Reciprocity 2018, Alevtina Kakhidze, Suchan Kinoshita, David Polzin, une introduction

David Polzin, Aufgeklappter Umgefallener, 2018

A l’occasion de RECIPROCITY et dans la mouvance de Fragilitas, thématique de la triennale, la galerie Nadja Vilenne invite quatre artistes à produire et exposer. Quatre propositions signées Alevtina Kakhidze, Suchan Kinoshita, David Polzin et Jacques Lizène, conçues en cascade et qui se répondent les unes aux autres.

Suchan Kinoshita – David Polzin

Née au Japon, Suchan Kinoshita a à peine 20 ans lorsqu’elle s’installe en Europe et entreprend des études de composition musicale à la Musikhochschule de Cologne auprès de Maurizio Kagel. Plus tard, elle rejoint le Theater am Marienplatz de Krefeld, lieu expérimental singulièrement investi dans les pratiques performatives et instrumentales. Elle termine sa formation, dans le domaine des arts plastiques, à la Van Eyck Academie à Maastricht, là même où elle enseignera durant de nombreuses années. C’est dire que sa pratique artistique, multilmédiale, transcende les catégories, surgit tant dans l’exposition qu’en dehors, fait ou non appel à la participation active du spectateur. Tantôt l’oeuvre d’art s’affirme ouvertement en tant que telle, tantôt elle use de camouflage. Inspirée tant par la philosophie de son pays d’origine que par la culture occidentale, la notion d’habiter, wohnen, au sens spirituel du terme, parcourt l’impressionnant corpus d’oeuvres et d’interventions performatives de l’artiste. Très récemment, interpellée par la question des migrants et des sans-abris, Suchan Kinoshita a conçu un dispositif diurne, hivernal et urbain d’accueil aux sans-abris, lieu de chaleur et de convivialité partagée, réfléchissant l’intervention artistique dans une perpective aussi concrète que symbolique. Dans cette exposition, prolongement de cette thématique touchant à la fragilité que développe RECIPROCITY, Suchan Kinoshita présente la maquette et les dessins accompagnant cette intervention.

Suchan Kinoshita a proposé au jeune artiste berlinois David Polzin de participer à cette présentation, d’y répondre en quelque sorte, de compléter le propos par ses propre interventions. Polzin remixe les meubles et les objets, des élements familiers qui par les transformations que l’artiste leur impose, s’enrichissent de nouvelles alternatives. Outre divers nouveaux projets répondant directement aux problématiques soulevées par Suchan Kinoshita, David Polzin exposera une singulière collection qu’il constitue depuis 2008, une Collection for body contact plastics, Section coffee stirrers, plus prosaïquement une collection composée de centaines de touilleurs à café, répertoriés suivant leurs formes et leurs origines, des objets à l’utilité éphémère et dont le souvenir n’existera qu’en fonction de la qualité et de la saveur du café qu’ils auront touillé. Le touilleur à café, j’allais écrire l’agitateur de café, est image du café partagé et de la réciprocité.

Alevtina Kakhidze

Alevtina Kakhidze est née dans l’Est de l’Ukraine. Elle vit, depuis 1995, entre Kiev et Muzychi. Elle clame haut et fort son identité culturelle, à la fois ukrainienne, géorgienne et, de par son éducation, russe dans son incarnation soviétique. Sa pratique artistique est basée sur des expériences personnelles autobiographiques et sur l’imagination. Elle parle des consommateurs, des genres, de l’amour, de la culture de la contestation, de l’expérience de la guerre, des plantes et de la vie quotidienne, des plantes et des chiens, le sien s’appelle Marcel, des liens qu’elle tente quotidiennement de garder avec sa mère qui vit dans la zone du Donbass, région toujours en guerre. Durant l’hiver 2013-2014, Alevtina Kakhidze a été une partisane active des mouvements Maïdan, projet intellectuel le plus violemment paisible qui puisse exister, faisant le pont entre les langues et les cultures. La guerre de l’information entre l’Ukraine et la Russie, l’Orient et l’Occident, ainsi que sa biographie personnelle ont constitué la base complexe de l’oeuvre qu’elle a produite pour Manifesta 10 à Saint-Petersbourg, Where The Wild Things Are. Toute la pratique artistique d’Alevtina Kakhidze témoigne de solutions fragiles et quotidiennes imaginées en temps de guerre et de contestation.

Alevtina Kakhidze, Suchan Kinoshita, David Polzin, Jacques Lizène, Réciprocity 2018, vernissage ce 19 octobre

La galerie Nadja Vilenne a le plaisir de vous inviter au vernissage des expositions de :

ALEVTINA KAKHIDZE

SUCHAN KINOSHITA – DAVID POLZIN

JACQUES LIZENE

Vernissage ce vendredi 19 octobre 2018 à 19h
Exposition du 20 octobre au 15 décembre 2018
Jeudi – samedi de 14 à 18h et sur RV

Dans le cadre de RECIPROCITY DESIGN LIEGE 2018

Suchan Kinoshita, Snellopende, laatbloeier, oder das A und O vorm, les images (4)

Suchan Kinoshita
Memory Sticks, 2018
technique mixte, 244 x 500 x 50 cm

Suchan Kinoshita
Harare. Sitzen ist das neue Rauchen, 2018
Technique mixte, 233 x 220 cm

Suchan Kinoshita
Hanare. Voorbereiding voor deuropening LLS met prostaten, 2018
193 x 87 cm

Suchan Kinoshita
Hanare. Le Jardin Japonais, 2018
gravure trouvée, 26 x 31 cm

Suchan Kinoshita
Hanare. Karaoke Fourniture N°1, 2018
technique mixte, 87 x 99 x 27 cm

David Polzin
Brüsseler Thron, 2014
technique mixte, 92 x 89 x 45 cm

Suchan Kinoshita, Snellopende, laatbloeier, oder das A und O vorm, les images (3)

Suchan Kinoshita
Schnittrest in Leem, 2018
technique mixte, 13 x 34 x 2,5 cm

Suchan Kinoshita
Schnittrest in Gips, 2018
technique mixte, 80 x 80 x 1,5 cm

Suchan Kinoshita
Schnittrest, 2018
78 x 72 x 12 cm

Suchan Kinoshita
Schnittrest in Leem, 2018
143 x 97 x 5 cm

Suchan Kinoshita
Schnittrest in Leem, 2018
112 x 68 x 6 cm

Suchan Kinoshita, édition, « A und O », LLS Paleis, Antwerpen

Presentation of the edition ‘A und O’

Sunday 07.10.2018, 16h

Suchan Kinoshita
A und O, 2018
Clay or chocolate on paper
84 x 59,5 cm.
Edition of 20 unique silkscreen prints + 4 AP
Signed and numbered
(5 x clay A, 5 x clay O, 5 x chocolate A, 5 x chocolate O)

LLS Paleis
Ruimte voor actuele kunst, Antwerpen.

Suchan Kinoshita, Jacqueline Mesmaeker, Middle Gate II – L’histoire de Dimpna, Geel

Jacqueline Mesmaeker, Caméra non assistée, 1996 – 2009.
6 min, Hi8 numérisé, couleurs, son mono.

Suchan Kinoshita et Jacqueline Mesmaeker participent toutes deux à Middle Gate II – L’histoire de Dimpna, exposition organisée à Geel dans divers lieux. 

Le projet d’exposition Middle Gate II – L’histoire de Dimpna est une collaboration entre le M HKA, Musée pour l’ Art Contemporain à Anvers, et le centre culturel de Werft à Geel. Middle Gate 2 est la suite de l’exposition Middle Gate de Jan Hoet à Geel en 2013. Le concept de l’exposition est étroitement lié à la légende de sainte Dimpna, la patronne des possédés et malades mentaux, et la sainte protectrice contre l’épilepsie et la folie.  La légende de Dimpna est très liée à l’identité de la ville de Geel,  “la ville miséricordieuse”.

Middle Gate II – L’histoire de Dimpna est construit autour de quatre symboles de sainte Dimpna – la couronne, le livre, le diable et l’épée – chacun représentant un thème lié à la légende de Dimpna. La couronne est associée à la migration, le diable représente la folie, le livre est symbole pour la  spiritualité et l’épée est liée à la violence (sexuelle). Ces quatre symboles/thèmes sont exposés à quatre endroits différents, ce qui résulte dans une exposition de groupe qui fait un parcours à travers la ville de Geel: l’Académie de la vile pour les Beaux-Arts (la couronne/migration), le Musée Gasthuis (le diable/folie), l’Eglise Sainte-Dimpna (le livre/spiritualité) et les Halles (l’épée/violence (sexuelle)). Les œuvres exposées entrent chaque fois en dialogue avec la location spécifique et les œuvres (d’art) et objets qui y sont déjà présents. Middle Gate II approche à l’aide d’œuvres de la collection M HKA, souvent jamais exposées auparavant, quatre thèmes sociaux qui étaient urgents dans la légende de sainte Dimpna.

Middle Gate II – L’histoire de Dimpna
15.09–04.11.2018
SA–DI 11:00–18:00 
Groupes sur rendez-vous

Académie de la vile pour les Beaux-Arts, Kollegestraat 118
Musée Gasthuis, Gasthuisstraat 1
Eglise Sainte-Dimpna, Sint-Dimpnaplein
Les Halles, Markt 1. 

 

Suchan Kinoshita, Snellopende, laatbloeier, oder das A und O vorm, les images (1)

In response to administrative difficulties when applying for a residential permit for a building that was originally a coach house, then a warehouse for glass objects from Czech Republic and is now her studio, Suchan Kinoshita has decided she does not want to be housed any longer: wohnen.
Anyone who reads the ‘Ministerial Decree of the Brussels-Capital Government of 23 January 2014, published in the Belgian Official Gazette of 07.02.2014’, with its definitions and specifications of housing and what criteria a residence must meet, will become discouraged indeed. Rules like “Each room is fitted with a light point with switch” are just the tip of the iceberg. The house must be divided entirely in compartments, and every space must meet standards specific to the room in question. This impacts the use of the spaces: the interpretation of inhabiting a space is strictly speaking no longer free. Activities like cooking, eating, sleeping, working, doing the laundry,… require separate zones (whether walled or not).
To what extent is there still a connection with the original meaning of ‘to be housed’, ‘to inhabit’ (‘wonen’)? The Germanic root WEN and the Sanskrit VAN (see also the Latin Venus) signify ‘to like’, ‘to love’. Through the Old Norwegian ‘una’ and the Gothic ‘wunan’, which means ‘to rejoice oneself’, cf. German ‘Wonne’ (=joy, bliss), and the Old-Irish ‘fonn’ (meaning ‘joy’; think ‘fun’) the sounds developped into the Middle Dutch word ‘wonen’ and the New High Germanic ‘wohnen’. So the basic meaning is: to enjoy being somewhere. The Indo-Germanic root WEN developped into (gi-)wuna in the West-Germanic languages, meaning ‘to accustom oneself’ (‘gewennen’), ‘habit’ (‘gewoonte’). In other words, ‘wonen’, to inhabit or be housed, is directly associated with a positive aspect of life.
Can people withdraw from inhabiting, ‘wonen’ in our society? It is claimed that this is impossible. One cannot not inhabit a residence. Because of this evident nature, inhabiting a space is given an existential dimension.
That is how German philosopher Martin Heidegger (1889-1976) saw it as well. To him, to inhabit, wohnen, is our fundamental condition here on earth. In his essay Bauen, Wohnen, Denken (1951) he argues that wohnen is our way of being; it is the only way man can be on earth. Heidegger derives this meaning from the Old High Germanic word ‘buan’ that to him simultaneously means ‘to build’, ‘to inhabit’ and ‘I am’. In other words: I inhabit, therefore I am. Or vice versa.
In 1951, Heidegger gave a lecture in which he said that there is a crisis in Wohnen. He argued it does not result from a post-war housing shortage, or inadequate construction techniques, but because of a lack of insight into the essence of what housing is. Since the nineteenth century, man has been at home everywhere and nowhere. The spiritual connection to the place where people live has been lost. Man only has an instrumental attitude towards the world, usefulness and efficiency predominate. This applies to wohnen as well. In other words, the fact that people own a house does not imply they actually inhabit it.
We all know the snail and the turtle that live, work and sleep at the same place. For them, this constitutes a whole. There’s no nest to leave (or return to), no place for rest, no shelter or place to hibernate. Since they always carry their home with them when ‘at work’, the distinction between the two is blurred. Whether they are working at home or living at work is no longer relevant, home and work cannot but coincide. In that sense, they are continuously at work.
For Suchan Kinoshita, work and wonen are one. Piece by piece the exhibition reveals the history of her new building. She discovered new materials (like pitch in an underground reservoir, iron armatures in the side wall, old beams under the roof) at the site and she uses them to reshape spaces here. Five old armatures, externally bent to form a letter, used to support the side walls. Four of the five letters O – S – C – A – (R) were still present in the facade when Kinoshita acquired the building. She changed their order to C A O S (“chaos”).
This is where the anatomy of housing, das A und O vom wohnen, starts. Alpha and omega. New zones are created in the exhibition space through minimalistic changes.
Everything the building of Suchan Kinoshita has yielded so far constitutes the background on which the exhibition develops. Both specific elements and materials, and mental processes: How to relate to an existing situation? Because the space of LLS Paleis is not finished yet either, it presents new accents with every new exhibition.
One room of the house in Brussels has its own specific character, the ‘hanare’. It is situated underneath the ridge of the roof, with only a steep staircase leading to it. In Japan, a hanare is a separate place next to main house. It is a place where one can distance oneself from daily life. This is what happens in the last space: it has two chairs and a picture “Le Jardin Japonais” (which actually represents a Chinese table), in which seated figures look at a fictional model representing wonen…
Stella Lohaus, August 2018

Suchan Kinoshita
CAOS zonder R, 2018
mixed media

Suchan Kinoshita, Snellopende, laatbloeier, oder das A und O vorm, LLS Paleis, Antwerpen, vernissage ce 2 septembre

Suchan Kinoshita est l’invitée de LLS Paleis à Antwerpen / Anvers. Exposition monographique, sous le commissariat de Stella Lohaus.
Vernissage ce dimanche 2 septembre de 15 à 18h

Harem, Aglaia Konrad, Projekt Skulptur and guest : Suchan Kinoshita, Isofolies, les images (2)

Aglaia Konrad Projekt: Skulptur, 2017
BW prints on ecoboard, stones, 178 x 120 cm. Ed 3/3

Suchan Kinoshita
Isofollies, 2007-2017
Mixed media (wrapped plastic, oil). Variable dimensions

Harem, Aglaia Konrad, Projekt Skulptur and guest : Suchan Kinoshita, Isofolies, les images (1)

Seen from the perspective of the discipline of sculpture, both bodies of work in the exhibition Harem would have to be considered as not entirely legal. Also, together both types of work give an unforeseen ‘light touch’; especially in the way they are hindering the chances of a full view on either element. The two bodies of work are in each others way; the black boulders present obstacles, ruining the chances of a single perspective, each work obstructing the view of the other. The eye must move and keep moving, in search of a vantage point from where a good view and a perspective might be possible. This work of Aglaia Konrad, Schaubuch-Skulptur, is constructed from snapshots, taken over the past decades and turned in to a pocket album. lt seems to represent classical ‘sculpture’, when displayed in photography, white the work of Suchan Kinoshita, called lsofollies, seems to have been made by hiding all of its material content from the eye. lt is a well-kept secret that the boulder’s content consists of wrapped up leftover garbage from museum installations. Rejecting any rationale for the incidental merging of the two bodies of work, this exhibition makes space for a selected number of abjects in a limited environment, which we call ‘Harem’.

Aglaia Konrad Projekt: Skulptur, 2017 BW
prints on ecoboard, stones, 178 x 120 cm. Ed 3/3

Suchan Kinoshita
Isofollies, 2007-2017
Mixed media (wrapped plastic, oil). Variable dimensions

 

Harem, Aglaia Konrad, Suchan Kinoshita, vernissage ce samedi 2 juin

Aglaia Konrad

Béatrice de Gelder et la galerie Nadja Vilenne
ont le plaisir de vous convier au vernissage de l’exposition

Beatrice de Gelder and Nadja Vilenne gallery
invite you to the opening of the exhibition

Harem

Aglaia Konrad, Projekt Skulptur and guest : Suchan Kinoshita, Isofollies.

Samedi 2 juin à 17h – Saturday June 2, 5pm

Rue de l’Abattoir, 4 – Slachthuisstraat, 4 1000 Bruxelles / Brussel

Exposition / Exhibition 2.06 – 14.07. 2018
Je. Ve. Sa. de 14 à 18h / Thu. Fr. Sa. 2-6pm

Espace d’art associé
Gluon Foundation for Art & Research
rue de l’Abattoir, 4 / Slachthuisstraat, 4 1000 Bruxelles / Brussel

Art Brussels 2018, les images (2)

exhibition view

Exhibition view

Michael Dans

Michael Dans

Michael Dans
Sans titre
Photographie couleurs, tirage numérique, 184 x 124 cm

Jacqueline Mesmaeker

Jacqueline Mesmaeker

IMG_2242bis

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Jacqueline Mesmaeker
Les Péripéties, 2012-2018
Cartes postales, cartel, 43 x 61 cm

Exhibition view

 

Suchan Kinoshita
Sans titre, 2018

Olivier Foulon

Olivier Foulon
Grotte de Lascaux (3x), 2006.

Maen Florin

Maen Florin

Maen Florin
Albino, 2017
Ceramics 1, 2, 3 , h. 46, 45, 45 cm