Emilio Lopez Menchero, Tintamarre pour Charivari à Oudenaarde

Emilio Lopez Menchero,
Tintamarre, 2018,
technique mixte, dimensions variables
Exposition Charivari, église Notre Dame de Pamele à Oudernaarde

Jacques Charlier, Alevtina Kakhidze, Jacques Lizène, Emilio Lopez Menchero, Antoine Nessi, L’Elexposition, Liège, divers lieux

Du 19 septembre au 14 octobre, à Liège, soyez attentifs aux panneaux électoraux dévolus au Party Content (PVC, Party Vraiment Content) : ils sont investis par 34 artistes venant de tous les horizons. Et parmi eux :  Jacques Charlier, Alevtina Kakhidze, Emilio Lopez Menchero, Jacques Lizène et Antoine Nessi ! Soyez contents !

Être content envers et contre tout, c’est la philosophie de Party Content ! L’art, la poésie, la musique, la fête sont ses moyens pour mener à bien ce vaste programme de contentement. Le Manifeste du Party Content, c’est ici

Jacques Charlier, Emilio Lopez Menchero, Charivari, Notre Dame de Pamele, Oudenaarde

Jacques Charlier et Emilio Lopez-Menchero participent à l’exposition Charivari, organisée en l’église Notre Dame de Pamele à Oudernaarde. (commissariat : Jan Hoet Jr et Mélanie Deboutte) 

Adriaen Brouwer (1605-1638) is regarded as one of the most important artists of the 17th century, although still too little known today. Brouwer was born in Oudenaarde and died at the age of 33 in Antwerp, 380 years ago this year. The city of Oudenaarde is now organizing an ambitious exhibition in their museum, bringing together no less than half of Brouwer’s entire oeuvre.

We offer a response to this exhibition by bringing together a group of 29 contemporary artists under the title CHARIVARI in the oldest church of Oudenaarde, on the banks of the Scheldt. We are inspired by the artistic heritage of a figure like Brouwer with a critical, often moralizing but always humorous look at a society that doesn’t seem so different from ours today. Among the participating artists we recognize a similarly critical voice, as well as a substantial sense of emotion, vulnerability and humor.

Emilio Lopez Menchero, Van Mol tot Molenbeek, De Garage, Mechelen, les images (6)

Emilio Lopez Menchero
Cabezudo, le bavarois (2015),
oil on canvas, 130 x 115 cm

Emilio Lopez Menchero
Kuklux (2016),
oil on canvas, 150 x 100 cm

Emilio Lopez Menchero
Cabezudo con Caja y Nariz (2018),
oil on canvas, 130 x 115 cm

Emilio Lopez Menchero
Cabezudo, l’extraterrestre (2015),
oil on canvas, 130 x 115 cm

Emilio Lopez Menchero
Cabezudo aux yeux turquoises (2015),
oil on canvas, 30 x 22 cm

Emilio Lopez Menchero
Propriété privée (2017),
oil on canvas, 75 x 55 cm

Emilio Lopez Menchero
Cabezudo vert (2017),
oil on canvas, 130 x 115 cm

Emilio Lopez Menchero
Cabezudo, Coco (2017), 
oil on canvas,150 x 100 cm

Emilio Lopez Menchero
Cabezudo fragmentado (2017),
oil on canvas

Emilio Lopez Menchero, Van Mol tot Molenbeek, De Garage, Mechelen, les images (5)

Emilio Lopez Menchero
Mateo con ojos cerrados (2015), 
oil on canvas, 65 x 52 cm

Emilio Lopez Menchero
Cabezudo « Mona lisa », 2015
oil on canvas, 130 x 115 cm

Emilio Lopez Menchero
Zanahoria, 2013
oil on canvas, 73 x 63 cm

Emilio Lopez Menchero
Billboard “…TO…ION” (2017),
oil on canvas, 60 x 45 cm

Emilio Lopez Menchero
Construction libre, 2017
Oil on canvas, 100 x 180 cm

Emilio Lopez Menchero
Barbican Cactus N°1 (2016),
oil on canvas, 170 x 150 cm

Emilio Lopez Menchero
Chumbera, 2011
Oil on canvas, 60 x 54 cm

Emilio Lopez Menchero
Lederhose (2017),
oil on canvas, 100 x 80 cm

Emilio Lopez Menchero, Van Mol tot Molenbeek, De Garage, Mechelen, les images (4)

Emilio Lopez Menchero
The Cloud (2016),
acrylic paint on canvas, 162 x 228 cm

Emilio Lopez Menchero
Movement, Central Park (2016),
acrylic paint on canvas, 162 x 228 cm

Emilio Lopez Menchero
Architekturfragment und Baum Nr. 2 (2016),
oil on canvas, 90 x 60 cm

Emilio Lopez Menchero
Architekturfragment und Baum Nr. 1 (2016),
oil on canvas, 90 x 60 cm

Emilio Lopez Menchero
Trump (2018),
oil on canvas, 55 x 40 cm

Emilio Lopez Menchero
Alep (2017),
oil on canvas, 60 x 45 cm

Emilio Lopez Menchero
Casa de Mol (2015)
oil on canvas, 221 x 186 cm

Emilio Lopez Menchero
Het Kasteeltje (2018),
oil on canvas, 156 x 234 cm

Emilio Lopez Menchero
Electric Light (2018),
oil on canvas, 85 x 75 cm

Emilio Lopez Menchero, Van Mol tot Molenbeek, De Garage, Mechelen, les images (3)

Emilio Lopez Menchero
Encapuchado, entre Abu Ghraïb y Guantanamo (2015),
oil on canvas,170 x 150 cm

Emilio Lopez Menchero
La Fayette Street, Manhattan 2016 (2017),
oil on canvas

Emilio Lopez Menchero
Ramallah Hotel N°1 (2012),
oil on canvas, 150 x 133 cm

Emilio Lopez Menchero
Dead Sea (2011),
oil on canvas, 170 x 150 cm

Emilio Lopez Menchero
À la Mer Morte, Palestine (2016)
oil on canvas

 

Emilio Lopez Menchero, Van Mol tot Molenbeek, De Garage, Mechelen, les images (2)

Emilio Lopez Menchero
Le fumeur (2017),
oil on canvas on plywood, 61 x 46 cm

Emilio Lopez Menchero
Le hurleur (2017),
oil on canvas on plywood, 61 x 46 cm

Emilio Lopez Menchero
Le vomisseur (2017),
oil on canvas on plywood, 61 x 46 cm

Emilio Lopez Menchero
Encapuchado n°2 (2015),
oil on canvas, 170 x 150 cm

Emilio Lopez Menchero
Les trois goûts (2017),
oil on canvas, 88 x 76 cm

Emilio Lopez Menchero
Trying to be regular on warm gray n°1 (2017)
oil on canvas

Emilio Lopez Menchero, Van Mol tot Molenbeek, De Garage, Mechelen, les images (1)

Emilio Lopez Menchero
Peinture abstraite (approx. 1966), 
gouache on paper, 34,7 x 39,7 cm

Emilio Lopez Menchero
Le petit salon de Mol (approx. 1966), 
gouache on paper, 34,7 x 39,7 cm

Exhibition view

Emilio Lopez Menchero
Remake of “Peinture abstraite, 1966” (2016), 
oil on canvas, 150 x 170 cm

Emilio Lopez Menchero
Remake of “Le petit salon de Mol, 1966” (2016), 
oil on canvas, 150 x 170 cm

Exhibition view

Emilio Lopez Menchero
La branche et la Lederhose, Mol 1969 (2018), 
oil on canvas, 211,5 x 142,5 cm

Emilio Lopez Menchero
Moleke (2018), 
oil on canvas, 211,5 x 228 cm

Emilio Lopez Menchero
L’escalier (2018)
oil on canvas, 211,5 x 245 cm

Emilio Lopez Menchero
Le Combat (2018), 
oil on canvas, 211,5 x 242 cm

Emilio Lopez Menchero
TV, Joe Frazier vs. Muhammad Ali (2018), 
oil on canvas, 74 x 97,5 cm

Emilio Lopez Menchero
TV, Le pas (2018), 
oil on canvas, 74 x 97,5 cm

Emilio Lopez Menchero, Van Mol tot Molenbeek, De Garage, Mechelen, introduction et revue de presse

Le bal des têtes
Sur la peinture d’Emilio López-Menchero

Il y a trente ans, par une belle nuit de décembre, j’ai admiré des tableaux de López-Menchero. Cet homme-là savait déjà peindre. Mais la peinture en soi ne lui suffisait pas. Il voulait autre chose. Il voulait se façonner une gueule reconnaissable et un cœur à lui tout seul. Nous étions dans un petit appartement au quatrième ou cinquième étage d’une maison de location. Du balcon nous avons regardé une répétition nocturne pour un défilé de carnaval. Trois géants somnolant s’appuyaient contre des réverbères, deux hommes au combat roulaient sur le sol, l’un d’eux perdait sa perruque aux longs cheveux blonds.
Sous les yeux et entre les mains de ce peintre, la peinture devient un outil.
Si certains de ces tableaux semblent littéralement avoir été peignés, une chose est sûre : il se sert de la peinture comme d’un peigne, c.-à-d. un instrument à agencer le passé, les impressions, les pensées, les doutes et les rêves. Serait-il donc possible de se forger un soi en peignant ?
Se considérant peu doué pour le langage, López-Menchero s’est voué à l’architecture, à l’intervention spatiale, à la performance, à la photographie, à la sculpture, au dessin et, finalement, il est revenu à la peinture proprement dite, pour se faire une image de qui il pourrait être.
Quelle acuité dans ces interventions spatiales ! Quelle élégance dans ces dessins ! Quelle précision dans ces autoportraits photographiés !
Il y a longtemps, j’ai connu un géant qui m’avait confié que la mort de sa mère l’avait libéré. Gérante d’un magasin à blé, celle-ci descendait toute seule, sur ses épaules, des sacs de cinquante kilos qui étaient stockés dans le grenier. Le fils, pourtant un colosse, lui aussi, s’était retrouvé écrasé, persuadé dès lors de ne jamais pouvoir égaler cette Athéna invincible.
Il en était de même pour moi. Ayant eu des parents qui faisaient semblant d’être parfaits par crainte d’être rejetés par leurs enfants, je me suis senti minable toute ma vie.
Les pensées, seules, ne peuvent nous sauver. Pour comprendre (et pour ressentir), il faut agir. Il faut tracer des raies. Il faut échouer. Il faut survivre à ses erreurs.
La peinture a cela d’inégalable qu’elle permet de montrer ses failles.
Elle consiste en des traces d’une pensée pénible, stupide, honteuse, mais honorable. Elle nous permet de tracer des images dans la boue, de faire surgir des rêves, de cerner des doutes, de nous faire une idée.
Ainsi, le cirque continue, les masques se mettent à danser, le saltimbanque apprend à tomber, le cauchemar se dompte et le jour se fait plus doux.

Hans Theys (dans le catalogue qui accompagne l’exposition)

The dance of the masks
Emilio López-Menchero and the art of painting

One lovely December night thirty years ago, I saw some beautiful paintings by López-Menchero. He already knew how to paint. But painting in itself wasn’t enough for him. He wanted something else. He wanted a recognisable face and a soul that was really his. Suddenly we heard strange noises in the street. We stepped onto the balcony and looked down on the night-time rehearsal for a parade of cardboard giants. Two giants were leaning against lampposts, one was resting in the street gutter. As a parade, they would certainly rip the urban flesh apart and cause unintentional social upheaval?
In the hands and the eyes of this painter, the art of painting becomes a tool. Some of the paintings look as if they have been combed. And indeed, painting is used here to comb the past, i.e. as a tool to rethink impressions, thoughts, doubts and dreams. Would it be possible to create a self through painting?
Thinking of himself as somebody who has little feeling for language, López-Menchero turned to architecture, spatial interventions, photography, sculpture, drawing and, eventually, but not for the first time, painting itself, all in a bid to create an image of who he might be or become.
How sharp these spatial interventions! How elegant these drawings! How precise these photographed self-portraits!
A long time ago, I met a giant who told me that his mother’s death had set him free. As the owner of a grain shop, that formidable lady had carried fifty-kilo bags down from the attic store on her shoulders. Her son, himself enormous, was crushed by this daily demonstration of strength and willpower, and convinced himself he would never be worthy of this invincible Athena. Something similar happened to me. Having been raised by parents who pretended to be perfect for fear of being rejected by their children, I have always felt unworthy.
Thoughts cannot save us. To understand (and to feel), we have to act. We have to plough furrows in the world. We have to fail. We have to survive our mistakes.
Painting is so special because it allows us to show our failures. It consists of traces of a stupid, sturdy, painful and shameful, but honourable train of thought. It allows us to make drawings in mud, to shape dreams, to circle doubts, to get an idea of things.
And thus the circus continues, the masks begin to dance, the acrobat learns how to land, the nightmare is tamed and the days grow softer.

Hans Theys

Egalement lu dans H.ART, ce texte de Chrisitine Vuegen

Emilio Lopez Menchero, Paintings, les images (3)

Emilio Lopez Menchero
La dame au bonnet vert à pois blanc (2018, acrylic paint on canvas, 60 x 45 cm

Emilio Lopez Menchero
Visage sur la route vers Chicago n°2 (2016), acrylic paint on canvas, 60 x 45 cm

Emilio Lopez Menchero
Trying to Be Regular on pale green (2018), oil on canvas, 200 x 160 cm

Emilio Lopez Menchero, Paintings, les images (2)

Emilio Lopez Menchero
Trying to Be Regular on Gray (2018), oil on canvas, 200 x 160 cm

Emilio Lopez Menchero
Vénus de Brooklyn (2016), acrylic paint on canvas, 50 x 40 cm 

Emilio Lopez Menchero
Fragment américain (2017), oil on canvas, 50 x 40 cm

Emilio Lopez Menchero
Trying to Be Regular on Warm Gray N°2 – or Chicago (2017), oil on canvas, 200 x 160 cm

Emilio Lopez Menchero, Paintings, les images (1)

Emilio Lopez Menchero
GLOBAL / BOPAL / ORAL / BALL (2018), oil on canvas, 55 x 40 cm

Emilio Lopez Menchero
Trying to Be Regular on pale pink (2018), oil on canvas, 200 x 160 cm

Emilio Lopez Menchero
Visage sur la route vers Chicago n°1 (2016), acrylic paint on canvas, 60 x 45 cm

Emilio Lopez Menchero
Dame au voile noir (2018), acrylic paint on canvas, 60 x 45 cm