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Jacqueline Mesmaeker, In Frequencies We cannot Name : Language, Sound, Silence, De Brakke Grand, Amsterdam.

Plusieurs œuvres de Jacqueline Mesmaeker appartenant à la collection du MuZee d’Ostende — 17 Doutes 1992 (1992), 17 Dalles (1992) & Lire et écrire (2005)- sont exposées au Brakke Grond à Amsterdam dans le cadre de l’exposition In Frequencies We Cannot Name: Language, Sound, Silence

Le communiqué :

Cette année, De Brakke Grond franchit une nouvelle étape dans sa collaboration avec Mu.ZEE, le musée d’art belge de 1880 à demain situé à Ostende. Parallèlement à la rénovation de Mu.ZEE, cette collaboration s’étend sur trois ans et s’articule autour d’une question centrale : quelles histoires une collection muséale belge peut-elle raconter dans un contexte néerlandais non muséal ? Chaque année, un autre conservateur néerlandais est invité à porter un regard neuf sur la collection et à développer un concept d’exposition à partir de sa propre pratique.

Cette deuxième édition, intitulée In Frequencies We Cannot Name: Language, Sound, Silence, est organisée par Rita Ouédraogo et se tiendra au Brakke Grond du 7 mars au 10 mai 2026. L’exposition réunira les œuvres de seize artistes, allant d’artistes confirmés comme Otobong Nkanga à des talents émergents comme Pei Hsuan-Wang. L’exposition sera complétée par un programme public en trois parties : pendant toute la durée de l’exposition, différents artistes seront invités à présenter leur travail plus en détail et à dialoguer avec le contexte local.

L’exposition présente les œuvres de Younes Baba-Ali, Sammy Baloji, Saddie Choua, Joris Ghekiere, Roland Gunst, Randa Maroufi, Jacqueline Mesmaeker, Jean Katambayi Mukendi, Maryam Najd, Grace Ndiritu, Otobong Nkanga, Léonard Pongo, Lázara Rosell Albear, Pascale Marthine Tayou, Pei-Hsuan Wang et Patrick Gaël Wokmeni à Amsterdam.

In Frequencies We Cannot Name: Language, Sound, Silence part de l’idée que le langage n’est jamais neutre : il porte les traces du pouvoir, de l’histoire coloniale et des limites de la traduction. L’exposition explore la manière dont nous percevons l’expression culturelle lorsqu’elle n’est pas immédiatement compréhensible, et pourquoi cette incompréhension peut justement être précieuse. L’absence de lisibilité immédiate n’est pas ici considérée comme un défaut, mais comme un espace de rencontre et d’autres formes de connaissance.

Le cadre curatorial de l’exposition s’appuie sur les théories de penseurs tels que Édouard Glissant et Rizvana Bradley. Le concept d’opacité de Glissant fait référence au droit de rester opaque et de ne pas devoir être entièrement expliqué ou traduit. Cette idée s’oppose aux modes de perception et de catégorisation coloniaux, tels que la documentation ethnographique et les traductions missionnaires, qui déterminaient ce qui était reconnu comme compréhensible ou significatif — et qui continuent aujourd’hui encore d’influencer la manière dont les « autres » culturels sont abordés. Dans le prolongement de cette réflexion, Bradley remet en question les normes esthétiques occidentales avec sa théorie de l’anteaesthetics. Bradley affirme que les expressions culturelles noires et indigènes ne naissent pas au sein des systèmes esthétiques dominants, mais les précèdent ou fonctionnent en dehors de ceux-ci. Elles n’existent pas comme des déviations d’une norme, mais comme des systèmes de signification complets et autonomes, dotés de leur propre logique et intégrité.

De Brakke Grond, Amsterdam, 7 mars – 10 mai 2026