Marie Zolamian, Ecouter les yeux au jardin botanique, biennale de Dakar 2014

Marie Zolamian

Marie Zolamian participe à Dak’Art, 11e biennale de l’art africain contemporain de Dakar. Elle intervient au jardin botanique des plantes expérimentales utiles (JEPU) de la faculté de médecine, de pharmacie et d’odontologie (FMPO) de l’UCAD et y propose une oeuvre sonore, visite guidée de ce jardin médicinal en compagnie de guérisseurs et de tradipatriciens. « Dans le secteur des plantes utiles et des plantes médicinales, le visiteur, muni d’une carte et d’un lecteur mp3, explique Marie Zolamian, déambule parmi les espèces qui servent à soulager les maux. Certaines plantes, identifiées, numérotées sur la carte, racontent leurs vies intérieures à travers une plage sonore correspondante sur le lecteur mp3. Chaque plage sonore porte la voix et la connaissance d’un guérisseur ou tradipraticien que j’ai rencontré durant mon séjour à Dakar. Le visiteur prend alors le temps, en observant la plante, d’écouter ses paroles. Je suis sensible à ce qui se passe autour de moi, à ce qui m’environne, au quotidien, et comment ceux qui m’entourent vivent et occupent leur patrimoine environnant. Chaque fois que j’en ai l’opportunité, je tente de sonder le lieu où j’arrive et certains de ses occupants. J’écoute les récits, tantôt entre fiction et réalité, tantôt sur le fil de l’anecdote, tantôt chargés de sens imperceptibles, pour ensuite les partager. À Dak’Art, saisie par l’opportunité de travailler dans les jardins botaniques, et plus spécifiquement dans un patrimoine végétal, le secteur des plantes médicinales (2/3 de ces espèces recensées de nos jours vivent dans les pays tropicaux d’Afrique et d’ailleurs), j’ai plongé naturellement dans la médecine traditionnelle et l’envie de faire parler ces plantes divines à travers leurs meilleurs alliés, les maîtres guérisseurs et les tradipraticiens. À une époque où la médecine occidentale se remet elle-même en question sur bien des points (médicaments chimiques peu compatibles avec un corps vivant et producteurs de pollution environnementale, augmentation en flèche des maladies dues à cette pollution, résistance aux antibiotiques, effets secondaires fréquents, coût élevé de nombreux traitements, etc.) et où bien des personnes, en Europe ou aux États-Unis, se tournent vers les médecines dites parallèles ou alternatives, cette visite sonore ravive l’importance des espèces médicinales disparues et en voie de disparition ».

Le communiqué de presse :

Cette année, la biennale d’art contemporain africain, sera marquée par une grande innovation consistant à investir le campus de l’UCAD avec le projet « ART-VERT ». Celui-ci vise à sensibiliser le public estudiantin sur les enjeux de la préservation de l’environnement à travers des ateliers de créations artistiques autour du triptyque : Esthétique-Environnement- Développement Durable. « ART-VERT » aura pour cadre le jardin botanique des plantes expérimentales utiles (JEPU) de la faculté de médecine, de pharmacie et d’odontologie (FMPO) de l’UCAD. Ce jardin d’une superficie de 2,9 hectares, est niché derrière le Pavillon de la Pharmacie. C’est un des rares sites de verdure naturelle à Dakar dédié essentiellement à l’expérimentation de la conservation des plantes médicinales dont certaines sont menacées.
Des artistes plasticiens d’horizons divers, dont la démarche artistique repose sur l’éthique environnementale prendront part à ce projet. Ils seront assistés, dans la réalisation de leurs oeuvres, par des étudiants qui se chargeront de recycler et de récupérer des débris de matière végétale trouvée dans le JEPU.

Les artistes :
 Serigne Mbaye Camara
 Cheikh Diouf
 François Méchain
 Barthélémy Toguo
 Nils-Udo
 Bob Verschueren
 Marie Zolamian

En écho à cette activité des plasticiens ci-dessus nommés, des stylistes choisis pour leur souci reconnu de l’éthique environnementale répondront par une « parade verte ». Comme les plasticiens, les stylistes se sont comportés de façon éco-responsables en confectionnant des costumes réalisés à 80% avec de la matière naturelle.
Médiatrice du projet : Ndeye Rokhaya Gueye.
Lieu : Jardin Botanique, Faculté de Médecine, Université Cheikh Anta Diop de Dakar. Du 9 mai au 8 juin.