Archives de catégorie : Valerie Sonnier

Paréidolie, Marseille, Le Second Rayon, Valérie Sonnier

Chaque année, Paréidolie, Salon international du Dessin contemporain, consacre son Second Rayon au dessin érotique. 

Valérie Sonnier, 2013
Sans titre (de la série Faire le photographe)
Crayon et cire sur papier, 17 x 21 cm
L’attribut alt de cette image est vide, son nom de fichier est 043-782x1024.jpg.
Valérie Sonnier, 2013
Sans titre (de la série « Faire le photographe »)
Crayon sur papier, 21 x 16,5 cm
Valérie Sonnier, 2013
Sans titre (de la série Faire le photographe)
Crayon et cire sur papier, 17 x 21 cm
Valérie Sonnier, 2012
Sans titre (de la série « faire le photographe »)
Crayons de couleurs sur papier, 20,7 x 15  cm

Paréidolie Marseille, preview, Valérie Sonnier

Valérie Sonnier
Sans titre (de la série Badeschloss) 2017-2018
Crayon, crayons de couleur et cire sur papier, 33,5 x 41,5 cm
Valérie Sonnier
Sans titre (de la série Badeschloss) 2017-2018
Crayon, crayons de couleur et cire sur papier, 33,5 x 41,5 cm
Valérie Sonnier
Sans titre (de la série Badeschloss) 2017-2018
Crayon, crayons de couleur et cire sur papier, 33,5 x 41,5 cm

Bâti entre 1791 et 1794 d’après les plans de l’architecte salzbourgeois Wolgang Hagenauer, pour le compte du prince archevêque de Salzbourg Colloredo, l’hôtel Badeschloss, situé tout à côté de la cascade de Gastein à Bad Gastein n’est plus que le fantôme de lui-même lorsque Valérie Sonnier le découvre en 2015. Ce château des Bains de plan quadrangulaire, quatre étages et sept travées de style classique, a pourtant eu longtemps fière allure. Surélevé, on y accède par deux monumentales volées d’escaliers. Son élégant portail est bordé de pilastres aux décors serpentins conçus par l’architecte Anton Högl. Etablissement thermal dès 1807, reconstruit en partie en 1857, caserne à l’époque de la première guerre mondiale, ce petit palais redevient grand hôtel où se croisent élégantes et aristocrates dès le début des années 20. L’empereur allemand Guillaume Ier le fréquenta régulièrement pour une bénéfique et annuelle cure estivale. Élisabeth de Wittelsbach, mieux connue sous le nom Sissi, chère au cinéaste Ernst Marischka, séjourna également à Bad Gastein.(…)

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Valérie Sonnier, Sans titre (de la série Les Beaux-Arts) 2022
Crayon, crayon de couleurs et cire sur papier , 31,6 x 43,5 cm.

Valérie Sonnier à la Maison Victor Hugo, Paris

Valérie Sonnier est l’invitée de la Maison Victor Hugo à Paris et convoque son fantôme. Dès ce 27 octobre. Ouverture exceptionnelle pour la Nuit Blanche ce 1er octobre. 

“ Tout dit dans l’infini quelque chose à quelqu’un “, de Valérie Sonnier établit des liens entre les maisons de Victor Hugo, celle de la place des Vosges et Hauteville House à Guernesey. Évoquant la relation de Victor Hugo  au spiritisme, des apparitions fantomatiques viennent rendre hommage aux êtres ayant vécu dans ces deux lieux. Un film super 8  réalisé à Paris et à Guernesey, ainsi que des photographies de fantômes à Guernesey dans la lignée des photographies spirites, des dessins de Hauteville House, une table spirite, des images transparentes dans des cadres anciens prennent place au sein même de l’appartement de Victor Hugo et dialoguent avec l’esprit du lieu. (Gérard Audinet, Directeur des Maisons de Victor Hugo, Paris / Guernesey)

Valérie Sonnier, Le fantôme de Hauteville House, 2022

Valérie Sonnier, La Forêt magique, Palais des Beaux Arts de Lille, 13 mai -19 septembre

Valérie Sonnier participe à l’exposition La Forêt Magique, commissariat de Bruno Girveau, directeur et Régis Cotentin, responsable de l’art contemporain, au Palais de Beaux-Arts de Lille. 13 mai – 19 septembre. 

Valérie Sonnier, Kodama, tirage numérique, 50 x 225cm (détail), 2022 

Au fil des siècles, les arbres et les forêts ont été tour à tour vénérés et craints, protégés et détestés, considérés comme une ressource qu’on peut épuiser et depuis peu comme un écosystème complexe, à l’image de celui de toute la planète. La forêt habite notre imaginaire depuis des temps immémoriaux. Parmi les femmes et les hommes, les artistes ont porté un regard singulier sur l’arbre et la forêt, pressentant leur importance dans l’équilibre du monde vivant.

Comment les artistes ont-ils représenté la forêt ? Quelles vertus, quels pouvoirs, quelle attention lui ont-ils prêté ? À partir d’un ensemble resserré d’œuvres (peintures, installations, extraits de films), c’est le propos de cette exposition qui propose une expérience forte et une immersion au cœur de l’imaginaire des forêts.

Une exposition à la fois esthétique et militante, éco-conçue et qui révèlera l’intuition écologique précoce des artistes.

Valérie Sonnier, Arco 2022 Madrid, les images (3)

Valérie Sonnier
Montrésor, 2020
film 8 mm numérisé, couleurs, son, 10:11 min.
Valérie Sonnier 
Sans titre, 2015-2017 série Badeschloss)
Crayon, crayons de couleur et cire sur papier. 
12c x 33,5 x 41,5 cm.
Valérie Sonnier,
Fantasmagories,
photographies argentiques et photogrammes sur transparents dans cadres anciens, 2021

Valérie Sonnier, Arco 2022 Madrid, les images (2)

Exhibition view
Exhibition view
Exhibition view
Valérie Sonnier
Montrésor, crayon, crayons de couleur et cire sur papier, 31,5 x 43,5 cm
2020
Valérie Sonnier
Montrésor, crayon, crayons de couleur et cire sur papier, 31,5 x 43,5 cm
2020
Valérie Sonnier
Montrésor, crayon, crayons de couleur et cire sur papier, 31,5 x 43,5 cm
2020
Valérie Sonnier
Montrésor, crayon, crayons de couleur et cire sur papier, 31,5 x 43,5 cm
2020
Valérie Sonnier
Montrésor, crayon, crayons de couleur et cire sur papier, 31,5 x 43,5 cm
2020
Valérie Sonnier, Entre chien et loup, d’après la chasse au loup d’Alexandre-Francois Desportes,
fusain sur papier, 150 x 215 cm, 2021

Valérie Sonnier, Arco 2022 Madrid, les images (1)

Valérie Sonnier, Faire le photographe, Black stone and coloured pencil on paper, 210 x 160 cm, 2014
Valérie Sonnier, Ouija, set of hands in ceramic plaster, 2020
Valérie Sonnier, galerie Hugier 2019, silver print on baryta paper
Valérie Sonnier, galerie Hugier 2019, silver print on baryta paper
Valérie Sonnier, galerie Hugier 2019, silver print on baryta paper
Valérie Sonnier, galerie Hugier 2019, silver print on baryta paper
Valérie Sonnier, galerie Hugier 2019, silver print on baryta paper
Valérie Sonnier, galerie Hugier 2019, silver print on baryta paper
exhibition view

Valérie Sonnier, Arco Madrid, preview (3)

Valerie Sonnier 
Sans titre, 2017 (de la série Badeschloss)
Tirage argentique sur papier baryté,
Valerie Sonnier 
Sans titre, 2017 (de la série Badeschloss)
Tirage argentique sur papier baryté,

L’HÔTEL BADESCHLOSS, FANTÔME DE LUI-MÊME

Bâti entre 1791 et 1794 d’après les plans de l’architecte salzbourgeois Wolgang Hagenauer, pour le compte du prince archevêque de Salzbourg Colloredo, l’hôtel Badeschloss, situé tout à côté de la cascade de Gastein à Bad Gastein n’est plus que le fantôme de lui-même lorsque Valérie Sonnier le découvre en 2015. Ce château des Bains de plan quadrangulaire, quatre étages et sept travées de style classique, a pourtant eu longtemps fière allure. Surélevé, on y accède par deux monumentales volées d’escaliers. Son élégant portail est bordé de pilastres aux décors serpentins conçus par l’architecte Anton Högl. Etablissement thermal dès 1807, reconstruit en partie en 1857, caserne à l’époque de la première guerre mondiale, ce petit palais redevient grand hôtel où se croisent élégantes et aristocrates dès le début des années 20. L’empereur allemand Guillaume Ier le fréquenta régulièrement pour une bénéfique et annuelle cure estivale. Élisabeth de Wittelsbach, mieux connue sous le nom Sissi, chère au cinéaste Ernst Marischka, séjourna également à Bad Gastein.

Ces figures impériales ne sont pas les seuls fantômes qui hantent cette station alpine que l’on a parfois surnommée la Monte Carle des Alpes. L’hôtel Badeschloss, le Grand Hôtel de l’Europe, colosse néo – renaissance de dix étages inauguré en 1909 qui rappelle inévitablement le Grand Hôtel Budapest du cinéaste Wes Anderson, la Villa Excelsior, l’Hôtel Straubinger sont encore hantés par bien des artistes et célébrités. Le philosophe Arthur Schopenhauer y a séjourné. Franz Schubert y compose sa Gasteiner Symphonie en 1825. Thomas Mann y écrit L’Elu, cette histoire d’une généalogie pervertie, avec secrets d’alcôves, scandales étouffés, transgressions de tous ordres et accumulations d’incestes. Sigmund Freud fut un invité régulier de l’hôtel Villa Excelsior entre 1916 et 1923. L’hôtel dispose encore aujourd’hui de sources d’eaux chaudes riches en radon qui semblent favoriser une vie sexuelle saine. En plus d’écrire et de profiter des eaux curatives, il semble que le Docteur Freud se soit enfermé dans la chambre 18 pour faire l’amour avec Minna Bernays, la jeune soeur de sa femme. Après l’Anschluss, Bad Gastein est devenu le nouveau spa de luxe des élites du troisième Reich. Joseph Goebbels venait y exfolier ses peaux mortes. Ses camarades nazis, alors qu’ils assistent à des représentations théâtrales, ont détruit les fresques dites dégénérées que Gustav Klimt avait peintes au Grand Hôtel de l’Europe. On raconte que la mère du cinéaste autrichien Michael Haneke, actrice respectée, enceinte en 1942, perdit les eaux alors qu’elle était en pleine représentation sur la scène du Grand Hôtel devant une suite de fonctionnaires et dignitaires nazis. Il fallut trouver d’urgence une voiture afin de traverser cette vallée des Alpes et rejoindre une maternité munichoise. Oui, bien que de nationalité autrichienne, Michael Haneke est en effet né à Münich.

Albert Einstein, Alfred Nobel, Franklin D. Roosevelt, Billy Wilder, tant d’autres, ont également séjourné dans la vallée de Bad Gastein. Il se murmure même que le pape Jean Paul II soit venu profiter incognito des magnifiques pistes de ski voisines.(1)

Oui, mais voilà, il n’y a pas de miracle. Aux grandeurs de quelques décennies féériques, effrénées ou décadentes succèdent de longues années de vicissitudes. Malgré quelques tentatives de relance, dont la construction d’un grand Centre de Conférence de style brutaliste imaginé à l’aube des années 70 par l’architecte salzbourgeois Gerhard Garstenauer, les bâtiments historiques de Bad Gastein se vident et sont bientôt abandonnés. C’est le cas de l’hôtel Badeschloss, laissé pour compte durant de nombreuses années, racheté en 1999 par un riche investisseur viennois, Franz Duval, qui met la main sur plusieurs bâtisses anciennes de la station alpine. Celui-ci promet d’investir mais rien ne change : Duval laisse l’hôtel se dégrader. Jusqu’à cette funeste date du 27 mars 2013. L’imposante charpente de l’hôtel s’embrase vers 5h30 du matin, l’incendie est ravageur. Dès l’après midi, la police confirme l’origine criminelle du sinistre. L’incendiaire a voulu mettre le feu dans le hall d’entrée, mais il a échoué. Puis il a bouté le feu à quelques vieux draps de lit qu’il a trouvé sous les combles et la charpente s’est embrasée. Le porte-parole des autorités ne s’étonne même pas : de nombreuses vitres du bâtiment sont brisées depuis longtemps : on rentre dans l’hôtel comme dans un moulin.(2)

Deux ans plus tard, Valérie Sonnier a visité l’hôtel de la même manière, incognito, magnétisée sans aucun doute par tous ces fantômes qui errent depuis si longtemps dans la vallée, comme les fantômes familiers de l’enfance hantent la maison familiale de Versailles, ce petit Trianon provincial, comme celui de Jean Cocteau qui accompagne la Belle et la Bête au château de Raray près de Senlis. Cette visite initiatique l’amènera à revenir à diverses reprises à Bad Gastein afin de nous livrer des suites de dessins, de photographies et, enfin, un film super huit. Oui, les trois mediums sont définitivement et intrinsèquement liés dans la pratique de l’artiste, en rebonds, déplacements du plan fixe et de l’image en mouvement, mouvement cyclique des dessins tracés comme plans et cadres d’un synopsis, mouvances fantomatiques hantant les tirages noirs et blancs. Le film super huit mêle intérieurs et extérieurs, jour et nuit, la neige et l’eau noyant le feu, les lueurs et halos fugitifs. Parmi ces lueurs étranges, dansantes et incertaines, apparaissent les scintillantes pampilles de verre d’un lustre d’apparat. Sissi esquisse un pas de valse, le temps d’une image quasi subliminale. Les travellings sont lents, épousant les forêts, cascades et flancs de montagnes du parc national des Hohe Tauern ; ils frôlent et glissent le long des façades de la bâtisse. Et le grain de la pellicule sert à merveille une sorte d’atemporalité, de suspension dans le temps et l’espace. Nous sommes entre chien et loup. Non pas que Valérie Sonnier ait privilégié ces moments où surgissent l’aube ou l’obscurité pour filmer, mais bien dans l’acception de l’expression, quand l’homme ne peut distinguer le chien du loup, le chien guide diurne et le loup, symbole de la nuit, des peurs et cauchemars qu’elle convoque et provoque.

Bon nombre de dessins sont comptables de l’incendie de la toiture, un embrasement que l’artiste réinvente, la survivance d’un moment, la survivance de l’image dans une énergie fluente. « Faire une image, c’est s’adresser à la perte de quelque chose », écrit Georges Didi-Huberman. Oui, au-delà de la perte d’une charpente, Valérie Sonnier a compris toute l’urgence de la survivance par l’image, de la survivance de l’image elle-même. Ses dessins témoignent ici d’une minutieuse énergie à fixer l’éphémère, tandis qu’évoquant l’incendie du bâtiment, elle convoque également l’imaginaire et l’anachronisme, une polyrythmie de l’image. Tout s’interpénètre, en effet, dans cette expérience mnémonique. Et l’on pourrait se demander si les fantômes eux-mêmes ne sont pas les seuls habiles –et habilités – à conserver cette mémoire, à l’unir à l’imaginaire. Ils sont gardiens oniriques, suaires d’inquiétudes, porteur visionnaires de l’imagination et de ce qui fait image. Ils ont la part belle dans la suite de photographies que Valérie Sonnier a produite. Renouant une fois encore avec l’expérience fondatrice de Jacques Henri Lartigue, ce cliché que le futur photographe prend en 1905 alors qu’il n’a que onze ans, Mon frère Zissou en fantôme, Villa Les Marronniers, Château Guyon, Valérie Sonnier témoigne de leurs immatérielles apparitions dans les couloirs de l’hôtel. Ils errent dans un hôtel fantomatique, ils hantent les images, ils font et sont l’image elle-même, ils en sont les intercesseurs, partagent une mémoire, qu’elle soit individuelle ou collective. Car les fantômes, je vous l’assure, sont aussi les gardiens des propensions hybrides, agitées, inspirées, inquiètes ou angoissées de tous les créateurs d’images.

Jean-Michel Botquin, 2020

1 Lire a ce sujet David Granda, Bad Gastein: así es ahora la ciudad balneario de Sissi, Freud y Einstein, Revista Condé Nast Traveler, janvier 2020

2 Divers articles de la presse régionale, dont Salzburg ORF.at. Ajoutons, pour être complet, qu’un groupe hôtelier munichois a racheté l’ancienne poste, l’hôtel Badeschloss et l’Hôtel Straubinger en novembre 2018 et développe un important projet hôtelier. Ouverture prévue en 2023.


Valérie Sonnier
Badeschloss, 2017
Film Super 8 numérisé, 14’44’’
Valérie Sonnier 
Sans titre, 2015-2017 (de la série Badeschloss)
Crayon, crayons de couleur et cire sur papier. 
33,5 x 41,5 cm.
Valérie Sonnier 
Sans titre, 2015-2017 (de la série Badeschloss)
Crayon, crayons de couleur et cire sur papier. 
33,5 x 41,5 cm.
Valérie Sonnier 
Sans titre, 2015-2017 (de la série Badeschloss)
Crayon, crayons de couleur et cire sur papier. 
33,5 x 41,5 cm.
Valérie Sonnier 
Sans titre, 2015-2017 (de la série Badeschloss)
Crayon, crayons de couleur et cire sur papier. 
33,5 x 41,5 cm.
Valérie Sonnier 
Sans titre, 2015-2017 (de la série Badeschloss)
Crayon, crayons de couleur et cire sur papier. 
33,5 x 41,5 cm.
Valérie Sonnier 
Sans titre, 2015-2017 (de la série Badeschloss)
Crayon, crayons de couleur et cire sur papier. 
33,5 x 41,5 cm.
Valérie Sonnier 
Sans titre, 2015-2017 (de la série Badeschloss)
Crayon, crayons de couleur et cire sur papier. 
33,5 x 41,5 cm.
Valérie Sonnier 
Sans titre, 2015-2017 (de la série Badeschloss)
Crayon, crayons de couleur et cire sur papier. 
33,5 x 41,5 cm.
Valérie Sonnier 
Sans titre, 2015-2017 (de la série Badeschloss)
Crayon, crayons de couleur et cire sur papier. 
33,5 x 41,5 cm.

Valérie Sonnier, Arco Madrid, preview (2)

Valérie Sonnier,
Fantasmagories,
photographies argentiques et photogrammes sur transparents dans cadres anciens, 2021

L’Histoire avec un grand H est effectivement très présente dans le château, à travers des peintures et des objets. Xavier Branicki acheta Montrésor en 1849 et en fit un refuge et un lieu de retrouvailles pour des générations de polonais. Pendant la seconde guerre mondiale, Anna Potocka  s’engagea à l’âge de 77 ans dans la résistance et joua un rôle important en accueillant au  château  les  résistants  et les juifs qui voulaient franchir la ligne de démarcation pour échapper aux nazis. J’ai aussi découvert la complexité de l’histoire de la Pologne en m’intéressant à Montrésor. Je n’ai pas choisi d’en faire l’axe principal du projet mais dans la salle de billard dans laquelle deux grands tableaux d’Histoire se font face, une pièce montrera les différents états du territoire polonais. Quant à l’histoire de la famille, elle sera présente dans le film et dans l’histoire du fantôme. Des photographies viendront se mêler aux photographies de famille. L’histoire du château est aussi une histoire  de   femmes.   Xavier  Branicki  en fit l’acquisition sur les conseils de sa mère. Anna Potocka, évoquée précédemment, a été une figure emblématique de la famille. Dans une des salles du château sont exposés exclusivement des portraits de femmes. J’y installerai une pièce qui évoquera la transmission grâce à la participation des trois filles de Georges et  Geneviève Szerauc, la dernière génération des femmes de Montrésor (Valérie Sonnier)

Valérie Sonnier
Le fantôme du Grand Salon,
photographie argentique sur transparent, 2021

J’aime rendre hommage aux personnes qui ont traversé un lieu, imaginer leur présence, dit l’artiste hantée par la mémoire individuelle et collective. Les apparitions sont à l’œuvre dans ses extraordinaires dessins comme dans ses films Super 8 en noir et blanc et ses photographies argentiques au grain accentué, dans la lignée de la photographie spirite de la fin du XIX’ siècle. Mes pratiques se nourrissent  les unes des autres et me permettent de m’approprier les lieux. (Myriam Boutoulle dans Connaissance des Arts) 

Valérie Sonnier
Montrésor, crayon, crayons de couleur et cire sur papier, 31,5 x 43,5 cm
2020
Valérie Sonnier
Montrésor, crayon, crayons de couleur et cire sur papier, 31,5 x 43,5 cm
2020
Valérie Sonnier
Montrésor, crayon, crayons de couleur et cire sur papier, 31,5 x 43,5 cm
2020
Valérie Sonnier
Montrésor, crayon, crayons de couleur et cire sur papier, 31,5 x 43,5 cm
2020
Valérie Sonnier
Montrésor, crayon, crayons de couleur et cire sur papier, 31,5 x 43,5 cm
2020

« Montrésor » est une vaste installation (dessins, film, photographies, son) que le spectateur est amené à découvrir au fil de sa déambulation dans l’espace intérieur du château. Les dessins se mêlent aux objets du château, s’ajoutent aux photographies de famille encadrées et posées sur des commodes. Le dessin permet à l’artiste d’établir « un portrait » du lieu en l’explorant dans ses moindres détails. Le film et les photographies poursuivent la description des lieux et rendent hommage aux vies les ayant traversés sous la forme d’un fantôme. Une forme blanche fidèle à la  première idée que l’on peut se faire d’un fantôme dès l’enfance, et qui représente tous les fantômes du lieu. Valérie Sonnier s’attache, non seulement, à évoquer la mémoire de lieux, mais également à lier intimement mémoire individuelle et mémoire collective.