2011, fétiche africain croisé danseuse asiatique
Art syncrétique 1964, sculpture génétique culturelle 1984, mettre n’importe quel objet sur la tête 1994, en remake 2011, patricien croisé maori, un sexe banane sur la tête.
Découper des meubles, art syncrétique, 1964, mappemonde découpée sur une idée de 2005, en remake 2011
Art syncrétique 1964 en remake 2011, croiser tous les styles, croiseur croisé trois mats

Le registre des « sculptures génétiques » participe du double principe du collage et du montage – tel qu’il est présent dans nombre d’œuvres canoniques de la modernité (Max Ernst, avant tout, mais aussi Eisenstein, Heartfield, Erró, Rauschenberg, Godard, Jorn, etc…). Pour Lizène comme pour tous ceux-là, il s’agit de faire entrer en collision deux éléments hétérogènes (prélevés dans les registres les plus divers), suffisamment éloignés pour produire un effet de heurt ou d’incongruité (il s’agit de réunir ce qui logiquement n’aurait jamais dû l’être) et pourtant ajustables, harmonisables (la rencontre doit aussi avoir un caractère d’évidence).  Mais ce qui singularise Lizène, c’est que l’effet de surprise ou d’émerveillement n’est jamais dénué d’une certaine dimension burlesque (seuls quelques collages d’Erró s’aventurent dans cette direction-là), résultant notamment d’une transgression des classifications et des hiérarchies admises. D’où par exemple, le « montage » d’une statuette d’art primitif et d’une sculpture classique ; l’hybridation de deux ou plusieurs visages (Freud-Hitler, Proust-Kafka, Lizène-Picasso) ; l’irruption d’un regard féminin dans l’image du buste de Sade par Man Ray ; l’ajout d’éléments farcesques et perturbateurs (les faux-nez) à certains portraits ; la création d’objets paradoxaux (la Guitare-pioche, la Guitare à deux manches) ; le télescopage de deux moitiés de meubles (chaises, canapés) appartenant à des styles opposés ; l’invention de végétaux d’une « dualité » défiant toutes les lois de la nature (un sapin « mutant » soudainement en palmier, un arbre dont le tronc se développe brusquement à l’horizontale, en formant un angle droit) : les variations, on le sent, sont infinies. Mais ce qui fait la singularité de Lizène, aussi, dans ce répertoire, c’est qu’il peut se concrétiser dans tous les langages dont il dispose : ces collisions peuvent tout aussi bien s’incarner dans des collages d’images ready-made, des dessins tracés à la main, des créations d’objets (résultant à l’occasion de ces dessins), des vidéos (les techniques de l’incrustation, ici, font merveille) des détournements de sculptures, des actions de rue (l’inénarrable performance où il aborde les passants, pour leur apposer sur le visage le fragment photographié d’un autre visage, les transformant de facto en sculptures génétiques vivantes), et même des inventions de symboles (son fameux drapeau belge, peut-être pas entièrement ironique, résultant de la conjonction de la moitié du lion flamand et de la moitié du coq wallon…). Guy Scarpetta, L’énergumène,  extrait du texte du catalogue.

art syncrétique 1964, croisement de fétiches africains, mettre n’importe quoi sur la tête, 1994, une scie, en remake 2011
Art syncrétique 1964, sculpture génétique culturelle 1984 en remake 2011, danseuse asiatique, croisée statuette africaine croisée Vénus de Milo
Art syncrétique 1964 en remake 2011, sculpture génétique culturelle, Boudha croisé statuette africaine, le 25e Boudha méditant.

 

Art syncrétique 1964, remake 2011, masques africains croisés

Emilio Lopez Menchero, Tarzan, le lion en rut et le chant du coq

On se souvient du célèbre cri de Tarzan lancé par Johnny Weissmüller, pardon par Emilio Lopez Menchero, par dessus les toits de la bonne ville de Gand lors de l’exposition Over The Edge, organisée par Jan Hoet en 2000. Durant trois mois, les Gantois entendirent ce cri mythique de l’histoire du cinéma, lancé à intervalles réguliers, depuis huit tours de la ville, du Boekentoren de l’Université au Vooruit, du Beffroi à l’église St-Jacob, du Gravensteen au Smak. Trois affiches à la détrempe, représentant Johnny s’égosillant, placées à trois endroits stratégiques de la circulation urbaine, complétaient le dispositif. Comme Tarzan, Emilio López Menchero aime les grands espaces. Ainsi, il réactive « HEY ! C’est… Heu… Machin… Heu… TARZAN ! » en Alsace, à l’occasion de « Selest’art 2011 », biennale d’art contemporain de Sélestat . « Intrusion à la fois humoristique et parasite dans un espace public, cette œuvre interroge le rôle de l’art dans un contexte urbain en même temps que les systèmes de production et de circulation de l’art, devenus assimilables à ceux du cinéma et de la culture de masse », écrit Olivier Grasser, l’un des commissaires de la manifestation.

En septembre, invité par Michel Dewilde à Aalter pour une exposition intitulée « Sounds like Architecture », une thématique chère à Emilio Lopez Menchero, c’est  au rugissement du lion que l’artiste s’intéresse. Et il m’écrit :

Cher Jean-Michel,
Je t’envoie la couverture, ainsi que le texte de Michel Dewilde me concenant. Michel est commissaire de cette exposition qui se déroule à AaIter. Flor Bex avait été chargé de la première édition, sur le thème de la forêt enchantée,  Het Betovert Bos. Elle est organisée dans un tout grand domaine, autour d’un château. Puisque l’exposition s’intitule « Sounds like Architecture », j’ai installé une pièce sonore, le rugissement d’un vieux lion en rut, enregistré à Plankendael. C’est un rugissement très sexué, comme un cri de désespoir  qui n’en finit pas. Le lion rugit toutes les trois à cinq minutes ; le son provient d’une cabane sur pilotis que j’ai décidé d’investir. La cabane est toutes porte et fenêtres fermées.  Au vernissage quelques craintives demoiselles ont bien cru que le lion y était enfermé. En me promenant dans le parc, je suis tombé par hasard sur une magnifique guérite, et je n’ai pas pu m’empêcher, pris par l’ambiance du domaine, d’y placer un jeune garde de Buckingham, comme aux Halles de Scharbeek il y a deux ans. Je t’envoie par mail quelques images de tout ça. J’espère que tu as pu achever les pirates du net… Bien à toi et bon voyage en Pologne. Emilio.

 

 

En septembre le rugissement du lion en rut a couvert la Flandre. En octobre le chant du coq s’entend en Wallonie. Invité par Pierre Henrion pour Art Public Namur, Emilio Lopez Menchero fait entendre aux abords du beffroi, de la place d’Armes et de la place du Théâtre de la cité mosane quelques cocoricos qui retentissement dans tout le bas de la Ville. Et l’artiste écrit, peut-être dans l’enthousiasme des récentes joyeuses fêtes de Wallonie :

« Le chant du coq en ville n’est pas anodin. Ce son rural a là quelque chose de transgressif  mais aussi de régénérateur. Le compartimentage de nos tissus urbains permet parfois de l’entendre. Au cœur de Namur, capitale wallonne, ces chers barytons matinaux diffuseront leurs prouesses vocales non pas en intérieurs d’ilots, mais vers l’extérieur, sur la place publique. Des cocoricos ardents et vivifiants comme autant de drapeaux jaunes et rouges laissant échapper leur  emblème libéré et virtuose…  Le grand réveil Wallon ! »


Cocorico.

Emilio Lopez me réécrit ce dimanche matin :

Hello Jean Michel,
La pièce sonore à Namur fonctionne du tonerre. Les coqs ont parfaitement chanté à plusieurs reprises lors du vernissage qui était super et bien situé par rapport aux lieux d’émission du chant des coqs.
Les coqs chantent tous les jours à 9h/10h30/12h/13h30/15h/16h30/18h/19h30 à patir du toit de l’INNO sur la Place d’armes, du haut du beffroi à proximité du Palais de congrès ainsi que du balcon du théâtre de Namur.
Et, justement, pour le moment, il y a là la tente du FIFF, le Festival Internationnal du Filmdu Francophone. Bouli Lanners aurait dit à Pierre Henrion que les coqs ont fait un effet canon lors des conférences du festival. Et pour cause, ils hurlent tout juste au-dessus des spectateurs. A +. Emilio.

Art Public Namur
Charley Case & David Demazy. Isabelle Copet. Michael Dans. Emilio López-Menchero. Xavier Mary. Johan Muyle. Frédéric Platéus. Léopoldine Roux. Fabrice Samyn. L’exposition est présentée dans l’espace public du centre-ville de Namur du 29 septembre au 6 novembre 2011.

 

Jacques Lizène, sculptures génétiques cultuelles, danse de derrière le décor et inconvenance

 

1.
Ce n’est point parce qu’il expose en Pologne que Jacques Lizène a décidé de croiser des sculptures religieuses. Rappelons les prémisses de l’affaire et revenons en à l’art syncrétique. Nous écrivions dans le Tome III consacré à l’œuvre lizénienne :

 

Art syncrétique, 1964. On sait combien les années académiques de Lizène auront été fécondes, dans les marges et hors des sentiers battus de l’atelier bien entendu. Lizène dessine dès 1964 de petites choses en les croisant : « Croiser toutes sortes de choses comme des animaux, des visages, des architectures, des arbres, des voitures, des chaises, des sculptures. » Ou encore : « Découper et mélanger deux styles. » Il pratique une forme d’Art syncrétique, un syncrétisme de collage, le haut d’une sculpture hindoue adoptant la triple flexion végétale et les jambes d’une statue africaine, un sapin et un palmier, un chameau et un bovidé, des avions ou des autos qui s’hybrident, des visages qui se transforment en masques.Le syncrétisme, terme de souche religieuse et philosophique, est une combinaison d’éléments hétérogènes ainsi que l’être ou l’objet qui en résulte, un mélange, aujourd’hui on parlerait de métissage, de sampling ; c’est aussi une façon primitive de voir le mondequi pratique une appréhension globale et indifférenciée du monde extérieur par simple juxtaposition. Lizène hybride le réel en des créations indisciplinées, fusionne des éléments de cultures différentes ; la pratique trouvera son naturel prolongement dans l’Interrogation génétique, la Sculpture génétique, la Sculpture génétique culturelle, les Funs fichiers, les Actions de rue. Dans le domaine génétique, l’hybride est en effet le croisement de deux individus de deux variétés. C’est un comble, Lizène pratique ainsi sans cesse l’accouplement, mais il féconde des bâtards, altère, outrage, transgresse, se réjouit de la disharmonie et s’enthousiasme même de rendre celle-ci non perçue ; il renoue avec le grotesque, l’anormalité, ce que l’histoire de l’art positiviste a d’ailleurs longtemps refoulé. Il inscrit sa pratique syncrétique dans la haute tradition d’un espace symbolique : ses associations émulsionnent des éléments de nature différente, voire disparates, mais elles sont sur le plan plastique le plus souvent traitées dans une même approche stylistique, ce caractéristique tracé lizénien et, en cela, possèdent une uniformité certaine.


De l’art syncrétique 1964 proviennent les sculptures génétiques 1971, les sculptures génétiques culturelles 1984 et enfin les plus récentes sculptures génétiques cultuelles, en 2010, alors que Jacques Lizène expose au Parvis de Pau, non loin de Lourdes donc, où l’artiste se fournira en plâtres religieux (phosphorescents) croisant Vierge, Christ et Bouddha dans une pure vision syncrétique. Il titre d’ailleurs cette exposition : « Miracle au Parvis de Pau ». Jacques Lizène croise donc les Vierges, les Christ, les Bouddha, il mêle la Vierge et Vénus et l’affuble d’un masque africain tandis qu’il agenouille les chaises. Plus loin, sur roulettes, Bouddha rabote le sol de la salle d’exposition.

 

 

 

2.
Parmi ces sculptures génétiques cultuelles, l’une est plus singulière, cette Madone des technicienne de surface, croisement de la Vierge et du Christ, affublée de son matériel de nettoyage. On pensera bien sûr, au balai et à la serpillère de la Joconde en ses escaliers, oeuvre de Robert Filliou, bien que l’intention lizénienne soit ici toute différente. En 1975, Jacques Lizène est invité à exposer à la Neue Galerie à Aix la Chapelle. Il propose à Wolfgang Becher de publier dans le catalogue l’image d’une cireuse de parquet, en l’occurrence la cireuse familiale.  La cireuse, ou son image, ne seront pas montrée dans l’exposition, elles participent de « l’envers du décor ». Face à l’image de cette cireuse, Lizène fait publier le texte suivant :

 

Jacques Lizène présente :
« Danse de derrière le décor » (art de banlieue d’un petit maître liégeois)
En 1971, au palais des Beaux Arts de Charleroi, lors de l’accrochage d’une exposition, j’ai remarqué le va et vient des femmes d’ouvrages affairées à cirer le parquet (pour faire reluire le lieu d’exposition). A un moment, le gardien chef est venu réprimander, au sujet de son travail, l’une d’elles (une émigrée espagnole d’une cinquantaine d’années) qui aussitôt celui-ci reparti, se mit à pleurer.
De ce jour date la décision du petit maître liégeois de présenter :

LE BALLET D’ENTRETIEN DES LIEUX D’EXPOSITIONS
(corvée, en forme de danse, faire reluire le lieu écrin de l’art séductif)

Régulièrement, hors des heures d’ouvertures du musée, un certain nombre de personnes viennent nettoyer les salles d’expositions. Elle réalisent de ce fait, obscurément, une danse sans prestige séductif : le ballet d’entretien des lieux d’exposition (pour que brille le lieu écrin de l’art séductif). J’invite toutes personnes à demander au Dr. Becker (directeur de la Neue Galerie), l’autorisation de participer, comme second rôle bénévole (en aidant les femmes d’ouvrages), à la réalisation du « ballet, corvée : faire reluire le lieu écrin de l’art séductif »
(Et que cela brille !)

 

Dans ses performances d’attitude lors des vernissages de ses expositions, Jacques Lizène joint régulièrement le geste à la parole. A Katowice, la balayeuse laveuse du Centre d’Art est exposée non loin de la Madone des Techniciennes de Surface.

 

 

3.
Toujours à propos de ces sculptures génétiques cultuelles, on notera « l’inconvenance » du petit maître qui croise le Christ et Bouddha, les dotant de la fort vigoureuse érection d’un sexe africain. Il a fallu couvrir d’un voile l’érection en question, ce qui permit au Petit Maître une (petite) performance (discrète), la rapide révélation de cette érection, ponctuée d’une déclaration : « Miracle à Katowice ».

Rappelons cette déclaration de Jean de Loisy :

Inconvenance. Jean de Loisy, à propos de l’exposition Traces du Sacré, exposition dont il est commissaire au Centre Pompidou (2008) et de la présence de Jacques Lizène, confie à Cécilia Bezzan : « La présence de Jacques Lizène, qui est un artiste que tout le monde connaît mais que personne n’ose montrer, apporte une sorte de vérité mystique à l’ensemble du projet. Certes, Lizène est un artiste inconvenant et il n’a pas été aisé de l’imposer à Beaubourg, mais peu à peu la conversion s’est opérée et l’évidence que Lizène apportait une sainte insolence dans l’exposition a plu. » (L’Art même, Bruxelles, n° 39).

Jacques Lizène et Leonid Illitch Brejnev

 

Des réserves du BWA Contemporary Art de Katowice, Jacques Lizène a extrait cette toile très officielle représentant le camarade Leonid Illitch Brejnev et l’a intégrée à son exposition, entre une sculpture génétique, un portrait du Petit maître s’écrasant le nez contre la vitre et un meuble découpé. Le président du Praesidium du Soviet suprême flotte ainsi dans l’espace. Ce qui permet au Petit Maître (ou à n’importe quel visiteur de l’exposition) de lui serrer la main d’un vigoureux shake hands par delà le rideau (noir). Occasion d’une (courte) performance du petit maître devant l’objectif des caméras et des appareils photographiques, une performance que l’on pourrait légender ainsi :
1. Petit maître attentif serrant chaleureusement la main du camarade Leonid Illitch Brejnev.
2. Petit maître très fier de serrer la main du camarade Leonid Illitch Brejnev.
3. Petit maître endurant toute la vigueur de la poignée de main du camarade Leonid Illitch Brejnev.
4. Petit maître lassé par l’interminable poignée de main du camarade Leonid Illitch Brejnev.

 

Jacques Lizène, au BWA Katowice

 

Jacques Lizène expose au BWA Contemporary Art de Katowice en Pologne du 23 septembre au 23 novembre. Plus d’informations dans nos prochains billets.

Jeering at everything and at himself, deliberately predisposed to farce and to being pitiful
A monographic exhibition dedicated to one of the most interesting post-war Belgian artists —Jacques Lizène (born 1946, in Ougrée, Belgium). As a fluxus movement adherent, he erases the boundaries between art, in the traditional meaning of the word, and the prosaic aspects of life, creating drawings, collages, photography and video. He combines happenings, painting, experimental poetry and music. Co-incidence, spontaneity, and sense of humour are all factors included  in his artistic activity. His actions resemble Dadaist games; playing art, playing with art, the art of play, which although self-mocking, become an important voice in the discussion about an artist’s place and role in society. In front of his audience, Lizène plays a magician, a shaman, a clown, who delivers tongue-in-cheek commentary on reality, the laws of physiology and the intricacies of identity.

A cette occasion paraît l’ouvrage « Jacques Lizène, remakes » co-édité par BWA Contemporary Art in Katowice / Atelier 340 Muzeum et l’Usine à Stars / galerie Nadja Vilenne. Avec des textes de Marta Lisok et Guy Scarpetta ainsi qu’un choix d’images commentés par Jean-Michel Botquin.

size: 21 x 27 cm
volume: 136 pages
edition: 1000 pieces
binding: softcover
reproductions in colour
languages: Polish/English/French
typesetting: Katarzyna Goczoł, Magdalena Piwkowska
ISBN 978-83-88254-64-2

“The fool circulates, moves, witters on about anything, laughs his head off, drinks himself blind, walks all night in the streets, dozes for an hour or two, then after a quick wash he starts again to play, messing, fooling and clowning around; he celebrates meetings with his many reliable friends, telling jokes every minute, presenting a farce every quarter of an hour, theorising on the side, never claiming or lacking anything, then again he drinks and seems to take nothing seriously, except for his very lack of seriousness. He is in turn ironical, delighted, enthusiastic, bad tempered or genial, shocking or delicate, notably when throwing himself into a tango or paso doble. He is precise or sluggish, attentive, miserable, trivial, elegant, extravagant, continually making a joke out of everything, and being stubborn to a certain extent.
His works, we clearly feel, are only a series of actions. Made freely, as if he hadn’t taken anything for himself; hence his praise of failure and defeat.”

Guy Scarpetta “A fool” (fragment)

L’ouvrage est disponible à la galerie

Agenda : octobre 2011

Jacques Charlier
– Hornu (B), Je suis seul avec vous, Musée des Arts contemporains du Grand-Hornu, jusqu’au 2 octobre 2011

Leo Copers 
– Maastricht (Nl), « Out of Storage », œuvres de la collection du FRAC Nord Pas de Calais, Timmerfabriek, jusqu’au 18 décembre 2011.

Honoré d’O 
– Antwerpen (B), Cinq siècles d’images à Anvers, exposition inaugurale du Museum aan Stroom, 12 mai – 31 déc. 2012
– Tarbes (F) Le Parvis
– Moscou (Ru), Impossible Community, Moscow Museum of Modern Art, 8 septembre – 6 novembre 2011

Suchan Kinoshita
– Mons (B), Le modèle a bougé, BAM, musée des Beaux Arts de Mons, du septembre 2011 – 5 février 2012.- Moscou (Ru), Impossible Community, Moscow Museum of Modern Art, 8 septembre – 6 novembre 2011

Aglaia Konrad 
– Dubaï (Emirats arabes), Sahara Surreal, The Empty Quarter, fine art photogrraphy, du 30 août au 14 octobre 2011.
– Ludwigshafen (D), the eyes is a lonely hunter : images of humankind, 4e Foto Festival Manheim – Ludwigshafen -Heidelberg, 10 septembre – 6 novembre 2011.
– Firenze (I), Monolith Life, 30 septembre – 4 novembre, Villa Romana (solo)

Jacques Lizène
– Antwerpen (B), Cinq siècles d’images à Anvers, exposition inaugurale du Museum aan Stroom, 12 mai – 31 décembre 2012.
– Bruxelles (B), Culture Relaxative, Atelier 340, jusqu’au 30 octobre 2011.
– Liège, (B), Ubu sous la dalle, 10e anniversaire de l’occultation du T.S. André Blavier (1922-2001 vulg.) Exposition iconoclaste, artistique et littéraire, Archéoforum, 10 juin-27 septembre 2011.
– Turnhout (B), A paper trail, werken op papier, De Warande, du 10 septembre au 16 octobre.
– Katowice (P), Jacques Lizène, Remakes, BWA Galeria Sztuki Wspó?czesnej, Contemporary Art Gallery in Katowice, 23 septembre /29 novembre (solo + publication)
– Paris (F), Jacques Lizène, Désastre jubilatoire, Passage de Retz, du 15 octobre au 27 novembre 2011

Capitaine Lonchamps
– Bruxelles (B), Culture Relaxative, Atelier 340, jusqu’au 30 octobre 2011.
– Turnhout (B), A paper trail, werken op papier, De Warande, du 10 septembre au 16 octobre.

Emilio Lopez Menchero 
– Bruxelles (B), Culture Relaxative, Atelier 340, jusqu’au 30 octobre 2011.
– Sélestat (F), Biennale d’Art contemporain, divers lieux, 24 septembre – 30 octobre 2011
– Liège (B), Chantiers de l’Utopie, Les Brasseurs, 7 septembre – 8 octobre 2011

Benjamin Monti 
– Turnhout (B), A paper trail, werken op papier, De Warande, du 10 septembre au 16 octobre.
– Liège (B), Prix Georges Collignon, MAMAC Liège, 23 septembre – 30 octobre 2011

Walter Swennen
– Antwerpen, Cinq siècles d’images à Anvers, exposition inaugurale du Museum aan Stroom, 12 mai – 31 dec 2012

Marie Zolamian 
– Châteauneuf en Auxois (F), A corps perdu, une exposition du FRAC Bourgogne, commissaire invitée : Vanessa Desclaux, jusqu’au 11 septembre 2011.
– Liège (B), Prix Georges Collignon, MAMAC Liège, 23 septembre – 30 octobre 2011
– Antwerpen (B), NowBelgiumNow, LLS387, ruimte voor aktuele Kunst, 8 octobre – fin novembre.


Aglaia Konrad, Photo Festival de Manheim

Aglaia Konrad participe à la quatrième édition du « Photo Festival » de Manheim – Ludwigshafen – Heidelberg. « The Eyes is a lonely hunt images of humankind ». Du 10.09 au 6.11.2011.

Exhibited work:
Carrara, 2010
ICONOCOPYCITY, 2011
Exhibition places:
Wilhelm-Hack Museum, Ludwigshafen

The 4th edition of the Fotofestival Mannheim_Ludwigshafen_Heidelberg will take place from September 10 to November 6, 2011, and bears the title THE EYE IS A LONELY HUNTER: IMAGES OF HUMANKIND. The festival takes as its point of departure a humanist perspective in the tradition of documentary photography. It will showcase a variety of practices that are situated at the intersection between documentary and artistic photography, practices that are characterised by a strong sense of visuality but also a keen sense of sociopolitical awareness.

What are some of the key issues and challenges facing humanity today and how are they represented? How does contemporary photography transport ethnographic and anthropological knowledge with the hindsight of postcolonial discourse? And how would a portrait of humankind look like in the year 2011? The 4th Fotofestival will focus on the new and critical ways photography transports anthropological knowledge and aims to be a photographic survey of the human condition as we enter the second decade of the 21st century, seen from a plurality of geographic angles. While acknowledging the post-modern discourse of the camera’s capacity to lie and the ‘demise of photographic truth’, the 4th edition of the Fotofestival argues for photography’s capacity to bear witness to the human condition and to human experience within real social and political conditions.