Jacques Lizène, presque jamais le visionnaire n’a été perçu comme tel en son temps, revue de presse

Lu dans L’Art Même,l’article d’Alain Delaunois

L'Art Même

Jacqueline Mesmaeker, d’après Picasso et Durer, vitrine Rivoli, Bruxelles

Jacqueline Mesmaeker

Jacqueline Mesmaeker, d’après … Picasso – la muse / 1960

A l’invitation de Jeunesse et Art plastique, Jacqueline Mesmaeker occupe la Vitrine Rivoli dans la galerie du même nom à Bruxelles, 690 Chaussée de Waterloo à 1180 Bruxelles.
Du 16 janvier au 14 mars 2015.

Le livre d’artistes tient une place singulière dans l’univers de l’art contemporain; réalisé souvent à moindres frais il se faufile parfois jusqu’au sommet des plus grandes institutions muséales.
L’asbl Jeunesse & Arts Plastiques édite des livres d’artistes pour permettre principalement aux jeunes mais non exclusivement, d’acquérir une édition signée et numérotée à prix doux. Des artistes tels que Claude Closky, Lionel Estève, Michel François, Jonas Locht, Adrien Luca, Chantal Maes, Jacqueline Mesmaeker, Benoit Platéus ont réalisé une édition JAP.Depuis juin 2013, JAP dispose d’une vitrine consacrée au livre d’artiste dans la galerie Rivoli. Les éditions du JAP y sont montrées mais également celles d’éditeurs ou d’artistes belges et étrangers.

Noir Chantilly, Féminisme(s), La Châtaigneraie, Flémalle

Audrey Frugier

Audrey Frugier, Desespate Houssewives, 2014

Audrey Frugier, Rachel Laurent, Sophie Langohr et Marie Zolamian participent à l’exposition « Noir chantilly, Féminisme(s) », organisée par La Chataigneraie, Centre wallon d’art contemporain, à Flémalle.

Si la lutte pour les droits des femmes paraissait un long parcours uniforme depuis Olympe de Gouges, Georges Sand, Colette, Simone de Beauvoir et Elisabeth Badinter, depuis les vingt dernières années, le féministe, à l’instar de notre société multiculturelle s’est diversifié. On parle aujourd’hui des féminismes et non plus du féminisme. De nouvelles problématiques se sont invitées dans le débat : le port du voile, la procréation assistée, le transgenre, la publicité, la garde alternée… D’autres problématiques réapparaissent sous un jour différent, la prostitution par exemple. Un mot d’ordre fondateur reste d’actualité : le droit des femmes à disposer librement de leur corps et de leur existence. Les artistes, plasticiennes et performeuses réinterrogent ce rapport au corps féminin.

Avec : Cathy Alvarez , Elodie Antoine, Julie Arnould, Anne-Sophie Arnould, Evelyne Axell, Laetitia Bica, Dominique Castronovo, Isabelle Copet, Alexia Creusen, Aurore Dal Mas, Sheila de la Cal Perez, Audrey Frugier, Fanny Germeau, Annabelle Guetatra, Sophie Langohr, Rachel Laurent, Karine Marenne, Pauline May, José Picon, Romina Remmo, Anne-Françoise Schmitz, Sofie Vangor, Fanny Viollet, Aurélie William Levaux, Fang Zhaolin, Marie Zolamian…

Du 14 février au 5 avril 2015 à la Châtaigneraie (Flémalle) – vernissage public le vendredi 13 février à 18h30.
Conférence le 6 mars : Sophie Cadalen, psychanalyste et écrivaine à Paris, auteur de « Ni mars, ni vénus, oui nous sommes différentes autrement » et « Les femmes de pouvoir, des hommes comme les autres ».

Egalement du et 21 février > 20 mars 2015 à la Galerie Juvénal (Huy). Vernissage le vendredi 20 février à 18h30 à La Galerie Juvénal

La Châtaigneraie
Chaussée de Ramioul, 19 – B-4400 Flémalle – T +32 (0) 42 75 33 30.

Marie Zolamian, Espace Jeunes Artistes, rétrospective 2009-2014, BAL Liège

Marie Zolamian participe à l’exposition « Espace Jeunes Artistes, rétrospective 2009-2014 »

invitation

Du 12|02|2015 > 15|03|2015
Vernissage le mercredi 11|02|2015 à 18h dans la Salle Saint-Georges du BAL, musée des Beaux-Arts de Liège

Chaque mois, des artistes liégeois, œuvrant dans le domaine des arts plastiques, ont eu l’opportunité d’accéder à un espace d’exposition au sein du MAMAC et ensuite de la Salle Saint-Georges. Rétrospective d’une quarantaine de participations. Avec : Thierry Adam – Cathy Avarez – Eglantine Chaumont – Com-1 – Martin Coste – Alexia Creusen – Ludovic Demarche – Eric Deprez – Elka Duo – Thierry Falisse – Sarah Galante – Christophe Gilot – Florent Girard – Raymond Gosin – Fabienne Guerens – Frédéric Hainaut – Thierry Hanse – Didier Heyman – Tatiana Klejniak – Kresh – Laetitia Lefevre – Sophie Legros – Aydrey Lo Bianco – Mathieu Nozières – Cécile Menendez – Bénédicte Moyersoen – Naïma Berriah – Michaël Nicolaï – Geneviève Otte – Alice Pichault – Andrea Radermacher – Charles-Henry Sommelette – Thomas Urban – Antoine Van Impe – Sofie Vangor – Valérie Vrindts – Grazizella Vrunna – Marie Zolamian

Sophie Langohr, Drapery, Ecole supérieure des arts Saint-Luc, Liège

Sophie Langohr

Sophie Langohr
Numero advertising image – Free transform, photographie couleur marouflée sur aluminium, de la série Touching Up, 2014, 47 x 53 cm.

Sophie Langohr

Sophie Langohr
Valentin Judashkin advertising campaign Fall/Winter 2013 de la série Drapery,
photographie couleur (tirage jet d’encre), 57 x 42 cm, 2013

Lu, à propos de l’exposition « Drapery » de Sophie Langohr ce texte de Yves Randaxhe :

Double / Trouble
Variations autour de l’exposition Drapery de Sophie Langohr

Sous le nom générique de Drapery, Sophie Langohr propose plusieurs séries d’images qui approfondissent ses travaux antérieurs, relisent ses thèmes privilégiés et cultivent leurs tropismes : la représentation du corps et son usage, entre autres dans la publicité ; les manipulations de l’image ; la dialectique de la surface et de la profondeur, illustrée puissamment par les drapés et les jeux d’apparition – disparition du support original de l’image, mais aussi par la présence récurrente de la peau ; les méandres enroulés de l’histoire de l’art et la façon dont l’esprit conquérant s’y manifeste au profit de puissances religieuses ou mercantiles …

La main

« Manipulation digitale » : Sophie Langohr y recourt souvent. Pour décrire cette opération virtuelle, les mots renvoient pourtant au corps : la main et le doigt. Dans sa série Drapery, Sophie Langohr file la métaphore sur plusieurs registres, jusqu’au trouble. Des images – de l’imaginaire – sont bel et bien « matériellement » chiffonnées sur leur support de papier. Le tout est re-photographié, fixant un mille-feuilles où le réel, l’image et le virtuel s’entremêlent, s’interrogent et se répondent : la main image fait mine de froisser le papier qui est son support-même, et dans le même geste, le tissu ou la peau.

Que voir ? Que croire ? Rompue aux sortilèges et aux subterfuges de l’image publicitaire, Sophie Langohr explore obstinément la « trahison des images ». La main qui touche – mais que touche-t-elle ? – évoque celle de saint Thomas, tentant de dissiper par les sens son incrédulité. Mais toute tentative d’accéder au réel est vaine ; il est inatteignable, perdu dans le dédale des images et les strates virtuelles. Dans la société du spectacle, il n’y a de foi qu’aveugle.

La main touche et retouche : dans la série Touching Up, un doigt vient marquer une zone de l’image selon des procédés classiques de retouche digitale. Ce sont toujours des mains féminines, où il est difficile de ne pas deviner celle de l’artiste elle-même, présente dans la gestation de l’image et représentée, revendiquant son statut de créatrice – et de manipulatrice.

Frou frou

Frou frou, frou frou par son jupon la femme
Frou frou, frou frou de l’homme trouble l’âme
Frou frou, frou frou certainement la femme
Séduit surtout par son gentil frou frou

(Chanson de Montréal et Blondeau, 1898)

Dans cette chanson célèbre bien que plus que centenaire, la femme est réduite au bruit produit par les plis de ses jupons. Une poupée de chiffon vidée de tout être, comme un écho à cette Ninfa traquée à travers l’histoire de l’art par Aby Warbug, et à laquelle Georges Didi-Huberman a consacré un livre : la figure féminine drapée se vidant au fil de l’histoire de l’art du corps qui l’habite. « Drapé tombé ». « Et de même que la toile des tableaux en général faisait office d’écran – au sens cinématographique – pour une véritable encyclopédie du fantasme all’antica, de même les tissus, hyperbolisés dans tant de scènes mythologiques (…) feront office de réceptacles (…) pour la substance imaginaire du désir. »[i]

Autre lecture du même ( ?) selon Giono [ii]: « Les femmes ici n’ont pas de forme; ce sont des paquets d’étoffes médiocres. » Chez Sophie Langohr, pas d’étoffes médiocres : l’œuvre ne manque pas d’élégance et nous reconnaissons immédiatement les marqueurs des publicités pour les produits de luxe dont sont extraites les images. Drapées sont les dentelles, mais aussi les peaux et le papier, lisse et brillant. Celui-ci émet des reflets (le double de la lumière), de petits éblouissements (le trouble du frou frou).

Drapery sans cesse masque et démasque son propos ; Sophie Langohr y place le froissé au centre de sa stratégie de construction, de lecture et de déconstruction de l’image. Mais à quel niveau de ces froissements s’arrête ou se perd notre regard ? Et l’enveloppe finit-elle par phagocyter ce qu’elle contient ?

L’histoire et sa trame

Sophie Langohr n’interroge pas seulement l’imagerie publicitaire, dont provient une bonne part de son matériel de base. Elle relie aussi sa pratique à des images canoniques de notre histoire de l’art, comme le suggère déjà la référence à la Ninfa. Dans New Faces, elle confronte ainsi égéries de la mode et vierges sages de l’imagerie sulpicienne, rapprochant de façon troublante, à plus d’un siècle de distance, des productions artistiques fondées toutes deux sur la séduction et la conquête, fussent-elles en apparence opposées quant à leur objet.

Avec ses séries récentes, c’est vers l’art baroque qu’elle lorgne manifestement, citant par exemple les drapés savants des sculpteurs du XVIIe siècle, tel le liégeois Jean Del Cour (1627-1707). Dans la trame de l’histoire de l’art, Sophie Langohr se réfère une nouvelle fois à un art de fascination et de combat. L’esthétique baroque a été ouvertement mise au point par les autorités ecclésiastiques comme un instrument de reconquête des âmes face à la montée en puissance de la Réforme : sa théâtralité n’avait d’autre visée que de lui assurer un triomphe populaire, moyennant parfois un usage immodéré des regards renversés, postures extatiques et tourbillons sensuels. À l’image des draperies, la trame de l’histoire se trouve ainsi repliée sur elle-même en tous sens, créant échanges, porosité, trouble. En attendant que tout retombe dans ses plis ?

Les mains trouvées dans des pages de magazines et que Sophie Langohr isole, distillent quant à elles une beauté classique et semblent rivaliser avec des morceaux choisis de la peinture ancienne. Foin de la hiérarchie entre « grande peinture » inscrite dans l’histoire et imagerie publicitaire, qui se dissout dans sa consommation. Détournée de son usage initial, l’image nous installe dans le temps long de la contemplation.

Il faudrait enfin oser un portrait de l’artiste en combattante. Sa propension à se frotter à l’image publicitaire et à des esthétiques conquérantes n’est certes pas dénuée d’ambigüité. Elle n’en est pas moins révélatrice d’une forme d’affrontement que Sophie Langohr mène tout à la fois en tant qu’artiste et en tant que femme: sa version propre de l’art au service de l’idée. Sans rien lâcher dans le labyrinthe des mises en scène et des stratégies.

Le théâtre du corps

Trame, tissu, rideau. Le corps est à la fois derrière et devant celui-ci, mais il est aussi le rideau. Et pour troubler ces surfaces de projection, le froissé, le drapé.

Dans la série Drapery, les images sur papier semblent à un moment donné actrices de leur propre froissement. Dans Touching Up, les mains mettent en scène la manipulation qui contribue à les produire. Et derrière ces images, le théâtre futile de la publicité pour l’industrie du luxe. Futilité : babiole, bagatelle, superflu. Le théâtre des vanités.

La gravité, pourtant, s’y mêle. Des mains sont isolées sur des fonds austères, quelquefois rehaussés d’une sorte de lumière mystique venant de l’intérieur du corps ou des profondeurs du rien. Parfois des morceaux de corps sont tordus dans le plissé.

Dans les Canvases, le trouble est total. Ce n’est plus le papier qui est froissé. On reconnaît de vraies carnations, plus crues que celles des lisses images publicitaires : points de beauté, rougeurs, … Et c’est la peau elle-même qui est manipulée, contrainte aux plis et à la distorsion. On y est mal à l’aise. Ces chairs contorsionnées en appellent à un imaginaire collectif douloureux.

On identifie bien une autre trame que celle de la peau, et différente de celle d’une image imprimée : en fait, celle d’un tissu fin. Pour produire ces images, pas de manipulation virtuelle en effet : le tissu est posé et drapé sur le dos de personnes réelles, et, par sa finesse, joue comme un écran déformant. Le tissu ne masque plus le corps, mais au contraire en exprime une vérité qui dérange. On n’est pas loin de l’essence des « vanités », avec leurs sombres présages chers à la peinture de l’après-Renaissance. Ou, à la même époque, des figurations de Marie-Madeleine, dont la repentance du modèle n’empêche nullement le spectateur de jouir de la nudité.

L’écriture, dans sa linéarité, est par nature peu apte à rendre compte de l’œuvre plastique. Elle est trop sujette à la tentation du récit, voire de la morale. C’est spécialement vrai pour des propositions comme celles de Sophie Langohr, touchant à des sujets controversés mais dont la beauté réside pour une grande part dans leur polysémie, tels des plis de drapés dont ses travaux récents font un usage sensuel et troublant. Il faudrait donc, à l’instar des fichiers dont l’artiste se sert dans son travail digital, multiplier les couches, les caches, laisser l’œil se perdre et l’intelligence poétique prendre le dessus en toute liberté. « Pour bien regarder », propose Georges Didi-Huberman, « il faut savoir ouvrir mais aussi fermer les yeux. »[iii]

Yves Randaxhe
janvier 2015

[i] Georges DIDI-HUBERMAN, Ninfa moderna. Essai sur le drapé tombé, Gallimard, 2002, p. 20

[ii] Jean GIONO, Ennemonde et autres caractères, Gallimard, 1968

[iii] Georges DIDI-HUBERMAN, op. cit. p. 127

Galerie Saint-Luc
Ecole superieure des Arts Saint-Luc Liège Bld de la Constitution 41
4020 Liège
Accessible du 6 février au 7 mars 2015 Du jeudi au samedi de 14 h à 18 h

Jacques Charlier, The Importance of being, Museo de Bella Artes, La Habana, Cuba

Jacques Charlier participe à l’exposition « The importance of being », un panorama de l’art contemporain en Belgique au travers des oeuvres de quarante artistes, une exposition conçue par la curatrice Sarah Alonso Gomez, qui sera successivement accueillie par les musées de La Havane, de Buenos Aires, de Rio de Janeiro et de Sao Paulo. Première étape au Museo Nacional de Bellas Artes, La Habana, Cuba, du 13 février au 26 avril.

Gathering 40 international artists, the exhibition “The Importance of Being …” will travel to 4 important museums in Latin America along one year and a half, offering a vast panorama of the contemporary art scene in Belgium, without intending to encompass thoroughly. Plural discourses and transversal approaches through a wide range of artistic supports make possible to highlight nowadays crucial problematics worldwide in order to think on possible connections with other latitudes while mapping similarities and differences.

The goal has been to go beyond the notion of Belgium. It is a departure point as laboratory/platform with specific but also global cultural dynamics and geopolitical approaches, in the center of Europe on the decision-making and towards the rest of the world. In this sense, subjects related to power and memory, to the binomial identity-alterity, conflicts and borders, human relations with both the technosphere and biosphere in the context of the globalization are developed on the exhibition. In this sense, the exhibition proposes 5 conceptual trends establishing a strong thread between the selected artworks.

In parallel to the show, a program of performances, workshops with local art schools, conferences and panels of discussion will take place along the exhibition. The first venue will be Museo Nacional de Bellas Artes in Havana as from February 13th this year.

Artists: Marcel Broodthaers, Chantal Akerman, Francis Alÿs, Charif Benhelima, Guillaume Bijl, Michaël Borremans, Dirk Braeckman, Jacques Charlier, David Claerbout, Leo Copers, Patrick Corillon, Cel Crabeels, Berlinde De Bruyckere, Jan De Cock, Peter de Cupere, Carl De Keyzer, Raoul De Keyser, Edith Dekyndt, Wim Delvoye, Fred Eerdekens, Jan Fabre, Michel François, Kendell Geers, Johan Grimonprez, Ann Veronica Janssens, Marie-Jo Lafontaine, Jacques Lizène, Kris Martin, Hans Op de Beeck, Walter Swennen, Pascale Marthine Tayou, Ana Torfs, Joëlle Tuerlinckx, Philippe Vandenberg, Koen van den Broek, Anne-Mie Van Kerckhoven, Koen Vanmechelen, Lieve Van Stappen, Bruno Vekemans, Angel Vergara Santiago.

Curator: Sara Alonso Gómez
Director: Bruno Devos

Dates:

Museo Nacional de Bellas Artes, La Habana, Cuba: February 13th to April 26th 2015
Museo de Arte Contemporáneo, Buenos Aires, Argentina: July 4th to September 12th 2015
Museu de Arte Moderna, Rio de Janeiro, Brasil: December 2nd 2015 to February 14th 2016
Museu de Arte Contemporânea da Universidade de São Paulo, Brasil: April 11th to July 14th 2016

Sara Alonso Gómez is curator and art critic on contemporary art, graduated from Art History at the University of Havana and from a Master on Curating Contemporary Art at Paris-Sorbonne. As member of the Cuban Writers and Artists’ Union (UNEAC), she focuses on the contemporary art challenges in its trans-disciplinary nature and process. Having worked at Ludwig Foundation of Cuba during five years, she collaborates today with Uprising Art, a platform for the promotion of the Caribbean Contemporary Art; with Centre Pompidou in Paris at Service of Nouveaux Média; and with Artui in Belgium directed by Bruno Devos for developing trans-global artistic projects. Her publications can be found in specialized catalogues and magazines.

Jacques Charlier montre ses « Cent sexes d’artistes », une oeuvre censurée par la Biennale de Venise en 2009 et qu’il propose, cette fois, en première mondiale, sous sa forme définitive : 100 impressions sur toiles, chacune de 50 x 40 cm. Une encyclique artistique !

Jacques Charlier

Jacques Charlier

C’est en 1975 que Jacques Charlier dessine et publie ses premiers Sexes d’Artistes. Panamarenko est bien doté, il a le zizi aussi gros qu’une montgolfière, celui de Boltanski a la forme d’une tétine, souvenir, souvenir. Ben Vautier est affublé d’un décamètre, question d’ego sans doute. Le sexe de Daniel Buren mesure 8,7 cm. Christo sort couvert, la chose est évidemment emballée. Voilà le microphone de Ian Wilson, le pistolet à eau de Claes Oldenburg. Le zoom de Douglas Huebler a la goutte, tout comme le pinceau numéro cinquante de Niele Toroni, Gilbert & Georges ont deux mignons zizis jumeaux et partagent les mêmes bourses. « Zensur ! » pour le pénis de Hans Haacke, non vous ne le verrez pas. Le gland rieur et monté sur ressort d’Andy Warhol surgit de sa boîte à surprise. Quant au sexe de Lawrence Weiner, il peut être : 1. Saisi par l’artiste. 2. Coincé par quelqu’un d’autre. 3. Pas manipulé du tout. Joli statement conceptuel, tout comme l’est la définition du sexe de Joseph Kosuth.

Ces Sexes d’artistes sont un abrégé d’actualité artistique, l’observation des pratiques d’avant-garde, des traits saillants de caractère. C’est l’universelle leçon de la caricature et du portrait de charge. Ces dessins sont grivois, dans le sens où l’entend Freud, ils agissent comme autant de « mots d’esprit qui dénudent» (entblössenden Witz). L’ensemble tient de la chronique d’une époque et témoigne d’un sens aigu de l’observation du monde de l’art, il révèle d’une saine relativité entretenue par rapport aux discours théoriques en vogue, par rapport au marché, à ses acteurs, à ses gourous. En fait Charlier ne se distancie pas de ce qu’il observe, il démonte les systèmes et met le doigt dessus, en commençant par pointer le doigt sur lui-même. Activiste non exalté, satiriste du concept, caméléon du style, Charlier use de la parodie et du calembour avec une lucidité singulière. Pratiquant la caricature depuis 1969, il poursuit et s’approprie une tradition, celle des Salons Comiques du 19e siècle, ces salons pour rire de l’art, qui fleurissent dans la presse et qui mêlent souvent aux charges contre les œuvres elles-mêmes, des scènes de genre mettant en scène le jury du Salon, le public mondain des vernissages et les artistes eux-mêmes. Ces salons pour rire participèrent de près à la fortune critique des tableaux comme ils constituèrent un terrain d’expérimentation privilégié pour les pratiques de dérision, voire d’autodérision, qui se sont développées dès la fin du 19e siècle, notamment avec les Incohérents, plus tard le dadaïsme et ses multiples avatars.

En 2009, Charlier a remis en chantier ses sexes d’artistes. Il en dessine une centaine. L’abrégé d’actualité artistique se transforme en histoire de l’art illustrée, Un vrai panthéon ; rassemblant plusieurs générations d’artistes. L’enjeu, dès lors, est d’en être ou pas. La série sera censurée par la Biennale de Venise. Pierre Desproges avait bien raison : on peut rire de tout, mais pas avec n’importe qui. Qu’à cela ne tienne, Jacques Charlier tentera, en pirate de l’art, de libérer Venise d’une incroyable pudibonderie.

Jacques Charlier

Jacques Charlier

Jacques Lizène, The Importance of being, Museo de Bella Artes, La Habana, Cuba

Jacques Lizène participe à l’exposition « The importance of being », un panorama de l’art contemporain en Belgique au travers des oeuvres de quarante artistes, une exposition conçue par la curatrice Sarah Alonso Gomez, qui sera successivement accueillie par les musées de La Havane, de Buenos Aires, de Rio de Janeiro et de Sao Paulo.
Première étape au Museo Nacional de Bellas Artes, La Habana, Cuba, du 13 février au 26 avril.

Gathering 40 international artists, the exhibition “The Importance of Being …” will travel to 4 important museums in Latin America along one year and a half, offering a vast panorama of the contemporary art scene in Belgium, without intending to encompass thoroughly. Plural discourses and transversal approaches through a wide range of artistic supports make possible to highlight nowadays crucial problematics worldwide in order to think on possible connections with other latitudes while mapping similarities and differences.

The goal has been to go beyond the notion of Belgium. It is a departure point as laboratory/platform with specific but also global cultural dynamics and geopolitical approaches, in the center of Europe on the decision-making and towards the rest of the world. In this sense, subjects related to power and memory, to the binomial identity-alterity, conflicts and borders, human relations with both the technosphere and biosphere in the context of the globalization are developed on the exhibition. In this sense, the exhibition proposes 5 conceptual trends establishing a strong thread between the selected artworks.

In parallel to the show, a program of performances, workshops with local art schools, conferences and panels of discussion will take place along the exhibition. The first venue will be Museo Nacional de Bellas Artes in Havana as from February 13th this year.

Artists: Marcel Broodthaers, Chantal Akerman, Francis Alÿs, Charif Benhelima, Guillaume Bijl, Michaël Borremans, Dirk Braeckman, Jacques Charlier, David Claerbout, Leo Copers, Patrick Corillon, Cel Crabeels, Berlinde De Bruyckere, Jan De Cock, Peter de Cupere, Carl De Keyzer, Raoul De Keyser, Edith Dekyndt, Wim Delvoye, Fred Eerdekens, Jan Fabre, Michel François, Kendell Geers, Johan Grimonprez, Ann Veronica Janssens, Marie-Jo Lafontaine, Jacques Lizène, Kris Martin, Hans Op de Beeck, Walter Swennen, Pascale Marthine Tayou, Ana Torfs, Joëlle Tuerlinckx, Philippe Vandenberg, Koen van den Broek, Anne-Mie Van Kerckhoven, Koen Vanmechelen, Lieve Van Stappen, Bruno Vekemans, Angel Vergara Santiago.

Curator: Sara Alonso Gómez
Director: Bruno Devos

Dates:

Museo Nacional de Bellas Artes, La Habana, Cuba: February 13th to April 26th 2015
Museo de Arte Contemporáneo, Buenos Aires, Argentina: July 4th to September 12th 2015
Museu de Arte Moderna, Rio de Janeiro, Brasil: December 2nd 2015 to February 14th 2016
Museu de Arte Contemporânea da Universidade de São Paulo, Brasil: April 11th to July 14th 2016

Sara Alonso Gómez is curator and art critic on contemporary art, graduated from Art History at the University of Havana and from a Master on Curating Contemporary Art at Paris-Sorbonne. As member of the Cuban Writers and Artists’ Union (UNEAC), she focuses on the contemporary art challenges in its trans-disciplinary nature and process. Having worked at Ludwig Foundation of Cuba during five years, she collaborates today with Uprising Art, a platform for the promotion of the Caribbean Contemporary Art; with Centre Pompidou in Paris at Service of Nouveaux Média; and with Artui in Belgium directed by Bruno Devos for developing trans-global artistic projects. Her publications can be found in specialized catalogues and magazines.

Jacques Lizène y montre une sélection d’une dizaine de ses perçus – non perçus

Jacques Lizène

Jacques Lizène
Le perçu et le non perçu, 2 photographies NB, tirages argentiques, 65 x 50 cm, 1973.
« Objet : horloge. Entre la première prise de vue (photo n°1) et la seconde (photo n°2), il ne s’est pas seulement écoulé une minute mais 1441 minutes (24h1’) ».

[…] Lizène used the medium of photography to supply either a commentary on, or subversion of, traditional genres such as portraiture, still life, or street photography. He realized this through the notion of the mediocre, an approach that is in line with contemporary photo conceptual art as analyzed by Jeff Wall in his classic essay, ‘Marks of Indifference: Aspects of Photography in, or as, Conceptual Art ‘ (1995). Lizène, however, went further than his contemporaries. Not only is his work- certainly his photographic work- characterized by a certain ‘deskilling’ and ‘visual banality,’ to use Wall’s terms, he also identified him self as the ultimate mediocre artist. In 1970 he defined him self as the ‘Minor, late mid -twentieth-century Master of Liege, Artist of the Mediocre and Unimportant‘. In essence, Lizène used mediocrity as a means to claim the artistic value of an object or an idea that is not typically considered as praiseworthy. With this strategy of mediocrity – a deliberate refusal to make ‘high art’ – Lizène, in fact, continued the Surrealist methodology that had been most ‘purely’ adopted by Marcel Mariën.

In 1972 and 1973 Jacques Lizène created a series of photographic works entitled the Perceived and the Not-Perceived [Le Perçu et le Non Perçu] in which the photographic mechanism is shown, analyzed, and questioned in a light, humorous way. The series starts with a selfportrait entitled the Minor Master from Liege Pressing his Nose against the Surface of the Photograph. In ‘The Quick and Incomplete Autobiography, by Lizène Himself’ (1990) the artist asserted that ‘the surface of the photo was actually a window’ and thus, he qualified the image as ‘a mediocre joke ‘ This silly statement, nevertheless, makes the viewer conscious of the camera lens as a screen that separates the photograph from reality. Lizène’s remark also reminds the viewer of the fact that what is shown is not reality but an (indexical) image of reality.

Most of the other works that are part of the series the Perceived and the Not Perceived were based upon the idea of reproducibility, a fundamental characteristic of the photographic medium. In each work a series of photographs – with exactly or nearly the same images -is combined with a caption suggesting that the images differ but in a way that is ‘unperceivable.’ One of the works included in the series is: In the second photo the black sock worn on the subjects right foot is worn on the subjects left foot in the first photo, whereas in the third photo the subject wears two completely different socks.
In this series the photographs alone cannot make the meaning of the artwork clear; words are required, therefore, in order to communicate the content that the artist intended. The combination of a series of images and a text in the form of a caption is a strategy that is often used within the discourse of Conceptual art. Take, for example, John Baldessari’s The Back of All the Trucks Passed While Driving from Los Angeles to Santa Barbara, California, Sunday 20 January 1963, which consists of picture s of, indeed, the back of trucks. The caption of this work (drily) describes what is seen in the pictures. By contrast, Lizène’s works that form the series The Perceived and the Not-Perceived challenge the relation between what is read and what is seen. This approach recalls the subverted image-text relation found in the work of Rene Magritte, such as The Treachery of Images [La Trahison des Images] (1929). In addition, Lizène affirmed in an interview his appreciation for Magritte and especially ‘his particularly modern way of interrogating the image’. […] As a matter of fact, Lizène remarked ‘ [that] on August 28, 1990, he realized he was one of the inventors of the « comic conceptualism » of the early 1970s.’

Liesbeth Decan, Conceptual Art and Surrealism: an Exceptional, Belgian Liaison in
Mieke Beyen (dir), Minor Photography. Connecting Deleuze and Guattari to Photography Theory, Lieven Gevaert Series, Leuven University Press, 2014.

Jacques Lizène

Jacques Lizène
Sur la deuxième photographie, la chaussette noire portée au pied droit par le personnage photographié est porté par celui-ci au pied gauche sur la première et la chaussette noire portée au pied gauche sur la première photographie est portée au pied droit sur la deuxième tandis que sur la troisième photographie le personnage porte deux chaussette noires différentes de celles portées par celui-ci sur la première et la seconde photographie (ohlalalala !). Le perçu et le non perçu, 3 photographies N.B, tirages argentiques, 1973. Photographies N.B, tirage argentique, texte imprimé. 30 x 40 cm. 1973-2011.

Emilio Lopez-Menchero, Centrale for Contemporary Art, revue de presse (3)

Lu dans Flux News, sous la plume de Catherine Callico :

Emilio Lopez-Menchero & Esther Ferrer à la Centrale for contemporary art

Le corps et l’identité

L’artiste espagnol et protéiforme Emilio Lopez-Menchero présente son oeuvre à la Centrale for contemporary art, le temps d’une rétrospective qui permet d’en palper toute la richesse, l’audace, la dérision. Celle-ci se complète d’une installation d’Esther Ferrer, pionnière de l’art performatif.

Tenue et tons sobres, marine et gris. Emilio Lopez-Menchero arrive à la Centrale for contemporary art pour une visite de sa rétrospective. Coupe standard, ni barbe ni artifice. Support neutre et lisse, prêt à toute expérimentation. Lequel tranche avec la Frida Kahlo mise en scène du communiqué de presse. Toute en couleurs et fleurie. La couleur est essentielle dans l’oeuvre de l’artiste protéiforme espagnol. De ses Trying to be (où il se met dans la peau d’une personnalité) à ses toiles, dessins, sculptures, vidéos, performances et autres interventions urbaines et architecturales.

Le corps et l’identité constituent l’ossature de son oeuvre. Dès ses débuts. Architecte diplômé de La Cambre en 1995, il mêle très vite l’architecture à l’art, influencé par la bible du milieu, le manifeste de Hans Hollein “Alles ist Architektur”, qui traite de corporalité dans l’espace. Je subdivise le corps en quatre, souligne Emilio. Le corps normé, le corps agité, le corps identifié, le corps fantasmé. Le corps normé appartient à sa “première période”. Dans la salle d’exposition du fond de la Centrale, au sol, il a agrandi un tapis à l’échelle 1/1 de la capacité maximale des corps humains dans l’espace. Soit des traces de semelles normées. 24 personnes au mètres carré, c’est la norme –tirée du fameux manuel – dans les espaces publics, ascenseurs etc. L’oeuvre réfère également à sa seconde période, qui s’attache à l’abstraction et à l’art minimal.

Personnifier pour être

Sur les murs de cette salle du fond, Emilio a disposé une sélection de ses fameux Trying to be, photographies de ses incarnations d’icônes. De droite à gauche: Marc Dutroux, Che Guevara, Pablo Escobar, Frida Kahlo, Yasser Arafat, Russel Mean, Fernand Léger, Rrose Sélavy, Carlos, Raspoutine.

Pour réaliser ces performances photographiques, l’artiste se réapproprie et vit ces personnages à partir de son propre corps. Sans postiche. Je me transforme, laisse pousser la moustache, me teins les cheveux. Cette mise en abyme permet de sortir de l’anonymat. C’est en 2001, en réponse à une invitation de participation au MAMAC de Liège ( Hommage/Outrage Picasso, sous commissariat de Lino Polegato) , qu’il se propose lui-même en personne et entame la série de photos en noir et blanc “Trying to be”.

Né en Belgique de parents espagnols républicains qui ont fui le franquisme, l’artiste évoque régulièrement Picasso et l’Espagne. Comme dans son Torero/Torpedo. En habits de torero, il harponne avec dérision son vélo, référence à notre pays et à la figure d’Eddy Merckx, mais aussi à la « Tête de Taureau » de Picasso, rencontre fortuite d’une selle et d’un guidon. Ici, il se voit le vainqueur de l’étape du col d’Aubisque, lors du Tour de France.

Au fil de l’expo, chaque pièce est placée en résonance avec les autres, traduisant la cohérence de son approche. Et cette quête inlassable d’identité. Le plus souvent avec dérision.

Porte-voix

Emilio Lopez-Menchero explore régulièrement les thèmes des migration et immigation, de l’exclusion et de l’aliénation dans ses interventions urbaines. Le porte-voix est l’un de ses medias de prédilection. De son porte-voix monumental, sa Pasionaria, sur le boulevard Stalingrad face à la gare du Midi (ce lieu de confluence évoque un épisode de la Guerre d’Espagne) au cri de Tarzan qui s’échappera toutes les 30 minutes de la Tour Sainte-Catherine, tout au long de la durée de cette rétrospective. Au sein de la Centrale même, une installation en grillages évoque un centre fermé dans l’ancienne prison des femmes à Bruges, prévu pour la détention de demandeurs d’asiles déboutés ou de gens en séjour illégal. Via quatre porte-voix, des voix féminines clament les nationalités recensées: “Mongolia”, “Bulgaria”… L’artiste souligne ici la contradiction au sein de la ville touristique, laquelle d’un côté attire les étrangers, de l’autre les rejette.

Esther Ferrer et l’identité

Pour l’occasion, Emilio Lopez-Menchero a invité Esther Ferrer, pionnière de l’art performatif depuis les années 70, également Espagnole et exilée à Paris depuis une quarantaine d’années. Son installation dénonce une Espagne à l’identité ravageuse et anthropophage. Très sobre et forte, elle est constituée d’un cercueil noir, basique, suspendu, surmonté d’une épée en forme de crucifix. Sur le mur de fond, le drapeau de la monarchie espagnole. Tandis que la voix de l’artiste reprend des textes populaires basés sur Les Chroniques de la Conquête. L’oeuvre a été réalisée en 1992, lors des commémorations du 500e anniversaire de la “découverte” de l’Amérique par Christobal Colomb, dans le cadre d’une exposition critique (qui n’a pas eu lieu). Si j’ai choisi cette pièce aujourd’hui, c’est également lié à l’identité française en déclin. Cette pièce évoque les notions de construction d’une identité nationale, la pureté de la race.

Catherine Callico

Lu Dans De Standaard, sous la plume de Sam Steverlynck

De Standaard

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Jacques Lizène, Si tu veux voir le monde, ferme tes yeux, Argos, Bruxelles

Jacques Lizène

Contraindre le corps à rester dans le cadre de l’image en promenade d’un côté à l’autre de l’écran.
1971, couleurs, sans son, 8 mm, projet vidéo transféré sur DVD, 4’28. Ed. Yellow.
Devant un mur de briques, une constante dans l’œuvre lizénienne, les contorsions du petit maître pour rester dans le cadre de l’image tandis que la caméra resserre peu à peu le champ. Le petit maître se promène latéralement, d’un bord à l’autre du cadre de l’écran, sans sortir du champ. Deux prises successives.

Opening Saturday 7th February 2015 // 18:00 – 21:00

Si tu veux voir le monde, ferme tes yeux is an exhibition project in two parts based on video works from the Argos collection. The title nods to Jean-Luc Godard’s film Le Gai Savoir (1968) in which two characters wonder about the meanings of sound, words and images, but they also discuss about cinema, television and politics. Cinema as the possibility to engage in a dialogue and as the way to reach any goal. In the first part of the project, the exhibition proposed a selection of works that simultaneously evoke cinema seeing as a technique and an introspective experience. In fact, even if filmmaking is matter of testing, shooting, framing, editing, setting, recording or acting, it’s finally an inner encounter between the spectator and the fictional world depicted in the movie, a physiological exposure mediated by a our senses and our intellect.

With works by Herman Asselberghs, Pascal Baes, Manon de Boer, Chloé Despax & Emanuel Lorrain, Florian Gwinner, Jacques Lizène, Eric Pauwels, Maurice Roquet, Krassimir Terziev.

ARGOS CENTRE FOR ART AND MEDIA
WERFSTRAAT 13 RUE DU CHANTIER
B-1000 BRUSSELS
WED-SUN 11.00-18.00

Sophie Langohr, Drapery, galerie Saint-Luc Liège. Vernissage le 5 février à 18h.

Sophie Langohr

Sophie Langohr est l’invité de l’Ecole supérieure des Arts Saint Luc à Liège. Elle exposera ses œuvres à la Galerie Saint-Luc du 6 février au 7 mars, les jeudis, vendredis et samedis de 14h à 18h et animera une Masterclasse avec les étudiants du 16 au 20 février. Vernissage le 5 février à 18h.

Sophie Langohr poursuit des recherches qui, revisitant l’histoire de l’art, éprouvent et interprètent les codes iconographiques du passé tout en interrogeant nos actuels systèmes de représentation. C’est le champ de la photographie qu’elle investit principalement, examinant le médium à l’aune de sa production, de sa diffusion, de sa réception, analysant ses caractéristiques intrinsèques, notamment sa capacité à reproduire, imiter, falsifier.
Qu’ils s’agisse de camées antiques, de motifs d’esprit rococo, de portraits classiques, de statues de Vierges, de saintes, d’apôtres, tout est image qui opère, susceptible de faire signe. Sophie Langohr se réapproprie ces images que nous avons consciemment ou inconsciemment en mémoire ; elle les manipule, les subvertit, y distille un trouble qui bien au-delà de toute entreprise de mystification, réévalue notre façon de percevoir le monde au travers de notre industrie médiatique, prosélytisme consommatoire et marketing par l’image.

Emilio Lopez-Menchero, Centrale for contemporary Art, rencontre avec l’artiste ce 4 février

Emilio Lopez-Menchero

(photo Philippe De Gobert)

Rencontre avec Emilio Lopez-Menchero dans son exposition en duo avec Esther Ferrer.
Centrale for contemporary art
Place Sainte-Catherine 44, 1000 Région de Bruxelles-Capitale
mercredi 4 février à 18:30
L’exposition reste accessible jusqu’au 29 mars 2014

Dès 19h30, vernissage de l’exposition de Roberta Gigante, Extasis. (Centrale Box – 9.02-29.03)

Rachel Laurent, Exercices de styles

Rachel Laurent

Rachel Laurent
Manège, 2014
Vidéo HD, son, couleurs, 00:15:00

Tel un zootrope, le manège de la Cinémathèque de Bercy tourne et tourne encore. Carrousel à l’ancienne, les enfants y chevauchent des lapins, des vaches qui tirent la langue, des cochons bien roses, un éléphanteau et même quelques chevaux de bois. Il y a un carrosse pour les princesses et une barque – Le Picardie – pour les gamins au pied marin. On y vit aussi, il y a quelques temps, quelques artistes, musiciens et comédiens qui sont, on le sait, tous de grands enfants, chevauchant les pensionnaires des cette ménagerie mécanique. Blanckart, Lizène, Beaulieu, Dolla, Mayaux ont choisi le lapin aux grandes oreilles. Belliard, Labaume, Jambet, Groh, Labelle-Rojoux ont décidé d’enfourcher un cochon rose. Quant à la vache, elle a eu les faveurs des Boussiron, Lucariello, Verna et Scarpetta. Singulière, Boudier a décidé de faire cavalière seule, se cramponnant au cou de Bambi. Certes, les Mayaux, ont profité du carrosse pour se becotter, mais ça ne compte pas, c’était durant leur pause.

C’est Rachel Laurent, en grande ordonnatrice, qui leur a offert, à tous, un tour de carrousel. Plasticienne, photographe et cinéaste, L’artiste a en effet décidé de faire de ce carrousel un moulin à paroles. Elle s’est dès lors tout naturellement tournée vers ses amis de l’Ecole de Malaucène, ce magnifique trou perdu au pied du mont Ventoux, où telle George Sand à Nohant – et en compagnie de l’écrivain Guy Scarpetta – , Rachel Laurent reçoit durant l’été. Appartenir à l’ « Ecole de Malaucène » suppose, primo, d’être artiste, avec l’irrévérence, voire l’insolence qui sied à l’emploi, secundo, d’être un convive de bonne compagnie et, tertio, de tenir l’alcool. On y tient aussi, faut-il ajouter, des réunions, des expositions ; on y déjeune sous les arbres du jardin, on disserte, on vernit, on projette des films, on écoute des écrivains partager leur prose, tout cela sur des thèmes aussi essentiels et existentiels que La Cuite, Le Postérieur ou Les Putes. Certains y soliloquent même, mais ça, c’est au petit matin.

A chacun de ses complices, Rachel Laurent a confié quelques textes et citations. En fait, au fil de ses lectures, elle les collectionne, les prélève, les décontextualise, les ordonne, et surtout désordonne un corpus en continuelle expansion. A chacun des artistes, Rachel Laurent a demandé d’interpréter, tout en chevauchant l’une des montures du manège, ces phrases trouvées, presque des ready made. Bel exercice de style pour ceux-ci. Voici, précise Rachel Laurent « le très joli manège de la cinémathèque de Bercy pris d’assaut par une quinzaine d’adultes totalement irresponsables, mais cependant très lettrés ». Chacun, à son tour, s’est prêté au jeu, investissant ces textes fragmentaires, ces énoncés d’une extrême brièveté, avec talent, drôlerie, expression, malice, connivence, insolence, composant ainsi un gai savoir aux antipodes de tout corpus académique. Comme dans un jeu sans cesse relancé, en fait à chaque tour de moulin, ces fragments de textes s’entrechoquent, se télescopent, provoquent des rencontres insolites, incongrues, d’autant plus inattendues qu’elles proviennent des sources les plus diverses. N’est-ce pas Pascal Quingard qui souligne la fascination extrême et presque automate que l’apparence fragmentaire exerce sur lui ? Il en va de même ici où ces fragments du discours s’enchaînent et finissent par composer un seul texte, une conjoncture, une unité discursive autonome où s’enchaînent des citations empruntées à Angelliaume, Louis Aragon, Antonin Artaud, Thérèse d’Avila, Barbara, Charles Baudelaire, Samuel Beckett, Stéphane Bérard, Thomas Bernhard, Bonaparte, Jacques Brel, Charles Bukowski, Blaise Cendrars, Jacques Chirac, Christophe, Pierre Dac, Salvador Dali, Guy Debord, Descartes, Noël Dolla, Marcel Duchamps, Marguerite Duras, William Faulkner, Léo Ferré, Serge Gainsbourg, Jean Genet, Jean-Luc Godard, Johnny Halliday, Heidegger, Alfred Jarry, Arnaud Labelle-Rojoux, Lautréamont, Jacques Lacan, Jacques Lizène, Louis Malle, Karl Marx, Métal Urbain, Nietzsche, Blaise Pascal, Edith Piaf, Benjamin Péret, Proudhon, Arthur Rimbaud, Maurice Roche, Sade, Saint-Just, Sarkozy ou Schopenhauer.

Je me souviens que lorsque j’étais gamin, il fallait, afin de gagner un tour de manège gratuit, habilement s’emparer de la « floche », un belgicisme des plus visuels pour désigner le pompon qu’agitait le forain au-dessus de nos têtes. C’est ici le rythme de toutes ces citations sélectionnées par Rachel Laurent qui agit comme une floche. Et on la prend en pleine poire à chaque tour de manège. Ce texte, en somme, pourrait bien constituer, secrètement, une sorte d’autoportrait de l’artiste.

Rachel Laurent

Bérénice Mayaux

Rachel Laurent

Stéphane Bérard

Rachel Laurent

Pauline Jambet

Rachel Laurent

Jacques Lizène

Rachel Laurent

Denyse Beaulieu

Rachel Laurent

Jean-Luc Verna

Rachel Laurent

Guy Scarpetta

Rachel Laurent

Xavier Boussiron

Rachel Laurent

Arnaud Labelle Rojoux