Archives de catégorie : Valerie Sonnier

La Rencontre, les images (3)

exhibition view

La Rencontre, Valérie Sonnier

Valérie Sonnier,
La source de la Loue,
Fusain, pastel sec, acrylique sur papier coréen, 150 x 210 cm, 2024

VALERIE SONNIER, LA SOURCE DE LA LOUE

Invitée en 2024 en résidence au Manoir, centre d’art et de villégiature à Mouthier-Haute-Pierre dans le Doubs, implanté dans la Haute Vallée de la Loue, pays de Gustave Courbet, Valérie Sonnier est partie sur les traces du Maître d’Ornans. Courbet, on le sait, s’est largement inspiré des paysages de son pays natal et plus particulièrement de cette vallée de la Loue, faisant des paysages francs-comtois le berceau du réalisme et de la modernité artistique. Avec ses falaises calcaires, ses forêts profondes et la rivière émeraude qui serpente entre les villages, la vallée de la Loue est au cœur de cette révolution picturale. Gustave Courbet saisit la nature telle qu’elle est, sans idéalisation, en portant une attention extrême à la matière, à la lumière changeante, à la rudesse des roches et à la vie quotidienne des habitants. Il immortalise des sites emblématiques comme le Puits-Noir, la grotte Sarrazine,  le miroir d’Ornans, la roche Bottine et bien sûr la source de la Loue.

Au Manoir, Valérie Sonnier prend ses marques. Elle y rencontre d’abord le fantôme des lieux, c’est plus rassurant de se sentir accompagnée. Elle installe ensuite ses fantômes les plus familiers sur la cheminée, des fantasmagories finement installées dans des cadres dorés de style Napoléon III, celui-là même qui comptait remettre la légion d’honneur à Courbet, distinction que l’artiste, en républicain farouche, refusa tout de go dans une célèbre lettre ouverte. Il y a là, sur la cheminée, tout le petit monde de Victor Hugo, dont Valérie Sonnier a également fréquenté assidument le fantôme à Hauteville House, Gustave Courbet, son épouse, ses amis, ainsi que  Constance Quéniaux, oui, celle de l’Origine. Deux fantômes plus intimes de l’artiste se mêlent à la compagnie. Voici les lieux habités.

Valérie Sonnier dessine dès lors le manoir qui l’accueille et prend enfin de la distance, peignant les belvédères au loin, quatre fragments de paysages karstiques et panoramiques posés sur petits bois cirés, comme des icones. Plein jour, pleine lune, temps d’orage et songe d’une aurore boréale, elle décline les atmosphères et, au passage, dessine sur papier comptable, un petit âne en bois sur roulettes portant sur son dos un célèbre camion rouge, celui-là même qui l’embarqua aux débuts de sa carrière d’artiste et même bien avant. Pour l’heure, l’âne s’appelle Gérôme, clin d’œil à Gustave. Quel âne ce Gérôme, n’est-ce-pas ? On connaît l’anecdote : Courbet appelait son âne Gérôme, pour le plaisir de dire : Gérôme est un âne., faisant ainsi allusion à Jean-Léon Gérôme, son contemporain, champion de l’académisme.

Enfin, il s’agira de remonter la vallée de la Loue, jusqu’à sa source. Valérie Sonnier en ramène un petit film de six minutes, des plans serrés où l’eau, la roche, la végétation se mordorent rapidement. L’eau devient lave, la roche tellurique. Elle en ramène également un grand dessin de la source de la Loue que Courbet représenta maintes fois, la peignant sous tous ses angles, n’en retenant souvent que des éléments particuliers, comme un territoire initiatique qui ne manqua pas de provoquer bien des interprétations psychanalytiques. Le point de vue s’approche de celui choisi par Courbet en 1864 pour la toile conservée aujourd’hui au Metropolitan museum : suffisamment lointain pour traduire cette immense présence matérielle de la roche, suffisamment proche pour ressentir de manière palpable le mystère obscur de la source.

Luxembourg Art Week, les images (2)

Paréidolie 2025, Valérie Sonnier, preview

Invitée durant l’été 2024 en résidence au Manoir, centre d’art et de villégiature à Mouthier-Haute-Pierre, implanté dans la Haute Vallée de la Loue, pays de Gustave Courbet, Valérie Sonnier y exposa à l’automne. Peindre, dessiner, filmer la vallée de la Loue, titre de l’exposition, rassembla trois artistes issus des Beaux-Arts de Paris, là où Valérie Sonnier enseigne le dessin morphologique. Tous trois sont donc partis sur les traces du Maître d’Ornans. Courbet, on le sait, s’est largement inspiré des paysages de son pays natal et plus particulièrement de cette vallée de la Loue, le ruisseau du Puits noir, la grotte Sarrazine, la roche Bottine et bien sûr la source de la Loue.

Au Manoir, Valérie Sonnier prend ses marques. Elle y rencontre d’abord le fantôme des lieux, c’est plus rassurant de se sentir accompagnée. Elle installe ensuite ses fantômes les plus familiers sur la cheminée, des fantasmagories finement installées dans des cadres dorés de style Napoléon III, celui-là même qui comptait remettre la légion d’honneur à Courbet, distinction que l’artiste, en républicain farouche, refusa tout de go dans une célèbre lettre ouverte. Il y a là, sur la cheminée, tout le petit monde de Victor Hugo, dont Valérie Sonnier a également fréquenté assidument le fantôme à Hauteville House, Gustave Courbet, son épouse, ses amis, ainsi que  Constance Quéniaux, oui, celle de l’Origine. Deux fantômes plus intimes de l’artiste se mêlent à la compagnie. Voici les lieux habités.

Valérie Sonnier dessine dès lors le manoir qui l’accueille et prend enfin de la distance, peignant les belvédères au loin, quatre fragments de paysages karstiques et panoramiques posés sur petits bois cirés. Plein jour, pleine lune, temps d’orage et songe d’une aurore boréale, Valérie Sonnier décline les atmosphères.

Au passage, elle dessine sur papier comptable, un petit âne en bois sur roulettes portant sur son dos un célèbre camion rouge, celui-là même qui l’embarqua aux débuts de sa carrière d’artiste et même bien avant. Pour l’heure, l’âne s’appelle Gérôme, clin d’œil à Gustave. Quel âne ce Gérôme, n’est-ce-pas ? On connaît l’anecdote : Courbet appelait son âne Gérôme, pour le plaisir de dire : Gérôme est un âne., faisant ainsi allusion à Jean-Léon Gérôme, son contemporain, champion de l’académisme.

Enfin, Valérie Sonnier remonte la vallée de la Loue. Elle en ramène un petit film de six minutes, des plans serrés où l’eau, la roche, la végétation se mordorent rapidement. L’eau devient lave, la roche tellurique. Elle en ramène également un grand dessin de la source de la Loue que Courbet représenta maintes fois, la peignant sous tous ses angles, n’en retenant souvent que des éléments particuliers, comme un territoire initiatique qui ne manqua pas de provoquer bien des interprétations psychanalytiques.

Valérie Sonnier,
La source de la Loue,
Fusain, pastel sec, acrylique sur papier coréen, 150 x 210 cm, 2024
Valerie Sonnier,
Le Manoir Mouthier
Crayon, crayons de couleurs et cire sur papier ligné, 33,4 x 41,5 cm, 2024
Valérie Sonnier,
L’âne Jerôme
Crayon, acrylique et cire sur papier ligné, 30 x 39 cm, 2024

Valérie Sonnier, Drawing Now Paris, preview

Jean Auguste Dominique Ingres, Jacques-Louis David, Charles Garnier, Géricault, Jean-Baptiste Carpeaux, André Dunoyer de Segonzac, Brancusi, César, Delacroix, Henri Matisse, André Masson, Gustave Moreau se sont certainement promené par ici. François Mansart, Charles Lebrun ou André Le Nôtre aussi. Tous trois ont participé à l’embellissement des lieux. Nous sommes dans le jardin de l’Hôtel de Chimay, propriété de l’École des Beaux-Arts de Paris, là même où Valérie Sonnier enseigne le dessin morphologique depuis 2003. Il était logique, voire attendu, qu’elle se mette un jour en quête de l’esprit des lieux. Cette série compte déjà sept grands dessins sur papier coréens du jardin, septs déplacements de l’oeil et de la caméra sous des atmosphères différentes, comme s’il s’agissait de percevoir le moindre bruissement de l’air. Cinématographique. 

Au Drawing Now Paris : 

Le jardin des Beaux-Arts, dessin n°6, Fusain et acrylique sur papier coréen, 150 x 215 cm, 2024 

A la galerie à Liège dans le cadre de l’exposition Rendez-Vous : 

Valérie Sonnier, Sur Rendez-Vous

Valérie Sonnier
Le bassin des Beaux Arts, 2024
Fusain et acrylique sur papier coréen, 150 x 210 cm


Valérie Sonnier
Le bassin des Beaux-Arts (2), 2024
Fusain et acrylique sur papier coréen, 150 x 210 cm
Valérie Sonnier
Badeschloss III, 2019-2023 
crayon, crayons de couleurs et acrylique sur papier coréen, 150 x 210 cm

Valérie Sonnier, peindre, dessiner, filmer la vallée de la Loue, Mouthier-Haute-Pierre, les images

Invitée l’été dernier en résidence au Manoir, centre d’art et de villégiature à Mouthier-Haute-Pierre, implanté dans la Haute Vallée de la Loue, pays de Gustave Courbet, Valérie Sonnier y expose cet automne. Peindre, dessiner, filmer la vallée de la Loue, titre de l’exposition, rassemble trois artistes issus des Beaux-Arts de Paris, là où Valérie Sonnier enseigne le dessin morphologique. Tous trois sont donc partis sur les traces du Maître d’Ornans. Courbet, on le sait, s’est largement inspiré des paysages de son pays natal et plus particulièrement de cette vallée de la Loue, le ruisseau du Puits noir, la grotte Sarrazine, la roche Bottine et bien sûr la source de la Loue.

Au Manoir, Valérie Sonnier prend ses marques. Elle y rencontre d’abord le fantôme des lieux, c’est plus rassurant de se sentir accompagnée. Elle installe ensuite ses fantômes les plus familiers sur la cheminée, des fantasmagories finement installées dans des cadres dorés de style Napoléon III, celui-là même qui comptait remettre la légion d’honneur à Courbet, distinction que l’artiste, en républicain farouche, refusa tout de go dans une célèbre lettre ouverte. Il y a là, sur la cheminée, tout le petit monde de Victor Hugo, dont Valérie Sonnier a également fréquenté assidument le fantôme à Hauteville House, Gustave Courbet, son épouse, ses amis, ainsi que  Constance Quéniaux, oui, celle de l’Origine. Deux fantômes plus intimes de l’artiste se mêlent à la compagnie. Voici les lieux habités.

Valérie Sonnier dessine dès lors le manoir qui l’accueille et prend enfin de la distance, peignant les belvédères au loin, quatre fragments de paysages karstiques et panoramiques posés sur petits bois cirés. Plein jour, pleine lune, temps d’orage et songe d’une aurore boréale, Valérie Sonnier décline les atmosphères. Au passage, elle dessine sur papier comptable, un petit âne en bois sur roulettes portant sur son dos un célèbre camion rouge, celui-là même qui l’embarqua aux débuts de sa carrière d’artiste et même bien avant. Pour l’heure, l’âne s’appelle Gérôme, clin d’œil à Gustave. Quel âne ce Gérôme, n’est-ce-pas ? On connaît l’anecdote : Courbet appelait son âne Gérôme, pour le plaisir de dire : Gérôme est un âne., faisant ainsi allusion à Jean-Léon Gérôme, son contemporain, champion de l’académisme.

Enfin, Valérie Sonnier remonte la vallée de la Loue. Elle en ramène un petit film de six minutes, des plans serrés où l’eau, la roche, la végétation se mordorent rapidement. L’eau devient lave, la roche tellurique. Elle en ramène également un grand dessin de la source de la Loue que Courbet représenta maintes fois, la peignant sous tous ses angles, n’en retenant souvent que des éléments particuliers, comme un territoire initiatique qui ne manqua pas de provoquer bien des interprétations psychanalytiques.

Valérie Sonnier, Peindre, dessiner, filmer la vallée de la Loue, Mouthier-Haute-Pierre

Valérie Sonnier, photogramme

Peindre, dessiner, filmer la vallée de la Loue : Valérie Sonnier expose en compagnie de Jérémy Liron et Raphaël Renaud au Manoir, centre d’art et de villégiature à Mouthier-Haute-Pierre. Nous ne sommes pas loin d’Ornans, terre natale de Gustave Courbet. Tout naturellement, les trois artistes sont parti sur ses traces au fil de la vallée de la Loue. Courbet s’est échappé des normes traditionnelles de la peinture en subordonnant la description de la nature à une expérience éminemment personnelle. Ses motifs furent principalement ceux de sa région natale, la Franche-Comté. La vallée de la Loue, ses grottes et ses sous-bois, furent ainsi inlassablement visités comme autant de repères nécessaires à l’équilibre de sa peinture.

Exposition du 19 octobre au 14 décembre 2024