Archives de catégorie : Jacques Lizène

Jacques Lizène, Les Années Yellow (1968-1975), vernissage ce samedi 21 février

La galerie Nadja Vilenne a le plaisir de vous inviter au vernissage de l’exposition 

JACQUES LIZENE, LES ANNEES YELLOW (1968-1975)

le samedi 21 février 2026 à 18h 

Exposition du 21 février au 18 avril 2026. Je. Ve. Sa. de 14 à 18h ou sur RV. 

Jacques Lizène, Et une tentative de sourire d’un Petit Maître liégeois de la seconde moitié du XXe siècle. 1974

Jacques Lizène, futur Petit Maître de la seconde moitié du XXe siècle, entame une intense collaboration avec Guy Jungblut, fondateur de la galerie Yellow, rue Roture à Liège, galerie dont Lizène essuiera les plâtres, à la fin de l’année 1969. « D’une même génération », l’artiste et son galeriste  seront « foutraques et conceptuels ». Jacques Lizène produira films, textes et photographies, parmi lesquels Volets clos, Travaux sur le cadre, Le Perçu et le non‐perçu, les Tentatives de rire et de sourire, ACGT photographier et filmer le plus grand nombre de visages au monde, œuvres fondatrices de son Art d’attitude. En même temps, il prendra position pour la non‐procréation et déclarera avoir subi une Vasectomie, portant dès lors une sculpture interne. L’exposition se concentre sur ces années-là, année par année, exposition par exposition, déclaration par déclaration. Elle est accompagnée d’une publication, Les Années Yellow, Volume II (bien que le Volume I ne soit pas encore paru),  une chronologie en tentative d’achèvement.

La Rencontre, les images (2)

La Rencontre, Filip Francis, Jacques Lizène, Walter Swennen

LES RENCONTRES, WALTER SWENNEN, MARCEL BROODTHAERS, FILIP FRANCIS, FRANCISCO DE ZURBARAN, JACQUES LIZENE, MARCEL DUCHAMP

 Trois œuvres ponctuent l’exposition, comme trois contrepoints. La première est d’ailleurs une ponctuation : Virgule de Walter Swennen (1999), un hommage à Marcel Broodthaers, une évocation, une virgule telle celle du poème industriel Modèle : la virgule (1969-1970) qui combine la Trahison des images de Magritte (« Ceci n’est pas une pipe »), la spatialisation du langage et de la ponctuation chez Stéphane Mallarmé ainsi que les propres recherches de Broodthaers sur la rhétorique visuelle et poétique. Pour Marcel Broodthaers, « la virgule est un modèle temporel, en tant que signe de ponctuation marquant le rythme. Dans ses plaques, Broodthaers ne l’a que rarement utilisée comme signe de ponctuation conventionnel, préférant en faire un élément (typo)graphique perturbant, pour présenter un nouveau mode d’écriture, de lecture et d’interprétation des textes »[1]. Walter Swennen rencontre Marcel Broodthaers en 1965. Et lui aussi, tout comme son aîné, opérera ce glissement de la poésie aux arts visuels, ce qu’exprime fort bien cette Virgule. En 2001, Walter Swennen écrira à propos de Marcel Broodthaers : «  MB était communiste – la moule est une forme égalitaire – et poète. Expulsé du Parti pour vagabondage. D’autres poètes, choqués par son matérialisme vulgaire, se bouchèrent le nez. Pendant douze ans, il abandonna la poésie, gagnant de quoi mener une existence bourgeoise. Le but semblait atteint, et la liberté d’écrire retrouvée, lorsque la mort l’emporta. Dès le début, MB a dit ce qu’il faisait. Quelque chose d’insincère, à vendre. Il a mis ses cartes sur table, pour éviter les accusations de trahison. Pour survivre, il faut coucher. Et puis : C’est de l’art, disait-il. Ne dites pas que je l’ai dit. Renard rusé, il étudie le mode de vie des corbeaux, puis leur dit ce qu’il fait. Une œuvre singulière, une œuvre occasionnelle. MB n’est pas un stratège : à Waterloo, il joue le clown continental. C’est plutôt un tacticien doté d’une grande présence d’esprit, qui puise joyeusement dans la boîte à outils du poète absent. Je ne transgresse pas la mesure, je ne fais que la disperser, écrit Mallarmé dans la préface à Un coup de dés , omise dans la version du poème de MB »[2].

Tout comme Valérie Sonnier, Filip Francis a fait le voyage à Ornans. C’était en 1999 à l’occasion de l’exposition Réalités contemporaines, à la Maison Natale de Courbet. Cinq ans plus tôt, il s’est inspiré de La Rencontre de Gustave Courbet, conservée au musée Fabre à Montpellier. C’est également au musée Fabre qu’est conservée la Sainte Agathe de Francisco de Zurbaran. Hanchée comme une Madone, la jeune sainte de Catane, présente ses seins sur un plateau, sans ostentation, dans un geste de simple et digne offrande. L’œuvre appartient au courant ténébriste du maître espagnol. Filip Francis la soumettra également à son regard périphérique. De manière constante, depuis 1979, comme des milliers de peintre avant lui, il copie les maîtres. C’est une expérimentation sur la mémoire sensorielle et ses limites qui conduisent son travail selon deux axes de recherches principaux : le champ de vision périphérique, largement sous-estimé dans l’histoire de la représentation, et la désaturation. Filip Francis fixe exclusivement le point central de la toile modèle et reporte ce point sur la toile vierge. Il recompose la peinture en périphérie, à partir de la vision incertaine et floue que l’œil a sur les côtés ; il peint à la fois ce qu’il voit et ce qu’il perçoit. Notre champ de vision latérale nous permet surtout de détecter les changements et mouvements, mais il est d’une faible acuité, moins riche en cellules photoréceptrices que la vision centrale. Filip Francis continue à fixer le point central du tableau qu’il copie tandis qu’il peint la périphérie en gestes  plus intuitifs, plus imprécis, à la jonction de la subjectivité et de l’objectivité, les limites de la vision opérant comme des métaphores de celles de la conscience. Son autoportrait au fard (2011) procède, lui, de ses recherches sur la désaturation, jouant sur l’infime nuance chromatique qui sépare le blanc d’une couleur dont la désaturation est poussée à l’extrême. La forme en devient ainsi presque invisible, et le regardeur doit alors faire appel à la suppléance de l’œil que sont sa mémoire et sa culture pour en redessiner les contours. Signalons – pour rester à Montpellier où sont aujourd’hui conservées la Rencontre de Courbet et celle de Francis – qu’invité à participer à une exposition intitulée Hep Marcel ! organisée par le FRAC Occitanie en 2006, Filip Francis désatura la broyeuse de chocolat qui figure dans le Grand Verre de Marcel Duchamp de même qu’il désatura également le profil de MD.[3] 

Marcel Duchamp, voici notre troisième contrepoint. Il est lizénien, avatar des Sculptures génétiques, idée émise par le Petit Maître en 1971, complétée par le concept de Sculpture génétique culturelle établi en 1984. Il est Art syncrétique [1964] aussi : « Croiser toutes sortes de choses comme des animaux, des visages, des architectures, des arbres, des voitures, des chaises, des sculptures. » Ou encore : « Découper et mélanger deux styles. » En ce cas précis, Lizène croise deux œuvres : sur une photocopie de la photographie de Fountain de Marcel Duchamp, photo prise par Alfred Stieglitz dans sa galerie de New York en avril 1917, Lizène trace un demi masque dont les traits épousent parfaitement les bords de l’urinoir, l’orifice de la chasse d’eau transformé en bouche en O. Tout est dans l’inframince entre l’œuvre signée Mutt, la photographie de Stieglitz et le tracé de Lizène. Cette photographie de Stieglitz est parue pour la premières fois en mai 1917 dans The Blind Man, une revue satirique fondée à l’occasion du salon par Duchamp lui-même, Henri-Pierre Roché et Beatrice Wood. Louise Norton, l’amie de Marcel Duchamp, y signe un texte intitulé Buddha of the Bathroom, référence à la forme de l’urinoir tel que posé sur son socle par l’artiste. À la question « Est-ce sérieux ou est-ce une blague ? », elle répond : « c’est peut-être les deux »[4]. Qu’il nous soit permis de rappeler ici deux déclarations de Jacques Lizène. En mars 2000, Lizène affirme que : « Marcel Duchamp a fait du Lizène sans le savoir… quelque fois, (ah, ah, ah !) » En 2003, dans un long entretien accordé à Denis Gielen, il se déclare être le vingt-cinquième Bouddha.[5]

[1] Marcel Broodthaers, Industrial Poems. The Complete Catalogue of the Plaques 1968–1972, WIELS, Hatje Cantz, 2024

[2] Copie de Voyage N°4, 2007, (éditée par Michel Assenmaker & Olivier Foulon) The New Break, Bruxelles.

[3] FRAC Occitanie, Montpellier, textes de Gaye-Thaïs Florent et Céline Mélissent.

[4]  Then again, there are those who anxiously ask,  » I s he serious or is he joking ?  » Perhaps he is both! Is it not possible? Louise Norton, Buddha of the Bathroom, The Blind man, 33 WEST 67th STREET, New-York, mai 1917

[5] Denis Gielen, Le vingt-cinquième Bouddha, Le Facteur Humain, 2003

Walter Swennen
Virgule, 1999
Huile sur toile et bois, 50 x 42 cm
Jacques Lizène
Sculpture génétique [1971] culturelle [1984], en remake, Lizène croisé Duchamp, 2016
Encre et photocopie, 29,7 x 21 cm
Filip Francis
Copie de Sainte-Agathe de Francisco Zurbaran dans le champ de vision périphérique, 2001
Huile sur toile, 129 x 90 cm

Jacques Lizène, Rewind – Replay, Vidéographie, Argos

Jacques Lizene participe à l’exposition. Rewind Replay, Vidéographie, jusqu’au 21 décembre, Argos, Bruxelles 

Rewind, Replay : Vidéographie rend hommage à Vidéographie, une émission télévisée belge produite et diffusée par la RTBF de 1976 à 1986. Vidéographie s’est distinguée par sa démarche pionnière, à la fois plate-forme artistique et outil d’accès public. En bousculant les codes et les formats traditionnels de la télévision, elle a permis au domaine émergent de l’art vidéo de se déployer à l’écran.

Au fil de ses 132 épisodes, l’émission a servi de terrain d’expérimentation pour des artistes locaux et internationaux, tout en s’insérant directement dans les débats culturels et politiques de l’époque. Elle incarne une période où l’accessibilité des nouvelles technologies audiovisuelles bouleverse le champ artistique et favorise une participation élargie.L’exposition, en co-organisation avec SONUMA — Les Archives audiovisuelles et en collaboration avec Space Collection à Liège, propose une sélection d’archives, d’extraits, de compilations thématiques et d’œuvres vidéo intégrales pour souligner la puissance expérimentale de l’émission, son esprit d’ouverture et sa capacité à consolider les sphères artistiques, technologiques et sociales.

En mettant ces éléments au premier plan, l’exposition ravive l’esprit de Vidéographie et présente une archive vivante qui continue de résonner avec la culture numérique, les pratiques collaboratives et les expérimentations médiatiques contemporaines.

Vidéographie présente une démarche à la fois éclectique et radicale, dans laquelle l’art, la technologie et la télévision s’assemblent pour toucher un public large et diversifié, qu’il s’agisse de spectateur·ice·s averti·e·s ou non-initié·e·s. Tantôt sous forme d’inter- mèdes ludiques et rythmés ou de dialogues entre penseur·euse·s influent·e·s, les épisodes s’emparent des luttes sociales de l’époque et explorent la télévision comme un médium participatif et démocratique. En retournant la télévision contre elle-même — ce que certain·e·s ont décrit comme de « l’anti-télévision »—Vidéographie crée un espace où les artistes comme les collectifs militants peuvent contester les informations et les images dominantes.

Jacques Lizène, Offscreen Paris, les images

Lu sur Instagram ces quelques phrases de Philippe Mangeot. :

Ces jours de bord des larmes où tu ne sais plus distinguer entre les petits emmerdements et les problèmes réels ; où tu rabats la débâcle du monde sur la dégringolade de certains de tes proches ; où tu n’as même plus la ressource de rire quand le flux du réseau déverse sur ton téléphone les affects les plus dégueulasses ; où la lecture de deux copies successives te convainc que tu es un prof médiocre – c’est forcément ta faute…

Et soudain, deux rencontres – une œuvre plastique, un livre. Elles ne te vengent pas, elles ne te réparent pas, on n’est pas chez les bisounours. Elles viennent sans avoir été appelées. Elles ne demandent rien, tu leur fais de la place, tu respires.

L’œuvre plastique, ce sont les photos de Jacques Lizène montrées par la galerie belge Nadja Vilenne dans l’exposition OffScreen à la chapelle de la Salpêtrière. Lizène est, avec Bas Jean Ader, l’un de tes héros paradoxaux : ce « petit maître liégeois », comme il se désignait lui-même, fut porte-drapeaux d’une médiocrité fertile, d’une idiotie apte à dégonfler toutes les baudruches, comme dans cette série de performances photographiques datées en 1971 où il s’efforce de rester dans le cadre jusqu’à l’occuper totalement en position fœtale, de s’y glisser subrepticement comme un intrus entre deux portes, d’adapter le cadre à ses bras en croix ou encore de gambader gaiement sur ses bords.

Le livre, c’est ‘Pot pourri’ de Liliane Giraudon, dont je l’ai entendue dire quelques pages l’autre jour à la librairie Les Mots à la bouche (elle était avec Vincent Broqua qui présentait son nouvel exercice de traduction louche, ‘Gaiamen’). J’en lis aujourd’hui une partie, et notamment les notations numérotées, rassemblées sous le titre « Ce qui s’affiche les nuits où tu n’as pas pu dormir », où s’expriment, au cœur du constat du vieillissement, la vigueur de la rage et la persistance de l’émerveillement – celui d’avoir vécu et de vivre aujourd’hu dans ce monde-là et dans aucun autre. Elle y parle souvent du « siècle dernier », dont je viens comme elle. Ce journal d’insomnie est écrit à la deuxième personne, ce « tu » n’est pas toi et il te déplace.

Merci à elle et lui !

Jacques Lizène, Offscreen, introduction

Contraindre le corps (1971-73)

Juste après son exposition Art Spécifique (1970), Jacques Lizène crée un ensemble d’œuvres filmiques et photographiques soulignant une approche spécifique au médium, des images toutes intrinsèquement liées à leurs titres qui décrivent les performances absurdes représentées dans les images. Ainsi en va-t-il de Contraindre le corps à s’inscrire dans le cadre de la photo, de Contraindre le corps d’une jeune fille dans le cadre de la photo ou de photographier un personnage refusant de subir la contrainte des limites du cadre de la photo, toutes ces œuvres participant d’un plus ample projet consistant à Contraindre toutes sortes de corps à s’inscrire dans les limites du cadre de la photo, y compris des corps de policiers. Image par image, l’appareil photo ou la caméra se rapproche de plus en plus du sujet, le forçant à se pencher de plus en plus jusqu’à ce qu’il apparaisse totalement contenu dans le cadre en position fœtale, un comble régressif pour un artiste qui adhère aux idées d’Émile Cioran dissertant de l’Inconvénient d’être né. Chantre du ratage et du fiasco, l’artiste-performer disqualifie son propre travail lorsqu’en 1972, il ne réussit pas à garder la tête et les pieds parfaitement au bord de l’image. Il barre dès lors son film à la main, image par image.

Jacques Lizène
Contraindre le corps nu d’une jeune fille dans le cadre de la photo. Projet : Contraindre toute sorte de corps nus ou habillés, y compris des corps de policiers à s’inscrire dans les limites du cadre de la photo, 1973. Accompagné d’un personnage refusant de subir la contrainte des limites du cadre de la photo, 1971-73. Photographies NB, impressions numériques, 9 x 40 x 50 cm, 2011. Dimensions du dispositif : 310 x 40 cm
Jacques Lizène
Personnage photographié refusant de subir la contrainte des limites du cadre d’une photo, 1973. Photographie NB, tirage argentique (1973), 16,5 x 22 cm. Encadré : 41 x 31 cm
Jacques Lizène
Un film barré à la main, 1971-1972
NB, sans son, Super 8 numérisé, 1’31, réalisation Galerie Yellow.
Avec la caméra placée à différentes distances, tentative ratée , d’inscrire le corps dans le cadre de l’écran, tête et pieds parfaitement au bord. 1971. Film barré image par image, à la main, en 1972

Travaux sur le cadre (1971)

Outre ses travaux sur les Contraindre le corps, Lizène développe une série de travaux filmiques et photographiques sur la spécificité du cadre de l’image : Entrer joyeusement dans le cadre, accrocher sa cravate au bord du cadre, se promener d’un bord à l’autre du cadre, se promener autour du cadre, s’identifier au bord de cadre, s’introduire simultanément dans le cadre de deux photos, etc. L’aspect performatif exécuté par l’artiste lui-même relie ce groupe d’œuvres au canon conceptuel, plus précisément à l’art conceptuel californien dont Bruce Nauman est une figure clé, un jeu conscient de soi et centré sur soi, une nouvelle relation avec la problématique de l’image mise en scène, une relation différente avec le réel. Usant, comme Bruce Nauman l’a également fait, d’une stratégie tautologique entre titre et image, Lizène donne à son travail une dimension humoristique, absurde, éminemment subjective, une stratégie qui s’inscrit parfaitement dans la lignée de la Subversion des Images (1929-1930) du surréaliste bruxellois Paul Nougé ou de René Magritte dans ses clichés amateurs. L’artiste devient objet perturbateur de l’image qu’il manipule par ailleurs. En 1990, Lizène déclarera être l’inventeur du conceptualisme comique, rejoignant sans le savoir puisqu’il ne les connaissait pas à l’aube des années 70, William Wegman, Bas Jan Ader ou Ger Van Elk.

Jacques Lizène
Petit Maitre liégeois hésitant à entrer dans le cadre de l’une ou de l’autre photo, 1971
Photographies NB, tirage argentique (1971), 18 x 24,5 cm. Encadré : 37 x 43 cm
Jacques Lizène
Promenade autour du cadre de la photo, 1971
16 tirages argentiques couleurs. 44 x 48 cm. Encadré : 62 x 79 cm

Pieds (minimal body art)
Petite chanson répétitive et non séductive à placer dans les galeries et les musées

Dans sa Rapide Autobiographie (Tome II), Jacques Lizène précise qu’il devient photographe non photographiant en 1971. Il fait réaliser par un photographe professionnel, en l’occurrence son galeriste Guy Jungblut, trois photos grandeur nature : ses deux pieds chaussés, ses deux pieds en chaussettes et ses deux pieds nus. Les trois photos sont destinées à être exposées au bas d’une cimaise de galerie ou de musée. Il compose, pour accompagner ces photos une première petite chanson non-séductive et répétitive pour cassettophone. Et il chante : Mais qu’y-a-t-il sur mes souliers ? Deux lacets lacés ou délacés. / Mais qu’y-a-t-il sous mes souliers ? Deux semelles caoutchoutées. Mais qu’y-a-t-il dans mes souliers ? Deux chaussettes et deux pieds. / Mais qu’y-a-t-il au bout de ces deux pieds ? Dix doigts agités, agités, agités. Houplalala, houplalala. Le tout est chanté sur un ton nasillard et très monotone, le chanteur envahi par une grande lassitude. L’artiste précise que ce genre de chansons doit être recommencé sans cesse par l’interprète jusqu’à l’épuisement ou le dégoût. De quoi agacer les visiteurs de la galerie ou du musée. Pieds, titre de l’œuvre, a été montrée à la Neue Galerie à Aachen en 1972 à l’occasion de l’exposition Lüttich, Galerie Yellow Now, ihre Künstler im Studio. Elle a également été exposée au Palais des Beaux-Arts de Charleroi en 1971 pour l’exposition Tendances… l’art jeune en Belgique. Au catalogue, elle y figure sous un autre titre, révélant une autre dimension de l’œuvre : Petit Body Art réalisé avec les pieds. Du minimal body art, dira Jacques Lizène, où du Body Art Nul, le petit maître agitant son gros orteil dans sa chaussure, dans l’esprit du perçu non perçu (1973)

Jacques Lizène
Pieds, minimal body art, 1971
4 photographies NB, 45 x 58 cm 
Petite chanson répétitive, pièce de musique non séductive à placer dans les galeries et les musées, 1971

Jacques Lizène, Offscreen, La salpêtrière, Paris, 21-26 octobre

La galerie Nadja Vilenne a le plaisir de vous informer de sa participation à la quatrième édition de OFFSCREEN, Installations, images fixes et en mouvement,  et exposera des oeuvres de

JACQUES LIZENE 

Contraindre le corps et travaux sur le cadre 1971-1973

Petit maître liégeois ayant accroché sa cravate au cadre de la photo, 1971

OFFSCREEN
Chapelle Saint-Louis de la Salpêtrière, Paris

Entrée par le square Marie Curie
47, Bd de l’Hôpital, 75013 Paris

Public Days
Mardi 21 — samedi 25 octobre | 11:00 —19:00
Dimanche 26 octobre | 11:00 —18:00

Pour garantir une expérience de visite optimale, OFFSCREEN est accessible gratuitement sur réservation, en cliquant ici 

 

Paréidolie Marseille, Jacques Lizène, preview