Willem Vermeersch, When You Come to a Fork in the Road, Take It, les images (3)

Willem Vermeersch
Ceinture, 2017-2018
Huile & crayon sur toile, 170 cm x 120 cm

Buiten de piekuren, 2017-2018
Huile & crayon sur toile, 85 cm x 85 cm.

Willem Vermeersch
Rhizome, 2017-2018
Huile & crayon sur toile, 170 cm x 120 cm

Willem Vermeersch
Pow Wow, 2017-2018
Huile & crayon sur toile, 85 cm x 85 cm

Willem Vermeersch
Prise, 2017-2018
Impression sur crayon sur papier, 29,7 cm x 42 cm

Jacques Lizène, Make the city, Party Content, L’Escalier

Jacques Lizène participe à l’exposition « Make the city, Poiein Polis, Créer la Ville » organisée à L’Escalier par le Party Content. Avec Dominique Castronovo et Bernad Secondini, Kendell Geers et Laurent Impeduglia. Vernissage ce vendredi 22 juin dès 19h à L’Escalier, rue St Jean en Isle à Liège. 

Issus du grec ancien, les mots « Poiein Polis » signifient littéralement « créer la cité ». L’association de ces deux termes désignent donc un acte fondateur à l’origine de toute civilisation. Concrètement, cette action aboutit à une coexistence entre un certain nombre de personnes formant une communauté, celle-ci étant régie par un cadre de lois offrant, en théorie, sécurité, autonomie et liberté à ses membres. Cet ensemble de règles évolue ensuite selon les besoins et l’intérêt général du groupe. Le temps ayant fait son effet pendant de très nombreux siècles, ces deux mots ‘Poiein’ et ‘Polis’ ont évolué à l’instar de la civilisation pour devenir respectivement ‘Poésie’ et ‘Politique’. Mettre côte à côte ces deux noms semble aujourd’hui plus complexe, moins évident. Retourner à leurs origines s’avère néanmoins lourd de sens, leur définition antique rendant ces deux mots indispensables à toute société. Autant Poiein Polis désigne la création d’une civilisation, autant Poésie Politique marque son évolution, son développement.

Ce ne sont pas les murs qui font la cité mais les hommes. (Platon)

Make the City renvoie à la « Poésie Politique » ou, en d’autres mots, à un regard artistique sur la société contemporaine. À leur façon, les artistes de l’exposition abordent ce qui constitue la civilisation actuelle, ses fondements, ses perversions, ses progrès…

Jacques Lizène, quelques séquences en rushes, 2016-2018

Être content envers et contre tout, c’est la philosophie de Party Content ! L’art, la poésie, la musique, la fête sont nos moyens pour mener à bien ce vaste programme de contentement. Le Manifeste du Party Content, c’est ici

Emilio Lopez Menchero, Paintings, les images (2)

Emilio Lopez Menchero
Trying to Be Regular on Gray (2018), oil on canvas, 200 x 160 cm

Emilio Lopez Menchero
Vénus de Brooklyn (2016), acrylic paint on canvas, 50 x 40 cm 

Emilio Lopez Menchero
Fragment américain (2017), oil on canvas, 50 x 40 cm

Emilio Lopez Menchero
Trying to Be Regular on Warm Gray N°2 – or Chicago (2017), oil on canvas, 200 x 160 cm

Sophie Langohr, Collection Divers au Jardin du Paradoxe, Regards sur le Cirque Divers

Quel rapport peut-il bien y avoir entre  Alfred Laoureux, le couturier Demma Gvasalia, concevant la collection Automne Hiver 2017-18 de la maison Balenciaga, quelques vierges martyres de Francisco Zurbaran, les Hommes au thermos de Michel Antaki, la Secte des Trench Léopard d’Eric Duyckaerts et Chrisitane Gillon, la collection de printemps de Jacques Charlier et la théâtralisation  du quotidien façon Cirque Divers ? Analysant la mode comme vecteur de la théâtralisation du quotidien, cette grande affaire du Cirque, inspirée de la Société du Spectacle de Guy Debord, Sophie Langohr tisse le lien entre toutes ces choses aux relations à première vue improbables.  Le point de départ est cette collection de printemps conçue  par Jacques Charlier en 1987, destinée à un mémorable défilé performatif. Charlier conçoit un tissu imprimé couvert d’une déclinaison d’objets quotidiens. Avec la collaboration des doigts d’or couturiers de proches du Cirque Divers, il crée une collection de prêt à porter et un décor domestique, à la fois singulièrement fantasque et plongeant dans le mystère de l’uniformisation. Changer de look et d’image de marque, l’effet comique est garanti, comédie à laquelle chacun de nous participe quotidiennement, en fabriquant des signaux pour communiquer, qu’ils soient vestimentaires, gestuels ou langagiers.

Depuis quelques années, Sophie Langohr jalonne son itinéraire d’une suite de recherches qui, revisitant l’histoire de l’art, éprouvent et interprètent les codes iconographiques du passé tout en interrogeant nos actuels systèmes de représentation. Cette fois, elle dessine sa propre collection, une collection Divers, reprenant des chutes du tissu imprimé de Charlier qu’elle marie à d’autres étoffes. L’artiste a régulièrement mis en exergue, notamment dans la série des New Faces, les prétentions artyde l’industrie du luxe et de la beauté. Elle met ici en rapport une récente collection de la maison espagnole Balenciaga et une série de tableaux du maître sévillan Zurbaran. Celui-ci s’intéressa aux Saintes martyres, les représentant loin de tout dolorisme, à la fois habitées par le divin et héroïnes, richement parées, vêtues d’incroyables et raffinées tenues, portant la palme du martyre et les instruments de leur torture. Fils de drapier, Zurbaran, écrit Florence Delay, est un véritable « peintre couturier » dont Cristóbal Balenciaga s’inspira lui-même. Revoici donc une collection d’objets, bien plus terrifiants que les objets quotidiens de Foncièrement la Petite Maison, les thermos des employés planqués dans leur attaché-case photographiés par Michel Antaki, les trench léopard des quinqua qui font leurs emplettes pistées par le duo Duyckaerts-Gillon, les costumes et collections d’Alfred Laoureux, désormais catalogué au Musée de l’Homme de Jacques Lennep, les objets qui parsèment le tissu imprimé de Charlier. C’est à ce dernier d’ailleurs que Sophie Langohr a confié le soin de dessiner ces instruments du tourment, afin de les appliquer sur les sacs de ces martyres qui occupent le chœur de l’église Saint-Antoine, défilé surprenant, proche d’une mascarade que n’aurait pas désavoué le Cirque Divers.

Sophie Langohr (avec Jacques Charlier)
Collection Divers, 2018

Harem, Aglaia Konrad, Projekt Skulptur and guest : Suchan Kinoshita, Isofolies, les images (2)

Aglaia Konrad Projekt: Skulptur, 2017
BW prints on ecoboard, stones, 178 x 120 cm. Ed 3/3

Suchan Kinoshita
Isofollies, 2007-2017
Mixed media (wrapped plastic, oil). Variable dimensions

Willem Vermeersch, When You Come to a Fork in the Road, Take It, les images (2)

Willem Vermeersch

Willem Vermeersch

Willem Vermeersch

Kite, 2018
Huile, crayon & gel photo sur toile, 160 cm x 120 cm.

Willem Vermeersch

Ge ligt op uw maag, 2018
Huile, crayon & gel photo sur toile, 85 cm x 85 cm

Willem Vermeersch

Membrane, 2012
Crayon sur papier, 42 cm x 29,7 cm

Willem Vermeersch

Willem Vermeersch

Printerless, 2015-2017
Huile & crayon sur toile, 170 cm x 120 cm

Willem Vermeersch

Willem Vermeersch

Bekken, 2018
Huile & crayon sur toile, 110 cm x 170 cm

Gaëtane Verbruggen, les images (2)

Gaëtane Verbruggen
Sans titre
Huile sur bois, 12,5 x 8,8 x 4,8 cm, 2018

Gaëtane Verbruggen
Sans titre
charbon de noix de coco et fusain sur papier, 13,5 x 21 x 2 cm, 2018

Gaëtane Verbruggen
Sans titre
Charbon de noix de coco et fusain sur papier, 13,5 x 21 x 2 cm, 2018

Gaëtane Verbruggen
Sans titre
Charbon de noix de coco et fusain sur papier, 21 x 13,5 x 2 cm, 2018

Gaëtane Verbruggen
Sans titre
Huile sur bois, 12,4 x 18 x 4,5 cm, 2017-18

Gaëtane Verbruggen
Sans titre, huile sur bois, 16 x 12 x 2 cm, 2017
Sans titre, huile sur bois, 15 x 12 x 2 cm, 2017

Sophie Langohr, Weil ich ein Mädchen bin, Oda Park Venray

Sophie Langhor participe à l’exposition jubilée de Oda Park à Venray aux Pays Bas. Du 16 juin au 27 novembre. Vernissage ce dimanche 17 juin. 

Vierge polychrome conservée au Grand Curtius de Liège, nouveau visage à partir de Emily di Donato pour Maybelline, de la série New Faces, 2011 – 2012, photographies couleurs marouflées sur aluminium, (2) x 50 x 40 cm

Vierge polychrome conservée au Grand Curtius de Liège, nouveau visage à partir de Natasha Poly pour Givenchy, de la série New Faces, 2011 – 2012, photographies couleurs marouflées sur aluminium, (2) x 50 x 40 cm

Le communiqué de presse :

Odapark wijkt – sinds de eerste dag 25 jaar geleden – af in doen en laten. Het kunstinstituut is anders dan anderen. En dat blijft, zo leert de aanstaande jubileumexpositie, ‘Weil ich ein Mädchen bin’, met 25 kunstenaars uit binnen- en buitenland. De expositie zal zich tot het eind november presenteren in wisselende samenstellingen van kunstenaars.

De jubileumexpositie ‘Weil ich ein Mädchen bin’ zoekt toenadering tot de mythische figuur en naamgeefster aan het park: de heilige Oda. De legende vertelt dat Oda – beeldschoon en blind – geboren is aan het einde van de 7e eeuw als Schotse koningsdochter. Ze koos haar eigen weg als vrouw, leefde in isolement, was symbolisch blind voor wat de maatschappij van haar verwachtte en trok ten alle tijden haar eigen plan. Voor Odapark is zij een leidend voorbeeld.

En nu, eeuwen later, brengt zij de thematische leidraad samen voor de tentoonstelling bij het 25-jarig bestaan van Odapark, vijf invalshoeken: blind, vrouw, emancipatie, vluchtelingen, vogels.

25 Kunstenaars

De tentoonstelling opent op de dag van het 25-jarig bestaan van de Stichting Odapark en loopt tot en met 27 november, de gedenkdag van Oda. Een lange periode waarin diverse kunstwerken worden afgewisseld in de presentatie. Daarmee is de tentoonstelling bij de opening een heel andere dan die het publiek op 27 november aantreft in Odapark. Voor het geheel zal steeds worden geput uit werk van 25 kunstenaars uit binnen en buitenland. Zie de namen hieronder. Bovendien zullen gedurende de tentoonstelling 25 verrassende activiteiten worden georganiseerd.

Er verschijnt een catalogus die gepresenteerd zal worden bij de finissage, de feestelijke afsluiting van de tentoonstelling op 27 november. Hierin wordt elke kunstenaar beschreven waarvan werk gedurende deze periode te zien is geweest in de expositie.

‘Weil ich ein Mädchen bin’, jubileumexpo, 17 juni – 27 november 2018.
Met werk van: Aurora Meccanica (IT), Suzanne Berkers (NL), Berlinde Bruckyere (B), Franco Gori (NL/IT), Jessica Harrison (GB), Jerry Kowalsky (NL-D), Sophie Langohr (B), Theo Lenders (NL), Linda Lenssen (NL), Jeanny van Lieshout (NL), Andrew Millar (GB), Ted Noten (NL), Bart Ramakers (B), Mel Ramos, Tanja Ritterbex (NL), James Rosenquist (US), Roel Sanders (NL), Cindy Sherman (US), Piet Siebers (NL), Mieke Smits (NL), Sr.X (ES), Ceal Warnants (GB), William Sweetlove (B), Bas de Wit (NL), Marjolein Wortmann (IT-NL).

Harem, Aglaia Konrad, Projekt Skulptur and guest : Suchan Kinoshita, Isofolies, les images (1)

Seen from the perspective of the discipline of sculpture, both bodies of work in the exhibition Harem would have to be considered as not entirely legal. Also, together both types of work give an unforeseen ‘light touch’; especially in the way they are hindering the chances of a full view on either element. The two bodies of work are in each others way; the black boulders present obstacles, ruining the chances of a single perspective, each work obstructing the view of the other. The eye must move and keep moving, in search of a vantage point from where a good view and a perspective might be possible. This work of Aglaia Konrad, Schaubuch-Skulptur, is constructed from snapshots, taken over the past decades and turned in to a pocket album. lt seems to represent classical ‘sculpture’, when displayed in photography, white the work of Suchan Kinoshita, called lsofollies, seems to have been made by hiding all of its material content from the eye. lt is a well-kept secret that the boulder’s content consists of wrapped up leftover garbage from museum installations. Rejecting any rationale for the incidental merging of the two bodies of work, this exhibition makes space for a selected number of abjects in a limited environment, which we call ‘Harem’.

Aglaia Konrad Projekt: Skulptur, 2017 BW
prints on ecoboard, stones, 178 x 120 cm. Ed 3/3

Suchan Kinoshita
Isofollies, 2007-2017
Mixed media (wrapped plastic, oil). Variable dimensions

 

Emilio Lopez Menchero, Paintings, les images (1)

Emilio Lopez Menchero
GLOBAL / BOPAL / ORAL / BALL (2018), oil on canvas, 55 x 40 cm

Emilio Lopez Menchero
Trying to Be Regular on pale pink (2018), oil on canvas, 200 x 160 cm

Emilio Lopez Menchero
Visage sur la route vers Chicago n°1 (2016), acrylic paint on canvas, 60 x 45 cm

Emilio Lopez Menchero
Dame au voile noir (2018), acrylic paint on canvas, 60 x 45 cm

Willem Vermeersch, When You Come to a Fork in the Road, Take It, les images (1)

Willem Vermeersch

Exhibition view

Willem Vermeersch

Willem Vermeersch
Inside Out, 2014-2018
Crayon & acrylique sur papier, 40 cm x 50 cm

Willem Vermeersch

Willem Vermeersch
Hachoir, 2012 – 2018
Marqueur sur verre sur crayon sur papier & carton, 50 cm x 60 cm

Willem Vermeersch

Willem Vermeersch
The Last Corner, 2014 – 2018
Crayon, pastel & impression sur papier sur carton – 53 cm x 73 cm

Willem Vermeersch

Willem Vermeersch
Drain de plancher, 2014 – 2018
Crayon & encre sur papier sur carton, 40 cm x 50 cm

Willem Vermeersch

Willem Vermeersch
To the Left, 2014-2018
Crayon & acrylique sur papier, 40 cm x 50 cm

Willem Vermeersch

Exhibition view

Willem Vermeersch

Willem Vermeersch
Remonter, 2009-2018
Crayon sur papier, 25 cm x 30 cm.

Emilio Lopez Menchero, Van Mol tot Molenbeek, De Garage, Mechelen

De Belgisch-Spaanse kunstenaar Emilio Lopez-Menchero (°1960) onderzoekt in zijn werk op velerlei wijzen diverse vragen rond identiteit: die van de kunstenaar tot zichzelf, die van de kunstenaar in het hart van samenleving. Vanuit zijn sociale engagement probeert hij mythes en cliches te ontkrachten. De titel van deze tentoonstelling lijkt, vreemd genoeg misschien, een geografisch afgebakend kunstproject te omschrijven. Nochtans begeeft hij zich voor zijn tentoonstelling in De Garage aan een persoonlijke introspectieve zoektocht, in dit geval via het medium schilderkunst.

Vernissage ce 16 juin à 20h 

Gaëtane Verbruggen, les images (1)

Gaëtane Verbruggen
Sans titre
Huile sur bois, 15,6 x 21,7 x 4 cm, 2018

Gaëtane Verbruggen
Sans titre
Huile sur bois, 12,5 x 8,8 x 4,8 cm, 2018

Gaëtane Verbruggen
Sans titre
Huile sur bois, 15,5 x 21,2 x 4, 2017

Gaëtane Verbruggen
Sans titre
Huile sur bois, 20,5 x 15 x 4,8, 2018

Gaëtane Verbruggen
Sans titre
Crayon sur papier, 100,5 x 73,5 x 1 cm, 2018

Gaëtane Verbruggen
Sans titre
Huile sur bois, 6 x 6 x 4,3 cm, 2018

Gaëtane Verbruggen, Une introduction

Sans titre, huile sur bois, 20,5 x 15 x 4,8, 2018

« Les souvenirs nous sont tous fidèles, en principe. On s’attache à un endroit, une personne, un objet, ou encore, à un détail futile … On se souvient vaguement de certaines choses, comme on peut se souvenir des détails les plus précis d’un objet, d’un décor, d’une sensation. Nos pensées peuvent se déformer avec le temps, on en arrive à ne plus distinguer le vrai du faux, à s’être persuadé d’une chose, alors qu’il en s’agit d’une autre, à rendre fictif une partie du souvenir.

Je cherche à extérioriser des instants intraduisibles et fragiles, un peu flous. Je prends plaisir à capter l’âme des instants du quotidien, retranscrire l’émotion face aux banalités de la vie ordinaire, et en accepter leur simplicité. Mes travaux sont donc le témoignage de diverses sensations restées encrées dans mon esprit, quelles soient dupées par le temps ou non.

Durant la recherche effectuée sur mes souvenirs, je me suis intéressée aux lieux oubliés. Ces sites remplis d’histoires, auxquels personne ne prête attention. Ces endroits sans figure, dotés de lumière diffuses et intimes, capables de nous rappeler une anecdote. Nous avons les moyens d’imaginer un passé, un historique fictif en quelques secondes. Des récits différents pour chaque lieu, des émotions différentes à chaque instant. Nous avançons alors dans la fiction que l’on se crée et nous nous emparons ainsi d’instants irréels. C’est une manière d’observer de nouvelles perspectives sur le monde qui nous environne.

Qu’il soit réalité ou imaginaire, venu d’une réminiscence ou non, le souvenir est commun à notre histoire à tous. De tout cela, nous pensons dès lors avoir réussi à acquérir la trace durable de toutes ces sensations. Et pourtant, « acquisition, conservation, transformation, expression, la mémoire est une symphonie en quatre mouvements.» (Descartes).

Aussi, la fenêtre, traversant l’histoire de l’art avec par exemple van Eyck, Matisse, Van Gogh ou encore Magritte, suggère de nombreuses réflexions. Selon Alberti, le tableau serait comme une fenêtre ouverte. Où se trouverait, si seulement elle existe, la limite entre la réalité et l’imagination ? Pouvons-nous jongler avec le visible et l’invisible produit par une lumière naturelle ? Inconsciemment, nous sommes généralement capables de nous construire une image mentale dissimulée derrière les ouvertures de ces paysages d’intérieurs, jusqu’à peut-être avoir l’envie d’y pénétrer, comme si un nouveau monde se dessinait derrière le support. Je choisis d’utiliser ici la fenêtre en vue de révéler plusieurs propositions contradictoires ; l’intime et le public, le perceptible et l’imperceptible. »

Gaëtane Verbruggen

Cette exposition se tient dans le cadre des jurys de fin d’année de l’Ecole Supérieure des Arts de la Ville de Liège Académie royale des Beaux-Arts

Willem Vermeersch, When You Come to a Fork in the Road, Take It, une introduction

Willem Vermeersch

Willem Vermeersch
Drain de plancher, 2014 - 2018
Crayon & encre sur papier sur carton, 40 cm x 50 cm

Het eerste wat opvalt in Willem Vermeersch’ werk van de voorbije jaren is dat hij een geheel eigen schriftuur ontwikkeld heeft: een schriftuur die gekenmerkt wordt door een moedwillige rusteloosheid en die zich, zo lijkt het, niet zomaar laat opsplitsen in de vertrouwde categorieën van schilderkunst, tekenkunst, fotografie, animatie en video. Er is een voortdurende contaminatie merkbaar tussen de toets van de schilder en de lijnvoering van de tekenaar, in die mate zelfs dat er geen wezenlijk onderscheid te maken valt tussen het opbouwen van een gelaagd beeld vertrekkende van een leeg canvas enerzijds, en het geagiteerd ingrijpen op gerecycleerde beelden en beeldreeksen anderzijds.
Qua handelswijze en snelheid van uitvoering zijn er raakpunten te vinden met het werk van Arnulf Rainer en Cy Twombly, zij het in een eigentijdse vertaling. De schriftuur van Willem Vermeersch is primair – primair in eerste instantie in de betekenis van ongefilterd, of beter gezegd, uitsluitend gefilterd door een temperament. Dit komt niet alleen tot uiting in de typische rusteloos ronddansende toets. De dragers die hij uitkiest voor zijn ingrepen vormen een afspiegeling van beelden die zich situeren aan de grens van het onbewuste, in een tussenzone waar geen hiërarchisch onderscheid bestaat tussen het spookbeeld van een leeg canvas, een close-up van het gezicht van een vrouw op haar doodsbed en een eindeloze reeks foto’s van een wandeltocht naar Istanboel. De interactie tussen drager en schriftuur blijft libidineus, provocatief, met hier en daar een donkere afspiegeling van geweld, neergang en destructie – exorcisme is een term die zich hier lijkt op te dringen, ware het niet dat de initiële intensiteit en exaltatie niet automatisch overgaat in de illusie van spirituele bevrijding. De dynamiek van de handelingen leidt niet per se naar een organisch evenwicht tussen tegengestelde krachten, zoals we bij voorbeeld bij abstracte kunst gewoon zijn. De composities ontstaan veeleer als gevolg van een découpage, of – zoals vooral in de laatste tekeningenreeks te merken valt – als bijgewerkte décollages van vroeger werk.
Daardoor verwijzen de werken die Willem Vermeersch hier presenteert duidelijk naar een visuele cultuur die gedomineerd wordt door beeldschermen – en misschien belangrijker nog, naar onze quasi gedachteloze interactie met de beelden die op deze schermen verschijnen. Een kunstwerk is een hoek van de schepping die gefilterd wordt door een temperament, schreef Emile Zola in de negentiende eeuw. In de eenentwintigste eeuw stellen we vast dat de hoek van de schepping die we vandaag te zien krijgen vaak gefilterd is door een algoritme – een interactief mechanisme dat onze inbreng reduceert tot de onwillekeurige reflexen van onze vingertoppen. Wat we zo te zien krijgen leunt dichter aan bij een droom – een confuse manifestatie van onbewuste verlangens – dan bij een zorgvuldig uitgelichte hoek van de schepping.
Misschien is dit een van de redens waarom de nadruk bij Willem Vermeersch zo uitgesproken op de schriftuur ligt – op de sporen die achterblijven op een blad, een foto of een canvas, en die, hoe gefragmenteerd ook, zich telkens verhouden tot reële ervaringen. Ik denk onder meer aan zijn verleden als snowboarder, zijn verblijf in Maleisië of de voettochten. Het is een actief herbeleven en herwerken van voorbije lichamelijke en mentale impressies – zonder dat de breuklijnen en dissonanten die in de loop van dit proces opduiken uitgewist of weg gecamoufleerd worden. De zintuigen staan op scherp, altijd voorbereid op een nieuwe eruptie van geweld, klaar voor het leven zoals het zich vandaag aandient: veelheid, gelijktijdigheid, eindeloosheid.

Bram Van Damme

Willem Vermeersch

Willem Vermeersch
Kite, 2018
Huile, crayon & gel photo sur toile, 160 cm x 120 cm.

Une première chose frappe en observant les oeuvres récentes de Willem Vermeersch : il a assûrement développé une écriture toute propre à lui, une écriture qui se caractérise par une agitation délibérée et qui, semble-t-il, ne se laisse pas aisément assigner aux genres familiers que sont peinture, dessin, photographie, animation et vidéo. On constate une contamination continuelle entre la touche du peintre et le trait du dessinateur, de telle manière qu’il devient impossible de faire une distinction nette entre, d’un côté, la construction d’une image stratifiée élaborée à partir une toile vierge et, d’un autre côté, ses interventions agitées posées sur des images et des séries d’images récyclées.
En ce qui concerne la mode de travail et la vitesse d’exécution, il y a certes des affinités avec l’oeuvre d’un Arnulf Rainer ou de Cy Twombly, mais dans une interprétation contemporaine. L’écriture de Willem Vermeersch est primaire – primaire dans le sens de non filtrée, ou, mieux dit encore, uniquement filtrée au travers d’un tempérament. Ceci ne se reflète pas uniquement dans la danse frénétique de sa touche caractéristique. Les supports qu’il choisit pour ses interventions constituent des mirages qui se situent dans les marges du conscient, dans une zone intermédiaire où il n’y a pas de distinction hiérarchique entre le fantôme d’une toile blanche, le close-up d’un visage d’une femme allongée sur son lit de mort ou une série infinie de photos souvenirs d’une randonnée à Istamboul. L’interaction entre le support et l’écriture demeure libidineuse, provocatrice, avec ci et là une ombre obscure de violence, de déclin et de destruction ; l’exorcisme serait le terme qui semble s’imposer ici, sauf que l’intensité et l’exaltation initiale n’aboutissent nulle part à une illusion de libération spirituelle. La dynamique des activités ne résulte pas nécessairement dans un équilibre organique de forces opposées, auquel la peinture abstraite nous a depuis longtemps habitués. Les compositions découlent plutôt d’un découpage ou – comme on le remarque certainement dans la série des dessins les plus récents – de décollages mis à jour à partir de travaux antérieurs.
Ainsi les dessins et tableaux que Willem Vermeersch présente ici, font référence à une culture visuelle dominée par des écrans – ou plus précisément encore, à notre interaction irréfléchie avec les images qui apparaissent sur ces écrans. Une œuvre d’art est un coin de la création vue à travers un tempérament, écrivit Emile Zola au dix-neuvième siècle. Au vingt-et-unième siècle on constate que les coins de la création qui nous tombent sous les yeux sont vus au travers d’un algorithme – un mécanisme interactif dans lequel notre contribution est souvent limitée aux réflexes involontaires du bout de nos doigts. Ce qui s’offre à nos yeux s’approche plus de l’univers du rêve – la manifestation confuse des désirs inconscients – qu’à un coin de la création, nettement illuminé.
Peut-être est-ce une des raisons pour lesquelles l’accent, chez Willem Vermeersch, se situe si explicitement sur l’écriture – sur les traces qui restent sur une feuille, une photo ou un toile, et qui, même si défractées, évoquent distinctement des expériences vécues dans le réel. Je pense, entre autres, à son passé de snowboardeur, à son séjour en Malaisie, à ses randonnées pédestres. Il s’agit d’une reconstitution active d’indélébiles impressions mentales et physiques – sans que les ruptures et les dissonances qui caractérisent le processus soient effacées ou camouflées. Les sens sont aux aguets, toujours prêt pour une nouvelle éruption de violence, prêt pour la vie telle quelle se présente aujourd’hui dans sa multiplicité, sa simultanéité, son immensité.

Bram Van Damme
(Traduit du néérlandais)

Bram Van Damme est professeur invité à la School of Arts KASK-Koninklijk Conservatorium à Gand.