Archives de catégorie : Performances

Jacques Lizène, Action spécifique, Entassement de toiles, 1970. Réactivation

Jacques Lizène expose à l’APIAW (Association pour le Progrès Intellectuel et Artistique en Wallonie) à Liège en 1970. C’est sa première exposition monographique dans une institution publique. Il intitule l’exposition Art spécifique. Specific Art. L’invitation est un leporello de huit pages qui s’ouvre sur son autoportrait solarisé, main sur le visage et sur les yeux. Deux larges diagonales barrent l’image, ainsi disqualifiée. Sous de grands chiffres imprimés en jaune, Lizène annonce : 1. Une exposition à l’accrochage presque traditionnel. Peintures spécifiques et objets. 2. Des actions spécifiques : le décrochage et la réduction de format de la galerie. 3. La création d’une œuvre périssable. Action, extinction de l’œuf sur le thème du refus de procréer. 4. Des propositions d’art hors galerie : Recueillir sur papier l’ombre d’un petit arbre (Düren, 1968). Peindre à même le sol à 14h30 un jour d’automne l’ombre vraie d’un arbre (Liège, 1970). Planter un arbre, branches en terre et racines en l’air (Liège, 1970). 5. Un concept sous forme de proposition : « Je propose à l’espèce humaine de s’éteindre gentiment, à jamais, en cessant de procréer. » (1966). Il déclare décliner son exposition « du presque traditionnel au pur concept, un ensemble quasiment didactique ».  

            Le soir du finissage, Lizène décroche ses œuvres en public et les entasse dans un coin, créant ainsi son premier entassement de toiles, préfigurant ses placards à tableaux. Il rétrécit l’espace mental d’exposition en mesurant l’espace à l’aide d’un trièdre en métal, réduisant la longueur et la largeur de la galerie. La troisième action de la soirée  s’intitule Extinction de l’œuf, une performance  alliant le geste et le son. Sur une toile cirée posée au sol, il aligne régulièrement des jaunes d’œufs de poule baignant dans l’albumine. Blancs, jaunes, coquilles : l’artiste révèle la spécificité de l’œuf amniotique et du zygote fécondé. L’action consiste à méthodiquement asperger les œufs avec un insecticide, tandis qu’on entend l’enregistrement de cris de nouveau-nés. à côté de la toile cirée blanche, Lizène pose sur le sol un drap noir de même format et dépose quelques œillets blancs disposés en bordure de cadre. Fin de l’action, Lizène a tué toute vie dans l’œuf.

            Réactivation d’une Action spécifique, ce 18 avril 2026, jour du finissage de l’exposition Jacques Lizène, les Années Yellow à la galerie Nadja Vilenne, Guy Jungblut, fondateur de la galerie Yellow, a décroché ces mêmes tableaux et les a entassé dans un coin.

Jacques Lizène, 1970

Emilio Lopez-Menchero, Camarades ! Trying to be Lev & Iossif, les images

En 2005, Emilio Lopez Menchero réincarnait Frida Kahlo. Presque 20 ans après, il rentre dans la peau de l’un des plus célèbres des amants de l’artiste mexicaine, Lev Davidovitch Bronstein, mieux connu sous le nom de Léon Trotsky. Et pour ne pas faire les choses à moitié, l’artiste tente également d’être Iossif Vissarionovitch Djougachvili, Joseph Staline. Une rivalité, un duel, un face à face entre l’intellectuel juif idéaliste et le brigand géorgien taciturne, entre le flamboyant champion du communisme universel et celui d’une URSS laboratoire politique. Tout a commencé, explique Emilio Lopez Menchero, lorsque j’ai ouvert un livre hérité de mon grand-père, qui lui aussi a été exilé, une traduction en espagnol de Staline, la biographie écrite par Trotski, son dernier ouvrage avant qu’il ne soit assassiné au Mexique par Ramon Mercader, stalinien catalan et agent du NKVD . Tenter d’être, le même jour, Lev Trotsky et Iossif Staline, tout cela a eu lieu l’été dernier, à l’invitation de Jordi Colomer,  à Agullana en Catalogne, lieu le plus emblématique du grand exode républicain et catalan de 1939. J’ai appris à danser la Sardana, une danse traditionnelle catalane où les danseurs en cercle se tiennent par la main. Je la danse au son de l’Internationale, explique Emilio Lopez Menchero. A Liège, dans le cadre de ART AU CENTRE, Emilio Lopez-Menchero expose les résultantes de cette performance, film, dessins préparatoires et photographies. 

Le narratif du film

  1. Agullana, lieu emblématique du grand exode républicain et catalan de 1939, la Retirada, après la victoire des Franquistes. Pendant la retraite, des délégations de diverses administrations publiques de la République se sont installées à Agullana, à la frontière française, comme le Grand État Central de l’Armée, le Ministère d’État, le Ministère des Finances, le Ministère de l’Agriculture, la Présidence de la Generalitat, le Ministère de la Culture de la Generalitat et des délégations du Gouvernement du Pays Basque et de l’URSS. Mai 2024. Performance d’Emilio Lopez Menchero. Le drapeau soviétique flotte à nouveau sur l’ambassade.
  2. Trying to be Lev Davidovitch Bronstein, mieux connu sous le nom de Léon Trotsky.
  3. Léon Trotsky rencontre les villageois avant de danser la Sardana, une danse traditionnelle catalane où les danseurs en cercle se tiennent par la main. La Sardana qui fut interdite sous la dictature de Primo de Revira et étroitement « surveillée » sous le régime de Franco est considérée comme expression de l’identité catalane.
  4. Trying to be Iossif Vissarionovitch Djougachvili, Joseph Staline.
  5. En l’honneur de Joseph Staline, banquet géorgien à La Concordia, salle des fêtes du village, témoignage du modernisme que connut la vallée lorsqu’au 19e siècle Agullana était producteur de chêne liège.

Camarades, Trying to be Lev & Iossif, vidéo, couleurs, son, 14 min 45. Une coproduction de La Infinitac de l’Hospitalet & Les antipodes. Activité du MACBA, Barcelone. Captation vidéo : Sylvestre Gobart et Nath Viktor Film. Montage : Sylvestre Gobart.

Emilio Lopez-Menchero, Camarades ! Trying to be Lev & Iossif, Les Antipodes, Agullana

En 2005, Emilio Lopez Menchero réincarne Frida Kahlo. Presque 20 ans après, il s’apprête à rentrer dans la peau de l’un des plus célèbres des amants de l’artiste mexicaine, Lev Davidovitch Bronstein, mieux connu sous le nom de Léon Trotski. Et pour ne pas faire les choses à moitié, l’artiste tentera également d’être Iossif Vissarionovitch Djougachvili, Joseph Staline. Une rivalité, un duel, un face à face entre l’intellectuel juif idéaliste et le brigand géorgien taciturne, entre le flamboyant champion du communisme universel et celui d’une URSS laboratoire politique. « Tout a commencé, explique Emilio Lopez Menchero, lorsque j’ai ouvert un livre hérité de mon grand-père, qui lui aussi a été exilé, une traduction en espagnol de Staline, la biographie écrite par Trotski, son dernier ouvrage avant qu’il ne soit assassiné au Mexique par Ramon Mercader, stalinien catalan et agent du NKVD ». Tenter d’être, le même jour, Lev Trotski et Iossif Staline, tout cela aura lieu en Catalogne, à Agullana, lieu le plus emblématique du grand exode républicain et catalan de 1939. « J’ai appris à danser la Sardana, une danse traditionnelle catalane où les danseurs en cercle se tiennent par la main. Je la danserai au son de l’Internationale », explique Emilio Lopez Menchero.

Camarades, Trying to be Lev & Iossif, est une co-production de La Infinita de l’Hospitalet, centre d’art créé par Jordi Colomer  et Les Antipodes, centre de création à Agullana. Ce 25.05.2024.

Emilio López-Menchero, Kadukiosk, Trouble #12, Bruxelles

Emilio López-Menchero participe à Trouble #12, à Bruxelles, du 17 au 22 avril. 

Trouble #12, « It’s about time » : c’est la question du temps (et surtout du temps qu’on se donne, qu’on donne aux relations et aux œuvres pour qu’elles puissent résonner) qui est au cœur de la biennale bruxelloise de performance. Pour arpenter des notions de temps historique, de temps volés, de hors temps, de boucles temporelles, d’écartgénérationnels, dexpériences de la durée…

Emilio Lopez Menchero, Kadukiosk, 2023

Place Saint-Josse, un kiosque à journaux ouvre ses portes, déplie sa devanture et déploie ses étalages. Rien de plus normal… Pourtant, à y voir de près, quelque chose cloche.   Aucun de ces journaux et revues n’est ni du jour, ni de la semaine, ni du mois, ni même parfois de l’année.  On y lit des catastrophes, des guerres, des mariages, princiers ou non, des crises, des accidents, des nouvelles sportives, des exploits, des équipes gagnantes et perdantes, des scandales en tout genre, des mots croisés, des nécrologies, des horoscopes, des stars qui montent, d’autres qui chutent, des actions qui montent ou encore d’autres qui chutent, des conflits politiques, linguistiques, communautaires, régionaux, nationaux, religieux, des publicités, des conseils, des lettres de lecteurs, des brèves, des statistiques, des visages, des manifestations, des titres, des sous-titres, des textes, des photos, des dessins de presse, des textes en français, en néerlandais, dans d’autres langues, des phrases, soulignées ou non, des lettres majuscules , minuscules, grasses, normales, en italique, et des dates… Des dates périmées…  Ces journaux sont caducs et pourtant, rien de plus à jour, tout semble d’actualité…  Emilio López-Menchero, qui n’aime rien tant que semer le trouble dans le quotidien (souvenez-vous « CheckPoint Charlie »), se saisit de la question du temps qui traverse le festival… pour l’arrêter dans une actualité toujours déjàd épassée.

17.04.202
08:00 > 18:00
Kiosque place Saint-Josse, Bruxelles
 
18.04.2023
08:00 > 18:00
Kiosque place Saint-Josse, Bruxelles
 
19.04.2023
08:00 > 20:00
Kiosque place Saint-Josse, Bruxelles
 
20.04.202
08:00 > 20:00
Kiosque place Saint-Josse, Bruxelles
 
21.04.2023
08:00 > 20:00
Kiosque place Saint-Josse, Bruxelles
 
22.04.2023
08:00 > 20:00
Kiosque place Saint-Josse, Bruxelles
 

Avec le concours de l’AMP et l’aide de la Commune de Saint-Josse-Ten-Noode. 

Alevtina Kakhidze en performance au Centre Pompidou à Paris ce dimanche 18 septembre

Alevtina Kakhidze « Where The Wild Things Are/Ukraine within the Russian Law ». A press conference by Ukrainian artist Alevtina Kakhidze, based on Victor Yanukovych’s encounter with the media in the Russian city Rostov-On-Don. Moderated by Oleksii Ananov, TV moderator, journalist, cultural commentator from Kiev. St.Petersburg, Russia. 25 October 2014.

Quelques jours à peine après l’invasion de la Russie en Ukraine, et en réaction à ces événements, le Centre Pompidou avait organisé une assemblée solidaire pour donner la parole à des figures de la scène artistique ukrainienne. Alevtina Kakhidze y avait participé en conférence Zoom. Le Centre poursuit, dans le cadre du festival Extra!, l’attention portée à ce conflit majeur en proposant un débat suivi d’une performance d4alvtina Kakhidze ce dimanche 18 septembre

17h, Forum-1
« Rencontre Ukraine-Russie : la guerre continue »

En quoi cette guerre bouleverse-t-elle les équilibres internationaux et européens ? En quoi amène-t-elle l’Europe à se réinventer ? Qu’implique la résurgence de l’impérialisme russe dans la sphère culturelle ?

En présence d’Anna Colin Lebedev, maîtresse de conférences en sciences politiques. Ses recherches portent sur les sociétés post-soviétiques, avec deux axes principaux : les conflits armés et l’action protestataire. Elle travaille sur le conflit entre la Russie et l’Ukraine depuis 2014 et publie en septembre Jamais Frères ? Russie-Ukraine, une tragédie postsoviétique (éditions du Seuil). En présence d’André Markowicz, traducteur de l’œuvre de Dostoïevski, de Gogol et de Tchekhov. Il a publié récemment Et si l’Ukraine libérait la Russie ? (éditions du Seuil). Rencontre animée par Sylvain Bourmeau, directeur de la revue AOC (Analyse Opinion Critique), producteur de l’émission La suite dans les idées sur France Culture.    Rencontre organisée dans le cadre du cycle European Challenges initié par la Fondation Evens.

18h, Petite salle 

Performance : Alevtyna Kakhidze, La Méthode de construction de la vérité politique

Interrogeant l’invasion russe de l’Ukraine et abordant les questions polémiques autour de cette guerre continue, l’artiste ukrainienne Alevtyna Kakhidze, née en 1974 à Zhdanivka, propose une version renouvelée de sa performance La Méthode de construction de la vérité politique, d’abord conçue pour la biennale d’art contemporain Manifesta 10 à Saint-Pétersbourg en 2014, peu après l’occupation de la Crimée par la Russie. Sous le format d’une conférence de presse, mêlant dessins, performance et écriture, l’artiste imagine des réponses à des questions politiques formulées selon les points de vue différents du touriste, du médiateur, du « combattant contre l’électricité » et du jardinier. L’adaptation de cette performance a été proposée et accompagnée par Sasha Pevak, commissaire d’exposition.

En partenariat avec le Centre national des arts plastiques (Cnap) et le collectif Beyond the post-soviet. Avec le soutien de l’Institut ukrainien, l’Ambassade d’Ukraine en France et DOFA fund. La recherche et la production ont été soutenues par TOGETHER UNTIL _ __ (what)* ? et le Centre d’art contemporain d’Ivry – le Crédac.

Modérateur : Oleksiy Ananov

Suchan Kinoshita, PlatzhalterTakingplaceSurplace, STUK, Leuven, ces 14 et 15 novembre

Performance de Suchan Kinoshita  au Stuck à Leven ces jeudi 14 et vendredi 15 à 21h. 

It happens when we’re not looking … years ago, Suchan Kinoshita wanted to see Chekhov’s Three Sisters. Tickets were sold out, so an hour before the play started she snuck in via backstage. She sat quietly in the back row of the gallery. A cleaning lady started sweeping between the seats, working her way back from the front row. Simultaneously, one by one the stage lighting of the first act was switched on. The lit scene of a dining room. The cleaning lady continued until she came to Kinoshita. She asked if she had a ticket, but it was no longer necessary: Kinoshita had seen the ideal platzhalter.

concept, text, music, scenography Suchan Kinoshita | performers Bastian Buddenbrock, René Haustein, Simon Bus | Sound Kitchen, Operating Theatre Inga Krüger, Suchan Kinoshita, Alima de Graaf | Sound Piece Ton im Ton (René Haustein) |Directors assistant Alima de Graaf | technical support STUK crew | commissioned and produced by Playground (STUK & M, Leuven)

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Emilio Lopez Menchero, Torero Torpedo, Nuit Blanche, Paris

Créée lors de la course cycliste contre la montre « De Pipster » en Flandre en 2004, cette performance tauromachique a été interprétée par Emilio Lopez Menchero dans divers musées (SMAK Gand, musée d’Herford), foires (Fiac 2005) et salons. Il reprend le vélo par les cornes à l’occasion de la Nuit Blanche ! 

Emilio Lopez Menchero réalisera une performance à bicyclette et participera à la Grande Traversée de la Nuit Blanche, se mêlant aux joggers dans les rues de Paris et dans les institutions culturelles, musées, théâtres… 

Sur son vélo torero torpédo, des cornes en guise de guidon, un lecteur de cassette diffusent les plus célèbres paso-dobles, revêtu du costume de lumière du toréador, les mains bien appuyées sur sa monture, le voici hybride d’Eddy Merckx et de Manolete, rendant hommage à Picasso.

Parcours d’Emilio Lopez Menchero

21 h : Départ du Centre Wallonie-Bruxelles/Paris pour poursuivre avec les étapes suivantes :
– Centre Pompidou
– Musée d’art et d’histoire du Judaïsme
– ENSBA École nationale supérieure des beaux-arts de Paris
– Tour Eiffel
– Cité de l’architecture et du patrimoine
– Théâtre de Chaillot
– Palais de la Découverte
– Grand Palais
– Théâtre de la Ville-Espace Pierre Cardin
– Pyramide du Louvre
– Concorde

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Emilio Lopez-Menchero, Trying to present a book, Wiels, Bruxelles

Performance Trying to present a book. Emilio Lopez Menchero mime chacun des Trying que son éditeur Luc Derycke énonce en litanie. Wiels Bruxelles,  7 septembre 2019

This book serves as a printed memory of the oeuvre of the artist Emilio López-Menchero (°1960, Mol). It documents and illustrates a selection of exhibitions, artistic projects and public performances created in the past 25 years.
Conceptually, the book is based on a statement by which López considers each of his actions a test against reality, an ‘attempt’. Within this context, the title of each project is consequently preceded by the prefix ‘Trying to -’; ‘Trying to situate’, ‘Trying to light up’, ‘Trying to question’,… By trying to infiltrate daily context, López-Menchero aims to generate new situations, confront with reality and contemplate on the meaning of art. Included in the book are essays and texts by Luk Lambrecht, Hans Theys and Koen Van Synghel.

Trying
Emilio López-Menchero

2017
320 pages / 29,7 x 21 cm
Published by
MER. Paper Kunsthalle
Languages
DUTCH, ENGLISH, FRENCH
Authors
Luk Lambrecht, Hans Theys, Koen Van Synghel
Design
Studio Luc Derycke
ISBN
978 94 9232 152 7

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Raphaël Van Lerberghe, I hope no one suggest a pipe, les images

Dimanche 5 mai 2019
Raphaël Van Lerberghe
I  HOPE NO ONE SUGGEST A PIPE

une performance à partir du livre:

LES PREMIERS HAUTBOIS SONT LES MIEUX PAYÉS [2015]
Livre, 24 dessins originaux au crayon noir montés sur onglet et reliés
84,5 × 60,5 cm
Reliure par Clara Gevaert
Une édition de 5 copies signées et numérotées par l’artiste
GEVAERT EDITIONS

Tourneuse de page Saskia Gevaert

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