Archives de catégorie : Art public

Marie Zolamian, Bienvenue, une mosaïque in progress (3)

Une première visite aux ateliers Mosaico di Due, atelier qui réalise la mosaïque dessinée par Marie Zolamian, grand œuvre destiné à accueillir le visiteur au futur musée des Beaux-Arts d’Anvers en voie de rénovation. Les premiers mètres carrés posés que nous découvrons catalogue de la collection du musée en main.  Chapitre III. 

James Ensor, L’étonnement du masque Wouse. Koninklijk Museum voor Schone Kunsten Antwerpen
Pierre Paul Rubens, Sainte Famille et perroquet
Maître de Frankfurt, le peintre et son épouse

Cette carte n’est ici, aux marches du musée, pas n’importe laquelle. Marie Zolamian s’inspire de la carte d’Antwerpen tracée par Virgile Bononiensis en 1565. Colorée à la main, monumentale lithographie imprimée sur vingt feuilles de papier fabriqué à la main – hand made -, cette lithographie est conservée au musée Plantin Moretus, ce haut lieu fondateur de l’histoire de la diffusion du savoir. Ainsi rend-elle indirectement hommage à cet autre Anversois, Abraham Ortelius (1527-1598) qui rassembla les meilleures cartes maritimes et terrestres de son temps, élabora le premier atlas de l’Histoire, son Theatrum Orbis Terrarum, son Théâtre du Monde. Gillis I Coppens de Diest, qui édita la carte de Virgile Bononiensis, imprima les premières éditions, suivi par Christophe Plantin lui-même. Quarante deux éditions de ce best seller cartographique du monde connu se succédèrent entre 1570 et 1612.

Virgile Bononiensis
Conrad Faber von Kreuznach, portrait d’une femme.

Marie Zolamian, Bienvenue, une mosaïque in progress (2)

Une première visite aux ateliers Mosaico di Due, atelier qui réalise la mosaïque dessinée par Marie Zolamian, grand œuvre destiné à accueillir le visiteur au futur musée des Beaux-Arts d’Anvers en voie de rénovation. Les premiers mètres carrés posés que nous découvrons catalogue de la collection du musée en main.  Chapitre II. 

Abraham Janssens I, Antwerpen 1575 – Antwerpen 1632. Scaldis en Antverpia. Koninklijk Museum voor Schone Kunsten Antwerpen
Gustave Van De Woestyne, Gustave et sa soeur, 1923, Koninklijk Museum voor Schone Kunsten Antwerpen
Copie de : Pieter Bruegel I, Brueghel (Breda) 1526/ 1530 – Brussel 1569. La danse de la mariée. Koninklijk Museum voor Schone Kunsten Antwerpen
Frans Floris I, Antwerpen 1519/ 1520 – Antwerpen 1570. La chute des anges rebelles. Koninklijk Museum voor Schone Kunsten Antwerpen
Clara Peeters, Antwerpen 1594 – Antwerpen 1657, nature morte au poisson. Koninklijk Museum voor Schone Kunsten Antwerpen
Pieter van der Borcht (Mechelen). Allegory on the difficulty to govern a diverse nation, 1578 16th-century 
Jan Brueghel I, Brussel 1568 – Antwerpen 1625. Blazoen van de rederijkerskamer «De Violiere». . Koninklijk Museum voor Schone Kunsten Antwerpen

Marie Zolamian, Bienvenue, une mosaïque in progress (1)

Une première visite aux ateliers Mosaico di Due, atelier qui réalise la mosaïque dessinée par Marie Zolamian, grand œuvre destiné à accueillir le visiteur au futur musée des Beaux-Arts d’Anvers en voie de rénovation. Les premiers mètres carrés posés que nous découvrons catalogue de la collection du musée en main.

Pieter van der Borcht (Mechelen). Allegory on the difficulty to govern a diverse nation, 1578 16th-century
Dutch engraving depicting a fantastical animal with the heads of various other animals sprouting from its body: an allegory for the difficulty of ruling over a diverse nation. In the background, watching on, can be seen a small mob or leaders, both secular and religious. This work by Antwerp-based artist Pieter van der Borcht the Elder, with its image of a confused and troubled body politic, is perhaps just as relevant now as it was then.

(…)Et puis, il y a cette chimère monumentale, inspirée d’une gravure de Pieter van der Borcht l’Ancien, animal fantastique habité d’une foule de têtes d’autres animaux, bestiaire illustrant « la difficulté de gouverner les peuples ». Redessinée par Marie Zolamian, cette chimère transporte tant d’autres motifs et détails peints par Rubens, Breughel, Ensor, Wouters, Memling, Ziesel, Van Elst ou Delvaux, des masques et des visages, des fleurs et des animaux. Cette chimère – et c’est bien le sens même de son existence – se transforme en paysage mental, entre imagination et représentation. L’enfourcher sera l’occasion de contempler la terre depuis un point merveilleux situé hors d’elle, « comme porté soi-même aux ailes du coursier et survolant joyeux les peuples et la terre », pour reprendre les mots du poète L’Arioste. Oui, entrer au musée, c’est survoler la carte et son territoire façon Borgès, embrasser le monde d’un coup d’œil, se fondre enfin, au territoire, cheminant de salle en galerie, saisissant tout par le détail, dans la simultanéité, le passé, le présent et l’avenir, mais aussi tous les possibles.(…) (JMB)

Gustave Van De Woestyne, Gustave et sa soeur, 1923, Koninklijk Museum voor Schone Kunsten Antwerpen
James Ensor, Peintre squelette, 1896, Koninklijk Museum voor Schone Kunsten Antwerpen
Hans Memling (Seligenstadt 1423/ 1443 – Brugge 1494), Anges jouant des instruments de musique, Koninklijk Museum voor Schone Kunsten Antwerpen
James Ensor, Nature morte aux chinoiseries, 1906. Koninklijk Museum voor Schone Kunsten Antwerpen
René Magritte, Le Cap des Tempêtes, Koninklijk Museum voor Schone Kunsten Antwerpen
Constant Permeke, L’Heure des Vêpres, 1927 Koninklijk Museum voor Schone Kunsten Antwerpen
Paul Delvaux, les arches roses, Koninklijk Museum voor Schone Kunsten Antwerpen

Marie Zolamian, une mosaïque pour le Musée Royal des Beaux Arts d’Anvers (KMSKA), premières images

A l’occasion d’une visite du Ministre de la Culture de la Région flamande aux ateliers Mosaico di Due, atelier qui réalise la mosaïque dessinée par Marie Zolamian, grand œuvre destiné à accueillir le visiteur au futur musée des Beaux-Arts d’Anvers en voie de rénovation, le musée communique sur l’état d’avancement de cette réalisation.  Sur le site du musée d’une part, et par la diffusion d’un premier dossier de presse (voir extrait ci-dessous).  Quelques premières images surgissent enfin. Les voici également.

Rappelons que Bienvenue occupera une surface de 76 mètres carrés et pèsera trois tonnes. La mosaïque est composée de plus de 60 sortes de marbre de diverses provenances, mais essentiellement de Carrare, ainsi que de verre de Murano. Soit quelques  480.000 tesselles. Assemblée en atelier, elle sera posée in situ dans le courant de l’année 2021. Le nombre d’heures de mise en oeuvre afin de la réaliser est estimé à 60.000. C’est la plus grande mosaïque européenne de ces 20 dernières années.

Actuellement, à la galerie, il vous est possible de découvrir un ensemble de dessins et documents qui ont jalonné la recherche de l’artiste.

Le Communiqué du Musée :

FR.

(…) La mosaïque située en haut des escaliers devant l’entrée du musée a été remplacée par une nouvelle en 1977, à l’occasion de l’année Rubens. Basée sur un dessin original, et posée sur du béton. Elle ne peut être restaurée car les tesselles sont ancrées dans le béton. Ceci a ouvert la voie à une idée audacieuse : et si, cette fois, nous options pour un nouveau projet ? Marie Zolamian (Beyrouth, 1975) a été choisie pour proposer un concept original. Elle peint généralement à petite échelle, bien qu’elle ait également réalisé quelques projets monumentaux. C’est sa première mosaïque et c’est la plus grande mosaïque artistique européenne de ces 20 dernières années.
Marie Zolamian a étudié les arts visuels à l’Académie royale de Liège et à La Cambre à Bruxelles. Cette artiste aux racines arméniennes est fascinée par la mémoire, l’héritage et la tension entre la réalité et l’imagination. Dans sa conception de la nouvelle mosaïque du KMSKA, tous ces intérêts se rejoignent. Zolamian a cherché l’inspiration dans tout le musée, du bâtiment à ses collection, et bien sûr dans sa longue histoire. Peu à peu, elle a rassemblé une sélection d’œuvres qui l’attiraient instinctivement, afin de les réunir en un tout homogène. Zolamian appelle sa création un tapis de bienvenue, un grand puzzle de pièces de la collection, avec des têtes, des insectes, des mains, des couronnes. Les visiteurs avertis seront immédiatement informés de ce qui les attend dès qu’ils franchiront les portes du musée.
Pour le concept global de la nouvelle mosaïque, Marie Zolamian fait appel à l’héraldique anversoise. Tant les armoiries actuelles de la ville d’Anvers que l’écu attribué par Napoléon en déterminent les éléments essentiels : le château ou la tour, les mains et les abeilles. Zolamian a recherché ces trois éléments, ou ce qu’ils symbolisent, dans la collection. La tour se voit attribuer une place dans le dessin, symbolisée par la Tour de Babel de Jan Brueghel I, ou au sens figuré, comme symbole de la ville d’Anvers ou du gouvernement. Il n’y a pas d’abeilles dans la collection du musée : Marie Zolamian compense leur absence par l’introduction de nombreuses fleurs.
Deux pièces ne font pas partie de la collection du KMSKA, mais sont essentielles pour l’artiste : un plan d’Anvers de 1585 (Museum Plantin-Moretus) et l’estampe Allégorie de la difficulté à gouverner Pieter Van Der Borcht (Rijksmuseum Amsterdam). En plus de relier la ville et le musée, ces images donnent à Zolamian l’occasion de fusionner des parties séparées de manière homogène.
C’est le renommé atelier belge Mosaico di Due qui transforme cette composition en une peinture en pierres. Pour préparer sa création, Marie Zolamian s’est plongée dans le monde merveilleux de la mosaïque, soutenue par Gino Tondat et Sarah Landtmeters de Mosaico di Due; ils se sont tous les trois rendus dans les carrières de marbre de Carrare pour sélectionner sur place les couleurs et les types de marbre. Cela a permis à Marie Zolamian de mieux prendre en compte les possibilités et les limites du travail avec des matériaux qui ne sont pas disponibles dans toutes les couleurs. Oui, il y a des limites. Ainsi, Marie Zolamian découvre à Carrare combien il y a de nuances de blanc. Mosaico di Due utilise également du verre coloré lorsqu’une certaine couleur n’est pas disponible dans la nature et qu’elle est pourtant importante dans le dessin. Les mosaïstes utilisent également les veines spécifiques du marbre de façon inventive. Grâce aux veines, ils peuvent faire apparaître des ombres, des plis dans les vêtements ou des nuances de couleur. Cela crée de la profondeur et leur permet de modeler des figures, presque comme un peintre.

NL.

De mozaïek die boven aan de trappen voor de museumingang ligt, werd in 1977, voor het Rubensjaar, vervangen door een nieuwe. Gebaseerd op het oorspronkelijke ontwerp, en gelegd op beton. De mozaïek kan niet zomaar gerestaureerd worden, omdat de steentjes verankerd zijn in het beton. Hierdoor lag de weg vrij voor een gedurfd idee: wat als we deze keer opteren voor een nieuw ontwerp? De keuze viel op Marie Zolamian (Beiroet, 1975) om een origineel concept uit te denken. Meestal schildert ze op kleine schaal, al realiseerde ze ook al enkele monumentale projecten. Het is wel haar eerste mozaïek. Het is meteen het grootste Europese kunstmozaïek van de laatste 20 jaar.
Marie Zolamian studeerde beeldende kunst aan de Koninklijke Academie van Luik en La Cambre in Brussel. Deze kunstenares met Armeense roots is gefascineerd door geheugen, erfgoed, en het spanningsveld tussen realiteit en verbeelding. In haar ontwerp voor het nieuwe mozaïek van het KMSKA vloeien al deze interesses samen. Zolamian zocht inspiratie in het volledige museum, van gebouw tot collectie, en natuurlijk zijn lange geschiedenis. Beetje bij beetje bracht ze een selectie werken bij elkaar die haar instinctief aantrokken. Om ze dan te verenigen tot een homogeen geheel. Zolamian noemt haar creatie een welkomsttapijt in steentjes, een grote legpuzzel aan onderdelen uit de collectie, met hoofden, insecten, handen, kronen. Alerte bezoekers krijgen meteen een introductie in wat hen te wachten staat eens ze de deuren van het museum binnenstappen.
Voor het totaalconcept van de nieuwe mozaïek vertrekt Marie Zolamian van de Antwerpse heraldiek. Zowel het huidige wapenschild van de stad Antwerpen als het schild toegekend door Napoleon bepalen de kernelementen: de burcht of toren, handen én bijen. Zolamian zocht in de collectie naar deze drie elementen, of wat ze symboliseren. De toren kan daarbij letterlijk een plek krijgen in het ontwerp, zoals De toren van Babel van Jan Brueghel I, of figuurlijk, als symbool voor de stad, Antwerpen of bestuur. Het gebrek aan bijen in de collectie compenseert de kunstenares door bloemen te gebruiken.
Twee onderdelen komen niet uit de KMSKA-collectie, maar zijn voor de kunstenares essentieel: een plan van Antwerpen uit 1585 (Museum Plantin-Moretus) en de prent Allegorie op de moeilijkheid van het besturen van Pieter Van Der Borcht (Rijksmuseum Amsterdam). Behalve dat ze stad en museum verbinden, verschaffen deze afbeeldingen Zolamian de mogelijkheid om aparte onderdelen homogeen samen te voegen.
Het vermaarde Belgische mozaïekatelier Mosaico di Due zet het ontwerp om van collage en tekening tot een schilderij in steentjes. Ter voorbereiding van haar creatie, dompelde Marie Zolamian zich onder in de wondere wereld van de mozaïek, gesteund door Gino Tondat en Sarah Landtmeters van Mosaico di Due. Met z’n drieën trokken ze naar de marmergroeven van Carrara om ter plaatse kleuren en soorten marmer te selecteren. Zo kon Zolamian beter rekening houden met de mogelijkheden en beperkingen van werken met materiaal dat niet in elke kleur beschikbaar is. Hoewel, beperkingen. Marie Zolamian ontdekt in Carrara hoeveel tinten wit er wel niet bestaan. Mosaico di Due gebruikt ook gekleurd glas als een bepaalde kleur niet voorhanden is in de natuur en die toch belangrijk is binnen het ontwerp. De mozaïekleggers weten bovendien ook de aders eigen aan marmer inventief te gebruiken in het ontwerp. Dankzij de aders kunnen ze schaduwen weergeven, plooien in kleding of kleurnuances. Zo ontstaat diepte en kunnen ze figuren modeleren, bijna zoals een schilder. Het van nature eerder vlakke medium wordt er veel levendiger door.

Emilio Lopez Menchero, Art public Liège 2020, Le Phylactère

photo Chuong Le Quan

Pour Art Public Liège, Emilio Lopez-Menchero propose une grande sculpture abstraite en béton architectonique blanc. Avant de lire son titre, on se prendrait à y sentir l’influence d’Henry Moore. Mais ensuite, on sera bien contraint de ne plus y voir qu’un phylactère, celui-là même que les auteurs de bande dessinée emploient pour attribuer des paroles ou des pensées à leurs personnages. Lopez-Menchero lui a donné une monumentalité et du volume pour l’inscrire dans l’échelle urbaine de la place du 20-Août. Sans explicitement inciter au passage à l’action, il a conçu Le Phylactère comme un catalyseur de traces, un forum ouvert à l’expression individuelle dans l’espace public suivant un principe de démocratie directe. Au vu du statut « sacré » de l’œuvre d’art, ce projet traduit encore l’intention sous-jacente de provoquer la profanation d’une sculpture abstraite qui, petit à petit, sera couverte de signes parasites.

Place du 20-Août

Michael Dans, Art Public Liège 2020, Liège Love City

photo Dorothée Duvivier

Michael Dans conçoit Liège Love City comme « un diffuseur de bien-être, une borne à ondes positives ». L’idée de sculpter une main parlante lui est venue du langage des signes d’usage chez les plongeurs sous-marins, dont le plus connu unit le pouce à l’index pour indiquer que tout va bien. « Je l’ai transformé pour qu’il figure un cœur. Il est important pour moi d’utiliser les émotions suscitées par mes projets comme vecteurs pour délivrer un contenu, une pensée. Les émotions varient selon les propositions. Cette fois, j’espère inspirer la joie. La sculpture rappelle par ses reflets dorés les rayons du soleil. Elle évoque aussi les mudras des mains des Bouddhas géants qui apportent bonne humeur et amour. Mon message est simple : Liège est une ville de lumière, un lieu positif où il fait bon vivre. »

Place de la République française, Liège

Pol Pierart, Art public Liège 2020, Tout seul on est rien, ensemble on est trop

photo Dorothée Duviver
Pol Pierart
Tout seul on n’est rien, ensemble on est trop, 2008
Photographie NB, tirage argentique sur papier baryté, 9,8 x14,2 cm. Edition 10/10

Choisie plusieurs mois avant le déclenchement de la pandémie qui restera inévitablement liée à l’année 2020, cette image est la reproduction d’une photographie argentique prise 10 ans plus tôt dans le centre de Liège. L’arrière-plan montre quelques groupes de personnes, statiques ou en déplacement, dans une artère commerciale. Dans une composition caractéristique de sa démarche, l’artiste observe la scène depuis le trottoir opposé. Il tend à l’objectif deux morceaux de papier dont les messages calligraphiés soulignent les tensions et ambiguïtés entre isolement et surpopulation, entre nécessaire solitude et besoin d’appartenance à une société. Selon le point de vue, le spectateur découvre une sentence et puis l’autre, comme les deux faces d’une même pièce. Il est aussi invité à continuer à réfléchir à domicile à cet inextricable paradoxe en emportant un autocollant qui reproduit l’œuvre.

Michael Dans, Emilio Lopez Menchero, Pol Pierart, Art Public Liège, 1er Août – 31 Octobre

Michaël Dans, Liège Love City, bronze, ht. 220 cm, 2020

ART PUBLIC INVESTIT LA CITE ARDENTE POUR L’ETE-AUTOMNE 2020

01.08 > 31.10.2020

Charlotte Beaudry – Baloji – Marcel Berlanger – Blancbec – Claude Cattelain – Michael Dans – Alain De Clerck – DSCTHK – Maëlle Dufour – Emmanuel Dundic – Arnaud Eubelen – Eva Evrard – Emilio Lopez Menchero – Adrien Lucca – Pol Pierart – Adèle Renault – Adrien Tirtiaux – Laurent Trezegnies

La Commission des Arts de Wallonie, la Ville et la Province de Liège se sont associées pour organiser la quatrième édition d’Art Public qui, après Namur en 2011, Tournai en 2014 et Charleroi en 2017 prend cette année place au coeur de la Cité ardente. 18 artistes ont été invités à présenter des oeuvres intégrées au tissu urbain du centre-ville. Aucune thématique n’a été imposée, si ce n’est la nécessité de tenir compte de l’environnement architectural, urbanistique et surtout humain des espaces proposés. Ces derniers ont été choisis en fonction de la fréquentation des lieux et de leurs significations historiques et sociales. Le parcours cherche ainsi à éclairer ce que la cité peut signifier pour ses habitants, ses utilisateurs et ses visiteurs. Il s’agit en outre d’introduire des éléments de compréhension dans la géographie de Liège, de relever la qualité de son patrimoine et de mettre en perspective son redéploiement au moment où les travaux d’installation d’un tram marquent les espaces partagés.

Dans l’esprit de la politique de création et de promotion des talents impulsée par lespouvoirs politiques wallons, la sélection des participants a été opérée tant pour la signification contemporaine de leurs recherches que sur base de leur capacité à communiquer avec le grand public. Elle reflète la volonté de mettre en présence des « talents prometteurs » et des « valeurs sûres » dans une dynamique de savoir-faire, d’audace et d’innovation.

Exposition : du 1 août au 31 octobre 2020

Les publications : Dans la foulée de l’exposition plusieurs publications seront éditées : un guide du visiteur largement diffusé à partir de l’ouverture de l’exposition, des outils pédagogiques, un catalogue diffusé lors du dévernissage de l’événement.

VISITES GUIDEES INAUGURALES GRATUITES
Par les historiens de l’art de l’asbl Art&fact
Le 1er août
Dès 16h
Au départ de la place Xavier Neujean

Jacqueline Mesmaeker, « Parking en Or », Ah! Quelle aventure, BOZAR, Bruxelles.

« Parking en or », oeuvre de Jacqueline Mesmaeker, en cours de réalisation à BOZAR

Extrait du journal de bord de Luk Lambrecht, commissaire de l’exposition : 

De l’or dans les yeux

La réalisation du « Parking en or » de Jacqueline Mesmaeker a bien failli se transformer en une histoire sans fin. Enfin, une fumée blanche s’est échappée du Palais des Beaux Arts, feu vert permettant de réaliser cette œuvre, conçue en 1984, le long du trottoir menant à la Cinematek. Ce 7 juillet, Yves et Manu, l’équipe qui réalise un film sur l’artiste et l’aventure de cette exposition sont à pied d’œuvre dès 8 heures du matin afin de capter quelques rushes dès la pose de la première couche de peinture. La place de parking mesurera cinq mètres sur deux mètres cinquante, au bord de ce trottoir royal ; trois couches de couleurs seront nécessaires. Dès la pose de la deuxième, le soleil se reflète déjà dans cette couleur iconique.

Jacqueline Mesmaeker l’a regardé et a directement déclaré que le tableau ne faisait pas penser à une place de parking. Elle estime qu’il faut le border d’une ligne blanche, de tous les côtés, sauf du côté du trottoir. S’ensuit une longue discussion sur la largeur des rayures. Doit elle être officielle, policière, émotionnelle ? Décision est prise : les rayures seront larges de quinze centimètres comme officiellement prescrit. L’art suit la loi. Fred, chef technicien à BOZAR, passe commande afin que son préparateur, talentueux comme il se doit, puisse minutieusement réaliser ces rayures dès qu’il aura appliqué la troisième et dernière couche d’or sur la chaussée.

Paul Dujardin se joint à nous, il propose à Jacqueline la publication d’un livre trace de cette exceptionnelle exposition. Il évoque également la visite royale et l’intérêt que le Roi a porté à l’œuvre intitulée « Stèle ». Soudain, celle-ci se transforme en piédestal, en socle sans statue. Impassible, Jacqueline l’écoute.

Le parking en or est désormais bien situé entre le majestueux Palais des Beaux Arts, hub culturel de l’establishment et le siège de la banque Fortis, ancienne Société Générale de Belgique. La couleur dorée du parking flotte symboliquement au soleil, stationne pour une « péripétie » entre deux bâtiments au passé chargé. L’or couvre l’argent et l’argent est venu pendant trop longtemps du Congo, principal actionnaire de notre Etat providence. Dans ce contexte particulier, « Parking en or » acquiert soudain un surplus de sens, une strate politique. C’est le pouvoir d’un art de qualité, un art qui s’adapte à la réalité de l’action et qui par conséquent génère une lecture qui rebondit, quitte à s’écarter de ce qui était autrefois l’intention de l’artiste.

Ce plan doré encadré de ses bandes blanches ressemble à un parking mais n’est pas un parking, « ceci n’est pas un parking », c’est une place résiduaire qui n’est utilisée que pour les véhicules immatriculées CD ou un éventuel véhicule sanitaire, des voitures qui se garent sur de l’or, un lieu qui vaut son pesant d’or en tant qu’icône  qui rappelle tant d’œuvres d’art référentielles. C’est la dernière œuvre installée pour cette exposition qui fut couler tant d’encre. Elle est un lieu mental, un œil de métal précieux où l’illusion de l’or active les petits et grands eldorados qui sommeillent en nous.

Yves et Manu lancent le rappel à l’ordre. Il est temps de rallier Victor. Jacqueline a envie de quelques croquettes de crevettes avec un verre de vin rouge, puis un expresso italien. Les croustillantes croquettes de crevettes sont parfaitement cuites au « jaune d’or »

Uittreksel uit het dagboek van Luk Lambrecht, curator van de tentoonstelling: 

Goud in de ogen

De realisatie van “parking van goud” van Jacqueline Mesmaeker was bijna een never ending story; maar naar het einde toe van de tentoonstelling (21/07) kwam er toch groene rook uit het Paleis voor Schone Kunsten om dit werk uit 1984 alsnog uit te voeren aan de kant van het voetpad richting Cinematek.
De afspraak met Manu en zoon Yves was dinsdag 07.11.2020 om 11.15 – de film-ploeg was al actief bij de eerste verflaag even na 8 uur in de ochtend.
De parking heeft de afmeting van 2,5 bij 5 meter en grenst pal aan de borduur van het koninklijke troittoir. Drie lagen zijn wenselijk en zelfs bij twee lagen goud wrong de zon zich al dartel in de textuur van de iconen-kleur.
Jacqueline keek ernaar en zei meteen dat de schildering niet deed denken aan een parking-plaats.
Ze wou er een witte lijn rond – op uitzondering van de borduur. Na heel wat ‘gewik en geweeg’ over de breedte – of die officieel, politioneel of emotioneel moest worden – werd een compromis gevonden in strepen van 15 cm breed zoals die officieel wordt voorgeschreven.
De kunst volgt de wet. Chef Techniek Fred keek toe en moest wel aan zijn bijzonder getalenteerde schilder een bijkomende opdracht gunnen en geven om die gevraagde witte strepen perfect te realiseren (weliswaar) na aanbreng van de finale derde en laatst-dekkend laag goud.
Paul Dujardin komt ons vervoegen en poneert dat er een boek – een ‘trace’ moet komen van deze exceptionele tentoonstelling. Hij vertelde Jacqueline ook over het Koninklijk bezoek en de interesse van de Koning voor de “Stèle” – die nu plots merkwaardig genoeg de betekenis kreeg van een sokkel zonder standbeeld. Jacqueline aanhoorde het verhaal en keek wat onbewogen toe.
De “Parking en Or” ligt nu mooi tussen het statige Paleis voor Schone kunsten – het Paleis dat bekend stond als de culturele hub van het establishment én de Hoofdzetel van de Fortis-bank – de voormalige Société Generale. De gouden kleur van de parking dobbert in de zon als een symbool dat hier plots letterlijk ruimte parkeert voor een “péripétie” tussen beide gebouwen mét een beladen verleden. Het goud dekt het geld en het geld kwam al te lange tijd uit Congo, als “hoofdaandeelhouder” van onze welvaartsstaat.
De “Parking en Or” krijgt hier plots in deze context een surplus aan gelaagde en zelfs politieke betekenis. Dat maakt de kracht uit van goede kunst; kunst die zich aanpast aan de realiteit van handeling en bij gevolg lectuur genereert die ‘verspringt’ en afwijkt van wat ooit de intentie was van de kunstenaar.
Het met brede streep omlijste gouden vlak gelijkt op een parking maar is geen parking – “ceci n’est pas un parking”. Het is niets meer dan een herinnering aan een parking; een zijdelingse -parkingplaats die nu bij gelegenheid nog hoogstens wordt gebruikt voor CD-auto’s en voertuigen van gestelde lichamen.
De auto rijdt en parkeert op goud; die plaats is nu goud waard als een icoon die doet denken aan zo vele referentiële belangwekkende kunstwerken.
“Parking en Or” is het sluitstuk geworden van de veel besproken expo “Ah Quelle Aventure” – het is vooral een edelmetaal-ogende, mentale plaats geworden waar de illusie van de goudkleur een mens doet dromen over het kleine en het grote El Dorado, diep in ons allen.
Yves en Manu roepen dat het tijd is voor Victor – daar wil Jacqueline met allen garnaal-kroketten delen met een glas wijn en erna een dampende Italiaanse espresso.
Zo geschiedde en de krokante garnaal-kroketten waren perfect “goudgeel” gebakken.

Luk Lambrecht
07.07.2020

Parking en or, palais des Princes Evêques Liège, exposition Tectonic 84, commissaire : Daniel Dutrieux

 

Marie Zolamian, une mosaïque monumentale pour le nouveau Musée des Beaux Arts d’Anvers

Dans le cadre de la rénovation complète du Musée Royal des Beaux-Arts d’Anvers (KMSKA), chantier pharaonique s’il en est, Marie Zolamian a été invitée à concevoir une monumentale mosaïque qui sera posée sous le péristyle d’entrée de l’imposant bâtiment du musée. C’est, pour Marie Zolamian, une commande publique sans précédent. Un premier entretien avec l’artiste vient de paraître dans Zaal Z, le périodique bimestriel du musée.