Pol Pierart, Day for Night, collection d’Antoine de Galbert, SHED, Rouen, Malheur – Bonheur

Pol Pierart

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Le bonheur, le malheur, 2001 (Film 14)
Film super 8 numérisé, couleurs, sans son, 00:06:48

De muets instantanés, un film cousu de petites choses décousues : le malheur et le bonheur annoncés par l’auteur sur deux cartons face caméra. Défilent ainsi les images d’un couple assis sur un banc de jardin entouré de potirons et autres cucurbitacées, d’un pèse lettre posé devant un rideau flottant au gré du vent, d’une promenade dans un chemin creux, près d’un ancien fort, d’une chute, celle littérale du caméraman. Un singulier cagoulard, présente à la caméra une série de cartons successifs. J’ai deux nouvelles, une bonne et une mauvaise, lit-on. Je commence par la bonne. Vous allez mourir. La mauvaise maintenant. Pas tout de suite. Deux pieds masculins cachent le centre d’une inscription tracée sur le plancher, tandis que passent deux jambes féminines gainées de nylon. Celles-ci sortent du champ ; l’homme disparait du côté opposé ; ses pieds dévoilent le mot désunir. Au mur, c’est Etre et s’empêtre qui se conjuguent. Travelling sur des haies tracées aux cordeaux sur des pavillons qui abritent autant de bonheurs conformes ; les gazons sont entretenus, les pavés rigoureusement appareillés. Ce sont des images comme on aimerait en voir tous les jours. Comme, peut-être, celles de ce vent d’été glissant dans un rideau de porte, celles de ces passants entraperçus par la fenêtre, celle de cet homme qui repeint sa clôture. Le bonheur pour tout le monde. Une allée de verdure s’étire entre deux haies. Ce qui nous manque ce n’est pas de jouir. Mais de bander, lit-on sur deux cartons successifs. Quant aux nains de jardins, aux boîtes aux lettres les plus kitsch que fixe enfin la caméra, ce sont des emerdveillements. Gros plan final sur le même couple assis sur le même banc de jardin. Ils ont l’air de s’emmerder.