Auditorium

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Jacques Lizène était l’invité ce jeundi 24 novembre de Pascal Paradou pour l’émission « Culture Vive », le rendez-vous culturel quotidien de RFI qui prend le pouls de l’actualité artistique dans les capitales du monde et raconter la culture telle qu’elle se vit en France. Podcast avec petite chanson médiocre.

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Et quelques images, encore, de l’exposition « Désastre Jubilatoire » qui se termine ce week-end au Passage de Retz

 

Séquence avec enregistrement sonore. Pieds 1971. Première petite chanson médiocre. Pieds, 4 photographies NB, 45 x 58 cm. 1 cassette préenregistrée. 1971

Mais qu’y a-t-il sur mes souliers ?
Deux lacets lacés ou délacés
Mais qu’-a-t-il sous mes souliers ?
Deux semelles caoutchoutées
Et qu’y a-t-il dans mes souliers ?
Deux chaussettes et deux pieds
Et qu’y a-t-il au bout de ces deux pieds ?
Dix doigts agités, agités
Hop ! La la la
Hop ! La la la

Exemple de Petite Chanson médiocre, 1971, 1980, remixée en 2000. Affligeant.
Jacques Lizène en a créé plusieurs dizaines, toutes plus minables les unes que les autres, qu’il chante d’une voix nasillarde, sur fond de forte rythmique et autres bruitages agaçants. Lizène a gravé un vinyle, ensuite, en 2000, un remake d’une vingtaine de titres, parmi lesquels Vasectomie Youppie !,  L’Amour, la Mort, Courte Catastrophe, Le Slip, La Somnolence, l’Ennui, La banane n’est pas l’ananas ou Le Lendemain de la veille. À écouter, en effet, un jour de gueule de bois.

But what’s that on my shoes?
Two laces tied or untied
But what’s that under my shoes?
Two rubberised souls
And what’s that in my shoes?
Two socks and two feet
And what’s that at the end of those two feet?
Two busy, busy toes
Hup! La la la
Hup! La la la

Example of a Mediocre Little Song, 1971, 1980, remixed in 2000. Pathetic. Jacques Lizène has created several dozen, each more pathetic than the next, which he sings in a nasal voice with annoying sound effects and a strong background beat. Lizène then cut an album in 2000, a remake of about twenty tracks, including Vasectomy Yippee!, Love, Death; Short Catastrophe; Underpants; Somnolence; Boredom; Bananas are not Pineapples; The Morning After the Night Before. To indeed be listened to when you have a hangover

totem vidéo avec neige.

En haut :
Minable music-hall en vidéo art.

1982 (projet 1981), couleurs, son, U-matic transféré sur DVD, 27’59. Production RTBF Liège. (Avec la collaboration, entre autres, de Paul Paquay, du groupe La Vatory, d’un chien et d’une chienne anonymes, etc.…)
Mauvaise fantaisie académique et art de banlieue, le minable music-hall en vidéo art est une suite de scénettes ou capsules particulièrement médiocres du Chanteur-en-dessous-de-tout à la fontaine de cheveux. Deux chiens copulent tandis que Lizène chante «elles naaaissent,  elles baaaisent », La banane n’est pas l’ananas interprété avec une chorale d’enfants, « La Démocratie » chantée avec une ballerine, « La Somnolence », « Le Lendemain de la Veille », le totem de moniteurs, la danse nulle et autres minables chefs d’œuvres. Avec la complicité, bien sûr, du groupe La Vatory et un certain nombre d’images superflues. « Ce sont des clowneries faussement naïves, écrira Emmanuel d’Autreppe, mais qui prennent déjà à rebours, ou de biais, l’emprise de la grande machine à hypnose ou des principaux dispositifs de vision, le diktat omniscient du Big Brother consumériste à balayage électronique ».
Part 1. Deux chiens copulent tandis que le petit maître à la fontaine de cheveux chante : «  elles naissent, elles survivent, elles baisent, elles pondent et puis elles meurent ». Jacques Lizène se met une prise de courant dans le nez en chantant l’ennui et chorégraphie sa danse nulle, Sylvana Belletti se balance face à une corde de pendu.
Part 2. Le chanteur en dessous de tout, La Somnolence, le totem de moniteurs vidéos.
Part 3. « La banane n’est pas l’ananas ». Un chef d’œuvre médiocrissime accompagné d’une chorale de fillettes et jeunes femmes aux grimaces dignes des pitreries du petit maître. C’est le haut de l’affiche du plus minable des music-halls.
Part 4.  Le Chanteur-en-dessous-de-tout et la ballerine câbliste.
Part 5.  Le lendemain de la veille, le guitariste et la cuvette de doubles vécés.
Part 6. Les images superflues.

En bas:
Quelques séquences d’art sans talent 1979.

1979, Couleurs, son, U-matic transféré sur DVD, 9’11, production RTBF. Vidéographie.
« Jacques Lizène (artiste de la médiocrité et de la sans importance) présente : l’art banlieue ou banlieue de l’art, Quelques séquences d’art sans talent (1979). Revendication : considère que l’artiste de la médiocrité a le droit à la célébrité et à l’argent plus que l’artiste talentueux qui, lui, peut se contenter de son art. Ah ! Ah ! Ah ! Ah ! ». Les séquences d’Art sans talent se composent d’une suite de clips et de pitreries à refaire en pire ! Pas assez raté !
Part 1. Sur fond de messages les disqualifiant (mauvais, très mauvais, à refaire, trop mal fait pas assez raté, sans intérêt, texte insipide, idée faible), une suite de petites pitreries parfaitement affligeantes. Jacques Lizène suit une tache du doigt sur l’écran (mauvais), repousse la mire d’une pichenette, chante mais on ne l’entend pas (personnage insignifiant), contraint son corps à rester dans le cadre de l’image, forme un étron en pressant un tube de couleur (infantilisme navrant).
Part 2. Deux petites femmes nues se dandinent avec une plume entre les fesses en bord d’écran, tandis que la silhouette du petit maître se désagrège et finit par brandir un drapeau blanc. Inepte, inexpressif, injustifiable, insuffisant, sans intérêt.
Part 3. Sur fond de petite femme agitant ses seins nus, le petit maître en minable cuisinier burlesque s’enfarine le visage, se maquille de concentré de tomate et débite à grands coups de couperet son concombre, son aubergine, sa carotte, mais non, pas son sexe, enfin c’est tout comme. Même pas misérable, un chef d’œuvre d’art nul.
Part 4. Peinture minable. Le petit maître crache sur une vitre, réalisant ainsi une peinture minable façon action-painting.

 

Sculpture nulle, bétonnière rythmique, bétonnière, billes, micro et amplificateur de son, rehaussée de dessins médiocres façon 1964, 120 x 130 x 70 cm, 2007

A propos des Petites chansons médiocres et du Chanteur en dessous de tout, cet avis d’André Stas, complice de la première heure :

Chanson Médiocre (petite). À l’entrée « Minable Music-hall par le Chanteur-en-dessous-de-tout », vous saurez tout de la genèse de l’invraisemblable succès des petites chansons médiocres. Depuis « Il faut adorer l’école, adorrer, adorrrer l’école… même si l’on préfère la croupe de la blonde petite Nicole… car elle vous apprendra la manière d’être rôdé aux rôles, rrôdé aux rrôles, rrrôdé aux rrrôles, rrrrôdé aux rrrrôles… » jusqu’à « NADA, c’est le mot qu’écrivit Goya au bas d’une toile couleur caca… Nada… pas Basta !… » en passant par « Oyez, oyez, c’est Noël ! Fiente de tourterelle… Ventre de pucelle… Vieux caleçon couleur Isabelle… », il nous en aura pondu plus d’une bonne centaine, l’ami Jacques ! Toutes philosophiquement extravagantes, lamentablement géniales (si vous nous permettez cet oxymoron bienvenu). Tantôt il plaignait la pauvre petite Poupette, petite chienne croisée griffon : « Elle, c’est son maître qui la maintient loin de la saillie ; lui, c’est les maîtresses qu’il n’a pas qui le laissent et le délaissent là ! » Tantôt, il affirmait qu’il ne serait pas papa, « non pas papa, non pas ! » ou que la banane n’est pas l’ananas, car « la banane n’a pas ce que l’ananas a… ». Lizène, accompagné par un rasoir électrique, un moulin à café, une boîte à musique, un réveille-matin ou encore par des musiciens d’occasion maltraitant leur instrument ou imitant le cri de la mouette, rieuse ou non, asséna aux auditeurs sidérés sa vision si personnelle de notre triste monde, tout empreinte d’une poésie brute, « dont le besoin se faisait généralement sentir », comme aurait dit le Père Ubu. Après les fêtes de fin d’année, il pondait Le Lllendemain de la vvveille, où il se présentait comme chantant la tête impérieusement engloutie par la cuvette des W.C. pour complaire à son estomac révulsé. Pâques devenait pour lui la « fête des petits pets » (vu qu’on avait forcé sur les œufs durs). Les vacances arrivaient-elles : « Partir… Vous pouvez partir… Sans moi !… car il vous faudra de toute façon revenir… Ha ! ha ! ha ! » La Grande Ménagerie traitait-elle de « la drogue », le chanteur en-dessous de tout confessait que, pour sa part, il s’adonnait à la Somnolence. Chaque semaine, nous pouvions être assurés qu’il allait nous confronter au « jamais entendu », que sa verve ébouriffante s’apprêtait à littéralement nous asseoir, tant c’était astap, comme on disait jadis (traduire : à s’ taper l’ derrière par terre à la cadence du pas ordinaire). La médiocrité musicale revendiquée haut et clair finissait pas ne plus du tout s’avérer ennuyeuse : l’esthétique de l’échec aboutissait ! On en venait quasi tous à trouver ça vraiment Beau ! Plus intéressant, en tout cas, que les étronneries du hit-parade. « Exister, c’est insister », comme l’a si intelligemment énoncé Johnny Hallyday, et Lizène, à force de taper et retaper encore sur les mêmes tympans, parvint à commettre de petits chefs-d’œuvre, que la génération des kids actuels encense d’ailleurs éperdument ! En son pays, le prophète est nul… Dont acte ! (A.S.)

Chanteur-en-dessous-de-tout. À l’aube des années 80, Jacques Delcuvellerie, caressant l’idée de faire renaître une radio de création, prit contact avec ses potes de l’équipe du Cirque Divers, 
jamais en panne d’idées déjantées. Naquit ainsi le concept de « Radio Titanic », sorte d’Hara-Kiri sonore, qui, pendant deux saisons (un vrai miracle !), chaque samedi matin, défraya la chronique, tant pour son cynisme permanent que pour sa propension au mauvais goût. Le statement en était : « Jadis, la situation était grave mais pas désespérée ; aujourd’hui, la situation est désespérée mais ce n’est pas grave. » La dernière heure (entre 11 h. et midi), intitulée la Grande Ménagerie, permit à la joyeuse bande de littéralement « se lâcher » en assénant son point de vue éminemment (im)pertinent sur la société contemporaine. Après avoir donné largement la parole à des personnages inclassables, inventeurs de cosmogonies, Messies autoproclamés, fous littéraires de tout poil, collectionneurs hors normes, chanteurs de rues, voire un athlète forain simple d’esprit (dans la séquence intitulée S’il te plaît, dessine-moi un mutant), un thème hebdomadaire était choisi, volontairement provocateur ou simplement absurde, les outrances passant sur antenne indignant régulièrement tant la direction des programmes ébranlée qu’une solide 
cohorte de « chers auditeurs » choqués. Par exemple, si l’on abordait les vacances, c’était en ne parlant que des innombrables touristes qui se tueraient sur les routes ou, s’il était question des amourettes de l’été, celles-ci n’étaient envisagées que sous l’angle des maladies vénériennes. Ce thème était choisi le lundi, au cours d’une soirée plus que copieusement arrosée. Le mardi et le mercredi, chacun concoctait ses contributions dans son coin (fausses pubs débilissimes, Petites Annonces de la Petite Annick, billets d’humeur, sketches assassins, gags pénibles, canulars téléphoniques décapants, interviews lamentables, …), matériel enregistré le mercredi et le jeudi puis monté le vendredi. Comme Jacques Lizène assistait – en indéfectible ami, venant écluser à l’œil – aux agapes du lundi, Jacques Delcuvellerie, se souvenant de l’émission Dérive (3eme programme, avril 1979) où il avait invité le Petit Maître à interpréter ses Petites Chansons médiocres pour cassettophone à placer dans les musées et les galeries d’art (1971), lui suggéra de composer chaque semaine une chanson de trois minutes sur le thème hebdomadaire de la Grande Ménagerie : le Chanteur-en-dessous-de-tout était né et le Minable Music-hall allait désormais « scier » sur les ondes de la RTBF 1er programme, en toute fin d’émission, c’est-à-dire juste avant le grand journal de midi.
Assez vite, Jacquounet se piqua au jeu, conviant bon nombre de ses amis à l’accompagner, le plus « médiocrement » possible (of course). Toujours est-il que la mayonnaise prit, au point qu’il dut bientôt, impérieusement (car à la demande générale), se produire en public ! Ainsi, une série de six concerts délirants fut organisée au Cirque Divers, chaque dernier vendredi du mois, le groupe la Vatory (Silvana Belletti, André Stas et Charles Van de Velde) assurant la plus grande part du chaos sonore censé soutenir la voix nasillarde de la Méga- Star. Un « Festival de la chanson minable » fut organisé par Radio Titanic face au Casino de Spa, avec le Chanteur-en-dessous-de-tout en vedette. Lizène adopta pour ses prestations, plus inimaginables les unes que les autres, un look « à la Klaus Nomi » et, outre les guitares (parfois liées par le manche), drums assortis d’une poubelle en métal, synthés aux sons odieusement trafiqués et autres instruments à vent ou à pets, il encombrait l’espace scénique d’objets aussi bruyants qu’abracadabrants (une bétonneuse dans laquelle brinquebalaient impitoyablement quelques dizaines de billes, un vélo renversé dont une gamine faisait tourner la roue arrière, les rayons rencontrant une carte à jouer fixée par une pince à linge, une mobylette voire un grosse cylindrée mettant les gaz à intervalles irréguliers, pour n’en citer que quelques-uns). Ces « prestations » incongrues (insupportablement grandioses) possédaient leurs fans inconditionnels et l’aventure musicale du Petit Maître perdura, même bien après que la Radio de la Méduse (surgeon de Radio Titanic) eut cessé d’exister. Ne reste qu’à rappeler, pour mémoire, le commentaire qui ponctuait la fin de chaque petite chanson diffusée au grand dam des mélomanes indignés : djingel suivi de : « C’était… le Minable Music-hall par le Chanteur-en-dessous-de-tout. » Puis (voix de Delcuvellerie) « Vraiment, tout le monde peut le faire ! » (voix de Lizène) : « Oui, mais la place est déjà prise. » (A.S.)

 

Dessin minable de trois sculptures nulles (reconstitution/installation) : 6000 biles au sol, 1970, guitare électrique à pioche, 1979 et bétonnière rythmique avec micro sur pied, 1979, acrylique sur toile, libre 210 x 210, 1985.

Mediocre (Little) Song. At the entrance, “Pathetic Music-Hall by the Lowest-of-the-Low Singer,” you will know everything about the genesis of the incredible success of the mediocre little songs. From “Il faut adorer l’école, adorrer, adorrrer l’école… même si l’on préfère la croupe de la blonde petite Nicole… car elle vous apprendra la manière d’être rôdé aux rôles, rrôdé aux rrôles, rrrôdé aux rrrôles, rrrrôdé aux rrrrôles…” to “NADA, c’est le mot qu’écrivit Goya au bas d’une toile couleur caca… Nada… pas Basta!” and “Oyez, oyez, c’est Noël! Fiente de tourterelle… Ventre de pucelle… Vieux caleçon couleur Isabelle,”[1] he has turned out a good hundred ditties, our friend Jacques! All philosophically extravagant, lamentably brilliant (if you will allow that welcome oxymoron). One moment he was commiserating with poor little Poupette, a little dog, a griffon half-breed: “Her master is keeping her far from the mount; with him, it’s the mistresses he doesn’t have that leave him and abandon him there!” Another, he was stating that he would never be a father: “Dad no! oh no no Dad!” or that “the banana don’t got what the pineapple got.” Lizène, accompanied by an electric razor, a coffee grinder, a music box or an alarm clock, or by stand-in musicians maltreating their instruments or imitating the cry of a seagull, sometimes laughing and sometimes not, laid down his very personal vision of our sad world to his stunned listeners, infused with a rough and ready poetry, “whose call was generally heard,” Père Ubu would have said. After the New Year’s celebrations, he turned out Le Lllendemain de la vvveille, in which he presented himself singing with his head imperiously engulfed by the toilet bowl in order to oblige his upset stomach. Easter became the “feast of little farts” for him (‘cos they overdid it with the hard-boiled eggs). When the holidays came round, “Go… You can go… Without me!… ‘cos you’ll to have to come back, anyway… Ha! ha! ha!” And if the Grande Ménagerie talked about “drugs,” then The Lowest-of-the-Low Singer confessed that he gave in to Sleepiness. Every week, we could be sure that he was going to present us with the “never heard,” that his invigorating verve was going to knock us flat on our seats, because it was so astap, as they used to say in those days (translation: enough to make you bang – “à se taper” – our buttocks on the ground to the rhythm of an ordinary step). The loudly asserted musical mediocrity turned out to be not at all boring: the aesthetic of failure was getting somewhere! In the end we all thought it was really Beautiful! More interesting, at any rate, than the shite in the hit parade. “To exist is to insist,” as Johnny Hallyday so intelligently averred, and Lizène, by dint of banging and banging again on the same eardrums, managed to put out some small masterpieces, that the current generation of kids is now praising to the skies! In his own land, the prophet is worthless. Message received loud and clear. (A.S.)

Lowest-of-the Low Singer. At the dawn of the 1980s, Jacques Delcuvellerie, who had a pet idea of reviving creative radio, got in touch with his friends from the Cirque Divers team, who are never short of wacky ideas; This gave rise to the concept of a “Radio Titanic,” a kind of aural hara-kiri, which, for two seasons (a real miracle!) every Saturday night, hit the headlines, both for its permanent cynicism and its propensity for bad taste. The statement was: “In the past, the situation was serious but not desperate; today, the situation is desperate but not serious.” The last hour (between 11 a.m. and midday), entitled La Grande Ménagerie, gave the merry band a chance to literally “let go” and hammer home its eminently (im)pertinent views on contemporary society. Having given plenty of speaking time to a number of uncategorisable people, – inventors of cosmogonies, self-proclaimed messiahs, literary madmen of every stripe, oddball collectors, street singers and even a simple-minded fairground athlete (in the sequence entitled Please Draw Me a Mutant) –, a weekly theme was chosen, either deliberately provocative or simply absurd, with the outré talk on the air regularly outraging both the seriously shaken programme managers and the solid cohort of “shocked” dear listeners. For example, if the subject was holidays, then they talked about the countless tourists who would be killed on the road, or if summer romance was the theme, then these were considered solely in terms of VD. This theme was chosen on a Monday, in the course of a very liquid soirée. On Tuesday and Wednesday, they all got on with cooking up their own contributions (moronic false advertisements, Little Annick’s Classified Ads, comment pieces, super-snide sketches, lame jokes, ha-ha phone hoaxes, pathetic interviews, etc.), which material was recorded on Wednesday and Thursday and then edited on Friday. Since Jacques Lizène – a faithful friend, always here for the (free) beer – was present at the Monday feast, Jacques Delcuvellerie, recalling the programme Dérive (third programme, April 1979) on which he invited the Minor Master to perform his Mediocre Little Songs for Cassettophone to Be Placed in Museums and Art Galleries (1971), suggested that every week he compose a three-minute song on the weekly theme of La Grande Ménagerie And so the Lowest-of-the-Low Singer was born and the Pathetic Music-Hall would now “scrape away” on the airwaves with RTBF’s first programme, right at the end of the show, that is, just before the big midday new broadcast.
Jacquounet soon acquired a taste for the exercise and invited a good number of his friends to back him, as “mediocrely” as possible (bien sûr). Anyway, it all went very well and pretty soon, he was obliged (by popular demand) to perform in public. Hence the series of six crazy concerts organised at the Cirque Divers on the last Friday of each month, with the group Vatory (Silvana Belletti, André Stas and Charles Van de Velde) providing most of the aural chaos supposed to support the Megastar’s nasal twang. “A Pathetic Song Festival” was organised by Radio Titanic opposite Spa Casino, starring the Lowest-of-the-Low Singer. Lizène chose a “Klaus Nomi” look for his increasingly incredible performances and, in addition to the guitars (sometimes with their necks tied together), drums with a metal dustbin, synths with horrendously adulterated sounds and various wind or fart instruments, he cluttered the stage with objects as noisy as they were preposterous (a cement mixer pitilessly churning a few dozen marbles, an overturned bicycle with a young girl turning its back wheel so that its spokes came up against a playing card held by a clothes peg, a moped and even a big motorbike regularly roaring into action, to mention but some of them). These incongruous (unbearably grandiose) “performances” had their diehard fans and so the Minor Master’s musical adventure continued, even well after the Radio de la Méduse (surgeon of Radio Titanic) no longer existed. All that remains is to recall the commentary that followed each of these little songs broadcast to the great displeasure of indignant music lovers, a jingle followed by: “That was…. the Pathetic Music-Hall by the Lowest-of-the-Low Singer.” Then (Delcuvellerie’s voice), “Really, anyone could do that!” (Lizène’s voice): “Yes, but someone already is.” (A.S.).


[1] “You’ve got to love school, lurve school, lurrvvee school… even if you prefer little blond Nicole’s rump… ‘cos she’ll teach you how to get into your role, into errr ole, intterr err ole, intterrr er ole…”; “NADA is the word written by Goya at the bottom of a poo coloured canvas… Nada… not Basta”; “Oyez, oyez, Christmas is a comin’! Guano of pigeon… Belly of virgin… Old pants the colour of Karen.”

 

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Presentation by Olivier Foulon, Thursday 24 November 2011, 7 pm.

Steffen Jageburg - Olivier Foulon's location of investigation: Mauritsplaats, Rotterdam

For MelanchotopiaOlivier Foulon dives into Rotterdam’s history of public art commissions. His contribution to the exhibition involves an interpretation of the history of Ring, a work by German artist Isa Genzken commissioned by Commissie Beelden in de stad [Commission Sculptures in the city] in 1988. Genzken intended to install a monumental ring sculpture, made of steel, in the city center of Rotterdam. The ring would have been installed at an angle, leaning on two buildings seperated by a street (the Mauritsplaats). Although production had started, the sculpture was never completed, allegedly because some inhabitants of the concerned buildings believed that the sound of the wind blowing through the empty ring would be too disturbing. Genzken’s sculpture was thus abandoned and discarded in parts.

Location: Witte de With, Melanchotopia epicentrum (3rd Floor).
Entrance: € 2,50 incl. Melanchotopia exhibition guide, free with Rotterdampas / MJK
Reservation not necessary.

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Jacques Lizène était ce lundi 21 novembre l’invité de Laurent Goumarre sur France Culture dans « Le Rendez-vous »

Ecouter les 30 premières minutes d’émission :

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Premier épisode de la rencontre entre Gérard Wajcman et Jacques Lizène. Au passage de Retz, dans l’exposition « Désastre jubilatoire », le 7 octobre 2011.

 

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Premier épisode de la rencontre entre Gérard Wajcman et Jacques Lizène. Au passage de Retz, dans l’exposition « Désastre jubilatoire », le 7 octobre 2011.

 

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Ce mercredi 2 novembre, au Passage de Retz, à 19h30

Gérard Wajcman rencontre Jacques Lizène
Conférence, rencontre, performance

Jacques Lizène - Gérard Wajcman

Ecrivain, psychanalyste, maître de conférences au département de psychanalyse de l’Université Paris 8, Gérard Wajcman dirige le Centre d’Étude d’Histoire et de Théorie du Regard.

Il est l’auteur notamment de :
- Le Maître et l’Hystérique (Navarin/Le Seuil, 1982), L’Interdit (Denoël, 1986),
- L’Objet du siècle (Verdier, 1998),
- Fenêtre, chroniques du regard et de l’intime (Verdier, 2004).

Gérard Wajcman a récemment publié « L’œil Absolu » (Denoël, 2010)

En 2004, Gérard Wajcman fut commissaire de l’exposition « L’intime, le collectionneur derrière la porte », exposition inaugurale de la Maison Rouge, Fondation Antoine de Galbert.

A propos de Fenêtre, Sylvie Courtine-Denamy écrivait en 2004 lors de la sortie de l’ouvrage : « Dédié à Daniel Arasse, qui n’a pas eu le temps de le lire, placé sous le signe du premier receuil de Kafka, Regards, mais également sous celui de Lacan – Gérard Wacjman est aussi psychanalyste –, ce livre invite moins à une promenade dans l’histoire de l’art et de la littérature sur le thème des fenêtres, qu’à prendre au pied de la lettre la notion de «vision du monde». Aller à la fenêtre, c’est en effet une façon de nouer un lien avec le monde, de le penser, l’hypothèse de départ étant que la subjectivité moderne est structurée par la fenêtre, celle dessinée à la Renaissance par Alberti, peintre autant qu’architecte, qui fit du tableau le prototype de la fenêtre: la fenêtre comme scène primitive de la peinture, le regard synonyme d’ouverture, l’association du geste d’ouvrir et de peindre, la naissance du spectateur ».

Face aux volets clos et à la fenêtre morte de Jacques Lizène, la lecture de Gérard Wajcman, sera des plus intéressantes.

Il y a quelques mois, les Inrocks accueillaient « L’œil absolu » en ces termes :
“Le regard est notre nouveau Léviathan”, “nous sommes au sens strict en garde à vue”, assure l’auteur. Pire, comme l’arroseur arrosé, le voyeur est observé. La génération des voyeurs “old school”, dont l’icône reste James Stewart dans Fenêtre sur cour d’Hitchcock, a vécu : l’hypermodernité a éclaté les règles du jeu gentiment pervers pour faire du regard omniscient une obsession de chaque instant poussée jusqu’au bout de ses potentialités. On ne regarde plus pour faire passer le temps, en attendant de remarcher comme Stewart ; on regarde pour éprouver le temps, en marchant, sous contrôle, en surveillant. Ce sont ces formes prises par “l’extension du domaine du regard” qu’interroge l’auteur à partir d’observations éclectiques. De la science au cinéma, de la télé-réalité aux séries, de l’art à la littérature, il s’approprie de multiples objets culturels pour étayer sa démonstration, qui se déploie comme si elle était elle même prise dans le vertige (Vertigo) de son discours.
Sa réflexion excède le seul cadre de la vidéosurveillance, déjà largement stigmatisée par de nombreux observateurs. La pertinence de la thèse de Wajcman, psychanalyste, repose sur cette intuition que le regard dépasse la seule question du pouvoir, dont le panoptique de Jeremy Bentham, analysé par Foucault dans Surveiller et punir, forme l’accomplissement. Le regard déborde l’enjeu de la contrainte sociale pour toucher désormais aux abysses du désir qui habite chacun d’entre nous. “Nous sommes dans une société TV : Tous vus, Tout voir, Tout visible. (…)Voir, prévoir, savoir, cette trilogie de la maîtrise résume un mot d’ordre, naïf dans sa capacité à nier l’évidence d’un mal souvent caché : ne rien manquer. A cette réflexion iconoclaste, à cette tentative de briser la “sainteté” des images qui nous entourent, Gérard Wajcman ne propose d’autre issue que la lucidité sur soi-même et la profondeur d’un regard averti. Ni moraliste ni prophète, l’auteur excelle ironiquement dans ce rôle de voyeur des mœurs transparentes de son temps qu’il aimerait voir gagné par le nouveau règne d’un œil relatif. Car le relatif rend juste et l’absolu rend fou ».

La vidéo « Tentative de dresser une caméra, tentative d’échapper à la surveillance d’une caméra (1970) » ouvre l’exposition du Passage de Retz. C’est là plus que de la culture de coïncidence.

Conférence : Tarif unique  15 €
Inscription : sur place ou par téléphone au  01 48 04 37 99 ou par mail :  jfk.retz@wanadoo.fr

Passage de Retz
9, rue Charlot 75003 Paris – Métro Filles du Calvaire

 

 

 

 

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