Marie Zolamian

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Inauguration ce jeudi 27 mai à 19 h de l’intégration réalisée par Marie Zolamian au fort de Flémalle, une commande dans le cadre des commémorations du centième anniversaire de la Grande Guerre.

Rue Profondval à 4400 Flémalle

Marie Zolamian

Le communiqué de presse :

Répondant à un appel à projet lancé par la Région Wallonne, dans le cadre des commémorations de 14-18, le Centre culturel et la Commune de Flémalle (avec la collaboration du Centre wallon d’art contemporain) ont sollicité l’artiste Marie Zolamian.
Cette dernière a proposé une œuvre d’art pérenne répondant parfaitement à l’esprit de cet appel à projet. Il s’agit d’évoquer les valeurs et motivations animant les populations dans le conflit de 14-18, la capacité pour les citoyens du renoncement à leur personne pour défendre des valeurs collectives et assurer la sauvegarde de la communauté à laquelle ils appartiennent.
Marie Zolamian est une artiste que Flémalle a eu l’occasion de découvrir en 2010 à l’occasion de la manifestation « Aux arts etc ». A cette époque, elle avait transformé l’entrée de l’Hôtel de Ville en camp retranché derrière des sacs de sable. Une manière symbolique de se questionner sur notre monde en prise directe avec les guerres, le terrorisme, les flux migratoires, les changements climatiques… Une manière d’évoquer également la résistance et les combats sociaux qui ont émaillé la vie flémalloise. Cette manifestation avait déjà été l’occasion, pour l’artiste, de se pencher sur l’histoire de Flémalle.

A cet intérêt que l’artiste porte pour notre commune s’ajoute son histoire personnelle. Libanaise d’origine, elle a subit très directement les affres de la guerre dans sa prime jeunesse. Aujourd’hui, elle nous propose une intervention intitulée « Sans Nom ». Il s’agit de couvrir la Tour du Fort de Flémalle d’une série de petites lignes barrées d’un trait. Une évocation à la fois de l’attente du soldat qui tue le temps en gravant des graffitis sur les murs de sa caserne, mais c’est aussi le tableau de chasse du pilote d’avion qui cumule les assauts victorieux ou encore le prisonnier qui compte les jours dans l’obscurité de sa cellule. « Sans Nom » fait également référence à l’horreur sans nom des conséquences de la guerre. Cette intervention artistique a été réalisée avec la collaboration d’une entreprise flémalloise et sera mise en évidence par un éclairage ad hoc. Au delà de l’évocation de 14-18, il s’agit pour la Commune de Flémalle de valoriser un élément historique de son patrimoine et de renforcer l’intérêt touristique du Fort de Flémalle.

Marie Zolamian

Marie Zolamian, Sans nom, gravure sur béton, 2014

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Lu dans LA LIBRE, sous la plume de Roger Pierre Turine.

La Libre

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Lu dans HART, sous la plume de Colette Dubois :

Marie Zolamian

L’or de Birzeit
L’exposition de Marie Zolamian fait suite à une résidence à Birzeit, en Cisjordanie d’où l’artiste a ramené une photographie qui sert d’emblème à l’exposition et qui représente trois oliviers étêtes et déracinés et un film. Il réfère directement à la question brûlante de l’eau en Palestine : un plan fixe montre une tasse en verre posée devant une fenêtre. A travers un liquide chargé de paillettes d’or, on peut observer le coucher du soleil sur Birzeit. L’eau est devenue or et le coucher du soleil amène l’espoir d’un autre jour. Dans le prolongement de la projection, des dessins mêlant sable doré et eau poursuivent l’attente. Sur les murs, une succession de dessins inspirés des miniatures persanes, des portraits de femmes esquissées une à une, souvent munies d’une cruche ou d’un flacon, se transforme en un long cortège silencieux. Ici, comme ailleurs dans son travail, Marie Zolamian juxtapose l’intime et le collectif, la représentation du présent et sa mise en relation avec des éléments presque immémoriaux pour nous donner à penser autrement le monde et son chaos.

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marie Zolamian

Between fantasy and denial, 2012.
Video with sound 24 min 51. Birzeit, West Bank

marie Zolamian

À servir, 2013.
Digital print. 43 x 46 cm

FR

L’identité, l’accueil ou l’ostracisme, l’inscription dans une communauté, la mémoire, le déracinement, les flux migratoires, l’exil sont au coeur des préoccupations de Marie ZOLAMIAN. C’est là toute l’expérience de l’itinérance, du départ et du retour, de la temporalité vécue du voyage, de cette topographie où se mêlent l’extérieur et l’intime.
D’origine arménienne, née à Beyrouth en 1975, Marie ZOLAMIAN pratique ce cheminement, cette mise en intrigue entre territoires réels et fictionnels, choisissant les médias adéquats au rythme de ses pérégrinations.
D’un séjour à Birzeit, en Cisjordanie, Marie ZOLAMIAN ramène une photographie souvenir, une singulière carte postale, trois oliviers étêtes, déracinés, ceps noueux et torchères fossiles. Leur stérilité, âpre, rugueuse, inquiétante, contraste avec la pyramide de fruits d’un étal de marché voisin. Elle ramène aussi ce film, ce long plan fixe, minimaliste et contemplatif, réalisé dans l’atelier mis à sa disposition. Devant l’objectif, il y a une tasse en verre posée devant la fenêtre ; y miroite une myriade de pigments dorés en suspension dans l’eau. « A travers le scintillement des paillettes qui composent le fluide précieux, on peut observer le coucher du soleil sur Birzeit, écrit Colette DUBOIS, dans le livret qui accompagne ce voyage. Les variations de la lumière déclinent toutes les couleurs de l’or et donnent au reflet qui se prolonge sur le rebord de la fenêtre tantôt des accents aigus, comme un fragment de soleil acéré, tantôt l’apparence d’une simple trace qui cherche à se fondre dans la surface ».
Certes, il n’y avait pas plus simple pour suggérer, évoquer toute la problématique de l’eau en Palestine, les planifications mises en oeuvre par l’Administration civile israélienne, les enjeux vitaux, écologiques, économiques et politiques cruciaux que concentre ce bien précieux. L’eau est ici métaphore des relations entre les peuples, et bien plus encore. « La pièce réfère directement aux citernes d’eau qui se trouvent sur les toits de Cisjordanie, continue Colette DUBOIS. Ces cylindres noirs et massifs évoquent des éléments inquiétants : insectes géants, armes étranges ou explosifs… Figurer ces citernes comme une tasse de liqueur flamboyante dans laquelle le regard plonge avec une délectation certaine, y loger le crépuscule qui porte toujours en lui la promesse que demain sera un autre jour, tient tout autant du fantasme que de la volonté de renverser le cours des choses. »
En contrepoint du film, une longue table est recouverte de dessins. Des planches, des tables, un atlas. Nous feuilletons l’oeuvre à loisir, laissant divaguer notre « volonté de savoir » ; nous arpentons cette cartographie, ces lignes en tous sens. Nous ne refermons l’atlas, le recueil de planches qu’après avoir cheminé un certain temps, erratiquement, sans intention précise, à travers son dédale, son trésor. Celui-ci est d’ocre et d’eau, nous cheminons sur des rivages d’or et, imaginons-le, sous un ciel aussi bleu que la mer. C’est là, pour reprendre les mots de Maria KODAMA à propos de l’Atlas de Borgès « un prétexte pour enraciner dans la trame du temps nos rêves faits de l’âme du monde ». Les dessins sont de gouache et d’eau, certains sur Caravelle Vélin supérieur. Tous se nomment « Mer morte ». Le sable est doré, l’or est liquide, c’est là le sel de la terre, cette alliance féconde.
Dans sa pratique artistique, Marie ZOLAMIAN collecte, juxtapose, compose les éléments mémoriels, qu’ils soient proches ou lointains, singuliers et collectifs. Ainsi occupe-t-elle ce nouveau territoire d’expérience sensible, intime et inscrit dans le monde, enrichi de sens. Et comme dans un continuum, Marie ZOLAMIAN complète ici le dispositif mis en place d’une lente procession de femmes, esquisses sur papier inspirées de miniatures orientales et persanes. Elles sont prêtresses et servantes, évoquent à la fois le don, l’altérité, l’ivresse des sens et la soumission. Il fut question de l’huile et de l’eau ; toutes, cette fois, font l’éloge et l’offrande du vin, ce rituel séculaire, qui tout comme ceux qui concernent l’eau lustrale, se situe au carrefour des cultures et des civilisations. Je repense au poème mystique d’Ibn Al Fâridh, cet auteur du treizième siècle, à ces célèbres vers d’ « Al-Khamriya » : « Prends-le pur, ce vin, ou ne le mêle qu’à la salive du Bien-Aimé ; tout autre mélange serait coupable… ». Et devant l’or liquide de la tasse en verre de Birzeit, le coeur du poème mystique résonne singulièrement : « Notre verre, écrit Ibn AL FÂRIDH, était sa pleine lune, lui, il est un soleil ; un croissant le fait circuler. Que d’étoiles resplendissent au fond du verre quand on s’en abreuve ».

marie Zolamian

NL

Identiteit, gastvrijheid of uitwijzing, deel uitmaken van een gemeenschap, herinnering, ontworteling, migratiestromen, ballingschap: stuk voor stuk thema’s die Marie ZOLAMIAN – in 1975 geboren in Beiroet , maar van Armeense origine – na aan het hart liggen. Het leven als zwerftocht, als cyclus van vertrekken en terugkeren, reisbeleving als tijdelijk gegeven, als verruimende en tegelijk intieme ontdekkingstocht. Dat is de weg die ze bewandelt. Daarbij confronteert ze bestaande en fictieve werelden met elkaar, en kiest ze voortdurend de geschikte media om haar omzwervingen in beeld te brengen.
Aan een verblijf in Birzeit, op de westelijke Jordaanoever, houdt ze een bijzondere fotoherinnering over: een merkwaardige ansichtkaart met daarop drie geknotte, ontwortelde olijfbomen, knoestige wijnstokken en bomen als versteende fakkels. Hun dorre, ruwe, verontrustende levenloosheid staat in schril contrast met de frisse fruitpiramide op een marktkraampje vlakbij. Ze maakt er ook een minimalistische, contemplatieve film over in het atelier waar ze mag werken. Het wordt één lang statisch shot. Voor het raam staat een glazen kop gevuld met water waarin een oneindig aantal goudpigmenten schittert. “Door de fonkelende lovertjes waaruit het kostbare vocht bestaat, kun je de zonsondergang over Birzeit bewonderen,” schrijft Colette DUBOIS in haar reisverslag. “Het goud verandert telkens van kleur naargelang de lichtinval. De reflectie die op de vensterrand valt, krijgt af en toe scherpe accenten, als een splijtende zonnestraal, om dan weer te veranderen in een simpel spoor dat langzaam versmelt in de oppervlakte.”
Een eenvoudiger manier om heel de waterproblematiek in Palestina te schetsen, is moeilijk denkbaar. De planmatige aanpak van de Israëlische regering, de cruciale ecologische, economische en politieke belangen die hier op het spel staan: dat alles zit geconcentreerd in dit kostbare goed. Water is hier een metafoor voor de relaties tussen de volkeren en nog veel meer. “Het kunstwerk is een rechtstreekse verwijzing naar de watertanks op de daken van de huizen op de westelijke Jordaanoever,” vervolgt Colette DUBOIS. “Deze massieve zwarte cilinders verbeelden verontrustende elementen: reuzeninsecten, bizarre of explosieve wapens … De tanks zijn als mokken vol vlammende likeur, een schouwspel waar mensen met een zeker genoegen naar kijken. Tegelijk slorpen ze de schemering op die altijd de belofte in zich draagt dat er morgen weer een nieuwe dag komt. Deze voorstelling is niet alleen louter fantasie, maar draagt ook de wil tot radicale verandering in zich.”
Tegenover de film prijkt een lange tafel vol tekeningen. Planken, tafels, een atlas. We nemen rustig de tijd om het werk te doorbladeren en geven onze ‘drang naar kennis’ de vrije loop. Het is als een kaart vol kronkelende lijnen die we één voor één proberen te ontcijferen. We doen de atlas pas weer dicht na er een tijdlang doelloos in te hebben rondgezworven en rondgedoold, als in een labyrint vol schatten van oker en water. We wandelen langs gouden oevers en verbeelden ons een zeeblauwe hemel. Om Maria KODAMA te citeren als ze het heeft over “Atlas” van Borges: “Het is een voorwendsel om onze dromen over de ziel van de wereld te verankeren in de tijd.” De tekeningen zijn gemaakt met waterverf, sommige op Caravelle-velijn van topkwaliteit. Ze dragen allemaal dezelfde naam: “Mer morte” (“Dode Zee”). Het zand is goudkleurig, het goud vloeibaar, het zout van de aarde is symbool van vruchtbaarheid.
Geheugen en herinnering: het zijn elementen die Marie ZOLAMIAN voortdurend verwerkt, verzamelt en naast elkaar plaatst. Ongeacht of ze dichtbij of veraf zijn, enkelvoudig of meervoudig. Op die manier geeft ze vorm aan een nieuwe, (zin)rijke wereld vol gevoelige, intieme ervaringen. Als in een continuüm schetst ze hier een langzame stoet vrouwen. Schetsen op papier, geïnspireerd op oosterse en Perzische miniaturen. Het zijn priesteressen en dienstmeisjes die tegelijk symbool staan voor de gift, voor anders-zijn, dronken zintuigen en onderwerping. Allemaal zingen ze de lof van de wijn, die ze offeren als eeuwenoud reinigingsritueel, waarbij ook water en olie een rol vervullen. Een ritueel op het kruispunt van culturen en beschavingen. Ik denk hier terug aan het mystieke gedicht van Ibn AL FÂRIDH, een schrijver uit de 13e eeuw, en aan de beroemde verzen uit de “Al-Khamriya”: “Drink deze wijn zuiver of vermeng hem alleen met het speeksel van de Geliefde Profeet. Elk ander mengsel zou heiligschennis zijn …” Voor het vloeibare goud in de glazen kop van Birzeit weerklinkt op een unieke manier het hart van het mystieke gedicht: “Ons glas was zijn volle maan, hij is een zon die dankzij een halvemaan blijft draaien,” zo schrijft Ibn AL FÂRIDH. “Wie zich laaft aan deze drank, doet sterren fonkelen in het glas.”

marie Zolamian

marie Zolamian

Mer morte, 2013.
Gouache on superior velin paper (8). 21 x 13.5 cm.

EN

Identity, acceptance and ostracism, community affiliation, memory, uprooting, migration and exile are a key feature of Marie ZOLAMIAN’s work. This is the migratory experience, the departure and the return, the temporality of the journey, this topography where the foreign and the familiar combine.
Of Armenian origin, born in Beirut in 1975, Marie ZOLAMIAN works with this process of creating connections between real and fictional territories, choosing her media to suit the tempo of her peregrinations.
Returning from a visit to Birzeit in the West Bank, Marie ZOLAMIAN brought back a souvenir photo, a singular postcard of three olive trees, lopped, uprooted, tendrils knotted, trunks fossilised. Their sterility, harsh, rough and disconcerting, contrasts with the pyramid of fruit on a nearby market stall. She also brought back this film, a long still shot, minimalist and contemplative, produced in the studio provided for her use. Before the lens stands a glass in front of a window; reflected in it are a myriad of gold-flecked pigments suspended in the water. “Through the sparkling flecks of the precious liquid, we can watch the sunset over Birzeit,” writes Colette DUBOIS, in the journey guide. “The changing light proffers every shade of gold and gives the reflection that lingers on the windowsill not only acute accents, like a slicing fragment of sun, but also the appearance of a mere trace that seeks to melt into the surface.”
There was no simpler way to touch on or convey the problem of water in Palestine, the plans implemented by the Israeli Civil Administration, and the vital, ecological, economic and highly political issues surrounding this precious resource. Here, water is a metaphor for relations between peoples, and more. “The work makes direct reference to the water tanks on West Bank rooftops,” continues Colette DUBOIS. “These huge black cylinders conjure up disconcerting images: giant insects, or strange, explosive weapons. Depicting these tanks as a cup of flaming liquor in which the viewer becomes delectably immersed, placing inside it the sunset which always brings with it the promise that tomorrow will be another day, has as much to do with fantasy as the desire to turn the tide.”
In contrast to the film, we find a long table covered in drawings: plates, tables, an atlas. We can browse the work at leisure, letting our ‘will to know’ ramble; we survey the mapping, the lines, from every angle. We only close the atlas, the collection of plates, after having wandered a while, erratically, without any particular direction, through its maze, its treasure. A work in ochre and water, we wander along golden shores and picture it under a sky as blue as the sea. It is, as Maria KODAMA described Borges’ Atlas, “a pretext to firmly root in the web of time our dreams made from the soul of the world.” The drawings are in gouache and water, some on high-quality Caravelle vellum. They are all called ‘Mer morte’ (Dead Sea). The sand is golden, gold is liquid; therein lies the salt of the earth, that fertile alliance.
In her artistic practice, Marie ZOLAMIAN collects, juxtaposes and composes pieces of memory, whether distant or recent, singular or collective. In doing so, she occupies this new area of experience that is sensitive, personal and a part of the world, enriched with meaning. As in a continuum, Marie ZOLAMIAN completes the process with a slow procession of women: sketches on paper inspired by oriental and Persian miniatures. They are priestesses and servants, conveying giving, otherness, the drunkenness of the senses, and submission. These are oil and water and all, this time, bring an offering of praise and wine, a secular ritual that, just like those involving the lustral water, sits at the crossroads of cultures and civilisations. I am reminded of the mystical poem by the 13th century author, Ibn AL FÂRIDH, and his famous ‘Al-Khamriya’: “So take it straight, though if you must, then mix it, but your turning away from the beloved’s mouth is wrong.” Likewise, watching the liquid gold of the Birzeit glass, the heart of the mystical poem has particular resonance: “Our glass,” writes Ibn AL FÂRIDH, “was its full moon, the wine a sun circled by a crescent. When it is mixed, how many stars appear!” (Translation from Th. Emil Homerin UmarIbn al-Fârid, Paulist Press, NY, 2001).

marie Zolamian

À servir, 2013.
Digital print. 43 x 52 cm

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Marie Zolamian

Marie Zolamian, Mer morte, exposition à la Centrale for contemporary Art, Bruxelles

Marie Zolamian

Marie Zolamian

Marie Zolamian

Marie Zolamian

A servir, 2013.
Gouache on superior velin paper. 21 x 13.5 cm.

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invitation Ravi

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Marie Zolamian

(…) Dans sa pratique artistique, Marie Zolamian collecte, juxtapose, compose les éléments mémoriels, qu’ils soient proches ou lointains, singuliers et collectifs. Ainsi occupe-t-elle ce nouveau territoire d’expérience sensible, intime et inscrit dans le monde, enrichi de sens. Et comme dans un continuum, Marie Zolamian complète ici le dispositif mis en place d’une lente procession de femmes, esquisses sur papier inspirées de miniatures orientales et persannes. Elles sont prêtresses et servantes, évoquent à la fois le don, l’altérité, l’ivresse des sens et la soumission. Il fut question de l’huile et de l’eau ; toutes, cette fois, font l’éloge et l’offrande du vin, ce rituel séculaire, qui tout comme ceux qui concernent l’eau lustrale, se situe au carrefour des cultures et des civilisations. Je repense au poème mystique d’ Ibn Al Fâridh, cet auteur du treizième siècle, à ces célèbres vers d’ « Al-Khamriya » : « Prends-le pur, ce vin, ou ne le mêle qu’à la salive du Bien-Aimé ; tout autre mélange serait coupable… ». Et devant l’or liquide de la tasse en verre de Birzeit, le cœur du poème mystique résonne singulièrement : « Notre verre, écrit Ibn Al Fâridh, était sa pleine lune, lui, il est un soleil ; un croissant le fait circuler. Que d’étoiles resplendissent au fond du verre quand on s’en abreuve ».

Marie Zolamian

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Marie Zolamian

À servir, 2013.
Gouache on superior velin paper. 21 x 13.5 cm.

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Marie Zolamian. Mer morte.
Centrale for Contemporary Art

Centrale Box, dans le cadre de l’exposition de Johan Muyle, Indian Studio

Place Sainte Catherine, 11. Bruxelles 1000
du 7 novembre au 15 décembre
Vernissage le 6 novembre à 18h

Marie Zolamian

Mer morte

L’identité, l’accueil ou l’ostracisme, l’inscription dans une communauté, la mémoire, le déracinement, les flux migratoire, l’exil sont au cœur des préoccupations de Marie Zolamian. C’est là toute l’expérience de l’itinérance, du départ et du retour, de la temporalité vécue du voyage, de cette topographie où se mêle l’extérieur et l’intime.
D’origine arménienne, née à Beyrouth en 1975, Marie Zolamian pratique ce cheminement, cette mise en intrigue entre territoires réels et fictionnels, choisissant les medias adéquats au rythme de ses pérégrinations.

D’un séjour à Birzeit, en Cisjordanie, Marie Zolamian ramène une photographie souvenir, une singulière carte postale, trois oliviers étêtes, déracinés, ceps noueux et torchères fossiles. Leur stérilité, âpre, rugueuse, inquiétante, contraste avec la pyramide de fruits d’un étal de marché voisin. Elle ramène aussi ce film, ce long plan fixe, minimaliste et contemplatif, réalisé dans l’atelier mis à sa disposition. Devant l’objectif, il y a une tasse en verre posée devant la fenêtre ; y miroite une myriade de pigments dorés en suspension dans l’eau. « A travers le scintillement des paillettes qui composent le fluide précieux, on peut observer le coucher du soleil sur Birzeit, écrit Colette Dubois, dans le livret qui accompagne ce voyage. Les variations de la lumière déclinent toutes les couleurs de l’or et donnent au reflet qui se prolonge sur le rebord de la fenêtre tantôt des accents aigus, comme un fragment de soleil acéré, tantôt l’apparence d’une simple trace qui cherche à se fondre dans la surface ».

Certes, il n’y avait pas plus simple pour suggérer, évoquer toute la problématique de l’eau en Palestine, les planifications mises en œuvre par l’Administration civile israélienne, les enjeux vitaux, écologiques, économiques et politiques cruciaux que concentre ce bien précieux. L’eau est ici métaphore des relations entre les peuples, et bien plus encore. « La pièce réfère directement aux citernes d’eau qui se trouvent sur les toits de Cisjordanie, continue Colette Dubois. Ces cylindres noirs et massifs évoquent des éléments inquiétants : insectes géants, armes étranges ou explosifs… Figurer ces citernes comme une tasse de liqueur flamboyante dans laquelle le regard plonge avec une délectation certaine, y loger le crépuscule qui porte toujours en lui la promesse que demain sera un autre jour, tient tout autant du fantasme que de la volonté de renverser le cours des choses. »

En contrepoint du film, une longue table est recouverte de dessins. Des planches, des tables, un atlas. Nous feuilletons l’œuvre à loisir, laissant divaguer notre « volonté de savoir » ; nous arpentons cette cartographie, ces lignes en tous sens. Nous ne refermons l’atlas, le recueil de planches qu’après avoir cheminé un certain temps, erratiquement, sans intention précise, à travers son dédale, son trésor. Celui-ci est d’ocre et d’eau, nous cheminons sur des rivages d’or et, imaginons-le, sous un ciel aussi bleu que la mer. C’est là, pour reprendre les mots de Maria Kodama à propos de l’Atlas de Borgès « un prétexte pour enraciner dans la trame du temps nos rêves faits de l’âme du monde ». Les dessins sont de gouache et d’eau, certains sur Caravelle Vélin supérieur. Tous se nomment « Mer Morte ». Le sable est doré, l’or est liquide, c’est là le sel de la terre, cette alliance féconde.

Dans sa pratique artistique, Marie Zolamian collecte, juxtapose, compose les éléments mémoriels, qu’ils soient proches ou lointains, singuliers et collectifs. Ainsi occupe-t-elle ce nouveau territoire d’expérience sensible, intime et inscrit dans le monde, enrichi de sens. Et comme dans un continuum, Marie Zolamian complète ici le dispositif mis en place d’une lente procession de femmes, esquisses sur papier inspirées de miniatures orientales et persannes. Elles sont prêtresses et servantes, évoquent à la fois le don, l’altérité, l’ivresse des sens et la soumission. Il fut question de l’huile et de l’eau ; toutes, cette fois, font l’éloge et l’offrande du vin, ce rituel séculaire, qui tout comme ceux qui concernent l’eau lustrale, se situe au carrefour des cultures et des civilisations. Je repense au poème mystique d’ Ibn Al Fâridh, cet auteur du treizième siècle, à ces célèbres vers d’ « Al-Khamriya » : « Prends-le pur, ce vin, ou ne le mêle qu’à la salive du Bien-Aimé ; tout autre mélange serait coupable… ». Et devant l’or liquide de la tasse en verre de Birzeit, le cœur du poème mystique résonne singulièrement : « Notre verre, écrit Ibn Al Fâridh, était sa pleine lune, lui, il est un soleil ; un croissant le fait circuler. Que d’étoiles resplendissent au fond du verre quand on s’en abreuve ».

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Marie Zolamian

Entre déni et fantasme, 2012, 24 min. 56 sec.
Birzeit, Palestine.

Marie Zolamian

« La consommation d’eau chez les agriculteurs et les éleveurs dans la zone C* est estimée à moins de 30 litres par habitant et par jour, bien en dessous des 100 litres des recommandations de l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Par comparaison, les colonies israéliennes consomment environ 270 litres par habitant et par jour.
[…] Les faibles précipitations ont également donné lieu à des ménages ne pouvant remplir les citernes qu’à un tiers de la capacité disponible, les obligeant à acheter des grandes quantités d’eau en citerne, qui est jusqu’à trois à quatre fois plus cher que l’eau fournie par le réseau d’eau.
Ce qui aggrave également le problème, c’est la démolition de citernes par les autorités israéliennes en raison de l’absence de permis de construire. De janvier 2010 à ce jour, 44 citernes (principalement pour la récolte des eaux de pluie) et 33 puits ont été démolies, dont la moitié a été enregistrée cette année seulement (20 citernes et 15 puits en 2011) affectant près de 14.000 personnes, dont la moitié sont des enfants. La plupart des structures démolies en 2011 ont été les principaux moyens de subsistance de familles les plus vulnérables en Cisjordanie, les poussant plus profondément dans la pauvreté.
[...] La zone discriminatoire et le régime de planification qui régit les communautés palestiniennes vivant dans ces régions, mis en œuvre par l’Administration civile israélienne (ACI), devient évident lorsqu’on le compare à la répartition des ressources en eau prévu pour les colonies israéliennes situées dans les mêmes zones. Par exemple, environ 9.400 colons israéliens vivent dans la région de la vallée du Jourdain, et consomment environ 45 millions de mètres cubes d’eau par an. C’est presque un tiers de la quantité d’eau allouée aux 2,5 millions de Palestiniens vivant en Cisjordanie. »

* La zone C couvre 72% de la Cisjordanie mais elle est peu peuplée (90 % de la population cisjordanienne vit dans les zones A et B). Le gouvernement israélien conserve l’entière maîtrise de la zone, occupée essentiellement par des colonies.

Source : Bureau des Nations Unies pour la coordination des affaires humanitaires du territoire palestinien occupé, moniteur mensuel humanitaire, juillet 2011.

Foisonnant, le travail de l’artiste s’exprime encore à travers deux films réalisés dans le cadre de sa résidence en Palestine, dans la localité de Birzeit, au nord de Ramallah. Le premier, minimaliste et contemplatif, est un long plan fixe sur une tasse en verre dans laquelle miroite une myriade de pigments dorés en suspension dans l’eau. La lumière du jour, d’abord éclatante, puis de plus en plus diffuse et bleutée, accompagne le mouvement des particules en une chorégraphie infinie et extasiée. Des éléments au tout, le regard bascule puis se perd, noyé à son tour par la densité. d’un monde en soi. Si la problématique de l’eau en Palestine y est suggérée, Between fantasy and denial invite aussi à d’autres lectures, aussi polyphoniques et diverses que la constellation qui s’y déploie. (Benoît Dussart, dans l’Art Même)

Marie Zolamian

En contrepoint du film, une longue table, recouverte de dessins. Des planches, des tables, un atlas. Nous feuilletons l’œuvre à loisir, laissant divaguer notre « volonté de savoir », il nous est possible d’en arpenter les bifurcations en tous sens, « moyennant quoi, précise Didi-Huberman, nous ne refermons le recueil de planches qu’après avoir cheminé un certain temps, erratiquement, sans intention précise, à travers son dédale, son trésor ». Celui-ci est d’ocre et d’eau, de rivages et d’or sous le ciel bleu, un atlas, « un prétexte pour enraciner dans la trame du temps nos rêves faits de l’âme du monde » pour reprendre les mots de Maria Kodama à propos de l’Atlas de Borgès.
Les dessins sont de gouache et d’eau, certains sur Caravelle Vélin supérieur. Tous se nomment « Mer Morte ».

Marie Zolamian

Marie Zolamian

Marie Zolamian

Marie Zolamian
Mer morte, 2013
Gouaches sur papier 21 x 13,5 et 23,5 x 16,5 cm

Marie Zolamian

Marie Zolamian

Marie Zolamian

Marie Zolamian
Mer morte, 2013
Gouaches sur papier 21 x 13,5 et 23,5 x 16,5 cm

Marie Zolamian

Marie Zolamian

Marie Zolamian
Mer morte, 2013
Gouaches sur papier 21 x 13,5 cm

Marie Zolamian

Marie Zolamian

Marie Zolamian

Marie Zolamian
Mer morte, 2013
Gouaches sur papier 21 x 13,5 et 23,5 x 16,5 cm

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Marie Zolamian

Marie Zolamian
A servir, 2013 (1)
gouache sur papier sténo, 21 x 13,5 cm

Marie Zolamian

Marie Zolamian
A servir, 2013 (2)
gouache sur papier sténo, 21 x 13,5 cm

Marie Zolamian

Marie Zolamian
Poussière du lac Rose, 2013
Crayon de couleur sur papier sténo, 21 x 13.5 cm.

Marie Zolamian

Marie Zolamian
Checksi, 2013
Gouache sur papier, 25.5 x 17.7 cm.

Marie Zolamian

Marie Zolamian
Checksi, 2013
Gouache sur papier, 25.5 x 17.7 cm.

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Marie Zolamian, les bustes anonymes

Marie Zolamian, les bustes anonymes

Marie Zolamian, les bustes anonymes

Marie Zolamian, les bustes anonymes

Guidée par les « Anciens », membres de la Commission historique locale, c’est dans le grenier de la Maison communale de Flémalle que Marie Zolamian a découvert ces six bustes de fonte de l’ancienne Maison Renkin, six fort classiques anonymes, de vrais ou de faux jumeaux, comme une doublure du Monde, trois fois deux bustes ou deux fois trois postures, les hommes casqués à la romaine ou ceints de la couronne de laurier, les dames joliment dépoitraillées, portant haut le chignon de Cérès. C’est là aussi qu’elle aperçoit quelques isoloirs, ceux que, dans la commune, on utilise à chaque élection. Sur l’un d’eux, au dessus du placard annonçant un scrutin provincial, subsiste cette inscription : « Ne pas mouiller le crayon ». Marie Zolamian, invitée par la Commune de Flémalle, est alors en quête d’idées évoquant la citoyenneté. Elle s’appropriera dès lors bustes et isoloirs, projettera d’installer ces derniers par couples de trois, rigoureusement alignés dans l’espace, afin d’y loger ces trois couples de bustes aux attributs d’élus. Les voici, sur leur tablette, retrouvant leur identité, leur place dans la conscience collective ; étranges assesseurs accueillant l’électeur, ils sortent de l’anonymat dans lequel ils sont tombés. Car c’est là comme une fiction dans le réel, la mémoire d’un lieu, un lieu de la mémoire, une histoire bien réelle qui ressemble à une fiction : descellés lors de la destruction de la Maison Renkin, ces bustes ont été volés, ont transhumé jusqu’à Amsterdam où le jardinier communal de Flémalle, perspicace et persévérant, les retrouva. Marie Zolamian l’a interrogé et a enregistré son récit. Le son de cette narration accompagne l’installation.

« Les bustes anonymes », 2011. Techique mixte, 6 isoloirs de bureaux de vote, 6 bustes en fonte, sculpteur et fondeur anonymes.

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 vernissage 4 août 2013

Vernissage le samedi 4 août 2013 à 15 h

Château d'Aspremont

Jacqueline Mesmaeker, Suchan Kinoshita et Marie Zolamian participent à cette exposition organisée au Château d’Aspremont-Lynden à Oud Rekem. Son titre s’inspire du film réalisé par René Daadler sur l’œuvre de Bas Jan Ader : « Here is always somewhere else »

Commissariat :
Annemie Van Laethem & Aischa Berg

Artistes :
Bas Jan Ader (NL) Mil Ceulemans (BE) Vincent Dams (NL) Wouter Feyaerts (BE) Christoph Fink (BE) Tina Gillen (LU/BE) Suchan Kinoshita (Nl), Ermias Kifleyesus (ET/BE) Bodys Isek Kingelez (CG) Bettina Marx (DE) Jacqueline Mesmaeker (BE) Jewyo Rhii (KR) Gert Robbijns (BE) Maher Al Sabbagh (SY/NL) Edward Clydesdale Thomson (UK/DK) Rosemarie Trockel (DE) Roy Villevoye (NL) Marie Zolamian (LB/BE)

Informations :
Kasteel d’Aspremont-Lynden, Groenplaats 1- (BE) 3621 Oud-Rekem
28 juli – 29 september 2013
Samedi et dimanche de 11 à 18h
+32 496 76 48 08

Château d'Aspremont

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Sophie Langohr
New Face
Vierge polychrome conservée au Grand Curtius de Liège,
Nouveau visage à partir de Marion Cotillard pour Dior, de la série New Faces 2011-2012,
Photographies couleurs marouflée sur aluminium, (2) x 50 x 40 cm. (Ed 5/5)

Benjamin Monti
Sans titre (Where is the cat), 2013
Technique mixte sur papier, 21 x 29,7 cm

Benjamin Monti
Sans titre 2013
Technique mixte sur papier, 21 x 29,7 cm

Benjamin Monti
Sans titre (In which hand ? Guess !) 2013
Technique mixte sur papier, 21 x 29,7 cm

Benjamin Monti
Sans titre (Quicking) 2013
Technique mixte sur papier, 21 x 29,7 cm

Marie Zolamian
Checksi, 2013.
Gouache sur papier, 25.5 x 17.7 cm.

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A Frankfurt (D), Marie Zolamian participe à l’exposition Home Stories.
Du 15 mars au 28 avril. KFW Stiftung.

Künstlerhaus Bethanien is very pleased to present the exhibition ‘Home Stories’ in collaboration with the Staatlichen Hochschule für Bildenede Künste – Städelschule Frankfurt am Main and KfW Stiftung.
HOME STORIES draws together international artists of Künstlerhaus Bethanien and students of the Städelschule in Frankfurt. Held in Villa 102 of the Städelschule, the exhibition includes site-specific works and reflects on the stories and histories of the building itself as well as the expanded geographic and cultural positions of artistic practice in our contemporary globalised world.

HOME STORIES

Bianca Baldi, Khaled Barakeh, Elif Erkan, Mahony, MakiIshii, Michael Lee, Sathit Sattarasart & Il-Jin Atem Choi, Thabiso Sekgala, Aiko Tezuka, Marie Zolamian

Eine ausstellung der KfW Stitung in Kooperation mit dem Künstlerhaus Bethanien, Berlin, und der Staatlichen Hochschule für Bildende Künste – Städelschule, Frankfurt am Main

15.3. – 28.4.2013

Villa 102, Bockenheimer Landstr. 102, Frankfurt am Main
(ehemaliges Literaturhaus)
Internationale Künstler – Stipendiaten des Künstlerhauses Bethanien in Berlin und Studierende der Städelschule in Frankfurt

– richten die Räume des ersten Obergeschosses der villa 102 mit ortsspeziischen arbeiten ein. Der Titel der ausstellung HOME STORIES verweist sowohl auf die Geschichte und die Geschichten der villa 102 als auch auf die geograische und kulturelle verortung künstlerischer Praxis in der globalen Gegenwart.

Öfnungszeiten täglich 10 – 18 Uhr, Eintritt frei
Öfentliche Führungen jeden Mittwoch 12.30 – 13 Uh

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Lu dans l’Art Même #58, sous la plume de Benoît Dussart :

Art Même

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