Jacques Lizene participe à l’exposition. Rewind Replay, Vidéographie, jusqu’au 21 décembre, Argos, Bruxelles

Rewind, Replay : Vidéographie rend hommage à Vidéographie, une émission télévisée belge produite et diffusée par la RTBF de 1976 à 1986. Vidéographie s’est distinguée par sa démarche pionnière, à la fois plate-forme artistique et outil d’accès public. En bousculant les codes et les formats traditionnels de la télévision, elle a permis au domaine émergent de l’art vidéo de se déployer à l’écran.
Au fil de ses 132 épisodes, l’émission a servi de terrain d’expérimentation pour des artistes locaux et internationaux, tout en s’insérant directement dans les débats culturels et politiques de l’époque. Elle incarne une période où l’accessibilité des nouvelles technologies audiovisuelles bouleverse le champ artistique et favorise une participation élargie.L’exposition, en co-organisation avec SONUMA — Les Archives audiovisuelles et en collaboration avec Space Collection à Liège, propose une sélection d’archives, d’extraits, de compilations thématiques et d’œuvres vidéo intégrales pour souligner la puissance expérimentale de l’émission, son esprit d’ouverture et sa capacité à consolider les sphères artistiques, technologiques et sociales.
En mettant ces éléments au premier plan, l’exposition ravive l’esprit de Vidéographie et présente une archive vivante qui continue de résonner avec la culture numérique, les pratiques collaboratives et les expérimentations médiatiques contemporaines.
Vidéographie présente une démarche à la fois éclectique et radicale, dans laquelle l’art, la technologie et la télévision s’assemblent pour toucher un public large et diversifié, qu’il s’agisse de spectateur·ice·s averti·e·s ou non-initié·e·s. Tantôt sous forme d’inter- mèdes ludiques et rythmés ou de dialogues entre penseur·euse·s influent·e·s, les épisodes s’emparent des luttes sociales de l’époque et explorent la télévision comme un médium participatif et démocratique. En retournant la télévision contre elle-même — ce que certain·e·s ont décrit comme de « l’anti-télévision »—Vidéographie crée un espace où les artistes comme les collectifs militants peuvent contester les informations et les images dominantes.