
Aglaia Konrad participe à une création collective à l’occasion de l’exposition Inoubliables, Femmes artistes d’Anvers à Amsterdam entre 1600 et 1750 au musée des Beaux-Arts de Gand.
Le communiqué du musée :
Inoubliables est la toute première grande exposition rétrospective entièrement consacrée au rôle et à l’importance des femmes dans les arts au cours du XVIIe, dans la région qui correspond aujourd’hui au territoire de la Belgique et des Pays-Bas (les anciens Pays-Bas ou Plats Pays, comme on les appelait autrefois). À l’issue de plus de deux ans de recherche, l’exposition parvient à rassembler des œuvres de plus de quarante femmes artistes qui ont été actives entre 1600 et 1750. Tout l’éventail des arts visuels est passé en revue : tableaux, gravures et sculptures, mais aussi textiles et papiers découpés. L’exposition montre que les femmes étaient actives dans presque toutes les disciplines artistiques et tous les aspects de la production. Elle met en lumière non seulement des femmes peintres célèbres, qui se sont distinguées dans un secteur dominé par les hommes, mais aussi des femmes anonymes qui ont réalisé les précieux ouvrages de dentelle de cette époque. Leurs contributions ont joué un rôle essentiel dans l’évolution de la culture visuelle des Plats Pays.
En réponse à l’exposition Inoubliables, les artistes Christiane Blattmann, Manon de Boer, Melissa Gordon, Aglaia Konrad, Valérie Mannaerts, Hana Miletić, Annaïk Lou Pitteloud, Heidi Voet et Asia Zielińska ont réalisé une intervention dans le forum du musée.
Ensemble, elles ont créé une œuvre collective qui souligne la position qu’elles partagent en tant que femmes artistes, ainsi que leur solidarité avec d’autres artistes qui ont été actives dans ces périodes de l’histoire et ces contextes sociaux.
Les recherches d’histoire de l’art menées pour l’exposition pointent un rapport déséquilibré : environ 70 % des femmes artistes peuvent être identifiées et cataloguées, tandis que quelque 30 % d’entre elles demeurent anonymes en l’absence de documentation à leur propos. Le groupe défie intuitivement ces chiffres en affirmant que seul un tiers des femmes artistes qui ont été actives au cours de l’histoire ont obtenu la visibilité nécessaire pour que leur art s’inscrive dans le canon.
Pour souligner cette idée, les noms de 179 femmes artistes qui ont été identifiées par les historiens de l’art ont été apposés à la main sur des bandes bicolores de latex tactile. Les deux tons suggèrent un rapport inversé : le rouge représente la connaissance historique, tandis que le rouge foncé incarne l’amnésie structurelle dans laquelle l’œuvre des femmes et leur contribution à notre héritage culturel disparaissent.
Musée des Beaux-Arts de Gand, du 07.03 au 31.05