Archives par étiquette : Valerie Sonnier

Résonances, les images (2)

Résonances

Résonances

James Lee Byars
The Black Book, 1971
Impression sur papier, 42 x 27,5 cm

Raphaël Van Lerberghe

Raphaël Van Lerberghe
Plinthe, 2010. Bois, clous, 8,5 x 110 x 7 cm. Sans titre (la chute d’eau), crayon noir sur papier, 42 x 59,4 cm, 2009.. Gérard & Cie (éléphant d’Asie), carte postale, 14 x 9 cm, 2009.. Histoire Naturelle (éléphant d’Afrique), carte postale, 14 x 9 cm, 2009.

Résonances

Photo Charlotte Lagro

Résonances

Benjamin Monti

Benjamin Monti
Sans titres, 2016
Collage sur papier, (9) x 29,7 x 21 cm

Résonances

Maurice Pirenne

Maurice Pirenne
Maison en construction, 1948
Pastel sur papier marouflé sur panneau, 17,5 x 25,5 cm (encadré 19,5 x 27,5 cm)
Signé et daté en haut à droite

Maurice Pirenne
Maison en construction (également Maison en construction et cheminée intervapeur), 1948
Pastel sur papier marouflé sur panneau, 33 x 43 cm (encadré 36 x 46,5 cm)
Signé et daté en bas à droite

Résonances

Jacques Charlier

Jacques Charlier
Peinture mystique IV, 1988.
Technique mixte, acrylique sur toile, 120 x 100 cm, socle, statuette en bronze, livre et drapeau.

Résonances

Marie Zolamian

Marie Zolamian
Impavide, 2016
Huile sur papier, 24 x 32 cm

Marie Zolamian

Marie Zolamian
Sédition, 2016
Huile sur papier, 17 x 24 cm

Valérie Sonnier

Valérie Sonnier
Raray, mercredi 26 septembre, 2015
Crayon et cire sur papier, 95 x 210 cm

Résonances

Marie Zolamian

Marie Zolamian
Ribote, 2016,
Huile sur papier, 17 x 24 cm

Marie Zolamian

Marie Zolamian
Sororité, 2016
Huile sur papier, 32 x 24 cm

Jacqueline Mesmaeker

Résonances

Jacqueline Mesmaeker

Jacqueline Mesmaeker

Jacqueline Mesmaeker
Exode, 2015
Technique mixte, dimensions variables

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Valérie Sonnier, Première étoile, dernier flocon, Villa du Parc, Annemasse

Valérie Sonnier

Valérie Sonnier
Sans titre (sous la neige), 2010
technique mixte sur papier, 26 x 20 cm

Valérie Sonnier participe à l’exposition « Première étoile, dernier flocon », synopsis pour une exposition sur la montagne contemporaine », organisée par La Maison du Parc, Parc Montessuit, à Annemasse  5alpes orientales). Commissariat : Garance Chabert

Avec des oeuvres de : Dove Allouche (FR), Neal Beggs (GB), Alain Bublex (FR), Jagna Ciuchta et Florent Grange (FR), Claude Closky (FR), Julien Discrit (FR), Gaëlle Foray (FR), Luigi Ghirri (IT),, Helen Mirra (US), Elodie Pong (US), Neil Raitt (GB), Evariste Richer (FR), Muriel Rodolosse (FR), Denis Savary (CH), Roman Signer (CH), Valérie Sonnier (FR), Daniel Spoerri (FR), Nathalie Talec (FR), Wood & Harrison (GB), Rémy Zaugg (CH).

(…) Le rez-de-chaussée de la Villa du Parc, dédié aux basses et moyennes altitudes, se focalise sur la dimension touristique et domestiquée de la montagne et de la construction d’une culture et d’un style de vie liés à la neige. D’un côté, les sports d’hiver sont l’occasion de regards amusés et facétieux, par exemple dans les œuvres des années 1960-70 de l’italien Luigi Ghirri et du français Daniel Spoerri ; le suisse Roman Signer, quant à lui, mène depuis les années 1960 des expériences drôles, poétiques et parfois explosives en milieu enneigé. Plus récemment, Alain Bublex envisage avec humour le label montagne dans des images où il ajoute des sommets célèbres pour améliorer la vue de certains paysages, tandis que Claude Closky retranscrit l’avis du consommateur sur des stations emblématiques pour lesquelles il imagine des polices typographiques spéci ques. Les excès et hyperboles touristiques en montagne se retrouvent dans la forme brute et critique des collages de Gaëlle Foray. La nostalgie du paysage d’hiver imprègne de nombreuses pièces, comme l’œuvre dessinée de la française Valérie Sonnier, qui scrute en détails les souvenirs de sa maison d’enfance. L’installation patchwork rétro-futuriste du jeune peintre britannique Neil Raitt mêle motifs de forêt enneigée, de montagnes canadiennes et de tentes bédouines. Les « masques à faire tomber la neige » d’Evariste Richer agissent alors comme un nouveau rituel pour conjurer les années sans neige.(…)

Parc Montessuit – 12, rue de Genève
74100 Annemasse

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Résonances, Valérie Sonnier, Raray, mercredi 26 septembre

Valérie Sonnier

Valérie Sonnier, 2015
Raray, mercredi 26 septembre
crayon et cire sur papier, 95 x 210 cm

RARAY

C’est à l’occasion de la préparation d’une exposition sondant les rapports que l’art contemporain entretient avec l’œuvre de Jean Cocteau, une exposition écrite par Dominique Païni, que les pas de Valérie Sonnier la mènent, très naturellement, près de Senlis, au château de Raray. Depuis 1945, le nom du château de Raray est indissociable de celui de l’écrivain et cinéaste. Dès l’après-guerre, le cinéma se tourne vers un genre nouveau, le réalisme. Cocteau décide alors de prendre le contre-pied de cette orientation et d’adapter pour le grand écran le célèbre conte de Madame Leprince de Beaumont – lui-même écrit sur un thème récurrent depuis l’Antiquité -, La Belle et la Bête. Cocteau filmera à Raray en septembre 1945 une grande part des scènes extérieures de son film.

Dans son travail, Valérie Sonnier a déjà fait allusion au chef d’œuvre de Cocteau. Depuis 2007, elle mène un grand œuvre méticuleux : peindre en toutes saisons, tous les rosiers du jardin de la maison de son enfance, cet épicentre de l’ensemble de son œuvre. En représentant ces roses du jardin, Valérie Sonnier arrête le fugitif saisonnier en un improbable relevé précis de l’éphémère. Elle conjure ainsi la perte et le deuil, les nourrissant de réminiscences vivaces. Et c’est à la Belle et la Bête, qu’elle décide de faire référence. Le titre de cette série de toiles, «Tout sauf mes roses», renvoie à la réplique de la Bête au père de la Belle : «Vous volez mes roses qui sont ce que j’aime le plus au monde. Vous jouez de malchance, car vous pouviez tout prendre chez moi, sauf mes roses. Et il se trouve que ce simple vol mérite la mort».

Ce sont bien sûr ces singulières et uniques haies cynégétiques érigées au début du 17e siècle, sans doute par des artistes italiens, qui ont attiré Cocteau à Raray. Très porté sur l’onirisme, le cinéaste va mettre dans son film autant de merveilleux que possible mais aussi une dose mesurée de psychanalyse et de surréalisme. Il a scruté les gravures de Gustave Doré. Il est sensible à la beauté des lieux et trouve l’endroit suffisamment «étrange» pour l’atmosphère fantastique de son film. Cocteau évoquera le surgissement d’ «une beauté accidentelle». Ces deux longues balustrades monumentales au nord et au sud de la cour du château, leurs portiques, niches, plein cintres et frontons enroulés participent à l’envoûtement. Le cerf, le sanglier et cette quarantaine de chiens de chasse assis ou à l’affût composent un décor minéral que Gustave Doré aurait pu faire sien, fusion entre le réalisme et la merveille. Et Cocteau conçoit son film comme une machine imaginaire qui extériorise des images intérieures, lui qui estime que le spectateur de cinéma doit pouvoir «rêver debout» dans les salles obscures.

Les balustrades renaissantes de Raray sont en effet fantomatiques. Et cela ne pouvait qu’opérer une forte attraction sur Valérie Sonnier. Cette maison de la rue Boileau à Versailles, qu’elle a dessinée et dessine encore sous tous ces angles, le jardin qui l’entoure, d’autres lieux comme aujourd’hui cet hôtel de Bad Gastein en Autriche qu’explore son crayon, ces lieux sont peuplés de fantômes. Volontairement, Valérie Sonnier renoue avec les chasses aux fantômes de l’enfance, avec cette magie illusionniste d’une apparition bien réelle qui exerce, c’est un fait, des effets singuliers de fascination. Dès l’apparition de son fantôme dans le film «Des pas sous la neige» qu’elle réalise en 2011, – en réalité un ami caché sous un drap de lit et quelques effets très simples appliqués lors du montage – , j’ai repensé au cinéma de Georges Méliès, aux spectres comiques de son «Château du diable» (1896), aux fantômes évanescents et aériens qui surgissent par enchantement au dessus du «Chaudron infernal» (1902), ces œuvres d’une époque où la confrontation entre photographie spirite, spectacles de magie, pratiques médiumniques et celles du cinématographe laissent le spectateur littéralement sidéré, happé tant par ce qu’il voit que par la manière dont il voit, sans plus aucune mise à distance. Les trucages astucieux et les procédés filmiques de La Belle et la Bête (Josette Day placée sur une planche à roulettes glisse en direction de la caméra, dans une subtile inversion du mouvement du plan) témoignent de la liberté et de l’inventivité sans borne de Cocteau, qui renoua, lui aussi, avec Méliès et les origines foraines du cinématographe.

A Raray aussi, tandis qu’elle dessine cette haie cynégétique, ce cerf et ces chiens qui surgissent dans le film de Jean Cocteau, apparaissent des fantômes. Volontairement, Valérie Sonnier cadre la monumentale balustrade «comme au cinéma». Tout comme dans les dessins du ballet érotique de Skeleton et de sa poupée, cette autre veine que poursuit et qui poursuit l’artiste, l’inerte – ici le minéral – et le vivant ne font plus qu’un. Il n’est même pas nécessaire de représenter la Belle et la Bête encadrant le Cerf du portique, tels que Cocteau les fit apparaître. Ils sont là, tous deux fantomatiques, présence du souvenir individuel et de l’inconscient collectif, convoquant à nouveau tous les imaginaires. Lorsque Yves de La Bédoyère, propriétaire du château en 1945, évoquera les semaines de tournage du film, il dira : « J’ai prêté mon terrain de jeu. Les balustrades, c’était l’endroit où j’avais mes petites voitures. Et même dans la cour d’honneur, il y avait encore des trous de bombe. Et dans ces trous de bombe, j’avais mes garages à petites voitures. Je les rangeais à la maison mais, j’avais mon terrain de prédilection à cet endroit-là ». Et d’ajouter à propos du film : «C’est beaucoup plus qu’un souvenir d’enfance. C’est une allégorie tellement exceptionnelle que je la savoure même encore quand je vois le film aujourd’hui». Raray est devenu le terrain de jeu de Valérie Sonnier. Tout comme Cocteau, elle extériorise des images intérieures. Le fantôme qu’elle y photographie est peut-être celui de la Belle, de la Bête, de Cocteau, du film qu’elle découvrit enfant, du conte qu’elle a lu, de tous les contes. C’est, en fait, le fantôme de tous ses fantômes. L’impeccable minutie du trait de ses dessins qu’elle recouvre de cire et qui nous happent restitue cette minéralité des balustrades de Raray, mais je ne jurerais pas qu’un soir le cerf et les chiens qu’elle a dessinés ne se mettent à s’animer et disparaissent dans la forêt voisine.

Valérie Sonnier

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Résonances, un mot d’introduction

Jacques charlier

Jacques Charlier
Peinture mystique I, 1988
Technique mixte, acrylique sur toile, objets trouvés, 200 x 350 cm

La résonance est un phénomène selon lequel certains systèmes physiques, électriques ou mécaniques, par exemple, sont sensibles à certaines fréquences. Un système résonant peut accumuler une énergie, si celle-ci est appliquée sous forme périodique, et proche d’une fréquence dite « fréquence de résonance ». Par extension de langage, elle est aussi faculté de résonner, propriété d’accroître la durée ou l’intensité d’un son, effet produit, écho rencontré, mode de retentissement d’un événement vécu ; elle est enfin ce qui fait vibrer le cœur et l’esprit. Toutes les œuvres rassemblées dans cette exposition ont cette capacité de résonance, en ce qu’elles sont échos et vibrations des états du monde : excès en tous genres, nationalismes exacerbés et place du religieux, combat féministes renouvelés, exode et immigration, multiculturalisme et chocs ou rencontres des cultures, compétition ou questions environnementales. Elles sont également résonances à d’autres créations d’un passé plus ou moins éloigné, résonances au cinéma ou à la littérature, à l’histoire de l’art et de la peinture, à celle des arts premiers. Le terme de résonances, au pluriel même, est sans doute le plus à même de rendre compte de ce phénomène de mise en mouvement de l’esprit au contact de l’autre, une mise en mouvement qui oblige au dépassement de ses limites et à l’inventivité d’un autre monde.

Avec des œuvres de : James Lee Byars, Jacques Charlier, Lili Dujourie, Charlotte Lagro, Sophie Langohr, Jacques Lizène, Emilio Lopez-Menchero, Jacqueline Mesmaeker, Guy Mees, Benjamin Monti, John Murphy, Pol Pierart, Maurice Pirenne, Valérie Sonnier, Raphaël Van Lerberghe, Marie Zolamian.

Vernissage ce samedi 18 mars à 19h
Exposition du 19 mars au 15 avril 2017.

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Valérie Sonnier, Rose 1876-1878, Mac Val & Roseraie du Val de Marne

Depuis 1983, une estampe est créée chaque année pour la Roseraie du Val-de-Marne constituée de plus de 13.000 rosiers comprenant 3.200 variétés de roses dont un conservatoire de roses anciennes.
Après Carole Benzakin, Jean Luc Verna, Martine Alballea, Patrick Tosani ou Stéphane Calais, C’est Valérie Sonnier qui a été sélectionnée pour éditer l’estampe de l’année.

Valérie Sonnier

Valérie Sonnier (née en 1967 à Boulogne-Billancourt, vit et travaille à Paris). Diplômée de l’Ecole des beaux-arts de Paris, où elle enseigne le dessin et la morphologie depuis 2003, elle a également suivi le séminaire de Jeff Wall à l’Université de British Columbia à Vancouver pendant la dernière année de son cursus. A travers le dessin, la peinture, la photographie et la vidéo, elle tisse des liens entre ses souvenirs intimes et la mémoire collective de l’enfance, pour aborder les notions de présence, d’absence ou d’apparitions fantomatiques. Elle dessine en particulier sur des cahiers de comptabilité, marquant ainsi le décompte du temps qui passe. Ses dessins investissent des formats monumentaux ou minuscules.
Pour la commande d’estampe du conseil départemental du Val-de-Marne, Valérie Sonnier réalise, Rose, 1876-1878 dont le titre évoque la fille de Jules Gravereaux qui a fondé la Roseraie en mémoire de cette petite « Rose » qui aura vécu deux ans.
L’artiste a travaillé en pensant à elle, poursuivant son obsession des fantômes, de la mémoire du passé, des souvenirs qui restent, de ceux qui disparaissent.
Pour le dessin qui a servi à la réalisation de l’estampe, elle s’est inspirée d’une image d’archive de la Roseraie et y a ajouté une photo de sa grand-mère (elle semble avoir l’âge de la petite Rose sur cette photo), mêlant leurs histoires, avec comme lien les roses, celles aussi du jardin de sa grand-mère qu’elle avait peintes dans une série intitulée « Vous pouviez tout prendre chez moi sauf mes roses », titre emprunté à « La Belle et la Bête » de Jean Cocteau. _ Sur le dessin tout en nuances de gris, apparaît une rosier grimpant bleuté, renvoyant à la quête du Graal des rosiéristes pour tenter d’obtenir une rose bleue, couleur n’existant pas dans la nature. La colonne tronquée sur laquelle est assise la grand-mère de l’artiste renvoie à la colonne dessinée, accentuant le parallèle entre mémoires individuelle et collective, archives personnelles et publiques.

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Valérie Sonnier, Soudain la neige, Maba, Nogent sur Marne, l’image

Valérie Sonnier

Valérie Sonnier
Le Jardin. II L’hiver
film super 8 numérisé, couleur, son, 6 min 11, 1997

Le Communiqué de presse :

Evocation du temps, celui qu’il fait, celui qui passe, l’exposition «Soudain… la neige» rend compte d’une brèche. Celle qui s’ouvre lorsque la neige recouvre et transforme un paysage et qu’une réalité se superpose à une autre. Un effet de dilution ou d’interférence qui, dans certains cas, tend jusqu’à l’effacement du paysage originel. La neige (réelle ou métaphorique) de l’exposition est l’événement perturbateur du récit: elle floute les contours, recouvre la trace, dissout et efface, remet en cause l’état initial; elle convoque, dans les œuvres choisies, aussi bien le souvenir des premières neiges et la perception particulière qui en découle, que le flottement du temps.

Comme autant de résurgences d’une mémoire sensible ou rétinienne, individuelle ou collective, les œuvres de l’exposition naviguent d’un état à un autre, entre dissolution, dilution, parasitage, et tentative de recouvrement. «Soudain… la neige», comme une manifestation d’un processus implacable et irrévocable, d’une fuite en avant du temps ou la perspective d’une nouvelle histoire.

Libre dérive prenant la neige comme image de départ, l’exposition entend celle-ci comme révélateur: elle vient tout à la fois détruire l’ordre des choses et donner à voir ce qui se soustrait à la vue. Les travaux des artistes portent eux aussi l’empreinte de la déflagration originelle subie: celle qui survient lors de l’explosion d’Hiroshima ou de la crise financière des subprimes, des épandages américains ou de l’irruption de plants d’Hévéa au Vietnam,… Des événements latents, souterrains, qui transparaissent ou (ré)apparaissent, silencieusement, à la surface des œuvres présentées.

Elément climatique transitoire, la neige se situe en effet toujours sur ce fragile équilibre entre apparition et disparition; en un instant tout peut surgir à nouveau, le dissimulé peut reprendre le dessus sur sa réplique visible. La neige existe alors autant dans sa réalité physique que dans l’enchevêtrement d’images mentales et de temporalités différentes qu’elle suscite: entre anticipation de son apparition, immédiateté de sa présence, présage de sa disparition, comme postérité de sa mémoire. Car la neige reste inextricablement liée à cette question de la mémoire et de l’empreinte, celle qui subsiste longtemps après sa dissipation. A l’instar de la neige, les œuvres de l’exposition découlent, elles aussi, de ces entrechoquements de temps et de mémoire; elles sont les témoignages, les traductions autant de ce qui s’est passé, de ce qui se passe encore, que des perspectives ouvertes sur l’avenir.

Si la question du recouvrement apparaît alors systématiquement dans les œuvres, dans l’action de recouvrement du temps et de la mémoire (Errance du petit camion, l’hiver de Valérie Sonnier, Kiriatata d’Ilanit Illouz), elle se manifeste également physiquement, dans certaines des techniques utilisées ou dans le geste exécuté sur le support: les tirages lenticulaires 3d des Neige de Philippe Durand; la sérigraphie dans Grey of Herbicides de Thu Van Tran; dans l’aplat de peinture produisant une épreuve contact « photographique » dans la série Arena (miroir) de Mimosa Echard; dans l’ajout de javel sur la pellicule dans le film Bleach de Jonathan Martin ou l’utilisation de produits chimiques pour dissoudre certains sels d’argent du tirage Quand fond la neige… d’Isabelle Giovacchini. Mais aussi dans le motif représenté: l’invasion foliaire exubérante dans la série Compulsive de Cécile Hartmann, ou le nettoyage au karcher dans Rouge Négatif (une hantologie) de Benjamin Hugard, ou encore dans le mode de monstration des œuvres, les tirages superposés dans Sediments and Lacunas de Cécile Hartmann…

Ces «recouvrements», entre superpositions, interférences, floutages ou dissolutions, relèvent ainsi de cet étrange point de convergence entre les verbes «recouvrir», œuvrant ici dans le sens d’une dissimulation d’un fait, d’une réalité, ou d’une mémoire individuelle ou collective, et de «recouvrer», le fait de rentrer en possession de ce qui avait été perdu. Le recouvrement intervient alors, tout à la fois, comme une entreprise de dissimulation/obstruction/destruction et celle d’une possible réparation.

Commissaire: Caroline Cournède

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Valérie Sonnier, Soudain la neige, Maison d’Art Bernard Anthonioz, Nogent sur Marne

Du 5 novembre 2015 au 31 janvier 2016, la Maison d’Art Bernard Anthonioz à Nogent-sur-Marne présente, sur une proposition de Caroline Cournède, une exposition collective inédite intitulée Soudain… la neige, regroupant des photographies, vidéos, sérigraphies et installations de Philippe Durand, Mimosa Echard, Isabelle Giovacchini, Cécile Hartmann, Benjamin Hugard, Ilanit Illouz, Jonathan Martin, Valérie Sonnier, et Thu Van Tran. Évocation du temps, celui qu’il fait, celui qui passe, l’exposition rend compte d’une brèche.

Celle qui s’ouvre lorsque la neige recouvre et transforme un paysage et qu’une réalité se superpose à une autre. Un effet de dilution ou d’interférence qui, dans certains cas, tend jusqu’à l’effacement du paysage originel. La neige (réelle ou métaphorique) de l’exposition est l’événement perturbateur du récit : elle floute les contours, recouvre la trace, dissout et efface, remet en cause l’état initial ; elle convoque, dans les œuvres choisies, aussi bien le souvenir des premières neiges et la perception particulière qui en découle, que le flottement du temps.

Comme autant de résurgences d’une mémoire sensible ou rétinienne, individuelle ou collective, les œuvres de l’exposition naviguent d’un état à un autre, entre dissolution, dilution, parasitage, et tentative de recouvrement. Soudain… la neige, comme une manifestation d’un processus implacable et irrévocable, d’une fuite en avant du temps ou la perspective d’une nouvelle histoire.

Valérie Sonnier

Valerie Sonnier

Valerie Sonnier

Valérie Sonnier
Le Jardin. II L’hiver
film super 8 numérisé, couleur, son, 6 min 11, 1997

Maison d’Art Bernard Anthonioz
16, rue Charles VII
94130 Nogent-sur-Marne

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Officielle Paris 2015, les images (3)

Charlotte Lagro

Charlotte Lagro

Charlotte Lagro

Charlotte Lagro
The Day the Clown Cried, 2015
Full HD Video. 11:41 min

« In this video a mime artist of Hungarian Jewish descent visits Auschwitz-Birkenau in Poland. A series of performances in the camp are combined with a series of performances reenacted in a theatre. Fragments of the mime artist in the camp are combined with fragments shot during the filming of a movie by American comedian Jerry Lewis from 1972. The title of the movie is ‚The Day the Clown Cried’. The film is about a clown who is imprisoned for making a joke about Hitler during the second World War. The clown is sent to Auschwitz and he is given the job to guide a group of Jewish children to the gas chambers. Out of empathy, he decides to enter the gas chamber with the children. The film ‘The Day the Clown Cried’ was received skeptically by colleagues of Jerry Lewis, saying it was inappropriate and distasteful. For this reason, Jerry Lewis decided not to release the film. It has, to this day, only been seen by a handful of people. The fragments of the ‘making-of’ this film, which are available on youtube, form a paralel world to the mime artist in Auschwitz in the present day ».

Charlotte Lagro

Charlotte Lagro

Charlotte Lagro

Charlotte Lagro

Charlotte Lagro
Elise et Clementine, 2015
Full HD Video. 7:09 min

« I met Elise and Clémentine in my studio in Liège. In the video Elise et Clémentine, the girls perform songs on the ukulele. In the background, the city of Liège. Elise starts, shy and cautious but determined. At the point where she really gets a hang of it, the noise of the train passing by interrupts her and she has to stop and wait.
The video was shot at the Citadel of Liège, right on the spot where 70 years earlier the photo of the Ge- stapo agents (see ‘Fète de la Gestapo’) was taken. This video is the third piece in a tryptich, together with ‘The Day The Clown Cried’,around the holocaust. »

Valérie Sonnirer

Valérie Sonnier

Valérie Sonnier

Valérie Sonnier
Sans titre, 2015 (de la série Badeschloss)
Crayon, crayons de couleur et cire sur papier. 33,5 x 41,5 cm.

Jacques Lizène

Jacques Lizène, 2011
Art syncrétique 1964, sculpture génétique
culturelle 1984, en remake 2011

Jacques Lizène
Petit maître à la fontaine de cheveux , remake 1983. Photographie N.B, rehaussée, 2011

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Officielle 2015, Les Docks, Paris, 20-25 octobre, stand A49

La galerie participe à OFFICIELLE 2015 Paris. Nous serons heureux de vous accueillir sur notre stand A49, Les Docks, Cité de la Mode et du design.

Olivier Foulon
Eleni Kamma
Aglaia Konrad
Charlotte Lagro
Jacques Lizène
Jacqueline Mesmaeker
Benjamin Monti
John Murphy
Maurice Pirenne
Valérie Sonnier
Raphaël Van Lerberghe

John Murphy

John Murphy
On the Way… Are you dressed in the map of your travels? 2003
Stuffed parrot, post card and stand.
Parrot: 24 x 32 x 23 cm, stand: 83 x 73 x 3,5 cm, framed postcard: 86,5 x 74,5 x 3,5 cm.

Entrée principale au 34 Quai d’Austerlitz, 75013 Paris
Entrée VIP au 36 Quai d’Austerlitz
Ouverture au public du mercredi 21 au dimanche 25 octobre 2015 de midi à 20h.
Nocturne le vendredi 23 octobre jusqu’à 21h.
Vernissage le mardi 20 octobre de 15h à 21h, uniquement sur invitation.

Il existe une navette fluviale entre le Grand Palais et les Docks, du 22 au 25 octobre.

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