Liège (B), Nous tournoyons dans la nuit, et nous voilà consumés par le feu, Trésor de la Cathédrale, une exposition réalisée par E2N , 28 novembre – 29 mars 2026
Liège (B), La Rencontre, galerie Nadja Vilenne, du 10 janvier au 14 février 2026
Olivier Foulon
Berlin, summe & teile, Schon, du 24 janvier au 7 mars 2026
Alevtina Kakhidze
Guatemala City, 24th Bienal de Arte Paiz: The World Tree, 6 novembre – 15 février 2026
Suchan Kinoshita
Maastricht (Nl), Four times two, Bonnefantenmuseum, jusqu’au 14 juin 2026
Charlotte Lagro
Maastricht (Nl), Four times two, Bonnefantenmuseum, jusqu’au 14 juin 2026
Jacques Lizène
Liège (B), La Rencontre, galerie Nadja Vilenne, du 10 janvier au 14 février 2026
Liège (B), Nous tournoyons dans la nuit, et nous voilà consumés par le feu, Trésor de la Cathédrale, une exposition réalisée par E2N , 28 novembre – 29 mars 2026
Liège (B), Jacques Lizène, les Années Yellow (1969-1975), galerie Nadja Vilenne, du 21 février au 18 avril 2026
Emilio Lopez-Menchero
Liège (B), La Rencontre, galerie Nadja Vilenne, du 10 janvier au 14 février 2026
Jacqueline Mesmaeker
Liège (B), Nous tournoyons dans la nuit, et nous voilà consumés par le feu, Trésor de la Cathédrale, une exposition réalisée par E2N , 28 novembre – 29 mars 2026
Sandrine Morgante
Antwerpen (B), It goes without saying, Extra City, jusqu’au 29 mars 2026
Namur (B), Sexisme pépouze, Le Delta, du 14 février au 29 mars 2026
Valérie Sonnier
Liège (B), La Rencontre, galerie Nadja Vilenne, du 10 janvier au 14 février 2026
De la provocation au dialogue : “La rencontre” ou l’art de penser à plusieurs
Après avoir incarné à lui seul la polémique à la Biennale de Venise, Jacques Charlier apparaît aujourd’hui dans un tout autre contexte. À la galerie Nadja Vilenne, « La rencontre » le place au cœur d’un dialogue avec cinq autres artistes majeurs. Une exposition subtile, faite d’échos, de décalages et d’ironie, où le regard du visiteur devient le véritable terrain d’expérimentation.
Après le scandale, la conversation : “La rencontre” à la galerie Nadja Vilenne
Dans l’article précédent, Jacques Charlier apparaissait comme cet artiste par qui la polémique arriva, capable, avec cent dessins et beaucoup d’esprit, de faire vaciller la solennité d’une Biennale de Venise. À la galerie Nadja Vilenne, le voici dans un tout autre décor. Non plus face à l’institution, mais au milieu d’autres artistes. Non plus seul contre tous, mais en situation de dialogue. La rencontre porte bien son nom. Car il ne s’agit pas ici d’un accrochage collectif de plus, où les œuvres cohabitent poliment comme des invités qui s’ignorent autour d’un buffet tiède. Il s’agit d’un espace de frictions feutrées, de connivences inattendues, de désaccords silencieux. Autour de Jacques Charlier gravitent Filip Francis, Jacques Lizène, Emilio López-Menchero, Valérie Sonnier et Walter Swennen : six manières de penser l’art, six façons de déplacer le regard.
Ce qui frappe d’emblée, c’est que cette exposition ne cherche pas à impressionner, mais à déstabiliser en douceur. Ici, pas de grand discours démonstratif. On circule plutôt dans un champ de signes, de formes, de gestes qui semblent parfois mineurs et qui, précisément pour cela, travaillent en profondeur. L’ironie, le doute, le jeu avec les codes sont partout, mais rarement appuyés.
Jacques Charlier, qu’on a vu récemment bousculer les pudeurs institutionnelles, apparaît ici presque comme un pivot. Son regard critique sur le monde de l’art trouve des échos évidents chez Jacques Lizène, maître autoproclamé de “l’art nul”, qui s’employait depuis des décennies à saboter la grandeur artistique à coups de dérisoire assumé. À proximité, Walter Swennen rappelle que la peinture elle-même peut devenir terrain de glissement : signes, mots, formes flottent dans un espace où le sens ne tient jamais en place très longtemps.
Avec Filip Francis, c’est le regard du spectateur qui vacille. Sa peinture ne se livre pas frontalement ; elle demande un ajustement, une attention au champ visuel, à la perception périphérique. Emilio López-Menchero, de son côté, interroge la figure même de l’artiste : posture, rôle social, identité deviennent matériaux. Quant à Valérie Sonnier, elle introduit une autre temporalité, plus lente, plus atmosphérique, où le paysage et la mémoire visuelle ouvrent une respiration presque méditative au milieu de ces jeux conceptuels.
Ce qui circule entre toutes ces œuvres, c’est une même méfiance vis-à-vis des certitudes. Certitudes sur ce qu’est une œuvre, sur ce qu’est un artiste, sur ce que l’on est censé comprendre. L’exposition fonctionne comme une conversation à voix basse : une œuvre semble répondre à une autre, la contredire, la nuancer, la prolonger. Et le visiteur, loin d’être simple spectateur, se retrouve embarqué dans cette discussion muette, obligé de faire lui-même les liens.
Après Venise et ses crispations, « La rencontre » offre un autre visage de l’art : moins spectaculaire, mais plus profond. Un art qui ne cherche pas le scandale, mais qui continue, tranquillement, à miner les évidences. Ici, personne ne crie. Mais beaucoup de choses se déplacent.
Il suffit d’accepter d’entrer dans le jeu.
exhibition view
Jean-Marc Reichart sur FB :
Il existe, en ville, un lieu où Swennen croise Broodthaers, où Francis dialogue avec Zurbarán, où Duchamp s’acoquine avec Lizène, où Charlier aligne ses Cent sexes d’artistes comme autant de projectiles, où Emilio López-Menchero impose sa virtuosité mimétique et où l’œuvre de Sonnier sert de liant.
Ansi, pendant que Swennen martèle la pause typographique avec sa Virgule, que Francis ronge les bords du visible par la désaturation, que Duchamp et Lizène travaillent l’inframince comme une arme conceptuelle, Charlier rappelle que l’art sait encore se moquer de lui-même sans demander l’absolution. López-Menchero, lui, se reprogramme corps et esprit : de Caderé à Valie Export, de Haussmann à Man Ray, il endosse l’histoire moderne comme un costume trop étroit et la force à craquer sous la pression de l’incarnation.
Dès lors, dans cette Rencontre au sommet chaque œuvre, chaque citation, chaque réinterprétation est ici un regard critique et joueur sur l’histoire de l’art : la galerie compose un théâtre de dialogue et de dérision, où la mémoire, le corps et le comique s’alignent. Une exposition qui montre que l’art se vit mieux lorsqu’il ose se regarder en face et qu’il reste toujours plus vivant lorsqu’il refuse la componction et les filtres moraux.
À ne surtout pas louper…
Jacques Charlier Cent sexes d’artistes, 1973-2009 Encre et aquarelles sur papier, (100) x 60 x 40 cm
Thibaut Wauthion dans Art Content :
Les cent sexes d’artistes de Jacques Charlier : une histoire de l’art racontée par l’entrejambe
À la Galerie Nadja Vilenne, l’exposition La Rencontre réunit plusieurs figures majeures de la scène artistique contemporaine autour d’un dialogue entre Filip Francis, Jacques Lizène, Emilio Lopez Menchero, Valérie Sonnier et Walter Swennen. S’y ajoute Jacques Charlier qui présente ses Cent sexes d’artistes, un projet qui a connu quelques rebondissements dans le monde de l’art. Zoom sur cette œuvre et son histoire tumultueuse !
Avec Cent sexes d’artistes, Jacques Charlier signe l’une de ses entreprises les plus corrosives et les plus joyeusement iconoclastes. Une série de dessins apparemment potaches, faussement obscènes, mais qui relèvent en réalité d’un geste critique d’une redoutable précision. Car chez Jacques Charlier, le rire représente une arme subtile mais persistante pour mettre à nu les mythologies du monde de l’art, ses hiérarchies, ses postures et ses dogmes.
Des portraits avant tout
Le principe est d’une simplicité désarmante. Cent artistes majeurs de ces dernières décennies sont réduits à un seul attribut : leur sexe, dessiné, stylisé, métaphorisé à partir de leur œuvre, de leur position dans l’histoire de l’art, de leur ego ou de leur système de pensée. À chaque fois, le corps devient signe. Le sexe devient portrait. Et le portrait devient commentaire critique. Rien de pornographique ici, ni de spectaculaire non plus car il s’agit d’un exercice de condensation, presque de caricature conceptuelle.
Jacques Charlier ne se moque pas des artistes. Il se moque avec eux, parfois malgré eux. Il applique à l’art contemporain une tradition ancienne, celle du portrait de charge, où l’exagération révèle plus qu’elle ne déforme. À la manière des salons comiques du 19e siècle ou des caricatures d’un Honoré Daumier, Cent sexes d’artistes agit comme une chronique de son temps. Une histoire de l’art racontée par le bas du corps, là où se logent symboliquement le pouvoir, la domination, la vanité mais aussi l’angoisse et le ridicule.
Une façon de parler des attributs du monde de l’art
Chaque dessin fonctionne comme une équation visuelle. Chez certains, le sexe devient outil, chez d’autres, concept, mesure, dispositif, emballage, absence ou excès. L’humour est parfois immédiat, parfois plus lent, mais toujours précis. Jacques Charlier connaît intimement ce qu’il observe. Il a partagé les mêmes réseaux, les mêmes discours, les mêmes rites. Il ne parle jamais depuis l’extérieur. Sa satire est immanente, nourrie par une connaissance fine des mécanismes de légitimation, de reconnaissance et de fétichisation à l’œuvre dans le champ artistique.
Ce qui frappe surtout, c’est que Jacques Charlier ne s’exclut jamais du jeu. Il se représente lui-même, intégrant son propre sexe à cette galerie improbable. Geste décisif. L’autodérision désamorce toute accusation de cynisme ou de mépris. Jacques Charlier ne distribue pas les bons et les mauvais points. Il montre, il pousse, il accentue. Il rappelle que l’artiste, même auréolé de théorie et d’institution, reste un corps pris dans un système de désir, de reconnaissance et de compétition.
La censure de la Biennale de Venise et ce qu’elle raconte sur le monde de l’art
C’est précisément cette capacité à désacraliser le monde de l’art par le rire qui a valu à Cent sexes d’artistes une réception pour le moins contrastée. Sélectionné en 2009 pour représenter la Fédération Wallonie-Bruxelles dans le cadre du OFF de la Biennale de Venise, le projet se voit finalement refusé par l’organisation de la Biennale et par la Ville de Venise, au nom de craintes liées à la décence, aux droits à l’image ou à une supposée offense faite aux artistes représentés. Une censure préventive, feutrée, jamais pleinement assumée, qui révèle en creux ce que l’œuvre touche de sensible.
L’histoire mouvementée de la présentation de cette série – notamment les refus et frilosités institutionnelles rencontrées lors de projets d’affichage public – en dit long sur la persistance des tabous dans un monde qui se veut pourtant transgressif. Que l’art contemporain accepte toutes les audaces formelles mais trébuche encore sur le rire et le sexe dit quelque chose de la sacralisation dont il s’est entouré. En ce sens, Cent sexes d’artistes agit comme un révélateur : ce qui dérange ici, ce n’est pas l’indécence, mais la désacralisation.
Car le véritable scandale est là. Jacques Charlier ose rappeler que l’art n’est pas une théologie. Qu’il repose sur des conventions, des récits, des mises en scène de pouvoir. En ramenant ces figures tutélaires à une matérialité triviale, il fait vaciller la croyance. Il démonte, sans lourdeur théorique, l’illusion de neutralité, de pureté ou de grandeur qui entoure certaines figures canoniques.
Pourquoi ces sexes d’artistes sont-ils politiques ?
Sous ses airs de farce, Cent sexes d’artistes est une œuvre profondément politique. Elle interroge la construction de la valeur, la fabrication des mythes, la place du corps dans un système qui prétend souvent l’avoir dépassé. Elle rappelle aussi que l’humour reste l’un des derniers espaces de liberté critique, précisément parce qu’il échappe aux catégories sérieuses, aux protocoles de validation et aux discours autorisés.
Jacques Charlier pratique un art de la friction. Il frotte le concept au corps, le prestige au ridicule, l’histoire de l’art à ses propres fantasmes. Et il le fait avec élégance : celle de quelqu’un qui n’a rien à prouver, sinon qu’on peut encore rire – intelligemment – du monde de l’art. Et surtout avec lui.
John Murphy Man is not a bird, 2015 Photocopy, gouache, pen and ink on board, 46 x 54 cm (collection privée)
JOHN MURPHY
(1945-2026)
La galerie Nadja Vilenne a la très grande tristesse de vous faire part du décès de John Murphy
Ce fut un très grand honneur de pouvoir approcher et promouvoir une œuvre magistrale, raffinée et d’une extrême subtilité, là où, comme aimait le dire John, tout se situe quelque part en dehors des simples faits d’une œuvre d’art. Né à Saint Albans en 1945, John Murphy est une figure majeure de l’art conceptuel britannique. Sa pratique, entre le mot et l’image, se situe dans la grande tradition symboliste européenne qui va de Mallarmé et Jarry à Duchamp, Magritte et Broodthaers. Silent Vertigo, Fall upward, to a height, In the Midst of Falling, toute l’oeuvre de John Murphy exprime le vertige de l’art et de la vie. Ses œuvres figurent dans de nombreuses collections internationales, notamment la Tate Modern, le Mudam à Luxembourg, MuZee à Ostende, la Caixa à Barcelone, la Fondation Serralves à Porto, la collection Generali à Salzburg, les musées de Nantes et de Saint-Etienne, l’ Akademie der bildenden Künste à Vienne et de nombreuses collections privées.
Nous présentons nos plus sincères condoléances à Jean Matthee, à sa famille, ses proches et ses amis.
exhibition viewcaïman, 2025, 42 x 59,4 cm photographie 1903, 2025 , 42 x 59,4 cmexhibition viewsans titre (El Greco), 2025, 30 x 40 cm statues, artiste dogon, Mali, bois, 50 cm et 32 cm, non datée (M. Assenmaker M. & N.Borro, suite 12, à l’enseigne, Bruxelles, juillet 2025)Wien (O. Marmorek et O. Wagner), août 2025, 37,5 x 47 cmGaeta ( C. Twombly), 2024, 37,5 x 47 cmpeinture chinoise une, 1981-2025, 50 documents, 77 x 101 cmpeinture chinoise deux, 1981-2025, 50 documents, 77 x 101 cmsans titre (Nok et perles marocaines), mai 2025, 36 x 45,5 cmOn Kawara – Renaissance, 2025, 35,5 x 45 cm
ready made cagien, partition, (John Cage, Aria, 1958, Ed. Peeters, 2000 )suite 12, 42 pages, ill N/B 7, ill. coul. 22, 24 x 21 cm. applique, artiste baoulé, Côte d’Ivoire, or, 6 x 3,5 cm, non daté (exposition, Maroc, Malhoun, exminar/seposition, avril 2025).ready made japonais, 2023, double page (Hiroshige, Un banc de poissons, Herscher, 1983reday made warholien, 2024, double page (Andy Warhol, Shadows and Other Signs of Life, Walther König, 2007)ready made cistercien, 2025, triple page, Georges Duby, Saint Bernard, L’art Cistercien. Arts et Métiers Graphiques, 1976).masque, artiste bamara, Mali, bois, 37 cm, non daté (M. Assenmaker M. & N.Borro, suite 12, à l’enseigne, Bruxelles, juillet 2025).ready made jonesien, 2024, double page ( Charles Jones, Le royaume des plantes, Thames & Hudson, 1999) ready made picassien, 2025, double page (Picasso et les maîtres, Réunion des musées nationaux, 2008).
exhibition viewMichel Assenmaker, My Postcards, Random Sampling 1, projection, 2023-2025, 40’12’’ (E .A. + 3/3)Michel Assenmaker, My Postcards, Random Sampling 1, projection, 2023-2025, 40’12’’ (E .A. + 3/3)singe, artiste baoulé, Côte d’Ivoire, bois, 58 cm, XIXe – début XXe siècle (M. Assenmaker M. & N.Borro, suite 12, à l’enseigne, Bruxelles, juillet 2025).singe, artiste baoulé, Côte d’Ivoire, bois, 58 cm, XIXe – début XXe siècle (M. Assenmaker M. & N.Borro, suite 12, à l’enseigne, Bruxelles, juillet 2025).exhibition view
Filip Francis Autoportrait au fard, 2009 Fard sur toile, 90 x 990 cm Jacques Charlier Cent sexes d’artistes, 1973-2009 Encre et aquarelles sur papier, (100) x 60 x 40 cm Jacques Charlier Cent sexes d’artistes, 1973-2009 Encre et aquarelles sur papier, (100) x 60 x 40 cm Jacques Charlier Cent sexes d’artistes, 1973-2009 Encre et aquarelles sur papier, (100) x 60 x 40 cm Jacques Charlier Cent sexes d’artistes, 1973-2009 Encre et aquarelles sur papier, (100) x 60 x 40 cm Valérie Sonnier La source de la Loue, 2024 Fusain, pastel sec, acrylique sur papier coréen, 150 x 210 cm, 2024
exhibition view Valérie Sonnier La Loue, 2024 Crayon, acrylique et cire sur bois, 18 x 32 cm Valérie Sonnier Les belvédères, aurore boréale, 2024 Crayon, acrylique et cire sur bois, 18 x 32 cm Valérie Sonnier Les belvédères, plein lune, 2024 Crayon, acrylique et cire sur bois, 18 x 32 cm Valérie Sonnier Les belvédères, sous l’orage, 2024 Crayon, acrylique et cire sur bois, 18 x 32 cm exhibition viewValérie Sonnier La source de la Loue, 2024 Fusain, pastel sec, acrylique sur papier coréen, 150 x 210 cm, 2024 Filip Francis Copie de Sainte-Agathe de Francisco Zurbaran dans le champ de vision périphérique, 2001 Huile sur toile, 129 x 90 cmexhibition view