Loic Moons, circuit court

Loic Moons
Sans titre, technique mixte sur toile, 2020
135 x 90 cm

Cette silhouette rose fraichement bombée, c’est lui, c’est Loic Moons; c’est lui et son double. Librement, la silhouette occupe la toile comme le peintre balise son terrain de jeu, une friche permanente qu’il met en œuvre. Loïc Moons n’est pas bon client des magasins de toiles et couleurs. Non, il n’est pas propre sur lui. Il récupère, collecte, recycle les toiles et châssis usagés des amis peintres, les fonds de pots, quels qu’ils soient, de peintures industrielles. « J’aime à salir le support que j’ai choisi », dit-il. Si celui-ci est grand, tant mieux, le terrain de jeu n’en sera que plus ample, le geste aussi, les potentiels accidents plus nombreux. Un circuit court donc, qui trouve son naturel prolongement dans sa façon de regarder les choses et le monde, des images, des signes, qu’il happe sur les partages en réseaux, des images à portée de main ou plutôt d’écran, des « images d’ici et là », dit-il, qu’il s’approprie, réinterprète, triture, use jusqu’à ce qu’elles soient siennes, vocabulaire dès lors personnel, des images qui lui servent de béquilles, de « grigris, précise-t-il, qui me rassurent quand je ne sais plus trop où je vais ». Car, il est vrai, la peinture est une aventure, une émancipation continuelle, se libérer des images captées, s’affranchir de la toile, là où en strates et dans une permanente jubilation surgit la couleur.

Loic Moons
Sans titre, technique mixte sur toile, 2020
50 x 40 cm