Werner Cuvelier, Projet Statistique XXXII, Atlas du monde, 1978-1984. Détail
La galerie Nadja Vilenne a la profonde tristesse de vous faire part du décès de
WERNER CUVELIER (1939-2026)
Werner Cuvelier fut incontestablement l’un des artistes les plus conceptuels de sa génération, cherchant, dès le début des années 70 à transformer en formes visuelles des données objectives et les relations statistiques qui sous-tendent les mécanismes de la production, de la distribution et des échanges culturels. Il a ainsi développé de singulières stratégies artistiques pour l’organisation et l’inventaire de toutes sortes de données objectives utilisés pour révéler, non sans malice, la nature finalement éminemment subjective de la réalité. Il s’est ensuite orienté vers une représentation plus picturale des relations géométriques et arithmétiques sous forme de purs indices minimalistes. Dans sa riche production de dessins, de peintures et de carnets, Cuvelier s’est dès lors concentré sur les relations qui se cachent derrière des constructions mathématiques telles que le nombre d’or ou la suite Fibonacci
Né à Jabbeke, Werner Cuvelier s’est très vite installé à Gand, une ville qui lui était très chère, où il enseigna de nombreuses années. Dès les années 80, exposant à la galerie l’A à Liège , il a tissé de nombreuses amitiés en cité ardente. Nous avons eu le privilège d’organiser, avec la complicité de Dirk D’Herde, fondateur de la Magda et Werner Cuvelier Foundation, quatre expositions monographiques à la galerie (2019-2020- 2021-2024) et avons présenté son travail notamment à Bruxelles et Madrid.
Nous présentons nos plus sincères condoléances à sa famille, ses proches et ses amis.
Benjamin Monti expose à la Fondation Bolly-Charlier – galerie Juvenal, à Huy. Du 26 juin au 23 août 2026
Pour l’exposition « Une erreur s’est produite » Benjamin Monti — dessinateur et illustrateur, auteur BD et enseignant, affichiste et collagiste, volontiers touche-à-tout — s’ingénie à détourner, découper, malmener l’imagerie populaire classique. Certaines compositions s’inscrivent dans la tradition iconographique du monde renversé; d’autres sont basées sur des codes QR approximatifs et sans issue; des motifs répétitifs se transforment (un peu comme les visions de la narratrice dans une nouvelle de Charlotte Perkins Gilman)…
Plusieurs années après avoir réalisé des collages ou des dessins en fonction des trophées que lui ramenait un chat, Benjamin Monti nous propose le résultat d’une collaboration avec des souris qui ont dévoré des papiers. Quelque chose semble s’être déplacé au mauvais endroit, dans cet univers qui ne manque ni de piquant ni de dérision
xposition accessible les mercredis de 10h à 14h, les vendredis et les week-ends de 14h à 18h. (excepté les jours fériés)
Jacques Lizène en compagnie de Cindy Sherman, Christopher Makos, Andy Warhol, Urs Lüthi. A gauche de l’image, Robert Filliou et la pétition signée par une trentaine d’ Arlésiens en 1889 demandant que Vincent Van Gogh, considéré comme dangereux pour le voisinage, soit pris en charge par sa famille ou placé en maison de santé.
Vue d’exposition (photo Grégoire D’Ablon)Jacques Lizène, Petit Maître à la fontaine de cheveux (photographié par Pierre Houcmant), 1980. Photographie N.B, 110 x 90 cm.Vue d’exposition (photo Grégoire D’Ablon)Tentative de dressage d’une caméra, suivi d’une Tentative d’échapper à la surveillance d’une caméra, 1971-1974 Portapak Sony numérisé, NB, sonore, 02:’00.Jacques Lizène 144 tentatives de sourire… mais l’on sait le vécu quotidien de la plupart des individus, Accompagné de 881 tentatives de rire enregistrés sur cassette, tout d’une traite, 1974. 135 photographies NB, tirage argentique, marouflées sur carton, 9 x 73 x 61 cm et cassette audio digitalisée. Pablo Picasso, Tête d’Arlequin, 1971, encre de chine et craie de couleurs sur carton. Collection Musée Réattu, Arles
144 tentatives de sourires partagées avec l’Arlequin de Pablo Picasso
Jacques Lizène Chaises modifiées, chaises couchées, les chaises dorment assises, sur une idée de 1964, en remake, 1998. Technique mixte. Jacques Lizène Grand mur à la matière fécale, toile annaliste, Être son propre tube de couleur, mars 1977. Technique mixte sur drap, 200 X 600 cm. Collection Bilinelli, Milan. Vue d’exposition (photo Grégoire D’Ablon)Vue d’exposition (photo Grégoire D’Ablon)
Encore une tentative de sourire du Petit Maître, en compagnie de Vincent Van Gogh. Autoportrait à la pipe, 1886
Jacques Lizène Et une tentative de sourire d’un petit maître liégeois de la seconde moitié du XXe siècle. 1974 photographie argentique NB et texte imprimé. 73 x 57cm. 1974
Ce vendredi 29 mai à 20h à Etablissement d’En Face, dans le cadre de The New Break, Film Program, des films de Jacques Lizène, Eva Meyer et Eran Schaerf. Dès 19h. Screening dès 20h.
AGCT, filmer Le plus grand nombre de visages au monde Extraits 1 et 2 – 1971 – 1972 – 8′ – muet, 8 et 16 mm – nb
JACQUES LIZENE : A.G.C.T. FILMER LE PLUS GRAND NOMBRE DE VISAGES AU MONDE
(…) « Commence à réaliser le film A.G.C.T., œuvre se proposant d’enregistrer tous les visages humains adultes, tous issus de la formule génétique A.G.C.T.… tous les visages humains existant au moment où le film a commencé à être réalisé… et tous ceux qui existeront par la suite. Film qui, par la force des choses, restera toujours inachevé mais en perpétuelle tentative d’achèvement… l’auteur, jusqu’à la fin de ses jours, réalisant de nouvelles séquences chaque fois que cela lui sera possible matériellement (financièrement). N’a été réalisé de ce projet que l’extrait n° 1, film 16 mm 6 min (pauvreté oblige). » A.G.C.T. Filmer le plus grand nombre de visages au monde est une œuvre fondatrice dans le parcours de Jacques Lizène. Ces quatre lettres désignent l’adénine et la guanine (bases puriques) la cytosine et la thymine (bases pyrimidiques) ; c’est l’alphabet de l’ADN dont Lizène s’empare, l’ADN qui contient toute l’information génétique, appelée génome, permettant le développement, le fonctionnement et la reproduction des êtres vivants. Face à l’ampleur d’un tel phénomène microcosmique et contingent, Lizène est déconcerté par la science de l’hérédité : le monde est une immense histoire génétique. Guy Jungblut filme des dizaines de visages durant six minutes, deux bobines de pellicule 16 mm, chacune de trois minutes, à Liège et en extérieur, la seconde intégralement au marché dominical. Par deux fois, la caméra s’enraye et la pellicule se voile. Qu’à cela ne tienne, ce ratage confère à cette humanité filmée un aspect auratique ou fantomatique. En fin de film, Lizène précise que « le visage des personnes déjà filmées se transformera sans doute, par vieillissement ou tout autre événement intérieur, certaines personnes dont le visage n’aura pas encore été filmé disparaîtront (vraisemblablement). Ceci montre l’impossibilité de réaliser entièrement l’œuvre commencée. Il fallait le préciser (peut-être) ».
Lizène décline également ce projet en action photographique, un projet de recensement du plus grand nombre de visages photographiés qu’il rassemble en planches-contacts. Cette démarche rappelle, bien que sur un ton différent, les Variable Piece de Douglas Huebler qui se proposait en 1970 de « photographier l’ensemble des personnes vivantes afin de fournir la représentation la plus authentique de l’espèce humaine ». Mais Lizène ne connaît pas Douglas Huebler au moment où il commence ce projet. Gageons qu’il a été étonné en découvrant la proposition pour un circuit fermé de télévision qu’Huebler envoie à la galerie Yellow : une photographie de son propre visage, « afin de le confronter à un nombre indéterminé de personnes qu’il ne verra ou ne connaîtra jamais » (…)
(…) Un second extrait d’A.G.C.T. est réalisé en 1972 et s’ajoute donc au premier extrait de six minutes produit en 1971. Il est sous-titré (Visages) et a une durée de trois minutes. Charles Vandenhove, l’architecte et collectionneur liégeois, est mentionné comme producteur. Aurait-il soutenu financièrement la réalisation ? Sans doute.
Le film est notamment proposé :
En 1971 lors de : Jungle Art Jungle.Project in Progress à Dendermonde. Sous l’égide de Celbeton (1957-1975), étonnant cercle d’avant-garde littéraire et artistique, domicilié à l’adresse d’un café populaire (« une cabane pour artistes d’avant-garde »), l’événement rassemble la crème des galeries d’avant-garde en Belgique (MTL, Wide White Space, Yellow Now, X One et New Reform) à la galerie de l’Académie des Beaux-Arts de Dendermonde.
En 1972 lors de Action/Film/Video 72 à la galerie Impact à Lausanne.
En 1973 chez les collectionneurs Dagmar et Claude Fregnac à Paris. Ils organisent régulièrement des événements chez eux au 32, rue des Thermopyles dans le 14e arrondissement. Pour cette soirée, Guy Jungblut rassemble des films d’Alain D’Hooge, Raul Marroquin, Jacques Louis Nyst, Jean-Pierre Ransonnet, Maurice Roquet et Jacques Lizène.
Jacques Lizène AGCT, filmer Le plus grand nombre de visages au monde Extraits 1 et 2 – 1971 – 1972 – 8′ – muet, 8 et 16 mm – nb
EVA MEYER AND ERAN SCHAERF : PRO TESTING
Quelques jours après l’assaut du navire humanitaire Mavi Marmara à destination de gaza par des soldats israéliens (31 mai 2010), les agences de presse ont diffusé des images d’une manifestation à Bil’in (4 juin 2010), montrant une maquette du navire, des palestiniens déguisés en pirates israéliens et une presse réunie, qui à son tour est attaquée par des soldats israéliens. Une agence légende ces images sous le titre « conflit israélo-palestinien », une autre sous « culture palestinienne ». Pro Testing prolonge l’entrelacement du langage, de l’image et de l’événement, tout en testant simultanément une nouvelle règle du jeu. S’agit-il d’une manifestation ? Ou l’acte de filmer lui-même devient-il une manifestation – une machine destinée à afficher non pas un événement, mais ses images ? « un voyage en mer du nord » de Marcel Broodthaers s’étend à travers la méditerranée et à travers un village en Cisjordanie, pour finir – et recommencer – sur une place de ville : une manifestation qui fait référence à un événement spécifique en le reconstituant est elle-même reconstituée à travers les images diffusées par les agences de presse — mais avec un décalage temporel entre le langage et les images, crée par l’acte de la monstration. « bateau, tableau, drapeau » — ces termes se confondent facilement, et pas seulement en raison de leur similitude phonétique. Les spectateurs et les participants sont donc invités à tester leurs propres interactions
Eran Schaerf & Eva Meyer, Pro Testing, 2010 – 11’45 » – color, English
ERAN SCHAERF : BLINDED IN REMEMBERING THE PRESENT? ASK FRANZ
(Conférence-performance lors du colloque « hijacking memory. The holocaust and the new right », 12 juin 2022, haus der kulturen der welt, berlin. Vidéo-documentation / David san Millán / hkw.)
« Un jour, Andreas fait son apparition dans ma vie – comme le font souvent les personnages de roman – et me parle de la différence entre se souvenir et commémorer. Lorsqu’il visite un site mémoriel, il comprend qu’il ne peut emporter avec lui aucun souvenir de l’ancien camp de concentration. Ce temps est révolu, mais il peut commémorer l’histoire sans aucun souvenir personnel. Il semble venir d’une époque où la monnaie nationale politique de la mémoire n’est pas encore à vendre. Devenue une valeur politique et marchande. Je pense qu’Andreas doit connaître Franz, qui a écrit sur le génocide arménien. Franz vient d’un autre temps.J’emprunte le mécanisme d’horlogerie de Suchan Kinoshita pour répéter la multi chronologie de mon histoire ».
Un ensemble d’oeuvres de Jacques Lizène figure dans l’exposition Suspects, Van Gogh, Tricksters & Co, qui s’ouvre ce 22 mai à la Fondation Vincent Van Gogh à Arles. Commissaires d’exposition : Jean de Loisy et Margaux Bonopera. Une exposition à visiter jusqu’au 18 octobre 2026.
Jacques Lizène Sculpture génétique [1971], Manzoni croisé Lizène, en remake 2015. Manzoni, merda d’artista (1961) – Lizène, peindre avec sa matière fécale [1977]. Être son propre tube de couleur. Technique mixte, impression jet d’encre, peinture à la matière fécale sur papier, encre, acrylique, 101 x 75 cm. (collection privée)
À partir du 22 mai, la Fondation Vincent van Gogh Arles présente « SUSPECTS – Van Gogh, Tricksters & Co. », une exposition consacrée aux artistes qui, à la suite de Van Gogh, ont choisi la dissidence plutôt que la conformité, l’excès plutôt que la mesure.
Inspirée de la figure anthropologique du « trickster » — personnage moqueur et subversif présent dans les mythes de toutes les civilisations — l’exposition rassemble les œuvres de 33 artistes perturbateurs. Ils et elles permettent à l’art de remplir l’une de ses fonctions majeures dans notre société moderne : mettre en turbulence les convictions, rejouer ce qui paraît acquis, élargir notre champ de conscience, faire exploser les conventions. Leur attitude, telle qu’elle perdure de la fin du XXesiècle à aujourd’hui, est au cœur de cette exposition.
Présentation de l’exposition
Une partie de l’art moderne naît dans un climat contestataire qui, de la bohème au mouvement dada, s’écarte des règles de la bonne société. Certains artistes transgressifs choisissent alors les sentiers détournés, le chemin des humbles, des hors-la-loi, des fripons et réaniment le jeu sans fin du chaos. Ils et elles permettent à l’art de remplir l’une de ses fonctions majeures dans notre société moderne : mettre en turbulence les convictions, rejouer ce qui paraît acquis, élargir notre champ de conscience, faire exploser les conventions. Leur attitude, telle qu’elle perdure de la fin du XXe siècle à aujourd’hui, est au cœur de cette exposition.
Vincent van Gogh écrit en 1888 à son ami le peintre Émile Bernard qu’il « […] méprise profondément les règlements, les institutions &c. enfin [qu’il] cherche autre chose que les dogmes² […] ». Déterminé à renouveler les possibilités de l’art, il y parvient ; en seulement dix ans de pratique, il incendie l’avenir. Antonin Artaud perçoit ainsi l’effet de son œuvre : « Non, Van Gogh n’était pas fou, mais ses peintures étaient des feux grégeois, des bombes atomiques, dont l’angle de vision, à côté de toutes les autres peintures qui sévissaient à cette époque, eût été capable de déranger gravement le conformisme larvaire de la bourgeoisie second Empire et des sbires de Thiers, de Gambetta, de Félix Faure, comme ceux de Napoléon III³. »
SUSPECTS – Van Gogh, tricksters & Co. s’inspire des comportements des grands perturbateurs que les anthropologues appellent « tricksters ». Présents dans les mythes de toutes les civilisations, ces pitres rusés, coquins ou savants moqueurs, ont pour rôle de délivrer la communauté de conventions étouffantes et de relativiser les certitudes. L’exposition présente ainsi les audaces de ces artistes qui, après Vincent van Gogh et plus près de nous, ont choisi la dissidence plutôt que la conformité, l’excès plutôt que la mesure. Transgresseurs, contestataires acides, incendiaires ou réprouvés, leurs œuvres témoignent d’une liberté et d’une insolence que voile parfois une amertume plus poétique que parodique.
Les artistes
Parmi eux, Pablo Picasso⁴ (1881-1973) dont l’alter ego, Arlequin, personnage marginal et populaire, héritier du bouffon, intervient à de nombreuses reprises dans l’exposition – interprété par lui-même ou par des figures aussi diverses que celles de Robert Filliou(1926-1987), Cindy Sherman (* 1954) ou Bruce Nauman (* 1941). Mais on retrouvera aussi des pitres bouleversants comme Urs Lüthi (* 1947), Jacques Lizène (1946-2021) ou Nina Childress (* 1961), des faiseurs de tours rusés comme Maurizio Catellan (* 1960) ou Martin Kippenberger (1953-1997), des anges de nuits délurés comme Luciano Castelli (* 1951) ou Leigh Bowery (1961-1994). Grotesque et autodérision font partie de ces stratégies de déstabilisation, comme on le découvre avec Mathis Collins (* 1989), Clément Courgeon (* 1997) en lutte avec un balai ou Anna Byskov (* 1984) tentant de gravir un escalier de papier, ainsi qu’avec les œuvres de Walter Swennen (1946-2025) qui fait du tableau l’arène d’un combat absurde. Si on peut aussi les croire disciples de la violence comme Cameron Jamie (* 1969) ou Ellen Cantor (1961-2013), ces artistes en sont surtout les victimes révoltées – comme on le comprend avec les œuvres de Mike Kelley (1954-2012), Maria Lassnig (1919-2014) ou Philippe Perrot (1967-2015). Ainsi que nous l’indique l’œuvre de Mire Lee (* 1988), accepter de regarder ce que nous refoulons par convention permet de ranimer la pulsion vitale du monde. C’est ce que Van Gogh sut faire et qu’Antonin Artaud résume ainsi : « Cela veut dire que l’apocalypse, une apocalypse consommée couve à cette heure dans les toiles du vieux Van Gogh martyrisé, et que la terre a besoin de lui pour ruer de la tête et des pieds.5 »
Lettre de Vincent van Gogh à Theo van Gogh, Cuesmes, entre mardi 22 et jeudi 24 juin 1880. 2. Lettre de Vincent van Gogh à Theo van Gogh, Arles, 15 août 1888. 3. Antonin Artaud, Van Gogh le suicidé de la société[1947], in Œuvres complètes, Paris, Gallimard, coll. « NRF », 1978, t. XIII, p. 14. 4. Pablo Picasso offrit en 1971 cinquante-six œuvres au musée Réattu d’Arles. Beaucoup de celles-ci mettaient en évidence la figure d’Arlequin, qui fut, avec le Minotaure, son alter ego. Un excellent article de l’historien de l’art Yve Alain-Bois intitulé « Picasso le trickster» (Les Cahiers du musée national d’art moderne n°106 – hiver 2008/2009, 2008) commenta cet épisode. La date de ce don est retenue pour ouvrir la période historique couverte par l’exposition, qui s’étend jusqu’à aujourd’hui. 5. Antonin Artaud, op. cit., p. 38
Maastricht (Nl), Four times two, Bonnefantenmuseum, jusqu’au 14 juin 2026
Aglaia Konrad
Gent (B) , Inoubliables, Femmes artistes d’Anvers à Amsterdam entre 1600 et 1750, Musée des Beaux-Arts de Gand, du 7 mars au 31 mai 2026
Turnhout (B), Onder de Stoep, het Strand, De Warande, du 7 mars au 13 septembre 2026
Charlotte Lagro
Maastricht (Nl), Four times two, Bonnefantenmuseum, jusqu’au 14 juin 2026
Jacques Lizène
Arles (F), Suspects, Van Gogh, Tricksters & Co, Fondation Vincent Van Gogh, du 22 mai au 10 octobre 2026
Jacqueline Mesmaeker
Amsterdam (Nl), In Frequencies We Cannot Name: Language, Sound, Silence, Een blik in de collectie van Mu.ZEE Oostende. Met curator Rita Ouédraogo, De Brakke Grond, du 7 mars au 10 mai 2026
Nadia Vilenne a confié une oeuvre de John Murphy, Sunk into solitude, aux organisateurs de l’exposition Not everything is for sale, qui se tient à Bruxelles dans le cadre de la foire Art Brussels, exposition organisée par Anne Verstraeten et sous commissariat de Bernard Marcelis.
Extrait du catalogue :
Not Everything is for Sale s’inscrit dans cet espace intime. L’exposition réunit des oeuvres issues des collections personnelles de quinze galeristes actifs en Belgique — dont certains depuis plus de quarante ans — et propose de lever un coin de voile sur leur relation singulière à l’art. Aucune de ces oeuvres n’est à vendre : chacune témoigne d’un attachement, d’une histoire, d’un engagement. L’initiative rend hommage aux galeristes, dont l’engagement professionnel se confond souvent avec une passion profondément personnelle et essentielle pour l’art et les artistes.
John Murphy Sunk into solitude, 2003 Envelop addressed to the artist, postmark and stamp, 86,5 x 74,5 x 3,5 cm.
Extrait du catalogue:
Pour Nadia Vilenne, être galeriste a toujours constitué une forme de défi, une façon d’aller à la rencontre d’elle-même. Pour elle, une exposition réussie est une exposition qui doit lui correspondre à 100 %. Elle a besoin d’une adéquation à l’œuvre : « j’ai besoin d’être dedans. Je ne peux pas faire semblant », dit-elle. Elle se considère comme une passeuse d’une œuvre de sa galerie à la demeure d’un collectionneur, estimant dès lors « que sa collection est chez celui qui l’a achetée ». Travailler avec un artiste comme John Murphy constituait d’abord, pour elle, un défi, une façon d’aller toujours plus loin dans une certaine quête d’identité : « C’est probablement l’artiste avec lequel je me sentais le plus en phase. C’est une forme d’appropriation ».
Jacques Lizène expose à l’APIAW (Association pour le Progrès Intellectuel et Artistique en Wallonie) à Liège en 1970. C’est sa première exposition monographique dans une institution publique. Il intitule l’exposition Art spécifique. Specific Art. L’invitation est un leporello de huit pages qui s’ouvre sur son autoportrait solarisé, main sur le visage et sur les yeux. Deux larges diagonales barrent l’image, ainsi disqualifiée. Sous de grands chiffres imprimés en jaune, Lizène annonce : 1. Une exposition à l’accrochage presque traditionnel. Peintures spécifiques et objets. 2. Des actions spécifiques : le décrochage et la réduction de format de la galerie. 3. La création d’une œuvre périssable. Action, extinction de l’œuf sur le thème du refus de procréer. 4. Des propositions d’art hors galerie : Recueillir sur papier l’ombre d’un petit arbre (Düren, 1968). Peindre à même le sol à 14h30 un jour d’automne l’ombre vraie d’un arbre (Liège, 1970). Planter un arbre, branches en terre et racines en l’air (Liège, 1970). 5. Un concept sous forme de proposition : « Je propose à l’espèce humaine de s’éteindre gentiment, à jamais, en cessant de procréer. » (1966). Il déclare décliner son exposition « du presque traditionnel au pur concept, un ensemble quasiment didactique ».
Le soir du finissage, Lizène décroche ses œuvres en public et les entasse dans un coin, créant ainsi son premier entassement de toiles, préfigurant ses placards à tableaux. Il rétrécit l’espace mental d’exposition en mesurant l’espace à l’aide d’un trièdre en métal, réduisant la longueur et la largeur de la galerie. La troisième action de la soirée s’intitule Extinction de l’œuf, une performance alliant le geste et le son. Sur une toile cirée posée au sol, il aligne régulièrement des jaunes d’œufs de poule baignant dans l’albumine. Blancs, jaunes, coquilles : l’artiste révèle la spécificité de l’œuf amniotique et du zygote fécondé. L’action consiste à méthodiquement asperger les œufs avec un insecticide, tandis qu’on entend l’enregistrement de cris de nouveau-nés. à côté de la toile cirée blanche, Lizène pose sur le sol un drap noir de même format et dépose quelques œillets blancs disposés en bordure de cadre. Fin de l’action, Lizène a tué toute vie dans l’œuf.
Réactivation d’une Action spécifique, ce 18 avril 2026, jour du finissage de l’exposition Jacques Lizène, les Années Yellow à la galerie Nadja Vilenne, Guy Jungblut, fondateur de la galerie Yellow, a décroché ces mêmes tableaux et les a entassé dans un coin.